jeudi 22 mai 2014

Live report : Mort Mort Mort + Häshcut + The Prestige + Gazers @ L'Espace B, Paris, le 10/05/2014



Ce 10 Mai à l'Espace B (Paris), il n'y avait nul besoin de se presser pour arriver à l'heure au concert du soir. En effet, fidèle à la tradition des concerts d'Old Town Bicyclette, c'est une heure plus tard que prévu qu'a commencé cette soirée (tant mieux pour les retardataires !), réunissant deux binomes chacun en tournée : The Prestige et Gazers, Häshcut et Mort Mort Mort (ex-Aussitôt Mort). C'était donc une belle réunion de vieux briscards de la scène post-hardcore caennaise et de jeunes loups parisiens issus d'une vague hardcore chaotique et sombre plus récente.

Contrairement à ce que laissait penser l'event FB, C'est Gazers et non Häshcut qui a démarré les hostilités. Revenant de leur tournée avec The Prestige, les cinq garçons étaient près à en découdre avec le public parisien, constitué entre autres par une dizaine de kids qui découvraient le hardcore ce soir-là. Avec le son teinté de crust et de screamo des gaziers, ces petits gars ont été servis ! Le groupe avait ici la présence scénique et la rage qui les caractérisent lorsque ils jouent sur une petite scène. Nous avons eu le droit à quelques titres tels que "Rotten To The Core" et "The Decline", issus de l'EP également nommé The Decline, et également quelques nouveaux titres. Le chanteur inflexible vociféraient ses textes avec force, les guitaristes étaient pris par leur jeu, descendant dans le public, au plus près des auditeurs. Le final aura été des plus chaotique, à l'appel du chanteur : "Si vous voulez bouger, c'est maintenant !" Nos kids en rite initiatique du HxC local dont je parlais plus haut se sont exécutés, lançant un pogo ou il était dangereux de s'aventurer... Tel un front, les guitaristes et le bassiste sont descendus devant la foule avant de se séparer, chacun jouant dans son coin. En conclusion, il fallait jouer à "évite la basse d'Adrien" qu'il faisait voltiger au péril de nos têtes. Un set assez impressionnant de tension et de rage, mais c'est ça Gazers, c'est comme ça qu'on aime les voir. Pour en avoir discuté avec l'un des membres du groupe plus tard dans la soirée, le groupe était content de leur concert, qu'ils ont voulu comme une conclusion mémorable et impitoyable de leur tournée qui fût pour eux un très beau moment de vie.

Pour The Prestige aussi, cette tournée était mémorable. Les garçons qui ont l'habitude de jouer dans des affiches très variées, allant du line-up metalcore aux affiches plus orientés screamo, étaient ce soir dans ce qui semble de plus en plus être leur élément. Ils présentaient des morceaux de leur prochain album à venir pour la rentrée, au milieu de trois autres titres issus de leur premier long-jeu, Black Mouths. C'est d'ailleurs avec le très efficace "The Truth" qu'ils ont démarré leur set. Sur leurs nouveaux morceaux, ils gardent l'élan chaotique de leur musique, mais avec plus d'ambiances (à l'image du titre "Pluie"), de contrastes, l'accent est davantage mis sur les émotions, une émotion qui était palpable dans cette musique plus aérienne et introspective, et dans le chant d'Alex, hurlant presque au milieu de la foule. Ils avaient eux aussi cette proximité plaisante avec leur public, qui semblait au début réagir plus timidement à leur son qu'avec Gazers, chose qui sera vite corrigée à la fin du set, ou sont venus hurler dans le micro deux membres de ces derniers sur le gigantesque et apocalyptique "Backward" (some rise by sin, some rise by virtue fall !), pendant que le pit se défoulait encore un peu tant qu'il y avait du chaos à se mettre sous la dent. Et eux aussi ont voulu finir leur tournée en beauté, en donnant tout ce qui leur restait de colère, d'énergie, de sueur, de larmes. Un petit "Burn Down Vegas" aurait été le bienvenue pour achever la foule, mais il ne viendra jamais, malheureusement (bon ça, c'est pour faire mon ronchon, j'avoue ^^.). Avec leurs nouvelles influences, le quartet amenait en subtilité (paradoxalement il faut dire) l'auditoire vers la suite de la soirée, quelque part entre douceur et détresse.

Cette suite, ce fût ma petite découverte personnelle du soir,.Hashcüt, c'est le groupe orienté doom metal de l'un des guitaristes de Sugartown Cabaret. Pour nous préparer à Mort Mort Mort, ce fut une bien bonne mise en bouche ! Ce qui a fait la différence dans la musique des caennais, c'est le cri déchirant, puissant, qui tranche avec l'univers hypnotique, vaseux, lent typique du doom. Car sinon, certes, c'est du déjà-entendu, mais c'est fort bien exécuté, peut-être plus intéressant en live que sur disque d'ailleurs. Plus concentrés et tranquilles que les deux premiers groupes, ce qui aurait pu paraître un peu perturbant au vu des rafles sonores précédentes, mais il faut dire que l'ambiance n'est pas la même.

Le grand final était réservé à l'un des groupes qui a forgé la légende de la "french way of emo". On les compare très souvent à Amanda Woodward, ce qui a le don les fâcher un petit peu. Il est vrai que le premier disque 6 Songs avait des similitudes assez marquantes, mais pour le reste de leur discographie, c'est sûrement les effets de guitares et les mélodies qui font penser à "la malade maquerelle". Après un petit hommage aux squats parisiens disparus récemment, dont la Miroiterie suite à l'effondrement d'un mur accidentel et à un incendie criminel, les imposants barbus nous ont délivré le meilleur de leur discographie, avec entre autres "Une Défaite à La Piaule", "Mort! Mort! Mort!" ou "La Ride Du Lion", et même un nouveau morceau, qui reste dans un esprit ambiant, spatial et gras. Du début à la fin, le groupe culte nous a envoûté, transpercé, fait frissonner, avec un son plus massif et planant encore qu'en studio. Pas grand chose à dire de plus quand l'essentiel est dit, ce fût un voyage, ou nous étions parfaitement bien guidés par le quartet qui se tenait fièrement devant nous. Impossible de rester de marbre, de ne pas se laisser emporter, d'hurler ne serait-ce que quelques paroles de leurs textes aussi engagées qu'introspectives.

Et on sort la tête abasourdie par cette soirée riches en émotions, aussi violentes que prenantes, un certain trouble dans l'esprit, aussi beau que frustrant, tant finalement on aurait voulu encore reprendre des baignes aussi lourdes que chacun des groupes nous ont mises ce soir-là, tant ils nous emmenés loin dans nos cœurs, nos esprits. Un grand merci à chacun des groupes, un grand merci également à tout ceux que je connais de près ou de loin qui étaient sur scène et à l'organisation (je suis un éternel gentil, voire même peut-être niais, mais j'trouve ça mieux que de jouer le faux distant trve dark), pour cette belle soirée. Je vous laisse plus bas les setlists que j'ai pu récupérer :

La setlist de The Prestige :

The Truth
Bete Noire
Enfants Terribles
Craneflies
Léger de main
Voir Dire
Forward /Backward

Et la setlist de Gazers :

Intro
Doggoned
Rotten To The Core
Rash
X
The Decline
Y

vendredi 16 mai 2014

Chronique : Totorro - Home Alone



Avec ce que l'on sait déjà de lui, avec le nouvel album de Mermonte, Audiorama, qui est tout simplement magnifique, et avec ceux de Man Is Not A Bird et de Bien À Toi qui arrivent en fin d'année et qui s'annoncent mortels au vu des nouveaux morceaux que ces deux groupes jouent fréquemment en live en ce moment, on peut affirmer haut et fort que le post-rock français par rapport au reste de la scène, c'est un peu comme Mickael Jackson dans le monde de la pop : une suprématie absolue. Sauf que le premier n'est pas mort, et que ça doit être assez compliqué de danser le moonwalk la-dessus. Quoique sur Jean Jean... Bref. Aujourd'hui, j'ai choisi de vous parler du nouvel album de Totorro, qui va sûrement faire partie du panthéon du post-rock hexagonal. Quoi, le héros sorti de l'imaginaire de monsieur Miyazaki s'est mis à la musique ? Mais non, tu vois, Totorro, cette formation post-rock qui à la base jouait d'une musique sombre, dépressive, onirique avec leur premier EP sorti en 2008, et y intégrait carrément du screamo avec le superbe All Glory To John Baltor sorti en 2011 qui passe encore en repeat dans mes oreilles en ce moment. Tu vois maintenant ? Non ? Ben nique ta... Cacahuète, voici pour toi jeune pomme (parce que les pommes c'est mieux que les cacahuètes) le nouvel album des Rennais : Home Alone. Ici, exit le screamo, l'atmosphère "j'ai envie d'me suicider parce que c'est cool la mort", les arpèges pince-cœur, les cris éthérés (plus besoin de mettre un t-shirt de groupe de crust pour aller les voir, vous pouvez ressortir les chemises et oublier les coupes nazies !). C'est un album math-rock auquel vous aurez le droit ! Enfin, influencé math-rock, plutôt. Un disque illustré par une pochette toute simple, qui au premier abord représente simplement une petite maison aux traits enfantins, mais si l'on y prête bien attention, on voit un bonhomme dans cette modeste demeure. Le petit homme solitaire qui va sûrement être réconforté par la musique chaleureuse des bretons.

Il fait gris dehors et ça te grise le moral ? Eh bien t'en fais pas mon copain, c'est une énorme dose de bonne humeur, de bonnes ondes, un petit quelque chose de réconfortant, qui t'attend avec ces 8 titres, dont 3 étaient déjà connus via l'EP également nommé Home Alone. Mais ils bénéficient ici, tout comme les autres titres, d'une production plus "brute", mais également plus aboutie. C'est quand même Mike Marsh (The Prodigy, Oasis, The Chemical Brothers...) qui a fait le mastering de ce bébé, s'il vous plaît. Ce son calibré à la perfection se révèle dès le premier titre, qui reprend le nom de l'album. Ça commence doucement, sereinement... Et d'un coup, SUPERNOVA ! Un gros coup de soleil sur ta peau, ça t'explose en pleine face et ça cavale dans tes esgourdes ! Une rythmique presque punk qui soutient des mélodies aussi rapides qu'entraînantes, c'est 1mn30 d'un son explosif et vivifiant, une grosse bouffée d'air frais, soudaine, qui te scotche sur place ! Mais il n'est pas question de violence, ça n'inspire que du positif.

Les titres suivants sont plus longs, mais réservent également leurs lots de surprises. Les rythmes se succèdent, les couplets ne sont jamais les mêmes, les guitares s'assagissent puis rugissent, on plane, on s'envole, plus haut, toujours plus haut ! À l'image de "Chevalier Bulltoe", qui commence comme le titre précédent,  tout doucement, puis qui se dévoile d'un coup, entre sons presque tropicaux et un math-rock aussi énervé que doux comme le petit final attendrissant, au moins autant que le très aérien "Motte Rock". Ben ouais, le rock des cambrousses et de la paille jaune pétant qui te brûle la rétine au soleil qui brille sur ce disque, la musique champêtre de Papy André mon pote, c'est comme ça qu'il élève les vaches du pré, celles qui font meuhmeuh à la fin du titre, ghetto agricole dans le pis de ta mère, qu'est-ce qui s'passe ! En fait j'essaie de matérialiser les guitares crissantes qui se lèvent vers la fin du morceau, mais version troupeaux de vaches qui s'énervent, c'est rigolo à se représenter. Et pour le coup, le morceau finit vraiment sur un ton mathy. Moi je dis que le motte-rock c'est un genre crédible. Les mecs à la Mike Kinsella qu'auraient toujours des chemises à carreaux mais avec le chapeau de paille et les bottes vertes qui vont bien, les concerts DIY dans des granges, les "crame party" au lait de chèvre dopé aux OGM, tout ça. Puis le style "fermier de province", ça doit être vachement plus cool que le look de tout ces pédés dépressifs qui écoutent du Raein et qui vont acheter leurs jeans skinny chez H&M... Hein ? Ah non non, je parle pas de moi, euuh non...

Avec ce disque, on voyage, tout simplement. Sans passer par un avion Easyjet tout dégueulasse ou un guide touristique qui pue de la gueule. Non non, une échappée tantôt délicate, tantôt, tumultueuse, sportive, mais qui fait du bien, des paysages qui se dessinent, s'érodent, s'illuminent. En parlant de voyage, le titre "Tonton Alain Michel" a été utilisé pour la passionnante web-série "Direction l'Asie en auto-stop", crée par un seul dude qui comme le nom de la série l'indique, s'est rendu en Asie en auto-stop, en changeant de compagnon de route à chaque épisode, à chaque nouvelle étape. Imagine écouter ce morceau dans ta voiture sur l'autoroute, ou mieux, sur les petites routes de campagne (motte-rock rpz) ! Ou tout bêtement dans ton bus, ton train, sur ton vélo, le matin quand tu pars au taff, ou quand t'en rentres le soir. Une succession de riffs qui montent et qui descendent, qui grognent comme un grumpy cat, des montagnes russes d'émotions. L'un des plus beaux titres de ce disque, qui te hérisse les poils (quitte à être un grumpy cat, autant en chopper le pelage), aussi beau que le ciel bleu azur dans lequel il semble te noyer. Mais le ciel n'est pas toujours si lumineux que ça sur ce disque. En témoigne "Osao-san", la seconde killer track de la galette, qui même si elle reste globalement dans le ton ensoleillé de l'album, laisse entendre des riffs très gras, très lourds (on dirait même que le morceau vire sludge à la fin !). Des réminiscences de leur période sombre ?

Je ne vais pas vous décrire tout les titres, je préfère vous laisser découvrir tout cet univers par vous-même, je préfère que vous vous laissiez surprendre comme j'ai pu l'être. Home Alone, au final, c'est un peu la carte météo parfaite (du moins en été quand on crève de chaud) : un temps clément, rayonnant, mais l'orage qui gronde au loin. J'avais lu quelque part que l'une des influences du groupe est American Football. C'est vrai que cela ressort sur ce disque, bien plus que les précédents en tout cas, ou ça sentait plutôt Envy à plein nez. Ce sera l'un des disques qui sera bon d'écouter cet été, avec les copains, ou seul posé sur l'herbe à se dorer la pilule. Il est même réconfortant, à vrai dire. Un baume au cœur, et un bel album qui mérite beaucoup de succès. Bravo messieurs...


lundi 12 mai 2014

Man Is Not A Bird : Un nouveau clip, et une campagne Ulule pour le nouvel album



Vous le savez sûrement si vous suivez régulièrement ce blog, je suis très fan de Man Is Not A Bird (je les ai vu jouer une dizaine de fois en quelques mois...), quartet post-rock parisien influencé par le math-rock de And So I Watch You From Afar avec qui ils ont récemment partagé la scène, et j'ai été l'un des premiers à vous en parler, notamment au travers d'une chronique de leur premier EP Restlessness. Avec cet EP, ils ont également participé à un split avec le groupe de post-rock lavallois Puzzle. Sur ce split figure le titre illustré sur le tout beau clip que je vous présente aujourd'hui : "The Sounds Of Spring".




Avec la sortie de ce clip, le groupe parisien présente également un "crowdfunding" pour les aider à financer leur premier album, qui sera nommé Survived The Great Flood. Du téléchargement de l'album au concert acoustique chez vous, en passant par le disque en vinyle, un tee-shirt, l'apparition de votre nom dans les remerciements, tout est proposé ! Bon, peut-être pas tout, les prestations sexuelles ou les reprises de chansons de Nickelback ne sont probablement pas possibles... Les packs proposés sont bien cools, et ça marche tout simplement comme une pré-commande, sauf que là, vous aidez directement au financement de l'enregistrement de l'album, le mix, le mastering, le pressage du vinyle, les frais d'envoi... Faites-moi confiance, cet album vaut vraiment le coup d'être soutenu, je vous dis ça parce que j'ai entendu plusieurs fois quelques chansons qui figureront sur cet album lors de leurs concerts parisiens, si vous avez aimé les chansons de l'EP et "The Sounds Of Spring", vous ne serez absolument pas déçu par leur évolution musicale, un peu plus directe et toujours aussi enjouée et onirique. Si vous souhaitez apporter votre contribution, c'est par ici que ça se passe ! Allez, rien que pour vous, deux exclusivités, chers lecteurs et lectrices de ce petit blogounet : voilà ci-dessous la setlist du dernier concert des non-oiseaux à l'heure ou j'écris cet article, avec le nom de certaines des nouvelles chansons dont je vous parlais plus haut, et le live d'une de ces chansons lors de ce concert. J'ai crissement hâte qu'il sorte, c't'ostie de disque !





mardi 6 mai 2014

Découverte : Ropoporose (indie/pop, Vendôme)



Un petit souffle d'air frais s'est déposé dans mes oreilles hier, car une amie m'a fait découvrir Ropoporose. Aaah, le talent des groupes français pour se donner des noms "what the fuck"... Bref, ce tout jeune duo composé d'un frère et d'une sœur, originaire de Vendôme, aussi bien influencés par Arcade Fire et Sonic Youth que par Pneu ou Yann Tiersen (pour les citer, et d'ailleurs ils ont du goût !), nous propose un son indie pop légèrement teinté d'électro. C'est mignon, entraînant, et même planant. Parfait à écouter sous le doux soleil qui arrive ces jours-ci ! Je vous laisse découvrir ce petit groupe prometteur avec leurs deux derniers titres en date, "Whu Whu" et "Empty-Headed", qui figureront tout les deux sur leur premier album nommé Elephant Love. Je vous en parlerais sûrement, quand je serais en mesure de l'écouter... Allez bande d'emos, je suis sûr que vous allez aimer nos frenchies !





vendredi 2 mai 2014

Chronique : La Dispute - Rooms Of The House



Il est des groupes qui feront toujours débat tout au long de leur carrière pour leur évolution, les émotions qu'ils ont suscités à leurs auditeurs, leur message... Indubitablement, La Dispute en fait partie. Les garçons de Grand Rapids ont chamboulé leur scène avec leur premier album Somewhere At The Bottom Of The River Between Vega And Altair, un disque poétique, urgent, cathartique. Après le second album Wildlife, beaucoup plus posé et narratif, qui a divisé nombre de fans de la première heure, le groupe revient avec un disque très attendu : Rooms Of The House. Beaucoup rêvaient d'un retour aux sources avec ce disque. Mais La Dispute a grandi, mûri, s'émancipe toujours autant de son passé, sans pour autant l'ignorer. Et ce disque le prouve...

Avec Rooms Of The House, La Dispute a trouvé un juste équilibre entre l'extrême sensibilité des débuts, et leur évolution vers un son plus épuré. Wildlife manquait de ce punch, de cette puissance qui caractérisait jusque là le groupe, et perdait vite de sa substance au fil des écoutes. Or, sur Rooms Of The House, il y a de continuels remous, un ton généralement plus grave, qui nous captive sur chaque morceau. Le story-telling de Jordan Dreyer se veut ici encore plus passionnant qu'à l'accoutumée, essayant de faire voguer, vaciller, trembler son spoken word, ce qui rendent encore plus poignantes ses histoires. Sur ce disque, chaque récit se déroule dans une pièce différente d'une maison, chaque objet à un sens, chaque lieu, chaque geste a son importance. "There are bridges over rivers, there are moments of collapse, there are drivers with their feet on the glass. You can kick but you can’t get out, There is history in the rooms of the house". Sur quelques instants d'envolées vocales, on croirait même entendre le chant piqué à vif de Kyle Durfey de Pianos Become The Teeth...

Pourquoi donc ce disque devrait-il plaire aux puristes ? Parce que l'on y retrouve des réminiscences de la série des EP Here, Hear dans les morceaux les plus posés (on pensera notamment au final "Objects In Space"), et même des explosions sonores chargées en émotions, et des riffs parfois bluesy, parfois agressifs, qui rappellent la force de frappe du premier et déjà mythique LP. Fidèle à l'ouverture d'esprit musicale, le groupe semble même lorgner vers l'indie rock 90's pur et simple avec "For Mayor In Splitsville", un single aussi catchy que simple dans la structure, différent de A à Z des compositions classiques des américains, qui a beaucoup déçu et étonné lors de sa sortie sur l'Internet. Même si il est en effet étonnant d'entendre ce genre de son de leur part, il est intéressant d'entendre les vocaux torturés de Jordan sur une instru qu'aurait pu composer Dinosaur Jr., un peu comme "Extraordinary Dinner Party" d'ailleurs. Les déclarations du blondinet sont ici toujours soutenues avec énergie, mais avec plus de lourdeur, sur une instru qui prend le temps de se dérouler, de se dévoiler. En fait, elle s'apparente à un bon vieux canapé douillet et confortable qu'on a (presque) tous dans son salon. Bien qu'un peu trop mou il est vrai, mais on reprend toujours un malin plaisir à se vautrer dedans.

Comment ne pas se laisser embarquer par ces récits poignants, émouvants, soutenus par cette atmosphère intimiste, introspective, comme si justement, le groupe tentait de te faire sentir chez toi, de te rappeler de certaines situations que tu aurais pu vivre dans ta vie de tous les jours, avec ta moitié, ta famille. Comment ne pas se laisser transporter par cette musique certes plus simple dans l'immédiat, mais toujours aussi vibrante, et qui du coup vous reste en tête. Oui bien sûr, on est loin des formidables entremêlements de guitares, du catharsis vocal, du métronome musical exceptionnel que représentait Somewhere At The Bottom [...], mais il ne faut pas chercher en lui un disque qui doit être rangé dans l'ordre logique dans lequel on voudrait le classer, cela gâchera votre découverte du disque et votre jugement dessus. Il faut le voir comme un nouveau recueil, à savourer au coin du feu, au coin de sa platine vinyle, au coin d'un arbre sous le soleil (couchant). Comme un bon bouquin, en fait. Car c'est finalement là un disque plus sombre, plus réfléchi peut-être. Plus adulte.

Il semble que La Dispute ait préféré miser sur la puissance des mots plus que sur la puissance sonore. L'essai a été difficilement exécuté avec Wildlife, mais bien transformé avec Rooms Of The House, qui mêle cet impact lyrical important, à un son toujours imprégné d'une grande force, tranquille mais palpable, et d'un ton, d'une dissonance hérités tout deux de leurs origines post-hardcore qu'il leur sera impossible à mettre de côté, et fort heureusement. Chaque morceau se différencie par un petit quelque chose dans les riffs, les couplets, les voix. L'alchimie est réussie, même si il est vrai que Rooms Of The House souffre encore de quelques longueurs. On aurait pu également espérer un dernier coup d'éclat de Kevin Witthemore, le guitariste qui signe ici son dernier album avec la bande. On aurait aimé entendre une dernière fois ces instants de grâce et de folie de sa part qu'on a tant aimé sur Vancouver, et le fameux LP qui a suivi. Mais d'un autre côté, cela nous laisse définitivement à penser qu'ainsi, chaque disque de La Dispute sera unique.


samedi 26 avril 2014

Live report : The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die + Empire! Empire! (I Was A Lonely Estate) + We Came Out Like Tigers + Hyperstation @ Paris, Le Glaz'Art, 14/04/2014


Ce fût un line-up très alléchant qui fût proposé ce Lundi 14 Avril au Glaz'Art. Pouvant prétendre au record du nom de line-up le plus long du monde, il réunissait les emos de The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die, et de Empire! Empire! (I Was A Lonely Estate), tous les deux en tournée européenne. Et pour ouvrir la soirée, deux groupes totalement différents les uns des autres étaient également présents : les anglais de We Came Out Like Tigers qui venaient présenter leur nouveau LP Ever-Crushed At Pecket's Well, et les presque français de Hyperstation, qui eux venaient présenter leur second EP.

C'est Hyperstation qui a ouvert les festivités, dans une salle alors à peine occupée par une vingtaine de personnes, dont certains copains du groupe. Il semblait logique que ce groupe ouvre la soirée, tant leur musique se veut apte à faire danser et bouger les têtes. Mais leur prestation scénique manquait de rythme, et de l'énergie qui caractérise leur univers, ce qui est dommage, tant ceci aurait pu mettre en valeur leur son original, qui oscille entre électro-pop et post-punk. Mais musicalement, rien à dire, c'était carré, et le son était de leur côté. Le petit bout de public alors présent a plutôt bien adhéré à l'univers des frenchies, qui viennent de sortir leur deuxième disque. L'un des organisateurs de la soirée (également bassiste dans le groupe hardcore parisien Gazers, NDLR) est même monté sur scène pour chanter sur le dernier morceau. Avec pas mal de timidité apparente, mais il a semblé que ce fût à cause d'un problème de micro qui le genaît. Ce fût une bonne démonstration de ce que leurs EP réservent, mais un peu plus de fun dans ce set aurait été bienvenu histoire de réveler leur personnalité musicale au grand jour, et de réveiller la foule, surtout que le groupe suivant n'a pas, mais alors pas du tout fait dans la dentelle et la lumière, au contraire...

Pendant que We Came Out Like Tigers s'installait sur scène, la salle commençait tout juste à se "remplir", tandis que ceux déjà présents allaient voir le merch, fumer une cigarette, ou se payer une verre au bar, sans vraiment s'attendre à ce qui allait se passer avec ce quartet anglais que 95% de l'assemblée de ne connaissait pas, ou très peu. Et soudain lors des balances, un blast-beat furieux est venu frapper aux oreilles du public. Eh oui, c'est bien du black metal qui allait sévir ! Le t-shirt Céleste de l'un des guitaristes était d'ailleurs la pour le rappeler. Un style musical qu'il était totalement étonnant de voir ajouté sur un line-up essentiellement tourné vers l'indie rock et l'emo (mais qu'il l'est moins venant de l'asso qui organisait le concert ce soir : Old Town Bicyclette). Mais finalement, la cohérence de la venue de l'un des vétérans de chez Dog Knights Productions, LE label montant de la scène emo/screamo du moment, aura vite été justifiée lorsque les garçons ont (re)lâché leur musique sur scène avec une puissance et une rage folle, tout autant que les paroles très engagées, qui traite de la politique, de la société en général, de l'être humain... C'est finalement un complexe mais savant mélange de screamo old-school façon Orchid ou Raein et de cascadian black metal qui caractérise leur son, mêlant tremolo-pickings aussi acerbes que prenants, cris ténébreux et écorchés, growls caverneux et brutaux, et partitions de violons inattendues, voire même un chant clair, grave et désabusé, assuré par le second guitariste, noir de peau. De quoi rappeler le frontman de Yaphet Kotto, un groupe screamo américain séparé maintenant depuis une bonne dizaine d'années, très influent pour la scène actuelle dont fait partie We Came Out Like Tigers. En parlant de frontman, celui de WCOLT était totalement pris par ses textes, les vociférant avec une passion et une colère presque palpable. Mais il était pour certaines personnes compliqué de saisir la portée de son cri brut de décoffrage, qui jugaient paradoxalement qu'il manquait de puissance. Le groupe souffrait également d'un son assez médiocre, ce qui rendait parfois inaudible les parties les plus acharnées, et qui noyait parfois le violon, voire par instant le cri. Les quelques rares personnes qui connaissaient le groupe ont été ravies de le découvrir en live, sous une telle forme et une telle implication dans leur art. Tandis que ceux qui ne les connaissaient pas étaient plus partagés, les avis étaient très différents les uns des autres. En tout cas, cette prestation n'aura laissé personne indifférent, et les garçons ont sûrement gagnés quelques auditeurs ce soir. On espère les revoir chez nous avec la même envie d'en découdre, dans une salle qui fera mieux ressortir leur déluge rythmique et leurs cascades de guitares !

C'est maintenant un registre musical totalement différent qui nous attendait avec Empire! Empire! (I Was A Lonely Estate). Ce qui fût à l'origine un projet solo lancé par Keith Latinen, qui fût ensuite rejoint par sa femme Cathy, était ce soir un vrai groupe, au line-up alléchant : Keith au chant et à la guitare, accompagné de 3 membres de The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die. C'est comme ça avec Empire! Empire!, les musiciens live ne sont jamais les mêmes ! Première constatation : le public est largement plus présent que lors de leur dernier passage en 2011 à Paris avec Marionnette ID, qui n'avait réuni que... 12 personnes. Communication catastrophique, paraissait-il. Passons. Ce soir, Keith, vêtu d'un très honorable t-shirt à l'effigie du jeu vidéo Secret Of Mana, et sa formation d'un soir, nous ont joué 8 titres d'un répertoire riche en textes intimistes et de sons emo midwestern et indie rock à la Death Cab For Cutie, dont deux titres phares issus de l'unique album d'Empire! Empire! paru à ce jour, What It Takes To Move Forward : "How To Make Love Stay", et "Rally The Troops! [...]". Ce fût tout aussi introspectif que sur disque, et tout aussi sincère dans le chant du frontman, qui continuait inlassablement de chanter malgré les fausses notes, avec cette douceur qui caractérise sa voix. Certains fans (et surtout une jolie demoiselle, pour tout avouer haha :) !) attendaient "It Happened Because You Left", mais c'est malheureusement une chanson que les musiciens de TWIABP venaient tout juste d'apprendre, l'ensemble des musiciens ne voulaient pas prendre le risque de gâcher le morceau. Ce sera sans doute pour la prochaine fois ! Beaucoup de baume au coeur lors de ce concert tout en douceur et en belles histoires, de quoi nois préparer chaleureusement au décollage que nous promet The World Is, bien-nommé sur l'Internet : WR... Un patronyme mystère qui reste une énigme encore aujourd'hui.

Un final grandiose nous était réservé avec cette formation qui fait partie d'un des grands noms de ce qu'il est coutume d'appeler depuis quelques temps le "emo revival", depuis la sortie de leur splendide premier album Whenever, If Ever. D'entrée le jeu, le groupe a noyé l'auditoire dans un océan d'arpèges, de riffs lourds à faire trembler le sol (durant quelques secondes, on se serait presque cru à un concert de doom metal), de chants en choeur et de trompettes chaleureuses. C'est là toute la magie de TWIABP : raconter des histoires humaines, des constats de la vie de tout les jours, le tout dans un véritable orchestre ou tout se croise : des guitares, des claviers, des trompettes, des violons... La plupart des titres joués ce soir étaient issus du dernier LP du groupe. De "Picture Of A Tree That Doesn't Look OK", à une version encore plus ennivrante et pesante de "Heartbeat In The Brain", à "You Will Never Go To Space" et "The Layers Of Skin We Drag Around" reprises toutes les deux en choeur par les fans présents dans le public, dont certains se sont même amusé à pogoter gentiment... Tout les meilleurs titres de la bande ont été interprétés ! Le groupe nous a même joué d'anciens titres comme "Victim Kin Seek Suit", issu de leur tout premier EP Formlessness. Du coup on entendait certaines personnes réclamer "Gordon Paul", issu du même EP, mais en vain. Le concert s'est terminé avec "Getting Sodas", titre final de l'album, la meilleure manière possible de conclure un show qui a fait tourner et planer les têtes, notamment grâce au dernier couplet de la chanson, qui sonne comme une morale, qui définit à lui tout seul le nom du groupe et son sens, le final d'une poésie musicale enchanteresse et ensoleillée : "The world is a beautiful place but we have to make it that way !". Un set très réjouissant, à la durée presque parfaite. On ne s'est pas senti frustré d'avoir loupé une chanson, ou d'en avoir trop entendu. Bravo à eux !

Une soirée pleine de contrastes pour une myriade d'émotions ressenties, et de coeurs brisés, puis réchauffés. C'est un peu la synthèse que l'on peut faire de cette soirée ou l'ambiance générale était également au beau fixe, ce qui a visiblement plu aux musiciens, tous souriants et ravis d'être présents dans la capitale. Il est vrai que l'on revoit facilement les mêmes visages dans ce genre de concerts, surtout ceux organisés avec Old Town Bicyclette, mais on a quand même pu constater que de nouvelles têtes ont pointé leur bout de leur nez, ce qui a fait plaisir à voir.

Un chaleureux merci à Adrien de Old Town Bicyclette !

jeudi 24 avril 2014

Live report : Code Orange Kids + Twitching Tongues + Gazers + Lodges @ Paris, Le Glaz'art, 27/03/2013


En ce 27 Mars au Glaz'art s'est tenu une soirée placée sous le signe du hardcore et de l'obscur, même si le flyer orange pétant laisse croire le contraire. Au programme ce soir, deux têtes d'affiche : Le hardcore complexe et introspectif de Code Orange Kids, et les métalleux refoulés de Twitching Tongues. Ils étaient accompagnés de deux espoirs de la scène française : Gazers et Lodges. Open up this pit !

C'est Lodges qui a ouvert le bal. Ce jeune groupe français, né des cendres de Donkey Punch, était présent pour présenter son premier LP Walking On Hands And Knees. Il nous a dévoilé un hardcore sombre, crasseux et frontal, qui rappelait parfois le crust saturé et écorché de Cursed. Scéniquement, c'était plutôt timide, mais on ressentait bien la froideur, et cette odeur de soufre qui se dégage des morceaux sur disque. Pas une fausse note, ça jouait fort, carré. Une petite dose d'énergie supplémentaire aurait été la bienvenue pour davantage mettre en relief leur univers, mais il faut dire encore une fois que le groupe est jeune, et qu'ouvrir pour un tel line-up a de quoi intimider un peu. On ne peut pas leur reprocher la qualité du set qu'il ont délivré, ils ont bien défendu leur sombre marchandise, mention ! Une bonne découverte ce soir.

C'est ensuite Gazers qui a pris possession des lieux. Depuis l'an dernier, on entend pas mal parler de ce groupe dans le microcosme screamo parisien, par son potentiel, mais également parce qu'on y retrouve à la basse Adrien, le fondateur de Old Town Bicyclette (qui organisait ce concert), et accessoirement par les frasques ce dernier et de Hans, guitariste de cette formation humainement plus ou moins loufoque, mais motivée à en découdre avec son public, avec eux-mêmes, avec la vie. Le quintet venait interpréter ce soir quelques titres de son EP The Decline, qui se veut très lourd, grinçant, boueux, et également de nouveaux morceaux, à la fois plus mélodiques et encore plus violents, plus orientés screamo tout simplement. Sur le plan musical, les parisiens se sont particulièrement bien débrouillés. Le frontman, concentré et inflexible, nous hurlait ses textes avec la même constance tout au long du set. D'ailleurs, sans aucune hostilité, il était amusant d'observer les gimmicks du second guitariste dans sa façon de bouger, qui semblait pour le coup sortir d'un groupe de metalcore. Mais sur le plan scénique, le groupe était moins présent et charismatique qu'il a pu être lors de ses précédents passages dans la capitale avec Loma Prieta, ou encore The Rodeo Idiot Engine. Il manquait de cette sorte de haine palpable, de ce bazar, qui tout deux donnent habituellement la force des prestations des garçons. Cela aurait davantage préparé le public à la bagarre qui les attendait ensuite !

C'est en effet avec Twitching Tongues que l'ambiance aura été la plus chaotique dans le public, et il faut dire que ce fût plutôt une surprise. Une grande diversité nourrissait l'audience, et c'est assez rare dans les concerts de Old Town Bicyclette ! Il y avait du métalleux chevelu, des hipsters fans de screamo (qui eux seuls pouvaient savoir que la plupart des membres de Code Orange Kids ont un side-project emo/indie nommé Adventures), et même un petit gars qu'on a l'habitude de voir mosher (ou presque) dans les concerts deathcore et beatdown de la capitale. Twitching Tongues, c'est un mélange entre hardcore percutant, et extravagances metal : solos, shreds, influences stoner sur certains riffs et certains refrains, et également dans le chant de manière générale... Tout était réuni pour que le mosh pit devienne un ring. Et en effet, ce fût le cas, de grands costauds sont venus mouliner sec lors des quelques breakdowns et des accélérations rythmiques de la musique des américains qui ont tout donné, transmettant leur énergie à leur public qui comptait visiblement de grands fidèles, reprenant leurs paroles à tue-tête ! Musicalement, c'est une formule vue et revue dans pas mal de groupes officiant dans le même genre. Même si l'on est pas forcément sensible à ce style de musique, il faut avouer que sur scène, il y avait une intensité et une force de frappe incontestable. Le groupe a largement contenté ses fans français présents, qu'ils ont d'ailleurs honoré en reprenant "Forever War" de Kickback en guise de final, et s'est sûrement offert de nouveaux auditeurs. Une belle prestation.

Le grand final était réservé à l'un des groupes phares du moment de chez Deathwish Inc., Code Orange Kids. Code Orange Kids en live, c'est pas toujours convaincant, et très frustrant car beaucoup trop court. Ceux qui étaient présents à leur dernier passage à Paris avec Circle Takes The Square, Full Of Hell et Taste The Void ont pu s'en rendre compte. Le set de ce soir n'a pas dérogé à la règle. 20 petites minutes et puis s'en va. A peine devenions-nous quelque peu foufous sur "Flowermouth", le single phare de leur dernier LP Love Is Love//Return To Dust, et hop, au revoir ! C'est vraiment dommage, car le groupe développe une folie extrême en studio qui ne demande qu'à exploser sur scène. Cette violence, on la sentait véritablement dans la gestuelle des kids, dans les screams, mais elle était trop contenue. Pourquoi ne pas la faire exploser ? Une ou deux chansons de plus nous aurait au moins permis de ressortir moins frustré de cet set mi-figue mi-raisin, qui aurait pourtant pu réserver plein de surprises. On pourrait se dire qu'après tout, c'était un concert "à la punk", du genre "on vient, ou joue fort et on se casse", ça marche du tonnerre avec quelques groupes, mais leur musique est également quelque chose de tellement prenant, de tellement fort et mystérieux que de la voir passer telle une étoile filante, c'est quand même grisant. C'est l'effet qu'ils recherchaient sûrement, les saligots !