dimanche 30 décembre 2012

Le top 10 de la rédaction

L'année 2012 aura été incroyablement riche en sorties, et il fut particulièrement difficile pour moi et Néhémie de faire un choix parmi toutes celles-ci. Nous sommes néanmoins parvenu à vous proposer un top 10 général, et un top 10 de la scène française, parmi les albums/EP qui nous ont marqué. Lorsque je mets des groupes ex aequo, c'est parce qu'ils sont à équivalent de style, et valent la même place l'un et l'autre. N'hésitez pas vous aussi à proposer votre top 10 dans les commentaires !

Néhémie
Top 10 général :

01. Being As An Ocean - Dear G-d...


2) Ancients - Star Showers On The Euphrates
3) Anatomy Of The Bear - Anatomy Of The Bear 
4) Devil Sold His Soul - Empire Of Light
5) Old Gray - Everything I Let Go & The Things I Refuse To
6) Sigur Rós - Valtari
7) Beau Navire - Lumens
8) Suis La Lune - Riala
9) Cathedraal - Voix Blanches
10) Title Fight - Floral Green

Top 10 scène française :

1) Cathedraal - Voix Blanches



2) Birds In Row - You, Me, & The Violence
3) Merge - Transmission EP
4) Rise Of The Northstar - Demonstrating My Saiya Style EP
5) Sail To North - Pictures From Youth
6) Dead Sailors - S/T EP
7) Man Is Not A Bird - S/T EP
8) Crown Cardinals - Born Old/Die Young EP
9) Lost In Kiev - Motions
10) Alaska - Into The Sea EP

Attentes pour 2013 :

Merge, Doyle, Bring Me The Horizon, Echoes, Fallacies, Betraying The Martyrs, The Catharsis, Deafheaven, Branson Hollis, Dir en Grey.


Guillaume
Top 10 général :

1) Birds In Row - You, Me, & The Violence


2) Title Fight - Floral Green
3) State Faults - Desolate Peaks
4) Converge - All We Love We Leave Behind (Deluxe Edition) 
5) The Greek Favourites - What Do You Know About The World Such Being A Coward
6) Devil Sold His Soul -Empire Of Light/The Elijah - I Loved I Hated I Destroyed I Created ex aequo
7) Slingshot Dakota - Dark Hearts
8) Loma Prieta - I.V
9) Sore Eyelids - S/T
10) Tricot - School Children & The Cosmo


Top 10 scène française :

1) Birds In Row - You, Me, & The Violence



2) Cathedraal - Voix Blanches
3) General Lee - Raiders Of The Evil Eye
4) Nine Eleven - Le Rêve de Cassandre
5) Rise Of The Northstar - Demonstrating My Saiya Style EP
6) Sport - Colors/Dead Sailors - S/T ex aequo
7) The Prestige - Black Mouths
8) Keys & Promises - S/T
9) Man Is Not A Bird - Restlessness EP/Bien À Toi - Diriger, Séduire, Convaincre EP ex aequo
10) Merge - Transmission EP/Crown Cardinals - Born Old Die Young EP ex aequo

Attentes pour 2013 :

Branson Hollis, deafheaven, My Bloody Valentine, Admiral's Arms, Jimmy Eat World, This Town Needs Guns, Merge, Saosin, Funeral For A Friend, Comadre, Vales, My Only Scenery, Dir en Grey, Gatherer, Bring Me The Horizon, Doyle, Palms, Silverstein, Cult Of Luna, Hierophant.

... Et pourquoi pas Brand New, Pleymo et Tool ?


Découverte : Oddsider


Oddsider ? Kesako ? Eh bien c'est un tout jeune groupe allemand, avec un français à la guitare, officiant dans un post-hardcore technique qui lorgne vers l'indie, et même le metal progressif. Le groupe vient de poster en ligne un morceau nommé "Strifes And Leaves". Mêlant agressivité et subtilité, aussi spontané que travaillé, le morceau est à l'image de l'univers musical du groupe, s'éloignant ainsi des gimmicks metalcore ou le groupe se dirigeait au travers de leurs toutes premières démos. A défaut d'avoir trouvé une photo du groupe, j'ai publié le bel artwork de leur 1er EP, nommé "Seasons Of Souls", qui sortira courant 2013, d'ou est issu le morceau posté ce soir, et ou figurera un featuring avec Anthony, chanteur du groupe Merge. Je ne manquerais pas de chroniquer cet opus ! Un groupe à suivre, assurément.

jeudi 27 décembre 2012

Chronique : Keys & Promises - S/T


Noël nous réserve toujours de belles surprises. Je croyais ne plus avoir à découvrir d'albums avant l'année prochaine, 2012 étant fini dans quelques jours. Mais c'était sans compter Keys & Promises... Leur premier essai éponyme est sorti le 7 Décembre dernier, dont il est question aujourd'hui. Eh bien cocorico, non seulement c'est bien cool, mais en plus c'est français.

Dès la première piste, "Thirty-One", on est embarqué dans un rock alternatif brut de décoffrage, nourri au post-hardcore, puissant et atmosphérique, à la manière d'un Young Guns sur l'album "All Our Kings Are Dead". Le gros point fort de cet opus, c'est la voix. Une voix rauque, puissante, virile, à l'image des caractéristiques des compositions des français, justement proche de celle du chanteur de Young Guns. C'est loin d'être une insulte, mais je sens que je vais me faire moi-même insulter : j'ai même pensé à du Three Days Grace, pour la comparaison vocale... J'ai aussi bien apprécié le rendu des guitares sur le premier titre. L'une, très présente, apporte la lourdeur et la puissance, et l'autre, plus éloignée, apporte les mélodies. Sur l'ensemble de l'album, on retrouve à peu près ce schéma. On reconnaît par-ci par-là quelques influences, on ressent du Saosin dans tout ça, dans cette atmosphère lancinante, puissante, rythmée. Je suis sûr que certains auront le doux souvenir de "Seven Years" (titre présent sur l'EP "Translating The Name", lorsque Anthony Green était encore dans le groupe), en écoutant la superbe "Nowhere But Here"... Bon, sans les cris bien sûr. Ce qui surprend, c'est la qualité d’exécution de l'ensemble, alors qu'il ne s'agit là que du tout premier disque proposé par la bande, et que c'est une auto-production, le groupe n'ayant pas de label. Les influences sont parfaitement digérées, c'est cohérent, carré. Nous avons le droit en guise de final à une belle reprise acoustique du deuxième titre de l'album, "There's No January Without A Real Cold War". Avec une atmosphère encore plus mélancolique que le morceau d'origine, cette ballade se veut très sympathique, envoûtante, et marche d'autant plus avec la force de la voix de Valentin, et les choeurs. C'est rare qu'une ballade acoustique soit utile, dans un album. Ici, elle l'est.

Conclusion : Le mot qui revient le plus souvent dans ma chronique est celui qui caractérise le mieux cet opus : "Puissant". Aussi bien instrumentalement, vocalement que émotionnellement. Keys & Promises nous livre un premier album rondement bien mené, livrant une musique sans artifices, honnête, enivrante. Il aurait cependant vraiment dû s'agrémenter d'au moins un titre en plus pour se révéler réellement consistant, je reste sur ma faim avec cette petite demi-heure, moi. Bon, je suis sans doute un peu tatillon sur le coup, m'enfin bon, ayant été transporté et totalement conquis par leur univers, j'aurais bien aimé y rester au moins 10 minutes de plus moi, héhé ! Avec ce premier effort solide et plein de passion, Keys & Promises a toutes les chances de s'imposer parmi le haut du panier des valeurs sûres françaises de 2013.

Tracklist :

01. Thirty-One
02. There's No January Without A Real Cold War
03. Nowhere But Here
04. See You On Tuesday
05. Jinx
06. Sparkling Voices
07. Wasted Youth
08. Divine Comedy
09. There's No January Without A Real Cold War (acoustique)

L'album est disponible en physique ici, et en digital ici. Vous pouvez également écouter l'album dans son intégralité ici, et ici. Et enfin, petit bonus, le clip de "Sparkling Voices" est visible ici.

mardi 25 décembre 2012

Merge : "Joy Illusion" en cadeau


Le groupe parisien Merge (post-hardcore), que j'ai interviewé il y a quelques jours, a posté le titre "Joy Illusion" sur leur page Bandcamp. Il est désormais disponible en téléchargement à prix libre. Une sorte de cadeau de Noël ! Pour visionner le clip, c'est ici.

dimanche 23 décembre 2012

Sail To North : Le clip de "My Empty Home"


Les pop-punkers français de Sail To North viennent de sortir leur clip pour le titre "My Empty Home", issu de  l'album "Pictures From Youth", sorti le 02 Décembre dernier. Pour le visionner, c'est juste au-dessus !

samedi 22 décembre 2012

Interview : Merge




Le groupe français Merge fait partie du haut du panier d'une scène post-hardcore française (toutes dérivations confondues) en plein essor. Ayant débuté au printemps dernier avec un EP, "Transmission", très bien reçu par la critique, faisant face à un public majoritairement conquis mais parfois très dur, Merge revient aujourd'hui plus fort que jamais. Nouvel album, nouveau clip, producteur renommé, page d'accueil de Blank TV...  Retour avec Anthony (chant) et Julien (guitare) sur l'actualité et le parcours de ce groupe prometteur, que je soutiens personnellement corps et âme depuis les débuts...

- Bonjour à vous deux ! Alors, pour ceux qui n'auraient pas suivi le groupe, pouvez-vous vous présenter ?

A : On se définit comme un groupe de post-hardcore, au sens large du terme, pour éviter de rentrer dans les déclinaisons que nous-mêmes ne comprenons pas toujours ;) Nous nous sommes formés à la fin 2011 et sorti un EP en mars 2012. Aujourd’hui nous avons quasiment fini notre 1er album qui verra le jour en printemps 2013.



- Tout d'abord... Eh bien félicitations ! Le clip de "Joy Illusion" est une réussite, le titre montre une orientation musicale encore plus travaillée, le line-up actuel est parfait, le premier album sera produit par MONSIEUR Matt Goldman... Comment se sent-on, actuellement, dans le groupe ? Un peu désorientés par tout ça je présume ?

A : On est tout d’abord très content et très fier. On estime avoir eu beaucoup de chance de travailler avec Matt Goldman. On lui a envoyé un mail très court avec quelques préproductions de l’album, puis après quelques échanges, le partenariat était lancé.



- Ce qui est vraiment beau chez Merge, c'est la passion, l'implication, l'acharnement. L'acharnement pour faire toujours mieux, toujours plus fort, pour vous faire plaisir avant tout. Mais sans jamais désorienter les fans. C'est une valeur qui a tendance à se perdre sur la scène post-hardcore en général. Vous vous donnez corps et âme à la musique, on le voit à travers vos prestations scéniques intenses et au travail acharné que vous fournissez pour chaque étape de l'évolution musicale de Merge. Je pense notamment à Julien, le leader du groupe, qui gère admirablement bien son projet, avec beaucoup de ténacité et de courage. Vous prenez un peu de temps pour vous dans tout ça ? Vous pensez que tous ces efforts paient, aujourd'hui ?

A : Julien est un peu « l’extra-terrestre » du groupe. Il gère quasiment tout, de la compo, au management, en passant par le booking. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg car il a aussi une profession très prenante. On a tous d’autres activités en dehors de la musique, ca demande parfois une sérieuse organisation mais c’est ce qui rend le temps très excitant au quotidien. Nous avons beaucoup investi en temps et effort dans ce projet et bien sûr, quand on voit à quel point le clip a été reçu, nous pouvons qu’être très heureux !



- On vous décrit souvent comme "sincères, vrais". C'est vrai que vous avez les pieds sur Terre par rapport à d'autres groupes. Vous êtes très heureux à chaque étape franchie par le groupe même si c'est simplement une review, on sent ce bonheur permanent de jouer, et que vous êtes très attentifs au public, aux compliments des gens, que vous êtes à l'écoute de tous... C'est important pour vous cette simplicité, ce partage, cette sensibilité ?

J : Nous faisons de la musique par passion. L’aboutissement d’un groupe c’est quand sa musique est écoutée et appréciée. Quand nous voyons des gens se déplacer, ou simplement, venir nous parler, on se dit qu’on est là où on doit être. Nous gardons toujours en tête que si on est sur scène, c’est avant tout pour nous, mais aussi pour les gens et grâce aux gens.


- Le groupe souffre malheureusement d'un problème qui devient de plus en plus dangereux pour la scène, et assez récurrent en France : Une ouverture d'esprit et un respect absolument inexistants, saupoudré d'innombrables clichés. Le public metal en général devient de plus en plus fermé, et a la critique facile, ne cherchant même plus à avoir un jugement objectif à propos d'un groupe. Avez-vous un avis sur ce problème ? Est-ce que vous êtes sensibles aux remarques négatives que l'on vous fait ?

J : Pas trop. Souvent, les groupes/personnes qui parlent de façon négative ne nous connaissent pas. C’est juste dommage qu’ils ne passent pas autant de temps à composer. On dira juste à ces gens de rester devant leur clavier à déverser leur haine ou devant leur miroir en caleçon et chaussettes à jouer sur leur guitare non-branchée.


- Parlons maintenant de cette production en or massif, pour le premier album. Vous avez réussi à obtenir les services de Matt Goldman... Être produit par monsieur Underoath, monsieur The Chariot, et autres groupes moins connus mais tout aussi excellents, c'est quand même quelque chose. Est-ce le groupe qui a fait la démarche de le contacter ? Quel a été son jugement sur l'EP "Transmission" ?

J : Il ne s’est pas attardé sur la prod de l’EP car il voulait plutôt nous écouter parler afin de cerner le son qu’on voulait et ne pas être biaisé par un son déjà fait. On a sélectionné plein de liens youtube en disant « je veux ça pour la guitare, ça pour la basse, cet effet là pour ceci, etc. ». C’était assez long mais il prenait ça avec une telle passion qu’on a joué le jeu à fond, et le résultat est exactement ce que l’on voulait. On aurait jamais espéré qu’un tel Monsieur passe autant de temps sur du détail avec un petit groupe comme le notre.



- Est-ce que le changement de line-up récent a eu des répercussions sur le son du groupe ?

A : L’arrivée de nouveaux membres a toujours une influence certaine sur le son du groupe. Mais nous étions tous d’accord sur la direction musicale du projet avant tout recrutement, dès lors, nous nous retrouvons jamais à faire du deathcore ou du country.
Ceci dit, nous aimons beaucoup innover et faire un gros travail de recherche afin d’élargir notre panel de sonorités, ça nous surprend et ça surprend les gens !


- Aujourd'hui, avec le recul, que pensez-vous de "Transmission" en général, après tout ce chemin parcouru ? Je sais qu'il a été une base très importante pour l'évolution du groupe. Il correspond toujours à ce que devient le groupe en ce moment ? Vous a-t'il servi pour la composition de l'album ?

J : On est très content de Transmission mais nous avons pris une tout autre direction pour l’album. Nous avons gagné en maturité et en expérience dans le processus de composition, ce qui donnera, on l’espère, plus une impression de travail et de rigueur. L’EP était plutôt un énorme patchwork de nos idées avec des structures parfois un peu farfelus, mais on a pris beaucoup de plaisir à le réaliser !



- Êtes-vous satisfaits jusque-là, par votre parcours, votre évolution ?

A : On l’est tous. On ne pense pas avoir brûler d’étapes comme on peut parfois le voir, nous avons toujours emprunter la porte de devant en tentant de nous faire connaitre par notre musique et nos performances en live avant tout. Et nous travaillons toujours dans cette direction.



- On peut faire quoi comme jeu de mots marrants avec "Merge" ?

A : Les gens ont été bien plus créatifs que nous à ce niveau là, mon préféré reste « Verge ».



- Vous avez prévu de faire quoi pour la fin du monde ?

J : Rester auprès des gens qu’on aime. En ce qui me concerne : Didou, mon chat.


- Allez, on arrête ici l'interrogatoire, je vous libère ! Un dernier petit mot peut-être ? Pour moi, ce sera "Merci et Joyeux Noël les gars !"

A : On se retrouve très vite en 2013 pour de belles dates et encore de belles surprises.
J : Soutenez la scène française, venez en concert, achetez des CD et des Tshirts, partager les musiques et les clips, parlez des groupes. C’est vous notre générateur.

Vous pouvez retrouver Merge sur leur page Bandcamp, et sur Facebook. Pour le clip de "Joy Illusion", c'est ici.
Merci à Julien et Anthony d'avoir pris le temps de me répondre !

Guillaume.

Circle Takes The Square : L'album offert (c'est Noël !)



Le groupe de screamo/grind/expérimental Circle Takes The Square offre en cadeau leur nouvel album "Decompositions: Volume Number One", divisé en deux chapitres : Le premier, "Chapter I: Rites Of Initiation", sorti sous forme d'EP en 2011, et le second, "Chapter II: Totem Polaris", qui vient donc rejoindre son prédécesseur pour former cet album réussi. Il est téléchargeable à prix libre ici. La récompense des survivants ?

jeudi 20 décembre 2012

deafheaven : Un nouvel album


C'est confirmé, le groupe deafheaven (black metal/screamo) sortira son second album au printemps 2013, toujours sur Deathwish Inc. Il se nommera "Sunbather". Plus de détails sur cet album ici.

mercredi 19 décembre 2012

Finch : une date en France pour 2013


Finch, un des groupes ayant cartonné sur la scène post-hardcore américaine du début des années 2000, une sorte de petit frère de Glassjaw, lancent une tournée pour célébrer les dix ans du mythique album "What It Is To Burn". Rappelons que le groupe s'est séparé depuis 2010, et qu'ils se reforment seulement dans le cadre de cette tournée, qui débute le 2 Janvier 2012 en Californie. Finch passera donc par Paris, le 23 Mars 2013 au Trabendo. Les places sont disponibles ici.

mardi 18 décembre 2012

Live report : Totorro + Jean Jean + Man Is Not A Bird + Hier @ La Cantine de Belleville, Paris, 17/12/2012


C'était à la Cantine de Belleville qu'il fallait être en cette soirée humide du 17 Décembre pour se réchauffer et s'évader un bon coup. En effet, quatre groupes prometteurs de la scène math-rock et post-rock française y jouaient ce soir-là. Nous avions d'abord Totorro et Jean Jean, qui passaient par là dans le cadre de leur tournée européenne, qui se finissait le lendemain. Et ensuite, deux groupes locaux : Man Is Not A Bird et Hier. Le premier impressionne l'auditoire en ce moment avec son premier EP "Restlessness", chroniqué dans ces pages par Néhémie. Le second était encore quasi-inconnu du public post-rock. Jusqu'à hier, du moins... OH MON DIEU, CETTE BLAGUE DE MERDE !


Et c'est donc Hier qui a lancé les festivités, nous envoûtant d'entrée de jeu avec "The Fall", premier morceau de leur EP "Rhizomes", téléchargeable à prix libre sur leur page Bandcamp. La voix du chanteur est frissonnante, aussi douce que possédée. Le chant était d'ailleurs parfaitement maîtrisé durant le set du groupe, qui était à l'image de leurs morceaux : Intimiste, reposant, poignant, mais également oppressant, chaotique. Hier, c'est un peu une sorte de Sigur Ros qui aurait mangé du post-metal, pourrait-on dire. Il aura su convaincre le public, emporté par les compositions tranquilles et puissantes de ce groupe décidément surprenant, lui-même emporté par leur propre musique. J'ai moi-même été agréablement surpris par cette prestation. Un groupe à suivre de près...

Place ensuite à la sensation du moment, j'ai nommé Man Is Not A Bird. J'étais bien curieux de savoir ce que pouvait donner un live du groupe, après avoir été convaincu par l'EP. Eh bien les quatre parisiens nous ont bien fait bouger la caboche, avec un set énergique, carré, efficace, ou le côté enjoué et ensoleillé de leur post-rock mathy planant ressortait bien. Le son n'était pas toujours parfait, les guitares un peu à côté par (rares) moments, mais l'essentiel était là, les musiciens étaient à fond, et n'oublions pas que le groupe est tout jeune. Il a tout de même assuré, et a bien défendu son disque, chapeau. Nous avons même eu le droit à deux nouvelles compositions, qui montrent des envies de passer à quelque chose d'un peu plus agressif, tout en restant dans la lignée de "Restlessness". Pour en avoir discuté avec le batteur, un vrai métronome tant sur l'opus que ce soir-là, et souriant comme pas deux lors du live, l'EP est un peu une base sur laquelle le groupe travaillera pour élargir son horizon musical à l'avenir, et pour d'éventuelles nouvelles sorties. Vous êtes sur la bonne voie, les petits loups !

Le public est désormais bien rôdé, prêt à accueillir les fifous de Jean Jean. Ah, ce groupe, son post-rock survolté, nourri aux synthés, au math-rock et aux tropiques... Déjà deux ans que leur seul et unique opus à ce jour, un EP 5 titres, est sorti, mais il reste toujours d'actualité. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas trahi la folie de leurs compositions ce soir-là ! "Fresher", premier titre joué, nous a directement mis dans l'ambiance, servi par un batteur absolument fou tout au long du set (un grand bravo à lui) et un guitariste hanté. Une prestation intense, qui donnait réellement envie de bouger, ou les morceaux devenaient encore plus dingues que sur l'EP. Le public a positivement réagi à l'assaut tropico-chaotique des trois musiciens présents pour achever du faible d'esprit avec leur musique complexe et écrasante. Les gars de Jean Jean se sont donnés à fond malgré une fatigue de fin de tournée logique, et je les en remercie, tant leur set était puissant et rythmé.

Pour le dernier set, celui de Totorro, le plus "connu" des quatres groupes présents, la salle était presque pleine. Il faut dire que le post-hardcore surpuissant aux explosions Envyesques du groupe est très apprécié du public connaisseur français (et japonais, soit-dit en passant, le groupe étant signé chez les excellents Tokyo Jupiter Records) et de moi-même, après deux premiers EP salvateurs, dont "All Glory To John Blator" produit par Amaury Sauvé, monsieur Birds In Row. Le groupe nous aura joué les trois morceaux du troisième et récent EP "Home Alone" avec une hargne phénoménale, un talent indéniable, montrant une orientation nouvelle, beaucoup plus lumineuse, plus mathy, plus fun, mais toujours aussi puissante et aérienne, toujours avec une touche hardcore. Un fan apparent du groupe ne s'y est pas trompé, bougeant frénétiquement à chaque morceau du groupe. A raison, car ces trois morceaux feraient danser un stade entier de kids mordus d'emo/indie à la Sport. Une belle démonstration de leur nouvelle direction musicale, dont je suis impatient de découvrir l'entier potentiel sur l'album prévu en 2013, et que le public a accueilli avec enthousiasme.


Ce concert nous aura réservé bien des émotions et des surprises ce soir. Chacun confirmait aisément leur statut, les deux premiers ayant un sacré potentiel et de très belles bases, Jean Jean toujours aussi carré et déjanté, et Totorro qui évolue intelligemment et d'une bien belle manière. Chacun aura donné le meilleur de lui-même, avec passion, pour des sets à l'énergie et à la bonne humeur communicative. Tout le monde était heureux d'être là, et aura aimé ce concert. Le seul a ne pas avoir apprécié le concert, c'est le propriétaire des lieux, arrivé en furie lors des balances en hurlant : "Ça joue trop fort les jeunes, baissez un peu le volume !" Cela aura occasionné l'un des plus beaux blancs que j'ai vécu jusque là, pour un pur moment black metal ado-feeling.

PS : Un grand merci à Laura et Ingrid d'I Scream Asso, à tous les groupes présents pour leurs prestations, aux musiciens avec qui j'ai pu discuter et auprès de qui je m'excuse pour ma grande timidité, à la bonne humeur et la gentillesse de chacun, à l'un des mecs de Totorro pour m'avoir fait rêver avec son t-shirt Mermonte (je le veux), et à cet éternel train de 00H35 à la gare de Paris-Montparnasse qui me sauve bien des nuits...

Voici quelques liens pour écouter tout ce beau monde :


Guillaume.

Brave Bird : Le premier album en streaming



Le premier album du groupe emo/indie américain Brave Bird, nommé "Maybe You, No One Else Worth It", a été posté en streaming sur Alternative Press. Il sortira le 8 Janvier via Count Your Lucky Stars, et c'est une belle surprise, tant le groupe a travaillé ses compos et a progressé musicalement. Les précédentes sorties du groupe, qui joue un emo/indie enjoué, brumeux et puissant, sont en streaming/téléchargement sur leur page Bandcamp.

Merge : Le clip de "Joy Illusion"


Le groupe post-hardcore français Merge, qui grimpe bien des échelons en ce moment, vient de publier le clip de son nouveau titre, "Joy Illusion". Ce titre est extrait du premier album du groupe, qui paraîtra au printemps 2013, et qui sera produit par Matt Goldman (Underoath, The Chariot, As Cities Burn). Une sacrée bonne évolution pour le groupe...

jeudi 13 décembre 2012

Chronique - Bien À Toi : Diriger, Séduire, Convaincre



Diriger.

Se laisser diriger par les ombres. Les laisser jouer avec nos émotions. Se laisser envoûter par leur aura séductrice trompeuse. Se laisser diriger vers une plaine gelée, enneigée, déserte, aux paysages lointains, aux arbres nus, ou les souvenirs viendront te rejoindre dans la solitude. Se laisser guider vers cette "Dystopie", le théâtre des pires cauchemars, le royaume du pire. Bienvenue dans la quotidien. Il n'est plus question de rêver, il est question maintenant de voir le réel. Le rêve, c'est "Pour les autres", ceux qui s'auto-détruiront à espérer. Ce qui les attend ? "Noyade, Noyade". Rien d'autre. Noyade dans l'immense trou noir qu'ils construisent à l'unisson en s'évadant dans les cieux bleu. Construction soigneusement orchestrée par les petits pions du grand échiquier, qui jouent au jeu du système, aux jeux des sociétés, pour engendrer une invisible destruction massive de l'ennemi "liberté". Tout ce petit monde se laisse "Diriger, Séduire, Convaincre" par une minorité qui représente la majorité. La logique parfaite d'un monde qui tourne à l'envers.


Séduire.

Se laisser séduire par cette femme, à la silhouette fine, perdue dans cette réalité assassine. Elle s'avance lentement vers toi, à quatre pattes, affaiblie. Nue comme les arbres dehors, dévêtue comme les murs de sa chambre. Elle te tend doucement ses mains, ses mains froides, abîmées. La laisser nous prendre la main, nous emmener dans son paysage sombre, son intra-monde. Elle te fera danser, elle te fera rêver, elle te fera pleurer. Dans un coin d'une pièce vide et sombre, elle te racontera ses histoires, elle continuera la tienne. Avec un peu de musique en fond. Elle te dira que c'est la mélodie de sa vie : pesante, froide, faussement douce, rythmée, violente, triste. Tu les entends, ces cris ? C'est comme l'appel de détresse de son cœur, de son esprit. Elle te dira que le groupe s'appelle "Bien À Toi", comme si elle te dédiait ces morceaux. Se laisser séduire par son regard noir, ses cheveux sombres, grisés sous le poids du stress, de l'enclume qu'est la société. Se laisser séduire par ses yeux d'un vert aussi beau que l'herbe des paysages ensoleillés. La seule lumière d'un espoir qui s'éteint doucement, aux côtés de reflets blancs comme la neige qui tombe sur la plaine gelée et déserte de la dystopie ou cette femme tente de survivre. Se laisser séduire, pour finir sa vie à ses côtés, parce que finalement, la tienne y ressemble. Qui se ressemble s'assemble, dit-on.


Convaincre.

Se laisser convaincre par l'emo/math-rock instrumental ténébreux de Bien À Toi, chose facile en soi (ultrarime ultimate niveau 15 : CHECK). Le nom du groupe semble d'emblée dédié à son auditoire. J'entends bien un amical "On te dédie chaleureusement ces morceaux, en espérant qu'ils te touchent et te parlent", à travers tout ça. Quelque part entre Suis La Lune et Cathedraal, l'ensemble des morceaux nous transportent dans un univers sinueux, ou le mystère pré-domine sur les paysages. Que peut donc bien hurler ce personnage, sur les quelques couplets de "Pour Les Autres", et "Noyade Noyade" ? Comme me le disait Antoine (guitare) : "C'est bien que ça reste mystérieux, ça laisse plus de place à l'imagination. :)". C'est là le but de cet EP. Faire réfléchir, s'imaginer tout ce qui peut nous mettre en alchimie avec la musique du groupe, se l'approprier à travers son vécu, ses rêves, ses cauchemars, ses envies, pour mettre en scène sa psychologie, sa pensée. C'est assez perturbant d'entendre ce cri perçant, lointain, désespéré, sans pouvoir décrypter son message. On aurait presque un sentiment de peine de ne pas le comprendre, de le laisser souffrir, ce personnage désemparé. Peut-être parce que dans une dystopie, on étouffe les vérités le plus possible... L'EP fait part d'une belle cohérence entre l'univers visuel et l'univers musical du groupe, histoire d'absorber au maximum l'auditeur. Il se veut rythmé, aérien, mais également mélancolique, pesant, lourd. Le groupe a déja trouvé une forte identité sur ce premier effort, qui j'en suis sûr se renforcera à nouveau à l'avenir, avec pourquoi pas un peu plus de ces cris éthérés, perçants, si émouvants, auxquels on tentera de répondre une nouvelle fois, pour ne pas laisser ce pauvre homme sombrer dans les méandres de ses maux... Une belle révélation, et un coup de cœur personnel.

Bien à toi, cher lecteur, chère lectrice.


PS : Un grand merci à Antoine et à l'ensemble du groupe pour m'avoir suggéré leur EP, je me suis régalé à rédiger cette chronique, et à écouter cet effort.

mardi 11 décembre 2012

Chronique : Gifts - S/T



Cher(e) lecteur/lectrice. Cette chronique est spéciale pour moi. Je l'ai rédigée le jour de ma rupture avec ma chère et tendre. Et je pleure toutes les larmes de mon corps en la rédigeant. La beauté du travail du jeune Aidan C. Feliciano alias "Gifts", multi-instrumentaliste, et de deux amis, fait face à ma peine. Son EP, nommé également "Gifts", l'aura libérée. Il aura scellé la fin d'une histoire qui s’annonçait si belle, et que j'aurais donc gâché. Il débute par "Poem", qui comme son nom l'indique est introduit par un poème, déclamé en spoken word, qui laisse ensuite la place à une douce instru emo/indie, et à "Music". 3 minutes d'un emo instrumental classieux, mélancolique, enivrant, et mine de rien, dansant. 3 minutes qui laisse la place aux souvenirs de chacun. 3 minutes qui me rappellent presque 2 ans de joies, d'anecdotes, de sourires, son sourire. Lorsque je rédige cette chronique, il pleut dehors, mais les gouttes qui tombent sur mon téléphone ne viennent pas du ciel. S'en suit "Keep You From Everything". Instrumentalement, on reste sur la lancée de "Music", en un peu plus posé, mais Aidan nous délivre sa plus belle voix. Brumeuse, posée, on se laisse séduire facilement. Ses mots relatent tout ce que j'ai pu faire et vouloir dire à Lora. "Yea, I'm trying hard to tell you. I'm trying everything. Watch me make mistakes". "So I'm building a palace / to keep you from everything.  And building a fortress. Somewhere you can't see". Pour moi, la forteresse s'est effondrée. J'ai échoué. Le morceau suivant, "That's Better", se veut acoustique, tout en douceur. C'est toujours rempli de mélancolie, toujours plein de déclarations, d'aveux. Ensuite, nous avons "Wring Me Out", qui se veut plus ensoleillée et un peu plus lourde au niveau des guitares sur certains plans. Un petit peu de baume au cœur, pourrait-on dire. Ce que j'apprécie, c'est la longueur du morceau, un peu plus de 5 minutes. C'est assez rare qu'un morceau emo-indie dure aussi longtemps, de nos jours. L'émotion et les atmosphères qui ressortent de ce morceau ont ainsi le temps de nous emporter, de nous faire rêver, sourire, pleurer, choisissez la mention utile. L'EP se termine avec "In My Grasp", qui reprend à peu près le même schéma que "Wring Me Out". Le morceau terminé, il y a ces inévitables quelques secondes de silence. L'EP vient de se terminer, et je me rends compte qu'il a exorcisé ma peine en lui. Je l'ai ré-écouté une fois, et j'ai eu un surplus de souvenirs, de nostalgie. William Bonney a prévenu son public sur Facebook, c'est un artiste hors pair que nous avons la. Il n'as pas tort. Le garçon arrive à nous extirper toutes nos peines de cœur, ou nos joies diverses, pour nous laisser nous vider au travers de ses compos mélancoliques et tranquilles. Il n'a nul besoin d'échappées math-rock ou d'envolées post-rock pour nous faire décoller et/ou sauter comme des fifous.

Je m'en vais écouter un autre album sur mon téléphone, et je tombe sur un certain "Look Up". Je n'ai pourtant jamais entendu parler de ce groupe auparavant. Le nom de l'album est "Gifts". Enfaite, ce sont 5 autres morceaux qui sont inclus dans l'EP, à l'achat sur Bandcamp, mais qui ne sont pas en streaming. Il s'agit en quelque sorte d'un "prototype" de ce qu'est devenu Gifts aujourd'hui, un projet qu'avait lancé Aidan avec un ami quelques années auparavant, et qui préfigurait la direction musicale qu'il a pris aujourd'hui. Ce fut une bonne surprise. Ces 5 titres un poil lo-fi sont plus bruts, plus expérimentaux. Le premier titre, "Open", sonne comme certains titres des EPs "Here, Hear" de La Dispute. Un titre exclusivement chanté en spoken word, qui se veut monotone et triste, touchant, accompagné d'une instru emo-indie acoustique. S'en suit "Running In And Out Of Things", ou l'on retrouve les caractéristiques de la musique de Gifts, mais avec un chant plus éthéré, agressif, parlé-hurlé, et quelques phrases chantées. La voix de Aidan est frissonnante, puissante et à fleur de peau... Le titre suivant, "Tumbling", plus ensoleillé, rappelle les excellents Tawny Peaks, avec son rythme entraînant, sa technicité, et sur quelques intonations de voix. Nous avons ensuite "Pedal Harder", une autre petite perle d'emo/indie, qui se termine tout en beauté, Aidan hurlant toutes ses tripes sur les dernières secondes. Le morceau final, "Beautiful World Girl", revient aux fondamentaux : de l'emo punk à fleur de peau, et des spoken words à la fois, et à la fois éthérés et violents, qu'on dirait presque sortis des cordes vocales de Guy Picciotto. Sur certains plans, ce morceau ressemble d'ailleurs fortement à ce que l'on pouvait entendre sur le fameux S/T du légendaire groupe Rites Of Spring, créateur du mouvement emo. Et dire qu'il commence tout en douceur, le fourbe.

Conclusion : Je n'aimerais ne jamais avoir eu à finir cette chronique, au vu de ce qu'elle représente... Cet opus est flagrant de sincérité, pour un musicien passionné, talentueux, et décidément très inspiré (c'est également valable pour ses amis). Il m'a accompagné dans ce moment extrêmement difficile que je traverse actuellement, et restera important dans ma vie. Les émotions qui découlent de sa musique à fleur de peau sont communicatives, et on se retrouve, se perd, dans son chant puissant, à bout de souffle. Gifts aura certainement sa place dans la galaxie de l'emo/indie moderne, en tout cas je l'espère. 

Et moi j'espère retrouver une place dans la galaxie de Lora.

Tracklist :

01. Poem
02. Music
03. Keep You From Everything
04. That's Better
05. Wring Me Out
06. In My Grasp

(Look Up)
07. Open
08. Running In And Out Of Things
09. Tumbling
10. Pedal Harder
11. Beautiful World Girl

L'EP est disponible sur la page Bandcamp de Gifts. Les titres de Look Up sont disponibles uniquement à l'achat.

Guillaume.

L'Homme Puma : Un nouvel album en libre-téléchargement


Le groupe screamo parisien L'Homme Puma, notamment connu pour son split avec Sugartown Cabaret, vient de sortir son nouvel et troisième album au format digital. Nommé "Bandanascope", cet album marque un gros tournant dans le son du groupe, devenu un duo, passant d'un screamo cinématographique à situer entre Microfilm et Amanda Woodward, à une sorte d'electro-pop planante post-hardcorisé. Complètement différent, vous l'aurez compris. A la première écoute, ça peut choquer, mais l'idée est chouette. Ça s'écoute sur la page Bandcamp du groupe, et c'est déconseillé aux puristes endurcis.

dimanche 9 décembre 2012

Balance & Composure/Braid : Un split pour Février


Les jeunes post-coreux grungy de Balance & Composure vont sortir un split avec Braid, un groupe ayant compté dans l'évolution de la scène emo des années 90. Ce split sortira le 26 Février 2013, via No Sleep Records. Chaque groupe proposera ici deux titres inédits. Ci-dessous, la tracklist de ce split :

Braid :
01. Lux
02. Many Enemies

Balance & Composure :
03. You Can't Fix It
04. Say

Vous pouvez pré-commander ce split en vinyle ou en format digital ici.

mercredi 5 décembre 2012

Texas Is The Reason : Un nouveau titre en écoute


Le webzine Rollingstone a posté en streaming une nouvelle chanson du groupe Texas Is The Reason, le groupe emo/indie cultissime. Cette chanson, nommée "When Rock'N'Roll Wast Just A Baby", fera partie d'un album discographique, nommé "Do You Know Who You Are? : The Complete Collection", qui regroupera le seul et unique (mais ô combien important) album du groupe, avec d'autres chansons sorties tout au long de leur carrière, ainsi que deux chansons enregistrées récemment, et encore jamais publiées, dont celle postée en streaming. Pas de date de sortie pour le moment.

Un split entre Touché Amoré et Pianos Become The Teeth




Sortie épique en vue. Touché Amoré et Pianos Become The Teeth, deux acteurs importants de la nouvelle scène hardcore émotionnelle, vont sortir un split en tout début d'année prochaine. Il contiendra un titre par groupe. le titre de Touché Amoré se nommera "Gravity, Metaphorically", et le titre de Pianos Become The Teeth se nommera "Hiding". Sur le site Internet de Topshelf Records, vous trouverez une description de ces deux titres. Le split sortira le 8 Janvier 2013 via Topshelf Records et Deathwish Inc.. Le début d'année s'annonce déjà très bien !

lundi 3 décembre 2012

Merge : Nouvel album, nouveau clip, nouvelle chanson.


Le groupe post-hardcore parisien Merge vient de faire une belle annonce. En effet, il vient d'annoncer la sortie d'un nouveau morceau. Il sera issu de leur premier album dont la sortie est prévue pour le début du printemps 2013, et dont la production est assurée par Matt Goldman (qui a produit entre autres Underoath, The Chariot, As Cities Burn...). Ce nouveau morceau, accompagné d'un clip, sera publié le 17 Décembre à 21H. Soyez tous au rendez-vous !

dimanche 2 décembre 2012

Chronique : Sail To North - Pictures From Youth


OK, situation : c'est bientôt l'hiver, on se les gèle, y'a du vent, il pleut, faut se rendre au boulot/au lycée sous ce temps pourri, bref c'est l'horreur. Mais il existe des échappatoires, comme la musique en ce qui nous concerne. Enfin, pour pas mal d'entre nous, je présume.

Originaires de la région PACA, les six pop-punkers de Sail To North, influencés par les classiques (Blink-182, Comeback Kid, New Found Glory, Box Car Racer...) et par toute la nouvelle vague pop-punk américaine (une collection de groupes excellents tels que The Story So Far, Transit, Man Overboard, Such Gold, The Wonder Years, Living With Lions) nous livrent leur premier album, nommé "Pictures From Youth". Et c'est un vrai bonheur à écouter, en cet automne pourri. Ça transpire à fond la Californie, la fête, l'énergie positive, le soleil... Alors, à la hauteur des influences citées et des concurrents locaux de Can't Bear This Party ?

C'est Neil Armstrong qui nous emmène vers le vif du sujet. Sa fameuse phrase "That's one small step for men, one giant leap for mankind" sert d'intro à "Echoes From Earth", qui démarre tout de suite très fort, avec un hurlement, et un "We fall in and out again" chanté en choeur qui met tout de suite en situation. JUMP AROUND ! L'énergie positive est d'emblée de mise, et c'est tant mieux. "Everyday in my life I've got no place for regrets / And our time has come for playing masterplan / You know in every ends there is a start we began ". Allo la Terre ? Ca y'est, on a décollé vers les étoiles ! L'ensemble de l'album se veut terriblement efficace, distillant un pop-punk/hardcore puissant, joyeux, positif, fun, fun et fun, avec une sensibilité emo finement calée dans l'ensemble, rien que dans les petites pauses instrumentales audibles ici et là. J'ai eu un coup de coeur pour "Three Chasing Words", avec son refrain hyper-efficace, et son plan hardcore explosif sur la fin. J'ai également beaucoup aimé "Burning Bridges", et "As Paper Tigers" ou l'on ressent bien ce feeling emo, dans les harmonies de chant, les accords ensoleillés, tirant vers l'indie. Un peu comme si You Blew It! (par pur exemple me venant en tête) durcissait le ton de ses compos. Je citerais également le dernier morceau de l'opus, "Odds & Ends", proche des origines easycore du groupe, mais jamais niais ou formaté. Je suis fan du breakdown de fin, déjà parce qu'il est UTILE et bien calé, et parce que vient s'y mêler quelques accords emo-indie. On a aussi des morceaux comme "Pictures From Youth", entièrement acoustique, mais MIRACLE, jamais niaise, qui nous surprend avec des notes de trombone distillées par Rémi de Can't Bear This Party, qui passent très bien. Il y chante d'ailleurs avec son acolyte Jean, du même groupe. Un morceau parfait pour une soirée autour d'un feu entre potes, entre autres. N'oublions pas "New Lights, Lost Sights" et "My Empty Home", des morceaux plus "classiques" du genre pop-punk/HxC un minimum sincère, mais qui passent super bien. Une fois l'album terminé, un constat : tu as envie de relancer le bouzin, parce que ça t'as donné la pêche et qu'à défaut d'être dans un pit à sauter partout, tu bougeras frénétiquement la tête dans ta chambre, avec cet album à fond dans tes esgourdes. Si tout d'abord tu aimes le pop-punk, et qu'en conséquence tu aimes cet album, bien entendu.

Conclusion : Depuis quelques mois, la scène pop-punk française ne faisait plus beaucoup parler d'elle. Sauf pour Chunk! No, Captain Chunk! qui grossit son CV actuellement sur les scènes américaines. Sail To North risque fort de corriger le tir, avec un premier album convaincant, plus personnel que les premières démos, avec une production énorme, très "américaine", histoire de s'assurer de finir sur les platines des kids du Nouveau Continent. L'album a de fortes chances de plaire au public "underground", car on ressent une belle dose de sincérité et d'amusement précieuse, dans la musique du groupe. Je tiens à féliciter le travail porté sur les voix et les choeurs, qui donnent chacun une puissance folle à l'ensemble, et à l'ensemble de l'album, jamais ennuyeux ni mièvre. Situé quelque part entre Such Gold, Set Your Goals, The Wonder Years et Can't Bear This Party, cet album réchauffe les oreilles comme il réchauffera les coeurs, et fera à coup sûr transpirer le pit et les kids ! Tu habites en HLM et tu as un radiateur vieux du siècle dernier pas foutu de fonctionner correctement ? Tu as froid dehors parce que tu n'as pas de manteau assez chaud ? "Pictures From Youth" est une assez bonne solution, ma foi.


Tracklist :

1. Echoes From Earth
2. Three Chasing Words
3. New Lights, Lost Sights
4. Burning Bridges
5. Pictures From Youth
6. My Empty Home
7. As Paper Tigers
8. Odds And Ends


"Pictures From Youth" est disponible sur la page Bandcamp du groupe. Enjoy!

mardi 27 novembre 2012

Le dictionnaire de l'emo + I-Scream Asso = partenariat


Le dictionnaire de l'emo est fier de vous annoncer qu'il est désormais partenaire de I-Scream Asso ! Cette asso nous propose bien souvent de très belles affiches dans le genre post-hardcore, metalcore, post-rock... Moi et Néhémie suivront donc avec assiduité l'actualité des concerts de l'asso, et nous essaieront de nous rendre au plus de concerts possible pour vous rapporter de tout beaux live-reports ! Stay tuned, comme on dit ! :)

Guillaume.

Concert : Totorro + Man Is Not A Bird + Jean Jean + Hier @ La Cantine De Belleville (Paris), le 17/12/2012


Le dictionnaire de l'emo est partenaire du concert de Totorro + Man Is Not A Bird + Jean Jean + Hier, organisé par I-Scream Asso, qui se déroulera à La Cantine De Belleville (Paris), le 17 Décembre 2012. Une belle soirée post-rock en perspective, avec quatre groupes qui portent haut la main la relève française du style ! Emotions fortes et envolées vers les nuages en perspective ! Plus d'informations sur la page Facebook de l'évènement.

Daly's Gone Wrong : Réunion, et nouvel album pour 2013


Daly's Gone Wrong, un groupe totalement inconnu en France (si l'on excepte le fan que je suis), mais connu et apprécié de la scène hardcore underground du Bronx, vient de se réunir après 3 ans de hiatus, accompagné d'un nouveau bassiste, Anthony Bilancia. Le groupe prévoit de sortir un nouvel album pour l'année prochaine, enregistré dans le studio d'Anthony, le Small Room Studio. Daly's Gone Wrong, officiant dans un mélange (d)étonnant entre hardcore, ska, indie et pop-punk, a sorti deux albums : "The Fourth Wave" (2003), et "Never A Hand To Hold" (2007), ainsi qu'un EP (à l'artwork dégueulasse), nommé "Exit Where You Belong" (2005).

lundi 26 novembre 2012

Chronique : Two Minutes For - Dirty Kids



Vous le savez peut être pour les plus fidèles d'entre vous, je suis particulièrement fan de Last Tango Theatre  . Eh bien aujourd'hui, voilà le "side-project" de deux des membres du groupe, j'ai nommé Two Minutes For. Ils nous présentent leur premier EP, nommé "Dirty Kids". Le moins que l'on puisse dire, c'est que de l'artwork "classe de collège old school" qui m'as fait sourire, aux fautes d'orthographes du livret qui m'ont fait pleurer, en passant par leur musique même, les sales gosses nous ont pondu une sacrée grosse bêtise. Ben oui, cet EP casse tout. Mélanger du hardcore mélo entraînant, virevoltant et agressif façon A Wilhelm Scream et le post-hardcore épique de Last Tango Theatre ? Check !

En guise de premier larcin, une intro assez froide, directe, brutale, nous mène vers "Glory Is Short-Lived", qui commence d'emblée en force. C'est rapide, agressif, mélodique, et ça bastonne bien, à l'image des paroles, brulôts contre les "rockstars", qui plairont aux allergiques des groupes mégalomanes comme Asking Alexandria. On reconnait les influences post-hardcore dans la manière "sèche" qu'on les accords de se succéder, dans la technique apportée à l'instru. Le second morceau, "Dirty Kids", va plus loin dans le mix des genres, entre chœurs, passages instrumentaux, explosions rythmiques, petits riffs enlevés... Un morceau bien cool dans le genre. "The Miracle" commence directement de manière très brute, avant de basculer dans une atmosphère double-voix/mélodies mais toujours brute, proche d'un Thrice, avant de rebasculer dans la cavalcade punk hardcore qui va bien. On croit un temps que le morceau se termine, mais BOUM, un passage instrumental de toute beauté apparaît achève le morceau, et qui se poursuit sur les premiers instants du poignant "To Sleep Is For The Weak", ou l'on se croirait dans un morceau de Last Tango Theatre, avant que le morceau n'explose, avec un "Sleeping is the best way for doing nothing, I close my eyes !" frissonnant. Le groupe ne nous y laisse aucune raison de s'endormir, pas de faiblesses à l'horizon ! L'EP se poursuit avec le violent et rapide "We Don"t Support You", hurlé en choeur et taillé pour que les gosses se tapent les uns sur les autres dans la fosse ! On revient ensuite sur des accents mélodiques, mais toujours puissants avec "Bad Decisions", un morceau qui pousse à la réflexion sur soi, et sur ses choix. "It"s time to find another life. It's necessary to leave, to escape from this way, to escape from a new bad decision". L'EP se termine sur "Promises", toujours pleine de puissance, de mélodies, et de paroles qui parleront à pas mal de kids... Peut-être un peu plus disciplinés que nos quatre garnements, qui sait ;)

Conclusion : Incisif, puissant, revendicatif, cet EP m'a beaucoup plu. Les gars jouent pour s'amuser, mais en même temps pour dénoncer le star-system, les préjugés des parents, les décisions malsaines... J'en attendais pas moins de ce premier effort addictif, et audacieux dans sa manière d'aborder hardcore mélo entraînant et post-hardcore exigeant. Allez les enfants, faites péter la chaîne hi-fi, faites crier les parents, sinon c'est la punition !

Tracklist :

01. Intro
02. Glory Is Short-Lived
03. Dirty Kids
04. The Miracle
05. To Sleep Is For The Weak
06. We Don't Support You
07. Bad Decisions
08. Promises

Trois titres de l'EP sont en écoute sur leur page Bandcamp.

Guillaume.

Chronique : Man Is Not A Bird - Restlessness EP


Messieurs dames, voilà un groupe qui risque de vite devenir mes chouchous de la scène parisienne. Man Is Not A Bird, un tout jeune groupe officiant dans un mélange entre le math-rock et le post-rock, vient de nous offrir son tout premier périple, sous forme d'un EP 4 titres, en cette belle fin d'année. Etant un bon client de tout ce qui touche au mélange de ces deux genres musicaux, et ayant eu de bons échos sur ces petits gars, il ne m'en fallait pas plus pour me pencher sur cet EP, nommé Restlessness. Tout d'abord, avant de parler des morceaux, notons l'excellent travail de Julian, le guitariste du groupe pour le très beau et très dépaysant artwork, un écho certain au contenu du disque. Maintenant, passons au principal !

Les 4 fragments qui composent Restlessness ont vraiment tout pour plaire, j'ai d'emblée été séduit. Ça commence par "Desire To Escape Problems". Planant et aérien, comme tout bon morceau de post-rock qui se respecte, mais avec un côté enjoué et sautillant supplémentaire, qui donne toute leur personnalité à leur son. Ambiance : Imaginez-vous marcher dans une plaine en regardant le paysage ensoleillé, fermer les yeux, puis s'amuser à faire des petits bonds en avançant, comme un petit gamin... Et surtout, ne vous arrêtez pas, car "Bringer On Rain And Seed" continue sur la même lancée, sur ce contraste vraiment superbement dosé entre douceur et rugosité.

Et... Oh ben merde alors, ça se couvre d'un coup ! C'est normal, ça continue avec le plus sombre et nerveux "Triumph Of Light Over Darkness", une piste qui pourrait presque sonner comme un morceau de screamo sans chant, mais qui reste tout aussi onirique et atmosphérique. Pour le coup, c'est la piste la plus courte et la plus directe, et ça ne m'étonne pas ! Et enfin, après cet orage musical, le disque reprend des couleurs, et s'achève avec "Guardian Of The Trees", un dernier morceau de fraîcheur, de surprise, de bonheur. Ce petit moment fifou à partir de 01:45, il me fait bouger la tête comme un débile, une tête qui s'envole à partir de 02:22, ou le morceau entre à son apogée, avec les plus beaux riffs de ce disque, atmosphériques au possible... Oh mais tiens, c'est des piaillements d'oiseaux que j'entends à la toute fin de la chanson ? Serait-ce en fait... Des oiseaux qui jouent dans ce groupe ? CES HOMMES SERAIENT DONC ALORS DES OISEAUX ? MENSONGE, CONSPIRATION, MAN IS REALLY A BIRD!!!!!

Bon, oublions cet écart quelque peu flippant de ma part, c'est un très beau voyage que nous offrent les Man Is Not A Bird avec cet EP, ou ils semblent nous tendre chaleureusement la main pour nous emmener dans leur univers, dans ces 4 petits GRANDS bouts d'évasion. C'est joué avec classe, avec passion. Et en live, c'est encore plus beau à vivre, encore plus entraînant, surtout quand tu sais que les gars ont une patate absolue en les jouant, ça fait autant chaud au cœur que quand ces 4 tracks te cajolent l'oreille dans ton casque, dans ton RER matinal. Je suis bien impatient d'entendre de nouveaux titres de la part de ce groupe très prometteur. L'homme n'est pas un oiseau certes, mais grâce à ces quatre gars, nous le sommes intérieurement, on se sent libre et léger...


vendredi 23 novembre 2012

Live report : Crown Cardinals + Merge + The Butcher's Rodeo + My Dog Ate It @ La Mécanique Ondulatoire, 22/11/2012, Paris.


Ce Jeudi 22 Novembre, ce fut une soirée post-hardcore/metalcore à la Mécanique Ondulatoire, à Paris. Quatre groupes étaient à l'affiche : My Dog Ate It, The Butcher's Rodeo, Merge, et Crown Cardinals. Et malgré le changement de salle de dernière minute qui a eu lieu la veille du concert, la salle fut remplie, et ils n'ont pas raté leur soirée ! Le premier groupe, My Dog Ate It, était un peu plus timide que les autres sur scène, mais ils ont quand même défendu leur EP "The Aftermath" au mieux, que j'ai pour ma part redécouvert, et préféré en live. On regrettera les problèmes de son au niveau des voix qui ont un peu étouffé les prestations des chanteurs. S'en est suivi The Butcher's Rodeo, qui ont distillé leur hardcore'n'roll chaotique avec succès, déclenchant les fureurs du public. Ça moshait sévère parmi les plus balèzes du public, le groupe était à fond malgré ces problèmes de sons pertinents qui mangeait le chant de Vincent, qui était pourtant excellent. Il fallait vraiment être près pour profiter au mieux de sa prestation. Heureusement, les deux groupes suivants ont eu plus de chance à ce sujet. Y compris Merge, qui a été vraiment épatant. Pas seulement musicalement, mais humainement. Outre le fait qu'Anthony soit très doué en raï et en imitation de pas de danse de Michael Jackson, les gars de Merge nous ont joué leur EP "Transmission" avec toute la rage et la passion du monde. Nous avons également eu le droit à un morceau issu de l'album à venir bientôt, à la fois plus planant et violent qu'à l'accoutumée. J'ai hâte de découvrir cet album... La foule présente a bien adhéré, elle aura d'ailleurs le droit à de longs remerciements de la part du chanteur, qui n'en revenait pas de la passion communicative qui se partageait dans le public à propos de son groupe. D'ailleurs, je suis resté sans voix devant la prestation de notre Daryl Palumbo national. Il m'avait avoué être tombé malade la veille, mais a tout de même assuré un set sans faute, bougeant et dansant dans tous les sens, allant s'éclater avec son public pendant les morceaux, le faire chanter... Un type passionné, habité par sa musique, qui aime son public, et ça fait vraiment plaisir. Le dernier groupe, Crown Cardinals, aura lui aussi assuré un set efficace, avec la même dose d'énergie et de passion, qui n'a pas hésité à aller jouer en plein milieu du public également. Les titres de leur EP "Born Old/Die Young" ressortaient ici mieux que jamais, tant au niveau des guitares puissantes et incisives que du chant de Max. Une belle confirmation du potentiel et de la puissance que l'on retrouve sur l'opus.

En résumé, ce fut une soirée pleine d'énergie, d'humanité et de spontanéité, ou les quatre groupes présents ont foutrement bien défendu leurs opus respectifs, prouvant le talent d'une scène française dont ils seront probablement la relève, et prouvant également une bonne fois pour toute que faire du metalcore (ou autre genre de musique affilié à la scène) aujourd'hui ne revient pas automatiquement à vouloir faire simplement du business sur le dos des fans, ou jouer les poseurs...

PS : Merci à Monia pour son aide précieuse, merci à tous les groupes présents, et un merci tout particulier à Anthony, Julien, et Lucas.

mercredi 21 novembre 2012

Crown Cardinals + Merge + The Butcher's Rodeo + My Dog Ate It : Changement de salle


Le concert de Crown Cardinals + Merge + The Butcher's Rodeo + My Dog Ate It, initialement prévu au Klub (Paris), est déplacé à La Mécanique Ondulatoire, toujours à Paris, et commencera plus tôt, à 20H30. Tous les sets sont donc avancés d'une heure. Ce changement de salle fait suite à un arrêt préfectoral obligeant la fermeture du Klub pour quelques jours. Plus de précisions sur la page Facebook de l'évènement.

mardi 20 novembre 2012

Chronique : Alaska - Palcaptain


Il y a quelques jours, le batteur du groupe Alaska m'a contacté pour me présenter son groupe. Non, je ne parle pas du groupe metalcore français qui porte le même nom, mais plutôt du groupe post-hardcore/indie américain. J'ai donc suivi son conseil, j'ai écouté leur EP "Palcaptain", et je suis content de l'avoir fait.

Dans la musique du groupe, on retrouve du La Dispute dans le chant et dans les envolées des accords, ou du Caravels voire du State Faults dans la façon de lier mélodies lumineuses, explosions hardcore/emo éthérées, et passages indie brumeux. Le premier morceau, qui reprend le titre de l'album, est une belle mise en bouche, avec une douce introduction, menant vers un chant hurlé, torturé, et une instru aérienne et incisive à la fois. Ce chant me plaît beaucoup. Il adopte un ton particulier, agressif, entre emo et hardcore. Le groupe se dévoile vraiment à partir du second titre, "Graveyards", ou l'on entend un peu plus de technicité, et ou le chanteur se paye le luxe de s'offrir quelques envolées vocales entre deux hurlements. Je pense notamment à ce "Evening lighting aligning the avenue, laughter heard only when you’re alone", qui m'as fait frissonner. Entre accalmies et explosions virevoltantes, ce morceau laisse autant exploser les guitares que le talent du groupe. Le morceau suivant, "Oakbuff", évolue dans des contrées post-rock lumineuses. On retrouve les tremolo-pickings qui stratosphérise l'auditeur, les progressions mélodiques, mais le groupe y apporte sa touche emo qui change tout. Tant au niveau du chant (qui parfois rappelle Jordan Dreyer), que des paroles, et de la touche math qui va bien. Un très beau morceau, mélodique et cathartique à la fois. "Settlements" joue un peu sur le même terrain du morceau progressif au chant Dreyerien, avec quelques choeurs et un soupcon de hardcore mélo qui donne un groove et une force bienvenue au morceau. Le morceau se finit par une instru à l'envers, avec un chant très lointain, presque fantomatique. Un morceau plein de mystères.  L'EP se termine avec "Vineyards", qui commence avec un post-hardcore acharné et plein de passion, comme on le retrouve partout sur cet opus. Arrivé au milieu du morceau, de doux accords nous emmène vers un couplet chanté en choeur, et notre chanteur, toujours aussi habité, qui nous hurle son texte avec toute la rage du monde, entre un dernier arpège post-rock et ces choeurs entraînants. Fin du morceau, tout le monde applaudit. Vous l'aurez compris, c'est une fin épique que propose cet EP, passionné et passionnant.

Conclusion : Cet EP est une belle confirmation pour le petit groupe américain, qui ose se jeter dans le grand océan du post-hardcore. Il est évident que les influences de la "Wave" se font grandement ressentir, mais le groupe tente d'y injecter une dose de personnalité supplémentaire qui permet d'apprécier pleinement leur boulot. Leur maîtrise du sujet, le côté emo/indie irresistible, et le chant caractéristique, ont de quoi lui permettre de se faire une place en surface, et de se faire un nom sur la scène. J'attends le premier album avec une certaine impatience...

Tracklist :

01. palcaptain
02. Graveyards
03. Oakbuff
04. Settlements
05. Vineyards

"Palcaptain" se télécharge à prix libre sur leur Bandcamp.

lundi 19 novembre 2012

Chronique : Being As An Ocean - Dear G-d...



Being As An Ocean est un groupe fascinant. Parce qu'avec seulement trois chansons, ils se sont construit une fanbase hallucinante. Ces trois titres, "Nothing, Save the Power They're Given", "Dear G-d" et "The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget", avaient tout pour plaire : Influences Pianos Become The Teeth/La Dispute/Defeater/Listener évidentes de quoi offrir un post-hardcore/indie posé et percutant, des émotions débordantes, des thèmes et paroles fortement inspirés par le christianisme (beaucoup de très bons albums viennent de la, mine de rien)... Les deux premiers titres m'ont beaucoup plu. Ils n'inventent rien, mais sont interprétés avec passion. Surtout que la puissance vocale de Joel Quarticcio est impressionnante. Chaque titre se termine par un couplet chanté à la manière de Dan Smith (Listener), comme la morale qui finirait une fable. Beau coup de cœur. Mais au troisième titre présenté, "The Hardest Part [...]", ce fut le drame : Mais bon sang, POURQUOI ces accords djent, POURQUOI ce passage growlé, et POURQUOI ce couplet à la Asking Alexandria ? J’étais là, devant mon écran d'ordi, genre "Mais OMG comment ils se gâchent !" = Abandon du groupe. Mais quelques jours après, j'ai ré-écouté, ne pouvant pas douter du talent du groupe, avec les deux premiers titres. Et si, après tout, c'était juste leur truc, qu'ils voulaient que ça colle à leur morceau sans qu'on ai à troller dessus, sans qu'on les range dans la "hype"... ? J'ai donc gardé ce questionnement en tête, acheté le CD aveuglément, et attendu son arrivée dans ma boîte aux lettres impatiemment. Eh bien finalement, je ne regrette pas l'achat.

L'album commence avec les deux titres que j'avais beaucoup aimé. Maintenant, j'aimerais revenir sur le troisième, ce fameux titre avec lequel j'ai eu TELLEMENT de mal : "The Hardest Part [...]". Ce qui me gêne véritablement, c'est l'incohérence du bloc "passage djent-growl-couplet ultra catchy" avec le reste de l'instru. J'ai réussi à digérer le couplet, les accords djent, mais ce growl TRV3 BR00TAL, j'y arrive vraiment pas. Ça casse la magie et l'atmosphère du morceau. Le titre suivant, "This Loneliness Won't Be The Death Of Me", nous fait voyager dans des contrées bien plus communes au style. C'est plus catchy que les titres précédents sur le début. On sombre doucement dans un doux songe, les déclamations de Joel, pour qu'au final le morceau explose avec des chants en chœur, des guitares puissantes, avant que les accords emo/indie ne reprennent le dessus. Le titre suivant, "The Sea Always Seems To Put Me At Ease" est exclusivement chanté en spoken word qui se veut de temps en temps crié, mais en tout les cas complètement hanté, sur un jeu de batterie toujours très rythmé, avec toujours ces guitares douces, planantes. Magnifique. "Salute E Vita", le titre suivant, est un peu plus direct, mais c'est vraiment ce type de morceau qui fait ressortir au mieux leur talent de composition, leurs émotions. Au morceau suivant, surprise : Un long morceau post-rock ! "It's Really Not As Complicated" nous fait voyager pendant 11 longues minutes. ÇA  c'est un interlude ! Il reste basique, mais se veut tout de même joliment joué et puissant, assez pour me faire rêver. Le seul accord utilisé pour l'explosion du milieu de morceau peut à première vue paraître vite ennuyeuse, mais l'accord utilisé et tellement tranchant, incisif, qu'il peut vite faire devenir fou, il bourdonne en tête et hypnotise presque, comme avec du drone. Cette explosion laisse ensuite à place à un discours. Celui de Mohandas Gandhi, qui lit un extrait de son essai "On God", paru en 1931. Ce discours de paix se mêle terriblement bien à l'atmosphère générale du morceau. Et les derniers accords de la fin, ce retour du semi-djent entendu sur "The Hardest Past [...]" est ici très bien placé ! La tonalité des guitares et la tranquillité d'exécution le fait passer vraiment bien sur ce morceau. Bien joué ! Mais voilà, "Humble Servant, Am I" nous rappelle que le groupe manque de cohérence, chose qu'il applique pourtant avec classe sur le morceau précédent. Il est clair que le morceau est magnifique en soi, posé, touchant, mais le problème, c'est cette mosh part toute moche sortie de nulle part, qui à mes yeux gâche le morceau. Les mecs, plus jamais ça ! Ou alors faites comme Counterparts ou Stick To Your Guns, amenez le bordel plus finement, et avec un brin de technicité en plus ! Le morceau suivant, "This Room Is Alive" relève considérablement le niveau, en commençant avec un hardcore mélodique furieux, ou viendra ensuite se mêler des passages plus posés comme le groupe sait très bien les faire. Ce n'est pas "We Will Never Be The Same" qui nous dira le contraire, revenant aux expérimentations entre Listener et Defeater des deux premiers premiers titres. Le dernier titre, "If They're Not Counted, Count Me Out" reprend le principe de "The Sea Always Seems [...]", à savoir un chant parlé qui se veut de plus en plus intense au fur et à mesure que le morceau, très reposant, avance.

Conclusion : Sur ce premier essai, Being As An Ocean réussit à s'imposer, à montrer ce dont il est capable, tout en puissance, mais fait preuve d'incohérence avec sa base musicale, en s'essayant à des passages métallo-brutaux très mal maîtrisés qui, la plupart du temps, sont complètement hors-sujet par rapport aux sons emo/indie et post-hardcore atmosphérique du groupe. Vraiment dommage, car en dehors de ça, la musique du groupe est surprenante de force, d'inspiration et de sérénité ! Avec un peu de travail sur la cohérence, et en faisant évoluer leurs compos quelquefois basiques, le groupe aura ainsi de quoi devenir un vrai indispensable de la nouvelle scène post-hardcore. Amen.

Tracklist :

01. Nothing, Save The Power They're Given
02. Dear G-d
03. The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget
04. This Loneliness Won't Be The Death Of Me
05. The Sea Always Seems To Put Me At Ease
06. Salute e Vita
07. It's Really Not As Complicated As You're Making It Out To Be
08. Humble Servant, Am I
09. This Room Is Alive
10. We Will Never Be The Same
11. If They're Not Counted, Count Me Out

"Dear G-d" se choppe ici, ou bien ici.