jeudi 3 mai 2018

Les Mauvais Jours : sous les k-ways, les cœurs brisés.

● Vous l'aurez constaté depuis un certain temps, j'arrive plus à écrire régulièrement sur le blog. Être autant à la ramasse sur tout ce qui sort de beau, de passionné, d'engagé, d'important, ça me saoule, alors que j'écoute à peu près toutes ces sorties et m'évertue à voir ces groupes en concert (quitte à desfois mettre 3h à rentrer chez moi), à en parler autour de moi, à les partager sur mes réseaux sociaux. Mais en même temps, est-ce que j'ai envie de faire de ce blog un trophée de chasse en mode "regarde comme je suis trop premier sur l'info punx" ? La réponse est un non catégorique : j'ai crée ce blog avant tout dans le but de parler des choses qui me font vibrer sur le moment, qui me donnent envie d'écrire spontanément, et ce alors que j'étais loin d'être un emopunk cool, et encore moins déconstruit. Mais de toute façon, c'est décidé : le blog va évoluer. En profondeur. Je vous en dis plus bientôt.

Mais voilà, dans l'immédiat j'avais envie de poster ce truc qui me redonnerait l'envie de partager mon amour pour le punk, l'emo, de partager le temps de quelques lignes des émotions, des mots, qu'il m'est difficile d'exprimer proprement dans la vraie vie, autrement que via des ami-e-s proches. Et ça tombe bien, en cette douce soirée de mi-Avril, au milieu d'une semaine hyper ensoleillée après genre 5-6 mois d'un temps de MERDE, je trouve les fenêtres de temps et de mood idéales pour vous parler  (du moins, commencer à écrire...) d'un disque qui sied autant à ce beau soleil, qu'à mon coeur d'emo déter', comme le sont les leurs. Le nom du groupe, Les Mauvais Jours, c'est ni plus ni moins qu'une référence à un chant révolutionnaire de Jean-Baptiste Clément, "La Semaine Sanglante" : « Les mauvais jours finiront, et gare à la revanche, quand tous les pauvres s'y mettront. ». Et en 2018, en Macronie, ça sonne plus accurate que jamais. D'ailleurs, vous m'excuserez pour ce titre que je trouve pas hyper inspiré, mais je me suis creusé la tête pour trouver un truc cool mais j'y suis pas arrivé :(



Je vous ai déjà parlé sur FB de ce groupe strasbourgeois tout beau tout doux, composé par des membres d'Another Five Minutes, de More Dangerous Than a Thousand Rioters et de The Boring : Leur truc, c'est de jouer un indie-punk chaleureux, enjoué, je cite : "à base de baume au cœur et de bonne humeur, histoire d'éclipser l'aigreur quotidienne face à un monde d'oppressions et de préjudices". Et c'est très exactement ce dont il est question dans leur musique.

Dès qu'ils ont sorti leur démo 2 titres en Février 2017 (déjà !), j'étais tombé amoureux. Deux titres plein de chaleur, de mélodies entêtantes, d'un math-rock léger, d'un emo-punk plein de délicatesse, une mélancolie lumineuse. Ça m'évoquait tout ce que j'adore dans la section mathy de l'emo jeu de ces dix dernières années, genre les premiers You Blew It!, ou bien Sport... "Familiar Faces" résonne un peu comme un hymne au microcosme emo DIY et ce qui l'entoure : il raconte ces tournées qui se répètent, ces journées cramées sur la route, ces rencontres aux quatre coins de nos mondes, qui se tissent aussi bien dans des squats que sur Instagram, et on se demande si c'est juste une affaire de fun, d'insouciance, ou si c'est un besoin vital de changer d'air, de trouver des raisons concrètes et fortes de jouer, de vivre, ailleurs que dans nos métropoles gentrifiées, nos provinces isolées... Pour au final revoir les mêmes situations se dresser devant nous : tous les ennuis se ressemblent. Alors qu'en vrai, on les a, ces réponses : c'est juste les deux. Et ça parle aussi de ces retrouvailles que chacun-e attend impatiemment, au Fluff, dans les caves de Laval comme ailleurs en (f)rance (mais le fait de citer Laval est sûrement un clin d’œil intelligent à la scène hardcore locale, à Birds In Row, a tout ce qui s'est dégagé de cette mini-scène, à l'inspiration qu'elle a donné à tant de punx), ces instants de bonheur qui justifient souvent ces tournées éreintantes, ces heures de routes, ou tout semble repartir de zéro, où l'on refait notre année, nos vies, où l'on se vide de tout ce poids qui nous écrase. 

Sur le S/T, on retrouve ces 2 titres, ainsi que 8 nouveaux, enregistrés dans cette spontanéité et cette bonne humeur qui ressort tellement de ces morceaux. Ça me rappelle aussi ce que j'aime chez des groupe comme Traverse et Heavy Heart : des mélodies rapides, généreuses, efficaces, qui vont droit au coeur, sans prise de tête et juste une classe et une sincérité déconcertante, avec des paroles qui touchent peu ou prou tout le monde : le besoin de tout oublier et vivre à fond pour ne rien regretter ("Dig"), des instants de nostalgie et de regrets ("December"), le fait de pas avoir peur d'être soi-même et qu'on est personne pour juger autrui ("Steps")... Et cette punchline sur le dernier titre, "Fading", qui résonne fort en moi : "Memories of late-teen years echoing in my mind. Just a phase they said, but they came in last night". Bon en vrai, still not a phase de ouf mais ça dépend pour quoi, j'ai pas envie de revivre pleinement mes années Skyblog en soi haha !

C'est un disque qui passe tout seul, riche à foison de bons sentiments, de chouettes clins d’œil, qui peut potentiellement se transformer en sing-along de qualité en live. Je ne saurais trop vous conseiller de prendre un moment pour vous plonger dans cette petite douceur, rafraîchissante à tout point de vue.

C'est disponible chez :

• À Fond D'Cale (FR)
• Bad Wolf (FR)
• Crapoulet Records (FR)
•,Dingleberry Records (ALL)
•,Don't Trust The Hype Records (FR)
• Fireflies Fall (FR)
• Hardcore For The Losers (AUT)
• Pifia Records (ESP)
• Pike Records (ALL)
• Saddest Song Records (FR)





Bisous.

mercredi 14 février 2018

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #7


Ah, bah on dirait bien qu'il faut que j'intervienne, tant l'actu musicale s'emballe. Entre la jolie découverte awakebutstillinbed qui joue la carte d'un midwest emo très fortement teinté de punk voire même de screamo, et le jour assez fou du 13 Février où sont simultanément parues un excellent split Coma Regalia / Drei Affen (screamo dans la grande tradition du genre VS screamo légèrement influencé crust), des vidéos du troisième concert des québécois-es de Dianacrawls (screamo intense et un peu jazzy avec des membres de Commuovere et The Ultimate Screamo Band) et premier avec leur nouvelle guitariste, et un split de folie entre SeeYouSpaceCowboy et SECONDGRADEKNIFEFIGHT, soit le duo de tête de ce que les internets aiment appeler sasscore, ou scenegrind... Grosso modo ce qui sonne en 2018 comme Me And Him Call It Us, Heavy Heavy Low Low ou Daughters, bah y'a de quoi s'amuser ! Et en prime, il y a de l'emo qui rend hommage à Final Fantasy ainsi qu'une magnifique découverte à la toute fin, je ne vous en dis pas plus, j'espère simplement que ce disque vous attendrira autant qu'il a pu le faire avec moi. allez, on compile tout ça ci-dessous, et on laisse exploser les feels et les meubles.

MES PRÉCÉDENTS ARTICLES :

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERLOAD #6
Les tops 2017 du dictionnaire de l'emo

◈ MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERLOAD #5




COMA REGALIA / DREI AFFEN 7" SPLIT :



Comme dit plus haut, on sait immédiatement à quoi on a affaire quand on voit Coma Regalia quelque part. Un screamo rapide, intense, raw, et il m'est d'avis que les chansons de ce split font partie des meilleurs du groupe ! Aux côtés de Coma Regalia figure les espagnol-e-s de Drei Affen, qui reste fidèle également à ce qu'iels font depuis leur premier album : un screamo parfois proche de l'emoviolence, avec quelques influences crust, massif et dissonant.

"I can't trust you but I can't trust anyone.
Not waking but also not dreaming.
Barely breathing.
How did I find myself here?" - coma regalia

"Lucho con todas mis fuerzas. 
Lucho en dirección opuesta. 
El viento golpea mi cara. 
El frío me hiela el alma." - drei affen

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AWAKEBUTSTILLINBED - WHAT PEOPLE CALL LOW SELF-ESTEEM IS REALLY JUST SEEING YOURSELF THE WAY THAT OTHER PEOPLE SEE YOU



Une chouette surprise rafraîchissante que ce LP au nom interminable composé par awakebutstillinbed, sorti chez Tiny Engines, à la croisée de l'emo midwest et du screamo ("Safe" en est un parfait exemple). Un groupe tout jeune, qui semble très bien maîtriser son sujet, malgré quelques imperfections qui sonnent pourtant joliment à nos oreilles, pour peu que l'on soit sensible aux émotions brutes. Une spontanéité d’exécution très punk, un chant complètement saturé, délicieusement faux parfois, des mélodies irrésistibles, ça me rappelle un peu ce que j'adore sur le premier LP de Sorority Noise, chez Jeff RosenstockAlgernon Cadwallader... Un disque nécessaire pour se donner du baume au coeur et une motivation quand les matins sont compliqués. Mention spéciale au fabuleux titre "Fathers".

"all the failures of our fathers can't define us. if all that weight fell on our shoulders, who could blame us? our anxieties and fears can't control us if all their thoughts fall on deaf ears. 

I erase these memories, and I try to reconstruct myself to fit into this life. you might want to be someone else but what good would that do you if all this weight falls on your shoulders?"

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UNTOLD WANT / OSTRACA / VRIL / COMA REGALIA - SPLIT 10"



2 découvertes, une confirmation et un classique : le programme de ce chouette 4-way 10". Untold Want propose un hardcore chaotique, légèrement bagarre, assez raw, bien percutant, Ostraca prouve qu'ils sont toujours tout en haut du panier du screamo américain actuel en prenant soin de rester fidèle à ses ambiances enivrantes et à ce côté presque insistant de leur musique, genre "t'en as eu assez ? Ben y'en a encore !", Vril est une chouette découverte, un screamo ni chaotique ni conventionnel mais un subtil mélange de soubresauts, de mélodies et de cassures, un peu moshable. Et Coma Regalia font toujours ce qu'ils savent bien faire, avec passion et amour !

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NIBOOWIN - BREATHING



Old Soul est mort, et ce groupe manque encore énormément... Mais de ses cendres est né un groupe tout aussi grandiose : Sur leur premier album, Breathing, Niboowin prend les influences les plus sombres de Old Soul, y ajoute du crust et encore plus de screamo, et on obtient ainsi une bonne demi-heure de musique compacte, violente, massive, hypnotisante. Un bloc de noirceur avec des élans de beauté ici et là, qui permet au disque de ne pas être uniquement suffoquant, et de ne pas rendre son nom ironique.

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SEEYOUSPACECOWBOY / SECONDGRADEKNIFEFIGHT - SPLIT 7"





9 chansons, 9 assauts à grand coups de breakdowns, de grind tranchant et de noise furieuse, catégorie ceinture blanche. Un split pas loin de devenir iconique sur cette scène, et j'aime toujours autant SeeYouSpaceCowboy iels excellent dans l'art de sonner bas du front et complexe en même temps. SECONDGRADEKNIFEFIGHT ponctue sa musique de samples, en enchaînant grind et mathcore à une vitesse infernale, noyant le tout sous un océan de noise ajoutant de la violence à sa musique. Le split infernal, mais dans le bon sens du terme !

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KNIGHTS OF GANYMEDE - S/T


Shawn Decker est présent plusieurs fois dans cet article, haha ! Il s'agit en effet d'un nouveau side-project crée avec Shaun Thisismenotthinkingofyou. Mais il fallait que je cale ce disque avant de publier cet article : il est sorti quelques heures avant que ce post soit en ligne... Je me suis réveillé là-dessus, et il réalise le rêve de pas mal d'emokids : un disque 10 titres quelque part entre emo 90's et post-hardcore, inspiré des premiers At The Drive-In, The Jazz June et Piebald, complètement inspiré par Final Fantasy... State Faults avait frôlé le sujet via certaines paroles et titres de morceaux, mais Knights Of Ganymede fonce tête baissée dans l'histoire du jeu vidéo, avec une musique quand même un peu plus accessible. Même si l'on ne capte pas les références au jeu, ça reste un très bon disque plein d'énergie, de rythmes et de mélodies qui restent en tête

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THE SYLVIA NORTH STORY - (III)



Ils tiennent leur promesse : The Sylvia North Story sort son troisième EP mensuel, enregistré en 2H, cette fois-ci proposant un screamo aux accents 90's post-hardcore avec quelques accents... Psychédéliques ? J'aime beaucoup ce petit côté chaotique et cette pédale wah-wah qui donnent sa personnalité à ce disque. Et cette dernière track qui sonne presque comme du black metal de fond de cabane norvégienne, assez fantastique haha ! C'est fou de voir comment ce qui sonne presque comme une impro rend au final assez bien travaillé et personnel. Toujours aussi hypé pour ce projet !

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DIANACRAWLS - LIVE SET w/ MASSA NERA & TDOAFS @ GEIST HOUSE, MONTRÉAL, 11 FÉVRIER 2018




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DYM - RAY'S FRONT TEETH


Dans la douceur d'une nuit paisible, sur la fin d'une grippe virulente, mais s'en allant sur des airs de paix et de soulagement, découvrir un disque tout aussi soudain que tendre, quelle satisfaisante sensation. Dym a sorti Ray's Front Teeth en mi-Décembre 2017 et fait partie de tout ces trésors d'emo-punk mixés et masterisés (et parfois joués) par Joe Caithness, j'ai découvert ce groupe un peu sur le tard via mon petit épluchage hebdomadaire des bacs virtuels de Stonehenge Records, avec le petit lait de noisette chaud nocturne quotidien, et juste : wow. Un disque totalement prenant, qui nous embarque vers quelque chose d'unique, très introspectif, qui monte crescendo et devient soudainement très virulent et cathartique, avant de doucement redescendre, s'apaiser, puis se ravive de plus belle... De douces brises d'été, qui parfois deviennent bourrasques. C'est ultra cheesy dit comme ça, mais c'est exactement ce à quoi me fait penser ces 6 morceaux, qui m'évoque ce que j'adore chez Human Hands, ce qui fait mouche chez Unwound, et ce qui fait la particularité de la scène emo anglaise, en dehors de tout ces trucs twinkle et garage. Nope, là on parle du vrai, du Dischord Records-esque, et c'est vraiment trop beau. Je ne saurais que vous conseiller de l'écouter seul avec vous-même, dans un moment d'intimité, de paix intérieure ou de frustration, de vous laisser emmener, puis bercer...

Take care. 

jeudi 1 février 2018

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #6



● Je vous avais prévenu que je comptais redonner une vraie vie au blog en 2018. Eh bien j'essaie de tenir ma promesse : j'essaierais de garder le rythme des MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW, mais j'essaieraos aussi de faire des articles un peu différents, de refaire des reviews plus conséquentes sur un seul disque, on verra bien, mais j'ai envie d'écrire à nouveau... En espérant que j'arriverais également à vous faire découvrir des trucs qui vous plairont et vous inspirerons !

MES PRÉCÉDENTS ARTICLES :



DÉRACINÉ - S/T



À mon retour d'une soirée de Nouvel An où j'ai plus passé mon temps avec du guacamole, du houmous et du Club Mate qu'à danser et raconter des potins, j'ai pu constater que dès le 1er Janvier, le screamo game n'avait pas le temps : 7h30 du matin, notification sur Facebook : Shawn Coma Regalia qui poste à propos d'un énième side-project qu'il a sorti sur son label Middle-Man Records. Je me suis empressé d'aller écouter ça, et chouette surprise : c'est un projet avec Adam Ciresi de Carrion Spring au chant ! Ce projet s'appelle Déraciné, et c'est ni plus ni moins que 20 titres expédiés en 8 minutes environ. Non, ce n'est pas du grindcore bas du front, mais bien du screamo à la limite de l'emoviolence, plutôt mélodique mais quelquefois assez gras, un peu metal. 

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ZAMPLER #10 - GODDAMN BUGS WHACKED US, JOHNNY



Le jour-même de la sortie du S/T de Déraciné, David du blog Open Mind / Saturated Brain sortait le Zampler #10 de son label Zegema Beach Records, proposant 9 titres inédits, certaines sont des enregistrements live, d'autres des faces B, et il y a quelques singles de futurs albums, je pense notamment au morceau de The Ultimate Screamo Band, "À l'article de l'amour". Encore une chouette playlist, qui permet de découvrir les dernières perles du label, et qui m'aura par exemple fait redécouvrir, entre autres, l'excellent screamo de Truman via leur EP ma doi sorti l'an dernier, un EP fortement teinté de post-metal et de sludge, qui plaira notamment aux fans d'Ostraca...

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WELK - SEIN



Imaginez un mélange subtilement dosé entre Birds In Row, Déluge et Oathbeaker ? Welk est en substance ce que donne ce mix rêvé. J'ai découvert ce groupe sur le tard, en ce mois de Janvier, avec leur EP Sein. D'atmosphères éthérées en blast beats écrasants, en passant par des cassures hardcore punk, les allemands nous captivent du début à la fin de cet album avec des morceaux débordant de puissance et de beauté, où l'intensité ne fait que monter crescendo (avant de s'essouffler un peu sur le dernier morceau...), où il y a toujours un petit quelque chose pour nous surprendre, capturer notre attention.

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HAIRSPRAY QUEEN - CASSETTE



L'une de mes énormes surprises de ce début d'année s'appelle Hairspray Queen, et ce serait vraiment trop cool si la référence est tirée du morceau de Nirvana du même nom. Dans ce groupe joue des membres de Lovesick et I Eat Rocks, et il nous propose un post-hardcore D.C style, avec beaucoup d'effets sur la voix et les guitares. C'est plus que recommandé si vous aimez Rites Of Spring, Criminal Code, Praise... Vraiment, c'est ultra bien et vénère à souhait.

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SEEYOUSPACECOWBOY / SECONDGRADEKNIFEFIGHT - SPLIT 7"





Le sasscore est plus que jamais dominé par SeeYouSpaceCowboy avec ce nouveau morceau au titre ma foi très pertinent : "Stop Calling Us Screamo". C'est toujours rempli de breakdowns dévastateurs et d'influences Daughters et consors, et c'est présent sur un split avec le noisegrind chaotique et  de SECONDGRADEKNIFEFIGHT. Ce split peut causer beaucoup de dommages à la nuque et à vos meubles...

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THE SYLVIA NORTH STORY - (I) & (II)



Les membres d'algae bloom ont lancé en Décembre 2017 un projet très intéressant, The Sylvia North Story, au travers duquel ils enregistreraient un disque chaque mois, en une seule session. Le tout premier proposant un screamo / post-hardcore plutôt porté sur les ambiances et un son chaleureux, quand le second sorti ce mois-ci est plus chaotique, expérimental et expéditif. Je suis très curieux de voir jusqu'où ce projet peut aller et jusqu'où il peut s'ouvrir, comment Matt et Leigh vont réussir à trouver autant d'inspirations, d'idées, en des laps de temps aussi courts. Cela revient en quelque sorte à l'essence-même du screamo : cathartique, éphémère, imprévisible. Et c'est en ça que je reste très attentif à ce projet. D'ailleurs, je ne suis pas inquiet sur le rendu musical : ils sont déjà excellents via algae bloom, ils restent au top chez TSNS.

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SOLITONE - LAME DE FOND



Curieusement, avec tou-te-s les emokids qui y sont passé et qui y résident encore, Il n'y a guère que PAST qui représente un peu cette scène sur la scène bordelaise, en dehors des orgas et des distros / labels. Solitone corrige enfin cette injustice depuis l'EP Première Vague paru l'an dernier, comptant en son sein Yannick Voice Of The Unheard Records au chant, a.k.a the_used_prophet (que l'on retrouve cité sur "Les Naufragés Du Mauvais Temps") sur l'un des forums les plus pénibles (et parfois cool) de l'internet emopunk. J'ai l'impression d'entendre assez souvent de ce genre de cri scandé dans l'emo en ce moment, j'ai toujours du mal à la première écoute de ce genre de chants, mais avec le temps, quand le moral ou le moment propice s'y prête, ça passe mieux. Et musicalement, c'est plutôt posé, plein de tension mais jamais dans l'urgence, c'est plus dans l'introspection que dans les explosions rythmiques, et y'a aussi pas mal d'Amanda Woodward dans les guitares, dans "Tourner La Page" (le tout meilleur morceau du disque) ou "L'Imposture se Discerne" qui me laisse imaginer ce que donnerait une version plus "raw" de Sed Non Satiata période Mappo. Ça parle d'essayer de tenir bon face aux coups durs qui nous plombent le moral, face aux rouages de la société qui nous écrasent, ça rappelle aussi qu'on ne laissera pas seul-e-s les personnes souffrantes de dépression. Solitone a ainsi composé un chouette second EP, sincère et passionné, et ne s'arrêtera sûrement pas là.

Ah ouais et tant qu'on parle de Bordeaux, R.I.P Gasmask Terror, je les aurais jamais vus :'(
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LA NAUSÉE - EMPTY-FULL SPACE



Un duo parfait sur le papier, et de très chouettes compositions à l'arrivée. Gabriel Commuovere et Shaun Thisismenotthinkingofyou ont crée ensemble La Nausée, un projet screamo aux fortes saveurs jazz. Chacun excelle sur son instrument, et à la voix. C'est vraiment beau, on reconnaît entre mille le style de Shaun à la guitare, sa tonalité si triste et douce à la fois. J'aime beaucoup ces trois morceaux (dont un interlude instrumental), et j'espère que d'autres titres seront composés, même si ce n'est pas simple de le faire lorsque que l'un est en Angleterre, l'autre au Québec.

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CANINE - BOILING DROPS IN AN ICE-COLD WATER



On en parle vraiment trop peu sur la scène punk / hardcore française, mais en (f)rance, il y a un groupe marseillais, Canine, qui fait partie des groupes absolument nécessaires à la scène et autour, pour ce que le groupe raconte et revendique. Je vous avais fait découvrir leur musique avec le titre "No one like tough guys", sur la compile Le monde ou rien... Les voilà de retour avec un 2ème disque, Boiling Drops In An Ice-Cold Water, un disque où il est encore très clairement question de déconstruction, de prises de position ferme et concrète, d'appels à l'insurrection, au changement, et à ne jamais oublier l'amour de soi. La place de l'homme blanc cis-hétéro, la police, la condition animale, le capitalisme, la dépression... Chaque sujet est traité avec passion, force et conviction, dans une musique un peu fourre-tout certes mais toujours passionnante, pleine de soubresauts, qui touche tant au screamo pur jus qu'à du post-hardcore, avec quelquefois des excursions vers le post-rock, du spoken word assez récurrent, un ensemble qui me rappelle souvent des groupes comme Another Five Minutes ou La Petite Mort / Little Death, des influences At The Drive-In assez évidentes me semble-t'il, et j'aime beaucoup cette façon de développer leur univers avec une certaine dose de spontanéité, de fougue, malgré le sérieux des sujets qu'ils traitent... J'ai hâte de croiser leur route un jour ! N'hésitez pas à en parler autour de vous, tant il est important d'avoir, en 2018, des groupes liés à la scène emo qui remettent sur la table des sujets qui parfois au sein-même de cette scène sont parfois pris trop à la légère.

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PLEASE, BELIEVE! - ...IN POTENTIAL



Quand Bonehouse est censé splitter mais qu'au final ils n'ont pas vraiment envie de le faire, ça donne Please, Believe!. Ils démontrent avec ...In Potential que l'emo écossais aime toujours autant tricoter, et c'est vraiment superbe, et terriblement envoûtant... C'est sans surprise que ça rappelle dans l'ensemble Bonehouse ou des groupes comme Carson Wells, mais en plus introspectif, moody et grave, c'est complètement dans ce que j'adore écouter en ce moment : ce genre d'emo  / post-hardcore très chaleureux, riche en guitares et en mélodies aussi saccadées que douces. J'y retrouve également pas mal d'influences "Julien Paget" à la guitare, notamment les idées qu'il a eu pour Baton Rouge et Y de Daïtro... Le plus beau disque d'emo de ce début d'année, à n'en point douter, foncez l'écouter. Plus je l'écoute, plus j'en suis amoureux... J'ai pas vraiment de mots supplémentaires qui me viennent en tête pour exprimer ce que je ressens avec ce disque, mais je vous assure qu'il vaut le détour.

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LOCKTENDER - FRIEDRICH


Pour être honnête, j'aimais pas vraiment Locktender jusque là, j'avais surtout du mal avec les growls très bas qui ne semblaient pas du tout coller avec l'univers musical du groupe, mais lors d'une matinée de Dimanche, relativement tôt et sous la brume, j'ai pris le temps de découvrir Friedrich, leur nouveau LP, avec une oreille différente de la dernière fois où je les ai écouté, il y a quand même plusieurs mois. Eh bien je suis heureux de les avoir re-découvert sous un autre angle : c'est un disque long, exigeant, massif, profond, un habile mélange de post-metal aussi lourd qu'atmosphérique, et de screamo à la The Saddest Landscape. Comme chacun de leur disque, celui-ci explore la vie et les sentiments d'un artiste, ici le peintre Caspar David Friedrich. Ce disque donne l'impression d'un vécu extrêmement pesant, tourmenté, mais plein de force en même temps. Très intéressant à approfondir, et un très bon disque dans lequel se plonger quand le temps est gris dehors, et que l'humeur est sombre.

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SLOW BLOOM - HEX HEX HEX


L'une de mes plus grandes frustrations de ces dernières années est le hiatus jamais annoncé de State Faults (anciennement Brother Bear, dont j'ai encore un t-shirt !), quartet screamo / post-rock de Santa Rosa, California. Ils ont laissé deviner à leur auditoire un amour certain pour la musique obscure des années 80 et le grunge, via ce que semblait devenir State Faults au vu des dernières sessions studio qu'ils ont posté sur leur page Facebook et les quelques instants gloomy de Resonate / Desperate. Ces nouvelles inspirations musicales les ont amené à mettre State Faults en sommeil et le faire en quelque sorte muter en une nouvelle entité, Slow Bloom, ou le frontman hurle toujours à plein poumons, avec des titres de chansons rappelant pas mal les thèmes lyricaux et les noms des morceaux de State Faults, mais avec un univers musical fortement différent. Plutôt proche de Ceremony et du garage punk sur leur premier EP, Hex Hex Hex les voient évoluer et ouvrir leur musique à des influences presque pop (si le refrain de "Sarcophaguts" ne vous reste pas en tête, je ne sais quoi faire pour vous...), avec encore plus d'énergie et de fun façon At The Drive-In, mais en gardant toujours cette note de tension qui flotte dans l'air de chacun de leurs morceaux.

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ONE DYING WISH - PAURA DI FARCELA


Alors ça, c'est le genre de découvertes de dernière minute que j'adore : je l'ai faite au moment de boucler l'article... Le truc auquel tu ne t'attends pas, qui te scotche, qui prend tes tripes et les retournent. One Dying Wish (rien qu'au titre, on sait déjà à peu près à quoi s'attendre au vu de la référence !) est originaire de Turin, et ils jouent un screamo plein de riffs de feu dans la droite lignée de la scène italienne, avec une généreuse utilisation de la pédale de réverb', rapprochant leur musique des grandioses Cease Upon The Capitol, avec un petit quelque chose de plus chaotique et de plus inquiétant. Mais o.g italian skramz oblige, on est toujours dans la profonde mélancolie et des mélodies mémorables, façon Shizune. Un bon petit banger de 4 titres qui prend même un petit élan black metal sur "Almeno il tuo sguardo".

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D'AUTRES TRUCS COOL :

• Deszcz - III  //  Le neocrust antifasciste et vegan polonais revient donner une pure rouste avec un disque rouleau-compresseur, qui parfois rappelle Potence dans ses instants screamoïsants, comme il évoque Ancst dans ses accents les plus metal et agressifs. Assez impressionnant...



• Centuries - The Lights Of This Earth Are Blinding  //  5 ans qu'on attendait un nouvel album, et la raclée que met ce disque a valu l'attente. Ça ressemble à une version sludge de Majority Rule, les influences metal ont un peu pris le dessus sur le d-beat, mais ça reste gras, rapide et massif comme on les aime.



• Terrible Love - Doubt Mines  //  Au départ un all-star band avec des membres de Funeral For A Friend, Bastions, Grappler, Goodtime Boys, Crocus... Il ne reste désormais à priori que des ex-Bastions, avec un nouveau chanteur qui reste dans le même registre vocal que Jon, en un peu plus aigu. Doubt Mines reprend les bases de la musique de Terrible Love, en donnant la part belle aux mélodies, en aérant leur compositions, en les rendant moins pesantes.



• Giver - Where The Cycle Breaks  //  Un revival très plaisant et revigorant de l'époque The Suicide File / American Nightmare du melodic hardcore, avec quelques éléments plus modernes qui semblent hérités de la scène anglaise. Une bonne patate, du two-step, des gang vocals et des feels, une production qui dessert à merveille des compos qui vont droit à l'essentiel.




Take care.  

samedi 30 décembre 2017

les tops 2017 du dictionnaire de l'emo.


● J'aurais finalement bien peu posté sur mon blog, mais également plus que prévu, là où j'imaginais un zéro pointé avec mes soucis entre moi et mon cerveau... Ça ira mieux en 2018, promis ! Mais c'est pas pour autant que j'ai lâché le terrain sur les découvertes musicales, comme vous avez sûrement pu vous en douter si vous suivez le blog sur Facebook... Mais ouais, faut vraiment que je me détache de ce site et que je revienne un peu plus écrire sur le blog. Mais comme je le dis là-haut, ce sera désormais le cas !

2017, c'était une année TRÈS riche niveau emo et screamo, à ma grande surprise ! Je pensais pas avoir autant de choses à découvrir et avoir apprécié autant de choses, et pourtant... Avant de boucler mon top, le 29 au soir, j'aurais encore découvert 2 disques, soit l'EP 2 titres des excellent.e.s Open City, City Of Ash, qui les placent tout aussi haut dans le panier du post-hardcore actuel qu'iels ont déjà pris de court avec le S/T sorti en Janvier, et un superbe split entre deux chouettes groupes screamo tchèques, Rutka Laskier et Pacino... Et ces groupes se retrouvent évidemment dans mes listes.

Je me suis beaucoup plongé dans la oï, le garage et la scène hardcore / punk un peu 80's cette année, me permettant ainsi de découvrir plein de démos excellentes issues de la scène française, de me trouver un amour inconditionnel pour les lillois de Short Days, et également de ne pas louper la hype autour d'Exit Order, ou de passer à côté de la relève de Turning Point : les américains de Secondsight. Et même si elle n'apparaît pas dans mon top punk par simple oubli, j'ai beaucoup aimé la démo de Condor, l'un des nombreux side-projects de Maxime Smadja (Youth Avoiders, Rixe...), qui pour moi sonne d'ailleurs mieux que Rixe, la hype que je ne comprends toujours pas... Ouais, j'aurais toujours du mal avec leur côté un peu chauvin je pense, j'aime beaucoup qu'on me parle de l'ennui des banlieues et des rues la nuit, mais mon coeur à moi ça fait longtemps qui ne bat plus en (f)rance. BREF.

Et puis niveau metal, bah on a pas mal été servi mine de rien ! Tant côté hardcore que côté black, en passant par le crust, c'était plutôt une bonne année. Je suis notamment heureux que Dawn Ray'd ait enfin posé explicitement le sujet de l'anti-fascisme, de la lutte des classes et de l'anarchisme sur l'autel du black metal, dans une scène et une époque ou c'est plus que nécessaire.

Et il y a dans ce top LE groupe indie rock 90's le plus underrated de l'année : Woolworm, un groupe canadien profondément influencé autant par du hardcore dur que par les Smashing Pumpkins ou R.E.M? qui avec Deserve To Die ont délivré un bijou de sensibilité, de chaleur, de refrains mémorables et d'excellents riffs, avec parfois quelques clins d'oeil à leur background hardcore... Si vous aimez Pity Sex, Tigers Jaw, Tony Molina, Bugg... C'est pour vous !

Mais hey, je vais pas refaire mes chroniques : place au verdict ! Il y a sûrement des disques du top punk qui auraient très bien pu se retrouver dans le top hardcore, j'ai essayé de classer selon le mood des albums, leurs influences... J'espère que 2018 sera tout aussi riche que 2017, j'ai hâte de découvrir toujours plus de groupes, de collectifs, de labels, dans toutes ces scènes que je découvre et apprécie comme dans l'emo / screamo... 



 Le top emo / screamo :


● Mais aussi ...

Rouille - À La fin sera l'écrit

Le top punk :


● Mais aussi ...

Bugg - S/T
Dark Spring - Chain Letter 13
Pardoner - Uncontrollable Salvation

 Le top crust / black metal :



 Le top hardcore / metal :


● Mais aussi ...

Fury - Promo 2017
Time to Heal - S/T EP

 Le top post / wave / fuzz :


● Mais aussi ...

Rain - Abstract Vision
Amenra - Mass VI

 Mes attentes pour 2018 :

● Loma Prieta, Kidcrash, Portrayal Of Guilt, Birds In Row, Cassus, Via Fondo, Shirokuma, Contractions, Uwaga, Krokodil (un groupe d'emocrust français qui n'ont encore rien sorti mais qui a l'air trop cool !), Potence, Jarod, Earth Moves, Respire, Turnstile, Seahaven, Title Fight, My Bloody Valentine, Pianos Become The Teeth, Thursday, This Will Destroy You, Pinkshinyultrablast, Deafheaven, The Ulltimate Screamo Band, SeeYouSpaceCowboy, et ENFIN ce repress de la discographie d'Amanda Woodward tant attendu !

Parmi d'autres...

vendredi 29 décembre 2017

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #5


(Cet homme, c'est Big Shaq, à l'origine de ceci, et il semblerait que ce soit en fait parodique!)

 On ne va pas s'arrêter en si bon chemin, tant que je retrouve l'élan (et la force) d'écrire, même si ces derniers temps j'ai juste envie de quitter l'internet (ou au moins les réseaux sociaux). J'ai encore un tas de choses dont j'ai envie de vous parler en cette fin d'année, des groupes qui m'ont ému, touché, rendu fou, fait chanter... Et c'est encore plus varié ! Et je pense sincèrement passer à côté de plein de trucs encore... Ça, c'est à cause de ma mémoire défaillante héhé. Là encore, il y en aura pour tout les goûts : du Deafheaven qui aurait fusionné avec de l'emo, du Dischord Records français, du black metal pour black block, du grindcore qui grince et qui fait oundzz-oundzz-oundzz... Bref, encore tout plein de belles choses.


Ah, et vous saviez que le groupe danois Lack est l'une des grosses influences de Daïtro ? Je ne le savais pas jusqu'à ce qu'un ami m'envoie un scan des mémoires présentes sur le tout récent repress de Laissez Vivre Les Squelettes, où le groupe lyonnais les mentionnent en disant que l'intro de "Nous Sommes D'Ici" est inspirée de celle de "Marathon Man". L'album Be There Pulse est une tuerie, et je pense que Sugartown Cabaret les ont pas mal écouté aussi. Un petit lien par ici pour la découverte et la défonce.

MES PRÉCÉDENTS ARTICLES / PREVIOUS POSTS :

◈ Ça sent la merde dans l'isoloir: retour sur l'emocrust de rance
◈ Massa Nera ont sorti un disque tellement cool qu'il fallait que le blog ressuscite pour eux.
◈ MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #4

HERITAGE UNIT - ENJOY MOVING ON



J'avais écrit un article élogieux sur leur précédent album, Everything Made Obsolete, un disque profondément nourri par le post-hardcore circa 95 et par Yaphet Kotto... Et les voilà revenus, à ma grande surprise, cet été, sans avoir fait attention à ce retour. Fidèles à leur formule, en y ajoutant encore plus de virulence, et de rapidité parfois, ils nous proposent un disque encore une fois éblouissant de force et de passion, avec des paroles traitant de la confiance en soi, de nos façons de percevoir / vivre avec nos corps, des blagues lourdes qui agacent souvent et qu'on entend trop. C'est comme ça que l'emo devrait toujours être. "Annoying River" et son accélération à la Portraits Of Past = ♡

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A TINY SPIDER - SUB LUMINA



Je pense que j'ai découvert A Tiny Spider sur un groupe Facebook, grâce à l'un des membres qui y avait posté un lien bandcamp. J'ai cliqué par pure curiosité, et ce fût une chouette surprise. Grosso modo, c'est comme si George Clarke (Deafheaven) avait décidé de chanter avec un groupe de screamo... C'est assez atypique dans le sens ou ces vocaux sont très typées black metal, très travaillés et théâtraux, quand les vocaux screamo se veulent spontanées ou scandés. Une esthétique intéressante, avec un peu de guitares enjouées par-ci par-là, beaucoup de délicatesse et de jolies ambiances, et un ensemble finalement tout aussi chargé en émotions brutes que nos disques skramz favoris. Ça me fait un peu penser à Wet Petals, en plus mélancolique...

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THE ULTIMATE SCREAMO BAND - SPLIT W/ LORA



C'est quand même un nom de groupe trop cool. Mais n'y voyez pas là de la prétention à un certain degré d'abus : c'est tout simplement l'expression personnelle de ce qu'est pour l'adorable créateur du projet, Guillaume a.k.a "Arch", la forme ultime d'un groupe de screamo, la toute meilleure d'un point de vue subjectif. Librement inspiré par Orchid et Ampere, il a sorti cette année un split avec les russes de Lora, proposant 5 excellents titres, tout aussi furieux et abrasifs que ces deux groupes, 6 minutes d'intense purge émotionnelle. Il hurle en français des textes très personnels, mais également universels, j'y retrouve un peu de la plume de Jayson Green. C'est hyper bien fait, y'a quand même quelques idées qui lui sont propres dans la composition, et je le remercie d'avoir écrit "À mon père". Un 10" 8 titres sort bientôt, et je peux déjà vous affirmer que c'est tout aussi beau.

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erai - S/T



En suivant une lancée assez impressionnante en termes de qualité, le label lifeisafunnything allonge sa liste de sorties avec le premier disque d'Erai, une formation allemande d'emo très axé mid 90's, avec un membre de ...and then I feel nothing, dont je vous avais parlé sur Facebook, avec qui ils partagent d'ailleurs pas mal de similitudes musicales, mais également un membre d'un groupe de metal / hardcore bien bas du front nommé Seek Nothing...  Un contraste marrant vu la musique profondément émotionnelle d'Erai, qui flirte allègrement avec le screamo, et avec Alex Nous Étions, on trouve que "Mirror" sonne pas mal comme Devil Sold His Soul... Ça fait du bien de retrouver ce genre de son basé sur des influs post-rock et la recherche de l'absolu au niveau des progressions mélodiques. Un genre d'emo hurlé avec un véritable mur de guitares et des mélodies ravageuses pour le coeur, mais sans pour autant que ça sonne comme du shoegaze. Il faut savoir qu'en découvrant ce disque, j'étais dans un train, et que quelqu'un.e a jeté un énorme morceau de ballast sur la fenêtre où j'étais accoudé. Résultat : une petite frayeur et une précision décevante de la part de l'adversaire car le headshot était bon à quelques centimètres près. Désolé la plèbe, le dictionnaire de l'emo n'est pas mort, the phase is not over yet.

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...and then I feel nothing - S/T



Bon, bah en fait, ce groupe nous teasait dès cet été, en quelque sorte, ce que nous préparait erai. Il n'y pas ces influences post-rock et ces passages en clean vocals qui caractérisent le son d'erai, mais on retrouve à peu de choses près les mêmes mélodies à la Policy Of 3, à cheval entre screamo et 90's emo, avec ces kilos de fuzz en plus. 

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COMMUOVERE - DU BESOIN DE DISPARAÎTRE DE SOI

  
Tellement, TELLEMENT dommage que Commuovere se soit séparé... À la base une suite de Lonely Animals qui sonnait un peu pareil, le groupe a évolué, et L'EP qu'iels ont sorti cette année, Du besoin de disparaître de soi, propose les morceaux les plus sombres qu'iels aient composé.e.s jusque là. On est dans un registre carrément plus proche de l'emoviolence, sans pourtant perdre de sa forte approche cathartique. Mais avec trois morceaux d'une telle intensité, on aurait aimé quand même quelques titres en plus... Mais, on pourrait dire avec un peu de sarcasme que Commuovere a su mener une parfaite carrière d'un groupe de screamo, haha ! Vous manquez déjà beaucoup !


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BASTOS - SECOND FAVOURITE PERSON

  
Je suis passé à côté pendant un bon bout de temps, et je sais pas ce qui m'a pris. Parce que purée, qu'est-ce que leur dernier album est beau... Bastos vient de Bucarest, Roumanie, et ont sorti en Mars dernier Second Favourite Person, un disque ultra-riche en guitares et en émotions. On est presque plus sur du math-rock hurlé que du screamo influencé math, c'est un peu comme si le Totorro d'aujourd'hui avait choisi de durcir le ton et garder du chant crié. Mais cette dose de technicité laisse une grande place à la spontanéité et à la franchise de leur son. Un gros coup de coeur, et j'espère pouvoir les voir bientôt. Ils ont fait quelques dates en (F)rance en cette fin d'année, mais pas sur Paris...

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ØJNE - PRIMA CHE TUTTO BRUCI



Ça fait 4 ans que toute la screamosphère attend impatiemment ce disque. Il faut dire que Undici/Dodici plaçait d'emblée ØJNE aux côtés de leurs camarades de Raein, La Quiete ou Shizune parmi le tout meilleur de la scène locale (avec Marcovaldo aussi, pour toujours, à jamais). Avec un nouveau chanteur, ils sont enfin revenus en cette toute fin d'année avec Prima Che Tutto Bruci, un disque à l'image du titre présent sur leur split avec Rainmaker (leur tout meilleur à ce jour...) : surprenant, plein d'influences diverses, mélodique et délicat pour l'oreille tout en étant très éthéré. On retiendra notamment le long titre d'introduction, "Tredici", son blast beat court mais frissonnant, nous faisant sombrer tête baissée dans ce disque, et sa bouleversante seconde partie où Gianluca (chant) se laisse complètement absorber par ses émotions. Y'a même quelques passages carrément plus lourds qui me font penser à du Aussitôt Mort ("Lo Schema Di Propp"), qui viennent trancher avec l'ensemble des mélodies de l'album. 

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PLANNING FOR BURIAL - BELOW THE HOUSE



C'est l'un des disques les plus éprouvants et bouleversants de cette année, pour moi. Ça m'est souvent arrivé de dire "non, je ne l'écouterais pas", parce qu'il est trop triste et introspectif selon mes humeurs... Depuis plusieurs années, Thom Wasluck compose de longs morceaux éthérés, débordant de différents sentiments humains poussés et exprimés à l'extrême, s'exprimant au travers d'une sorte de "bedroom project" quelque peu au-dessus du lot. J'ai longtemps cherché quelque chose d'égal ou supérieur à Jesu, et il semblerait que Planning For Burial soit l'heureux gagnant. Il a composé avec Below The House quelque chose qui évoque tout les sentiments les plus puissants, revigorants et tristes qui dorment en moi, et en beaucoup d'entre nous : l'enfance, l'anxiété, la douceur, la solitude... Ce disque, qu'il a composé dans sa chambre d'enfance (pour ajouter à la perfection du truc...), est une parfaite balance entre le drone, le black metal, le shoegaze et le post-punk, et je pense même y déceler un peu de dark folk, voire du screamo... Ce disque est sorti chez The Flenser, et il y a toute sa place, une expérimentation cathartique au possible, une violence émotionnelle plus que musicale...

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SHORT DAYS - S/T



C'est l'un de mes disques punk préférés de l'année. Un disque catchy as fuck, énervé, mais jamais énervant. On est toujours pris d'une envie de bouger la tête frénétiquement, mais jamais d'être triste, alors qu'on parle quand même d'ennui, de dépression, là-dedans. Short Days sait comment amener les sujets délicats sur la table en transformant ça en fête punk. C'est hyper mélodique et en même temps une tension permanente plane sur ce disque, on sent quand même pas mal le quotidien des Lillois poser ses couleurs grises et cette espèce de brume glaciale sur leur musique. Et grosso-modo, si tu aimes The Observers et Youth Avoiders, ça va forcément vous parler.

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D'AUTRES TRUCS COOL :

By The End Of The Summer - Laughing EP / Un génial concentré de soleil et de chaleur, le meilleur de l'emo twinkly et fuzzy, à la Algernon Cadwallader ou à la sauce Count Your Lucky Stars Records. 4 chansons touchantes, réconfortantes.


Heavy Heart - Distance / Le groupe le plus beau de tout l'indie punk français de cette année et de toutes les années qui arrivent, point. Tout s'assombrit autour d'eux, ça se ressent dans leurs paroles, mais ils ne font que transmettre de bonnes ondes à travers leur musique chaleureuse à souhait, qui sonne toujours comme du Banner Pilot, et c'est ça qu'on veut. Et en plus, ils ne sont pas punk pour le style, un clic par ici et tu pourras voir cette fine équipe participer à un monde meilleur. 


Dédale - Démo / du punk mélodique et catchy à souhait, dans la droite lignée de tout ces disques conchiant la gentrification et l'état policier entre autres, traitant de thèmes moins beaux. L'art de tout remettre en question en dansant sur les cendres de ce qui voudrait nous consumer. Avec un chouia de guitares post-punk dedans, bah le constat est simple : ça tue !


Abject Object - Romance / Ouais bon, c'est sorti y'a un bail déjà, mais je les ai vraiment découvert qu'en cette fin d'année, et j'ai vraiment la haine d'avoir loupé ce groupe lorsqu'il était actif. C'était un peu la délégation parisienne du Revolution Summer, avec un peu de garage punk en supplément. Un excellent groupe avec des paroles simples mais intéressantes, traitant sur ce disque du rapport à l'âge, à comment nos convictions et nos vies passent l'étape du temps, et ce qu'on fait ou non pour les protéger.


Guerilla Poubelle - La Nausée / Les irréductibles punk-rockers parisiens continuent à balancer des hymnes aussi funs que sombres et poétiques avec un disque qui poursuit sur la droite lignée des deux précédents disques, mais cette fois sans ces petits instants de ska et de hardcore frontal qui jusqu'à Amor Fati faisaient la marque de fabrique de GxP, juste ce punk rock de plus en plus teinté d'indie rauque (lol le jeu de mots génial). Les paroles nous parlent beaucoup de constats sociaux, de ces taffs de merde auquel on s'accroche pour survivre, de ces politiques véreux qui régissent nos vies. Beaucoup ont tendance à mettre ce paramètre de côté en les trollant ou en restant figé à l'époque des Betteraves, mais Guerilla Poubelle ne déconnent pas sur ce qu'ils chantent et incarnent réellement leurs textes empreints de désirs de révolte, de rêves et d'émancipation.



Circles - Demo 2017 / Cette année, c'est Nantes qui se charge de faire perdurer l'héritage du D.C hardcore avec Circles, un projet où figure notamment le batteur de Sugartown Cabaret. C'est clairement dans la lignée de Rites Of Spring, Embrace, Dag Nasty... Roots à fond, mais en même temps, y'a leur touche à eux, dans le chant notamment. Et on en redemande !


Contractions - Demo / Aucune surprise : c'est forcément bien puisque c'est Julien Paget qui régale. Derrière ce manque total d'objectivité se cache en vrai une démo très cool, ou du garage punk croiserait Sonic Youth et un peu d'emo... Tiens tiens, Bâton Rouge c'était pas déjà ça ? Ben si, mais Contractions c'est aussi un peu plus de pop et de douceur ("Madrid au Réveil"), c'est aussi encore plus de légèreté, c'est une succession de tubes punk, ça fait du bien.


● Justin(e) - 06 72 43 58 15 / Je les découvert vraiment sur le tard, avec ce disque, je dois encore fouiner dans leur discographie, mais je pense être tombé sur le bon : j'ai beaucoup aimé ce qui s'avère être une évolution de leur son, avec quelques influences indie en plus, aux textes plus directs, mais au son toujours aussi fun que puissant, assez varié, avec cependant un tempo un peu ralenti. Du punk rock efficace et qui se prend pas la tête (je me suis rendu compte après avoir écrit ça que cette caractéristique était présente sur leur page bandcamp !).



● Mahria - Analemma / Sûrement LA surprise de l'année. On pensait le groupe mort et enterré, éparpillé dans divers projets, mais on était bien peu à savoir qu'un album était en fait composé depuis 4 ans et prêt à sortir. Eh bien voilà 10 titres de type "claque dans la gueule", un screamo / math-rock surpuissant, avec plein de dissonances et même des guitares qui descendent parfois très bas. J'ai souvent pensé en l'écoutant que ça pouvait être un équivalent screamo de Converge... Il ne sortira jamais sur un format physique, mais l'argent récolté en ligne (les morceaux sont à prix libre sur bandcamp) sera reversé à Shades of Colour Community !


Moss Rose - Council Of Rats / J'ai déprimé pendant une bonne semaine sur cet EP. C'est grosso modo la version atmosphérique de thisismenotthinkingofyou : le même sens du catharsis, des blast beats, mais avec un gros travail sur les ambiances, les progressions de morceaux. C'est introspectif et bouleversant...


● Desidia & La Ciencia - IC 1396 / Un disque qui m'aura fait énormément voyager. La Ciencia propose un screamo/post-rock tout simplement magnifique, propulsant l'auditeur dans les cieux, les étoiles et dans un océan de feels, très proche de Suis La Lune, avec quelques plans drone pour finir d'envoûter l'auditeur.trice, quand Desidia propose un screamo très mélodique, mais plus classique : moins de post-rock, plus de rythmes saccadés, de très belles mélodies parfois jazzy, parfois même un peu prog-rock... Un split intense tant musicalement qu'émotionnellement.


● Dawn Ray'd - The Unlawful Assembly / Le premier LP de la suite de We Came Out Like Tigers est un (black) bloc dense de révolte, de colère, éprouvant parfois, mais toujours d'une aidé précieuse pour nous rappeler que jamais les luttes de classes et les luttes contre les oppressions ne seront vaines, le tout soutenu par des violons, et quelques respirations acoustiques. C'est vraiment rassurant de voir qu'il est possible de trouver du black metal de cette qualité et de cette force, avec une esthétique certaine, aussi fortement engagé contre les valeurs identitaires, machistes, racistes qui sont malheureusement majoritaires sur cette scène... Et pourtant, les anglais ne font que continuer de plus belle ce qu'ils avaient amorcé avec We Came Out Like Tigers. Merci à eux.


● Paramnesia & ULTHA - Split 12" / Je suis hyper content d'avoir retrouvé Paramnesia sur une piste d'une vingtaine de minutes, un black metal atmosphérique passionné, hanté, désespéré d'autant plus aux côtés d'un autre excellent titre, celui des allemands d'ULTHA que m'auront fait découvrir les français. Un peu plus d'une demi-heure de contemplation vers des cieux noirs et des forêts enneigées.


● Glassing - Light and Death / un incroyable mix entre black metal, mathcore, shoegaze et post-hardcore, un peu comme si The Dillinger Escape Plan avait décidé de jouer quelque chose de beaucoup plus dense et aérien à la fois.


● Thisismenotthinkingofyou - Obstructive Sleep / Un déversement continu de blast beats et d'émotions brutes. L'emoviolence à son état le plus cathartique, mais pourtant pas à son plus violent.


● Shizune - Cheat Death, Live Dead! / Le screamo italien comme on l'aime : très mélodique, rapide, percutant, et anthémique. Si vous avez aimé Le Voyageur Imprudent, vous allez adorer ce nouvel album.


● The Body & Full Of Hell - Ascending a Mountain of Heavy Light / Les BFF du metal bruitiste ont encore une fois produit un disque ensemble et ont livré l'un des disques les plus ambitieux de cette année, entre pulsions électroniques hypnotiques et décharges noise-grind apocalyptiques.


● Makthaverskan - III / Le meilleur disque post-punk de l'année est forcément suédois, et sans surprise, c'est Makthaverskan qui régale. Leur son est encore plus dense et lumineux que sur le précédent disque, c'est encore plus catchy et énergique, le côté punk est encore là, c'est un grand oui.