mardi 10 juillet 2018

[REPORT] • Respire x LOVE/LUST x Yotsuya Kaidan x Untitled With Drums @ Montreuil, La Comédia Michelet, 27/06/2018


Artwork par Ny Omena.


La chaleur commençait à devenir écrasante, sous ce soleil de plomb, en banlieue parisienne, en cette fin Juin, pourtant très attendue après ces mois de mauvais temps. Aller voir des concerts dans cette situation peut relever du défi, mais c'est quand même vachement agréable de s'y pointer dans une ambiance "vacances" et avec son plus beau short. La plupart des shorts étaient noirs ce soir, pour concorder avec l'ambiance musicale de ce concert : du black metal et du screamo étaient au programme à La Comédia Michelet (Montreuil), un bar-concert aux idéaux punk DIY parmi les derniers du genre en banlieue parisienne, là où la gentrification et la soit-disante "sécurité" n'ont pas encore eu raison de ces lieux où la culture alternative brille encore de mille feux. Respire, LOVE/LUST, Yotsuya Kaidan et Untitled With Drums constituaient le line-up riche et varié de cette soirée, des noms que bien peu de gens connaissent à Paris, mais une trentaine de personnes se sont quand même déplacées par curiosité, où parce qu'effectivement, elles connaissaient les groupes... En effet, le screamo n'est pas totalement mort à Paris, et on sait tou-te-s la détermination des fans de BM pour chercher à découvrir des groupes underground et dénicher des perles : je pense que cette soirée ne les aura pas déçu-e-s.

C'est le groupe de Clermont-Ferrand, Untitled With Drums, qui a ouvert la soirée, quasi dans les temps. Ils ne proposent pas de blast beats et de déluge sonore, mais plutôt quelque chose de beaucoup plus traînant et... Moite ? C'était raccord avec le temps. Il y avait un quelque chose de "stoner" dans leur musique, ce côté "musique du désert", tout en ne sonnant pas comme un truc à écouter en Mustang sur la Route 66 mais bien comme quelque chose de profondément hypnotisant. Ça m'a un peu rappelé Cloakroom, dans l'idée. Beaucoup de nouveaux morceaux ont été joués, et on fait forte impression devant une audience qui découvrait dans son ensemble le groupe français. Ça jouait fort, avec attention, sans trop d'interactions et sont plutôt concentrés sur scène. Une manière de nous mettre dans le bain, avec la même chaleur que dehors, à peu de choses près...


Le contraste avec le groupe suivant, Yotsuya Kaidan, était quelque peu violent. D'entrée de jeu, le chanteur a pris possession de la petite "fosse" (soit les 2 mètres à tout casser qui sépare la scène du mur d'en face), s'accaparant tout l'espace, aux risques et périls des personnes qui tentaient de filmer un morceau de leur set. Ils nous présentaient plusieurs titres de leur nouvel album, Baby Comet, à l'univers musical plus riche que leurs précédentes releases profondément ancrées dans le screamo. Il y a plus de chant, plus de mélodies, plus d'idées dans leurs compos. Les ukrainiens ont sacrément bien défendus leurs morceaux, les jouant quasi sans interruption sauf celle "de rigueur" pour se présenter et dire qu'ils ont du merch, C'était assez captivant, mais assez frustrant aussi car on pouvait avoir l'impression que l'espace du chanteur était SON espace, et pourtant il nous encourageait à nous approcher d'eux... Mais au final, on a tou-te-s été conquis-es par leur prestation puissante, rapide et furieuse, à l'image de beaucoup de groupes d'emo de l'Europe de l'Est, une scène qui prend tout son sens vu le climat social dans les pays post-soviétiques.



C'est LOVE/LUST qui allait leur succéder, pour lancer la partie black metal de la soirée. Ils viennent d'Allemagne, et incarnent ce renouveau de la scène RABM, soit "Red and Anarchist Black Metal", et qui connaît un regain d'activité depuis quelques années, et en réaction à la montée en flèche des populismes et du fascisme dans le metal. De plus en plus de métalleux.euses politisent leur musique à gauche, où se revendiquent comme tel, pour bien faire la distinction avec ce gros pan de la scène black metal où le nationalisme et les références guerrières, nazies, ou aux génocides sont monnaie courante. LOVE/LUST affiche clairement ses idéaux sur de chouettes stickers présents au merch, avec des logos prônant l'anarchie et l'égalité, ainsi qu'un évident "FUCK NSBM". Pendant trois-quarts d'heure, on a fait face à un bloc monolithique d'un blackgaze écrasant, éthéré mais noir, soutenu par d'épaisses couches de fumée, sans pause et sans prise de paroles, et ce malgré quelques problèmes techniques qu'a rencontré l'un de leurs guitaristes. On entendait pas bien le chant, et c'est dommage car il fait partie intégrante de leur univers et joue beaucoup dans la puissance de leur musique.



Ce fût une parfaite entrée en matière pour le clou du spectacle : les canadien-ne-s de Respire. Venu-e-s de Toronto, Respire joue ce que j'ai coutume d'appeler "une interprétation black metal d'un thème pour un film de Hayao Miyazaki". C'est très orchestral, profondément cimématographique, avec une grande sensibilité. Mais ils s'inspirent également de pointures de l'indie-rock, tels que Broken Social Scene ou American Football, du post-rock de Yndi Halda, ou du screamo de City Of Caterpillar. Ce melting-pot d'iinfluences forment une entité magnifique grâce à ces musicien-ne-s qui maîtrisent parfaitement leur sujet, qui éblouissent aussi bien les emopunx que les auditeurs de black metal depuis la sortie de leur premier album, Gravity & Grace. Iels venaient présenter à Montreuil les morceaux de leur 2ème album alors fraîchement sorti, Dénouement, composé dans la douleur et le tourment, tournant autour de l'addiction, de la dépression, de la solitude.

Des sujets très sensibles, exprimés avec passion dans leur musique, ce qu'on a clairement ressenti lors de leur prestation pleine de bienveillance et de chaleur humaine, comme en dehors : les personnes qui constituent Respire sont toutes très accessibles et n'hésitent pas à partager du temps avec les personnes venues les voir jouer. C'est chouette d'avoir ce rapport humain quelque peu naturel, de faire sauter ces barrières "spectateur.trice/artiste" encore trop souvent posées. Et sans grande surprise, on a passé un très bon moment durant leur set, où leur musique (se) vit plus encore que sur disque, aussi bien pour le groupe que pour nous, en l'écoutant au casque. Et pour l'occasion de leur tournée européenne, un trompettiste s'est joint à elleux, ce qui rendait ce live d'autant plus atypique.



Ce genre de concert est précieux. Il remet en question notre rapport à la musique, le sens qu'on lui donne. On s'y sentait bien, on pouvait très facilement s'y sentir safe. Il en faudrait tout le temps, en fait. Des soirées où il n'est pas juste question de jouer de la musique, mais de la vivre intensément. Ce sentiment-là, je l'ai souvent aux concerts qu'organisent El Mariachi. Vivement le prochain. Et vive La Comédia !

mardi 3 juillet 2018

The Flying Worker! : skramz en ceinture blanche, lutte des classes en ceinture noire.



Quand on pense au screamo français, on pense tout de suite aux mêmes noms, instinctivement : Daïtro, Amanda Woodward, un peu Belle Epoque, curieusement Gantz alors que ça tient plus du post-metal... Des groupes qui ont été influents bien au-delà des caves du terroir : des USA au Japon, ces quelques groupes ont été déterminants sur l'évolution de la scène. Mais il y a eu d'autres groupes, tout aussi importants, qui sont malheureusement soit tombés dans l'oubli, soit n'ont pas eu la même exposition sur les internets, voire sur la scène elle-même. Beh ouais, en vrai, à part les personnes qui suivaient assidûment le roster Stonehenge Records, les forums genre Awesomeboard ou Warmzine (Emo France aussi un peu), où celleux qui n'avaient pas peur d'aller voir régulièrement des concerts de punk hardcore estampillé "emo" dans des caves il y a 15-18 ans, qui saura parler instinctivement de The Flying Worker! ? Ah bah, peut-être ces emo nerds qui ressuscitent le temps d'un article des groupes oubliés, parfois ne dépassant pas une année d'activité, dont tout le monde avait oublié l'existence... Et ça tombe bien, j'en suis à moitié : J'aurais pas été capable de citer instinctivement The Flying Worker! avant de m'y replonger ces derniers jours et d'écrire ce papier. Mais je suis "le dictionnaire de l'emo", et parler de ces noms tombés dans l'oubli et vous donner une chance de ne pas passer à côté, c'est l'une de mes missions à la base ;) !

The Flying Worker! venait de Rennes, ont été actifs entre 2002 et 2004, et ont sorti 2 splits (un avec The Death Of Anna Karina et un autre avec Seven Feet Four), un 7" et une démo, à peu près la moyenne d'un groupe de screamo en termes de releases, quoi. Mais ils avaient un petit truc en plus par rapport à leurs camarades de scène, je pense. Sans surprise, ça piochait allègrement chez Orchid et Ampere, mais j'ai l'impression que le courant sasscore (tu peux retracer l'histoire de ce sous-genre par ici, mais grosso modo ça correspond à la scène Blood Brothers / An Albatross / Daughters) qui grandissait en parallèle aux USA) les ont aussi un petit peu influencé. Sur les morceaux du self-titled 7" notamment, avec ce synthé assez pesant mais dansant en même temps, qui ponctue les morceaux du disque, en n'enlevant rien de la sève emoviolence de leurs morceaux...

Je me souviens avoir écouté ce groupe il y a pas mal de temps et avoir vite abandonné car je trouvais que le synthé gâchait tout : grave erreur. J'étais un peu trop puriste de la formation classique d'un groupe de punk. Il y a peu de temps, je me suis pris-e d'amour pour The Book Of Dead Names (plus ou moins la suite de Song Of Zarathustra), qui joue aussi de ce screamo sassy sur les bords avec le même genre de claviers, ça m'a préparé-e à ma re-découverte de The Flying Worker!, j'ai vachement plus accroché que la première fois où je suis tombé sur leurs morceaux... Les rennais me font pas mal penser aux américains, avec un tempo plus rapide, une atmosphère plus violente encore, proche de la scène screamo d'Amherst comme je disais plus haut, avec en plus cette fibre politique radicale que partageaient à la même époque des groupes du même niveau en termes d'exposition sur la scène comme Hyacinth, Farewell... J'y retrouve en tout cas la même fougue musicale, la même hargne, le même côté "déter" dans les textes. Et c'est bieeen bien cool. Et comme c'est des goths certifiés, ils ont repris "The Truth" de New Order sur le S/T 7".

Petit point #hype (ou paparazzi, à vous de voir) : dans ce groupe, il y avait Hugues Pzzl à la batterie, qui officiait chez les merveilleux 12XU, les non moins excellents mais plus vénères Baron Noir ("RIEN N'EST VRAI, TOUT EST POSSIBLE !"), la méga-masse noire de type "patate cloutée dans la tronche" nommée Veuve S.S (d'ailleurs, même si je sais que y'a rien d'ambigu, qui pour m'expliquer ce nom un peu chelou ?), qui fait toujours des illustrations et du design, et qui aujourd'hui joue dans Dewaere, et tient Nosun Media, une petite affaire de production de merch et de disques.

Lyricalement, comme je le laissais deviner plus haut, bah c'était pas mal axé "luttes des classes" et "casser sa montre" : pas le temps de niaiser, dans le bon sens du terme, sûrement pas pour encourager la productivité des employé-e-s, mais plutôt leur dextérité à tout niquer. Mais y'avait aussi un peu de résignation par rapport à la vie et ce qu'elle nous apporte dès la naissance, ce à quoi elle nous pré-destine tou-te-s. Mais c'était pas pour basculer dans un nihilisme malaisant, mais plutôt pour faire grossir la rage qui ressort de textes comme la géniale "The working class goes to heaven" :


- "Clock-cop clock-cop, the cop in the clock still knocks at my last dream but I won't be late at sleep one more time.
Your tomorrow will not kill my today now, not anymore.

I am flying, I am flying over me, a god is dancing in me."





Je suis vraiment désolé-e, mais j'ai uploadé la vidéo sans faire attention à l'ordre des morceaux... En fait, c'est pas dans l'ordre chronologique. Mais c'est pas très grave en soi, non ?

J'espère vous avoir permis-e de vous prendre une bonne claque avec ces morceaux qui sortent un peu de l'ordinaire, dans le screamo. La musique de ce groupe continue d'avoir de l'impact aujourd'hui : c'est notamment l'une des principales influences de The Ultimate Screamo Band. Ces morceaux n'ont pas pris une ride, et d'autant plus maintenant que les sonorités synthétiques font leur retour dans le punk hardcore. Tu auras du mal à trouver ce disque autrement que sur Discogs aujourd'hui, mais si tu veux vendre le tien, je suis client-e.

vendredi 8 juin 2018

● Première écoute | Le 2ème EP de Au bout de mes lèvres : "Un arbre né derrière les murs"


J'ai connu cette douce personne qu'est Gabriel grâce à un groupe dont j'avais fait l'éloge il y a quelques années en le découvrant, qui m'avait fait beaucoup de bien au coeur : Lonely Animals. La balance screamo / post-rock comme je l'adorais à l'époque, et comme j'aime toujours me remémorer aujourd'hui. Depuis, il continue de se dévouer au DIY et au screamo : Il construit de magnifiques cassettes, en série souvent très limitée, chez LE BLAST Records, et il était batteur chez Commuovere, l'une des grosses sensations screamo québécoises qui malheureusement s'est éteinte un peu trop vite... Bah, comme un trve skramz band hein ?

Après (et même pendant je pense) Commuovere, Gabriel s'est également consacré à deux projets solo : La Nausée, dont je vous ai déjà parlé sur Facebook, un superbe duo batterie/guitare avec Shaun de Thisismenotthinkingofyou et Adorno Records, interprétant un screamo assez atypique, plein d'ambiances et même d'influences jazz, et puis Au bout de mes lèvres. Oui, il s'agit bien d'un hommage à la chanson de Daïtro, le premier titre de leur split avec Raein.


"Les rues redeviennent simples et silencieuses, si facilement, que nous pataugeons dans leur crasse et leur poussière. Les bras ballants, les yeux coulants, un trop peu d'air qui t'enferme lentement. Lentement car maintenant, tu es au bout de mes lèvres, un mégot qui s'embrase à peu près et qui me blesse lentement."
-


La cover de l'EP est une peinture de l’expressionniste autrichien Egon Schiele :
Die kleine Stadt III  - Krumau, République Tchèque, 1913.


Et Daïtro a effectivement beaucoup influencé ce projet, autant dans le bruit que la plume. J'entends des riffs, des atmosphères, une voix, qui me rappellent beaucoup ce qu'ont fait les lyonnais sur Laissez Vivre Les Squelettes. Mais ici, la production est plus brute, le tempo plus lent. Elle laisse vraiment deviner le fonctionnement DIY du duo. Il y a presque de l'urgence, paradoxalement, dans ces compositions lancinantes, calmes mais en même temps tumultueuses. Du 1er EP à celui-ci, les morceaux sont enregistrés live, en un court laps de temps, parfois en une demi-heure. Comme en témoignent les samples utilisées, l’atmosphère de leur musique est très cinématographique, beaucoup de romance, et de solitude. En une dizaine de minutes les québécois arrivent à nous faire voyager, à nous toucher vivement, au travers de complaintes poétiques, composées avec amour, dans un souci du détail musical et textuel qui ne fait qu'accentuer les ressentis que l'on a à l'écoute des deux morceaux, et qui peuvent aussi bien nous bercer que nous donner la larme à l’œil, cela dépendra de ton mood, du moment où tu écouteras cet EP.

"Ces tours qui ne chantent plus" est un poignant contraste entre la poésie et l'urbain, un romantisme délicat narrant les décors mornes, massifs et ennuyeux qui entourent et emprisonnent nos quotidiens et nos horizons. Ce texte me parle beaucoup, en tant que banlieusard et en tant qu'emokid.


Je suis tombé par terre,
Sitôt réveillé par le sourd bruit de la plaie;
D'absentes plaines infinies.

« - As-tu remarqué que les tours ne chantent plus ?
- Je ne sais pas, j'ai cessé de compter les heures. »


Gabriel m'a donné quelques précisions, à propos des morceaux : "C'est un EP assez froid pour ce qui est de la première chanson. Puis on sent partir vers quelque chose de possiblement plus beau (au dehors des villes bruyantes et assourdissantes), mais on y retourne très vite (et on le ressent bien, je crois, avec la fin assez singulière de la seconde chanson). Et pour précision, c'est un band formé de deux personnes, moi (drums, voix, paroles et recording) et Oli (qui n'a pas eu d'autres bands, mais qui a fait un super travail pour les deux tracks de guitares). Le EP a été masterisé par Antoine Boily-Duguay (il a été super chouette avec nous, et a vraiment essayé de comprendre le son peu commun qu'on voulait avoir)."

Il m'a confié qu'il a toujours eu des difficultés avec ses mix de chansons, et se demandait alors si le fait que "le niveau du son de cet EP soit moins fort que ce que l'on retrouve en général sur l'album des autres bands" soit gênant... Eh bien pour moi, pas du tout : certes, comme je le disais plus haut, on sent bien cette patte DIY, mais hey, c'est ce qu'on cherche dans le screamo, right ? Et puis, sans le faire exprès (?), ça colle tellement bien à l'atmosphère si particulière du disque... Ce petit quelque chose de bedroom-esque, ce son chaud, fin, qui résonne entre quatre murs resserrés, au milieu desquels on se sent safe malgré le fait qu'on passe du temps dans cette chambres, à s'y enfermer pour se protéger de l'extérieur, là où le temps ne semble pas avoir d'emprise, là où il est si facile de se confier, de se vider... C'est tout ça que je ressens, sur ces deux morceaux profondément émouvants et à fleur de peau. Dans l'idée, ça me fait un peu penser à ce chouette -mais extrêmement confidentiel- groupe suédois, some things went wrong, qui sonne comme si Henning de Suis La Lune avait décidé d'apporter du chant à son projet ambiant/shoegaze, Years Passing. Je sais pas si ce que je viens de dire était nécessaire, mais 1) Il faut écouter some things went wrong et 2) beh mine de rien, Au bout de mes lèvres n'a pas énormément d'équivalents musicaux.




Au bout de mes lèvres va bientôt être à la recherche d'un groupe avec qui partager un split record, préférablement avec un groupe qui chante français et qui partage un peu le même son et les même valeurs. N'hésitez pas à leur écrire sur leur page FB, ou à Gabriel directement. En attendant, vous pouvez commander l'EP en format cassette, toujours fabriquée dans le pur esprit DIY, toujours via Gabriel, où sur la page FB de LE BLAST Records.

mardi 29 mai 2018

☆ mon Miss The Stars Fest V in a nutshell : Christophe Lambert, de la bouffe, de l'amour. ☆


● Il est bientôt 02h15 du matin, quelque part sur une route du nord-est allemand près de Dortmund lorsque je commence à écrire ces lignes. L'album Frustration de Nionde Plågan accompagne alors ma nuit blanche, parce qu'il est impossible de s'endormir sur ces sièges trop durs qui font mal aux fesses. Et la nostalgie ainsi que le manque me rongent. Ça paraît déjà si loin, le Miss The Stars Fest V, Berlin, les instants de rigolade avec les ami-e-s, les sing-along à s'en arracher les cordes vocales, les câlins à ces personnes qu'on suit depuis X temps sur Instagram, ces ami-e-s de longue date, de longue distance... Tout un ensemble de choses qui nous donnent un regain de force, de courage, d'amour, comme chaque année dans ce festival où la bienveillance semble un sentiment réaliste, et non utopique comme elle semble l'être dans nos routines à tou-te-s.

Pour cette 5ème édition, le MTS Fest s'est une nouvelle fois déroulé au Zukunft am Ostkreuz. Je suis à chaque fois heureux d'y retourner : je sais qu'en cet endroit intimiste, avec son petit jardin accueillant et ses salles de concert aux dimensions idéales, ses dizaines de possibilités de s'asseoir et de se poser, son bar tout aussi chaleureux où j'ai l'habitude d'enchaîner les Club Mate avec les ami-e-s à la fin du festival, on s'y sentira toujours un peu comme à la maison. Cette année, j'ai à nouveau ressenti cette sensation si agréable, pour une édition au line-up de haute qualité, si bien que les places sont parties littéralement 8 secondes après la mise en vente des places. TOUTES LES PLACES. C'est complètement dingue, c'est genre plus rapide que lors des ventes du pass 3 jours du Hellfest, mais cela est proportionnel à l'engouement toujours plus croissant du fest, mais peu importe ce qu'en disent les détracteurs/trices : le lieu restera toujours le même. Alex, le MTS crew, et l'écrasante majorité du public présent à chaque fois, souhaitent tou-te-s que Zukunft am Ostkreuz reste LE lieu du fest. Et j'approuve totalement.

Un peu plus que l'an dernier, pour moi, ce fest était celui des copains/copines. Déjà, il y avait quand même Chaviré, Birds In Row et Jarod à l'affiche. Plus que des groupes de musique que je vais voir pour me divertir et m'évader, c'est aussi des relations nouées avec de chouettes personnes avec qui discuter, se marrer, s'insurger... Puis il y avait une belle bande de potes autour de moi pour vivre ce fest, et faire la tournée des fast-food et restos vegan ! Et aussi une présence spirituelle assez inattendue mais très importante pour le bon karma de notre crew : Christophe Lambert. Ne cherchez pas trop à comprendre pourquoi, mais son rire aura fait notre force, et aura sûrement été l'espèce d'essence magique qui nous aura fait survivre à tant d'émotions (et de calories, aussi). Le fait d'avoir été si bien entouré cette année a rendu mon expérience à ce fest encore plus belle, je l'ai vécu encore plus intensément que l'an dernier, alors que j'avais déjà des ami-e-s en or à mes côtés... Et le MTS Fest, c'est aussi ça : une occasion de se retrouver, ailleurs que sur Instagram ou sur Facebook, une occasion de partager des instants de bonheur, partager des émotions pas forcément faciles à exprimer et à extérioriser ailleurs, parce que notre quotidien, notre entourage, il est parfois loin d'être safe... Il ne s'agit décidément pas simplement d'un "concert", et c'est en ça qu'il me paraît unique et incontournable : c'est un espace militant, ou se croisent des luttes politiques, féministes, véganistes... Et cette année, le fest a justement affirmé ses positions militantes.

Comme chaque édition bien évidemment, mais encore plus fermement cette année, aucune place n'était accordée aux personnes malveillantes. Les bracelets que l'on nous donnait à l'entrée étaient aux couleurs du drapeau LGBTQIA+. Et à l'entrée, on y trouvait d'ailleurs une grande boîte où chacun-e pouvait glisser la somme qu'iel voulait (un montant de 5€ était conseillé) pour soutenir LARA, une association féministe venant en aide aux personnes victimes d'abus / d'agressions sexuelles. Pour soutenir l'asso, on pouvait également choper des géniaux backpatchs Miss The Stars "SKRAMZ DEMON", reprenant un logo de Merzbow, dispos pour la somme que l'on voulait laisser entre 5 et 8€, printés en couleur or ou argent (et j'ai trouvé l'unique exemplaire imprimé en gris foncé, emo as fuck !)... Et il y avait toujours la présence de stands de nourriture vegan, de zines féministes, politiques. Petit à petit, le MTS Fest renforce ses positions, et je pense que cela peut créer une dynamique pour le public : au minimum susciter la curiosité et la solidarité, au mieux les encourager à créer des zines, des assos, des caisses de soutien...

Et évidemment, ce fest était fantastique par son line-up. Le premier jour était plutôt tranquille (je le dis déjà, le lendemain fût un marathon infernal), je pense qu'il y avait moins de regrets pour les gens de louper certains des groupes du jour pour aller manger, ou fouiner les distros... Même si le meilleur et le plus fun était d'essayer de se faufiler à chaque concert :) ! J'ai réussi à voir 90% de l'affiche je pense... Et d'ailleurs non, je n'étais pas au pré-fest : on est allé voir Kids Insane qui jouait le même soir avec Nervöus, au Cassiopeia ! Et c'était une chouette surprise : je ne connaissais Kids Insane que de nom, et ils ont donné un très bon set, du punk/hardcore israélien (rejetant profondément le sionisme) plein de groove, de bonnes vibes, une énergie communicative. Et je suis bien content d'avoir eu cette chance de pouvoir voir Nervöus, j'aime bien leur post-hardcore très sombre et percutant, cette vibe un peu Breach-esque. Et de toute façon, je verrais LOVE/LUST à Paris, avec Respire et Yotsuya Kaidan !

C'est Descubriendo A Mr. Mime qui a ouvert les festivités. Je ne suis pas fan du chant crié de Rodrigo (oui oui, Rodrigo Almanegra, l'illustrateur de talent qui tenait d'ailleurs un stand aux côtés de Christian Brix et Black Booze !), mais j'ai aimé me replonger dans leur univers musical captivant, aérien, puissant. Une belle entrée en matière pour ce fest et cette première journée, qui s'est ensuite enchaînée avec Nathan Aeli, soit le side-project indie-rock/post-rock de 2 membres de Young Mountain si je ne m'abuse, et qui n'a pas convaincu grand monde : là aussi la voix a mal pris, question de justesse cette fois-ci, et c'est dommage car leur musique est intéressante et a du potentiel, c'est pas mal marqué par la sensibilité pop et shoegaze qu'ont les punx suédoi-se-s en général.


Je suis resté jusqu'à l'avant-dernier morceau, et j'a filé voir Nionde Plågan, qui m'ont mis une belle claque, j'ai eu l'impression que leur musique prenait une certaine dose de délicatesse supplémentaire en live tout en restant massive et écorchée, ça ressemblait un peu à Trachimbrod. Ce qui est évidemment loin de me déplaire :D !


Agréablement surpris par leur set plein de classe, j'ai enchaîné avec les américains de Centuries qui m'avait bien plu à Paris. Leur neocrust à dose de gras et de gros riffs m'ont encore une fois mis une bonne claque et on commencé à me donner chaud, et on savait tou-te-s que ce n'était que le début ! Certain-e-s se demandaient qu'est-ce qu'un groupe aussi "metal" faisait sur une affiche comme celle du MTS Fest... Mais c'est juste que personne n'était prêt-e pour Portrayal Of Guilt, qui eux aussi s'amusent en mélangeant du hardcore / screamo avec du grindcore, du metalcore... Et même de l'industrial. Ça se rapproche pas mal des premiers Full Of Hell, de Code Orange, voire même de Majority Rule (l'un d'entre eux a enregistré leur album qui sortira dans le courant de l'année). C'était aussi bon que leur set à Paris le Lundi précédent le fest, et c'est tout ce que je demandais !


Avant le set des américains, j'étais allé me prendre une nouvelle claque avec les allemand-e-s de KŸHL et leur screamo/math-rock pas évident à capter dès le premier abord, un peu foutraque, mais qui prend tout son sens en live. Et ensuite, j'allais voir ce qui restera pour moi dans le top 3 de ce fest, et n'importe quel fest ou le groupe jouera je crois : le set de Cassus. J'ai du mal à trouver un groupe actuel qui joue d'un skramz aussi percutant, captivant, urgent, intelligent et carré à la fois. C'est vraiment l'un de mes groupes préférés de la scène actuelle, et Separation Anxiety est clairement dans ma AOTY list de 2018. C'est toujours une explosion qu'on se prend en pleine face, le groupe se dévoue à la scène et en fait un catharsis, aussi fort que celui que l'on peut entendre en studio. Pas une fausse note, pas une seule trace de fatigue, c'est impressionnant de justesse et d'efficacité. Le seul défaut qu'on pouvait noter, c'était la sono qui ne les mettait pas leur avantage...





Juste après la rouste screamo digne de l'iconic duo Ampere/Orchid, The Ultimate Screamo Band enchaînait sur la small stage, une suite parfaite en somme, et m'ont surpris par leur show plein de folie, autant que d'entrain. Leur musique est pleine de colère et de tristesse, à peu près dans le même registre musical que Cassus, mais jouaient un set qui avaient tendance à nous faire... Sourire ? C'était bizarre, mais très plaisant ! Après, je dis ça mais j'ai tendance à sourire bêtement peu importe la circonstance du concert...


Le premier soir s'est achevé sur le set de Lessener, un screamo plutôt classique mais relativement beau dans les mélodies jonglant habilement entre les saccades, qui a bien fait son effet, mais que j'ai malheureusement vu d'un peu loin, et les deux mastodontes de la #swedishskramzmafia : Vi Som Älskade Varandra Så Mycket et Suffocate For Fuck Sake. Le premier est devenu le classico du fest, ils y jouent chaque année, et on comprend pourquoi : épique, puissante, planante, déchirante... Les superlatifs ne manquent pas pour parler de la musique de Vi Som [...], ça fait son effet à chaque fois, et ils incarnent toutes les raisons pour lesquelles on vient s'en prendre plein les oreilles dans ce coin reculé de Berlin à la mi-Mai. Le second donnait son tout premier concert, alors que le groupe est actif depuis... 2003 ! En fait, Suffocate For Fuck Sake, c'est un collectif de musicien-ne-s, aux vies personnelles bien remplies, qui n'ont jusque là jamais eu la possibilité de se produire sur scène... Ce fut donc une première, attendue par énormément de personnes au MTS Fest, et cette première fût grandiose, mais tellement plombante ! En effet, les thématiques du groupe tournent autour de la psychologie, de la dépression, et traite de cela d'une manière très introspective. Leur bloc compact d'anxiété, de panique, d'accalmies, ont mis K.O l'audience, déjà pas mal épuisée. Ce fut un moment éprouvant mais grandiose. Il était dur de s'en remettre !







D'autant plus que le lendemain, le rythme à tenir était tout simplement i n f e r n a l : AUCUN groupe n'était dispensable selon moi... Ça commençait tout de suite très fort avec Cavalcades, que je tenais absolument à voir. Ils m'ont complètement retourné le cerveau en 2017 avec leur EP One Down's For Youth Ideals, l'alchimie parfaite entre du Self Defense Family et du shoegaze, avec un peu de Bluetip Lounge au passage. Et par la suite j'ai redécouvert le fameux Lights Begin To Dance, où ils faisaient du screamo à la Suis La Lune, avec un tempo plus lent. Leur set était fidèle à leurs enregistrements studio : c'est prenant, lancinant, hypnotisant, et sans vouloir jouer le jeu du cliché relou, j'y trouve quand même ce fameux flegme qui est censé caractériser les anglais.es... Quoique il en soit, même en l'absence du carillon qu'ils utilisent en temps normal, c'était un pur moment, et ça nous a emmené en douceur vers le set d'erai à la small stage, et WOW, c'était beaucoup trop cool. Encore un de mes groupes favoris de 2017, et c'était aussi puissant que sur l'album et que la pierre qui a failli me tuer en écoutant leur disque (pour comprendre la raison de ma survie, vous pouvez lire ma review du disque par ici). Le contraste avec le soleil généreux qui illuminait la salle était un peu perturbant, alors que leur musique est plutôt quelque chose à écouter et à savourer dans le noir, l'obscurité, mais ce n'était qu'un détail.





Le coeur déjà pas mal éprouvé -et alors que je commençais à avoir chaud !-, je me rendais ensuite à la mainstage pour voir The Hope And The Failure... Oui, c'est leur 2ème fois au festival ! Assez inattendu de voir que le groupe continue encore de se produire, alors que je pensais que leur précédente apparition était l'affaire d'une seule fois... Ce fût un plaisir de les revoir, dans un lieu plus grand, là où tout le monde pouvait les voir : iels ont joué il y a 2 ans dans le basement, un endroit 2 fois plus petit que la small stage, il était très compliqué de s'y frayer un chemin... J'avais réussi à être en front row -et c'était absolument fantastique, sans abuser-, mais beaucoup se sont retrouvé-e-s loin en arrière, sans rien voir de ce qui se passait... Comme moi avec Potence :D ! Mais cette fois-ci, problème réglé. Et Ina était rayonnante, sereine, elle semblait plus encore en paix avec elle-même, et n'avait pas peur de partager les angoisses qu'elle exorcise dans ses textes, à les hurler avec une passion, une force qui filait les frissons. C'était particulièrement beau. Quand je vous dis que la swedish skramz mafia est au-dessus de la mêlée...


Allez, un petit remontant musical avec algae bloom, pas moins sensible mais plus joyeux d'un point de vue purement sonore, avec des guitares très inspirées par l'emo "midwest", tout en conservant une forte vibe screamo. Je ne suis pas resté pendant tout le set, j'avais besoin de m'aérer un peu avant le set de Rainmaker, que j'attendais depuis maintenant 4 ans... La dernière fois que je les avais vu, c'était au Cirque Electrique à Paris, une autre ambiance et un autre public, mais il y avait tout autant d'amour. Quel plaisir alors de les revoir en ce lieu, et de chanter leurs textes avec tou-te-s les potes ! Ils nous ont joué pas mal de nouveaux morceaux, qui sont encore meilleurs que ceux qu'ils ont sorti jusque là, et on évidemment joué "Relinquish Your Grip On The Rope, You Won't Fall", que Vivien a dédié aux français-es présent-e-s au fest... Et cette petite audience a répondu présente avec un gros sing-along ! L'un de mes concerts favoris de cette 5ème édition du MTS Fest, et qui aura été un bon échauffement pour les concerts de Chaviré et Birds In Row ;) !




(il sera facile de me voir m'égosiller avec mes camarades sur le live de Rainmaker haha !)

Et avant le set des nantais, il ne fallait pas louper celui de JAROD, le groupe autoproclamé hardcore mignon qui fait doucement mais sûrement parler de lui, à mon grand plaisir... Iels ont déjà attiré l'attention au-delà de la (f)rance lors de leur passage à l'open stage du Fluff Fest 2017, sont vu-e-s sur la screamosphère comme la version 2.0 d'Anomie, et continue leur petit bonhomme de chemin en se présentant sur la small stage du MTS Fest, avec un nouveau disque à défendre, Drosera. C'est avec un certain stress mais beaucoup d'enthousiasme que les emopunx de Tours sont apparu-e-s auprès du public berlinois, les appréhensions disparaissant vite au cours du set, et au final bénéficiant d'un accueil chaleureux et d'une attention particulière de l'audience. Encore une fois un chouette moment passé avec elleux ! Et puis en termes lyricaux, c'était la parfaite façon de nous chauffer pour Chaviré... Mine de rien, ça fait maintenant un sacré paquet de fois que je les ai vus, et je commence à connaître leurs textes par coeur ! Et c'était un plaisir de les revoir encore... Surtout en ces lieux ! Comme lors de leur set à la main stage du Fluff '17, ça m'a fait bizarre de les voir dans un grand espace, alors qu'on est habitué-e-s à les voir dans de toutes petites salles, à même le sol. Mais c'était cool, ça leur laissait un gros espace de mouvement, car les nantais bougent beaucoup sur scène, et ils en ont bien profité. Ils ont également profité de l'occasion pour jouer pour la première fois deux nouveaux morceaux, qui continuent dans la lignée musicale d'Interstices. Elyas débitait un flow assez impressionnant sur le deuxième morceau, et on retrouve bien dans ces deux sons ce qu'ils savent si bien faire jusque là : un genre de mutant punk-rock indé VS screamo à la Belle Epoque super mélodique, rapide et agressif en même temps. Un gros moment de partage avec les copains-copines aussi car Elyas n'hésitait pas à nous filer le micro.





Ça y'est, j'ai officiellement ultra chaud et la PLS commence à s'intensifier, alors que je m'apprête à voir To Languish. J'ai pas arrêté d’enchaîner les concerts jusque là mais je suis toujours à fond. Et c'est plutôt cool ! C'est donc avec enthousiasme que j'assiste au set des suédois-es, et avec une certaine impatience que j'attends de voir la performance de Jonnà, avec qui j'ai échangé sur Internet depuis plusieurs mois, et que j'ai été super content de rencontrer, même au final cela s'est limité à un câlin :'). Mais, je sais que c'était pas une période évidente pour elle, elle en parlait sur ses réseaux, et ça se ressentait sur le set de To Languish, qui pour le coup avait un mood assez particulier. On sentait de la colère, de la frustration, de l'anxiété. C'était palpable. La musique du groupe, c'est un emoviolence chaotique, virulent, plein de rage. On ressentait bien les émotions qui transparaissaient des musicien-ne-s dans leur musique. C'était compact, intransigeant, c'était pas évident de rentrer dans leur set. Mais c'était particulièrement émouvant, que je retiendrais notamment par la spontanéité du groupe, par le fait qu'on avait pas affaire qu'à de la musique, mais bien l'expression forte, vivante, de quelque chose qui ronge et rongeait de l'intérieur chacun-e dans ce groupe...

Après cet enchaînement d'émotions fortes, place au skramz à l'italienne : Shizune prenait place sur la main stage, et j'ai encore eu en les voyant l'impression que j'avais déjà eu au Fluff : celle de voir du Raein de leur époque Il n'y a pas de orchestre, la présence scénique bien plus chaleureuse et forte en prime. Le chanteur n'hésitait pas à descendre dans la fosse pour chanter au milieu du public, s'asseyant parfois sur les côtés de la scène en continuant d'hurler... Il n'occupait pas la scène, il la possédait ! Et comme un idiot, j'ai jugé bon de partir vers la fin du set pour être sûr d'avoir du temps pour manger et re-fouiner les distros avant ØJNE... Et j'ai loupé leur cover de "A Far-Off Reason" d'envy. Oui, je suis très con ! Mais bon, c'était soi ça, soi je ne mangeais pas du reste de la soirée ! Heureusement qu'en système D, on avait pas loin du logement où on dormait pour la semaine avec les potes, un fast food ouvert jusqu'à genre 3h du mat qui faisait d'énormes sandwichs aux falafels pour seulement 3€, à des années-lumière de ceux qu'on trouve à Paris et 2 fois moins cher... Enfin bref, j'aurais vu une bonne partie de leur set, et c'est déjà très cool ! C'est donc ØJNE qui leur ont succédé, et ils faisaient partie des groupes les plus attendus du fest, surtout après la sortie de leur LP tout autant attendu, Prima Che Tutto Bruci. Ils n'ont pas joué mon morceau préféré d'eux, "Da Qualche Parte, Nel Momento Giusto", mais ont plutôt préféré mettre l'accent sur leur nouvelle release, qu'ils ont bien défendu ! C'était propre, c'était puissant, les italiens étaient heureux de représenter dignement leur album, et l'audience était plus que réceptive.






Savez-vous pourquoi je suis définitivement un méga loser ? Parce que j'ai délibérément choisi de manquer Svffer. OUI, vous avez bien lu. Je me déteste pour ça, mais je voulais être sûr de ne rien manquer des distros et du merch, même si j'ai acheté beaucoup moins de choses que l'année dernière (et c'est un bon point pour moi), et je me suis dit "ouais, tu les as déjà vu au Fluff et c'était ÉNORME"... Et c'est EXACTEMENT parce que c'est énorme que j'ai été stupide de manquer ça. Tout le monde m'a dit que leur set était impressionnant, et on dirait qu'ils ont dit vrai, ce qui m'étonne pas du tout. Je suis heureux pour l'équipe du MTS que les emo-terreurs allemand-e-s ont réussi à remplacer I Create avec tant d'appréciation et de compréhension!



Et c'est à la suite de ce set qui a, je pense, comblé les attentes, que le dernier groupe du fest allait clôturer avec brio ces 2 jours d'évasion mentale et sonore : Birds In Row, qu'on a sûrement pour beaucoup déjà vu une dizaine de fois en (f)rance, mais qui pour certain-e-s aura été la première fois... Une personne à coté de moi venait de Grèce, et c'était effectivement la première fois qu'elle les voyait. On a beau être habitué-e-s à leurs concerts, à ce qu'on va voir et même entendre, c'est toujours une claque. Car leur énergie sur scène est constante, c'est toujours dans le très haut du mouvement, ça bouge sans arrêt, Bart ne faiblit jamais ni dans son jeu de guitare ni dans son chant, Quentin fait toujours des pirouettes improbables aux risques et périls de ses petits shorts, et Timmy martèle toujours autant ses fûts, avec ce même sourire, genre tout le temps. J'ai jamais vu cette personne ne pas sourire. Et ouais, c'est toujours aussi impressionnant. Leur setlist était celle qu'ils ont suivi pendant toute l'année 2017 et début 2018 : beaucoup de morceaux de Personal War, les morceaux du split avec WAITC, et "A Kid Called Dreamer" de Cottbus. Pendant leur set, le public a littéralement explosé en sing-along, en stage-dive, en pogos, alors que jusque là, il est resté relativement calme. Le surplus d'émotions accumulées a volé en éclats à ce moment-là, sans doute ? Ce fût en tout cas un final grandiose, en apothéose, nous permettant de littéralement finir dans les étoiles...


Après le concert venait pour certain-e-s le temps des "au revoir", car l'avion ou le train passait très tôt quelques heures plus tard, et pour d'autres le chill post-concert au bar en face des salles de concert, pour boire le dernier Club Mate du fest, pour se rafraîchir et se remettre du set de Birds In Row, refaire le fest, refaire le voyage de la semaine... Autour de la main stage, j'ai croisé Vivien Rainmaker, on a discuté pendant un bon quart d'heure, sur tout et rien, sur la scène française et suédoise... C'est passé très vite, comme on se le disait avec une amie le jour de mon arrivée à Berlin. Forcément, parce qu'on vit toujours le moment intensément, que ce soit pendant le fest ou dans notre quête de nourriture, d'endroits cool où se balader...

Comme chaque année, ce festival fût constant dans sa qualité, son atmosphère, son côté intimiste et friendly. Je suis déjà impatient de voir ce que va donner le line-up de la prochaine édition, car je suis pas mal persuadé qu'il nous rendra toujours aussi excité-e-s et impatient-e-s... Et surtout : en combien de secondes la 6ème édition va-t'elle afficher sold-out ? Y'a un potentiel record à afficher au Guinness ! J'ai déjà très, très hâte d’être à l'an prochain, ici, dans ce lieu où l'on se sent si bien. En espérant que ce fest gardera la fibre militante qu'il a développé cette année, mais je fais confiance à Alex et son crew pour ça. En attendant, on a le temps de bosser la dextérité de nos doigts pour atomiser la touche F5, et d'essayer d'apporter l'esprit de ce fest dans nos vies à chacun-e.





Photos prises par Henrik Hulander.
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Son album photo du MTS FEST V est visible sur sa page Flickr.

You can read the english translation by clicking on "plus d'infos" ! :)


● It's almost 2:15 am, somewhere on a northeastern German road near Dortmund when I start writing these lines. Nionde Plågan's album Frustration accompanies my sleepless night, because it's impossible to fall asleep on those too hard seats that hurt your butt. And nostalgia and lack are gnawing at me. Miss The Stars Fest V, Berlin, moments of fun with friends, the sing-along to tear off the vocal cords, the hugs to these people that we follow since X time on Instagram, these long-time and/or long-distance friends... They all seemed already so far away. A whole set of things that give us a boost of strength, courage, love, like every year in this festival where kindness seems a realistic feeling, and not something utopian as it seems to be in our routines.

For this 5th edition, the MTS Fest was again held at Zukunft am Ostkreuz. I'm always happy to go back there: I know that in this intimate place, with its small welcoming garden and rooms with ideal dimensions, its dozens of possibilities to sit down and to chill, its intimate bar where I used to drink tons of Club Mate with friends at the end of the festival (and every time alone during the whole fest tbh), it will always feel a bit like home. This year, I once again felt this sensation, with a high quality line-up once again, so much that tickets left literally 8 seconds after the sale of tickets. ALL OF THEM. It's crazy, it's faster than the sales of 3-day pass of fucking Hellfest, but that's proportional to the growing popularity of the MTS fest. Nevermind what the detractors say: Alex, the MTS crew, and the overwhelming majority of the audience always wish that Zukunft am Ostkreuz remains THE place of the fest, and it's going to stay. And I totally approve.

A little more than last year, for me, this fest was a way to spending great times with great friends. Chaviré, Birds In Row and Jarod on the bill : more than music bands that I'm going to see to entertain myself and escape, it's also relationships with great people with whom to talk, laugh, revolting against the system... And there was a beautiful group of close friends around me to enjoy this fest, and do the tour of local vegan fast-foods and restaurants! And also a spiritual presence quite unexpected but very important for the good karma of our crew: Christophe Lambert. Don't look too hard to understand why, but his laugh will have been our strength, and surely was the kind of magic essence that made us survive to so many emotions (and calories, too). The fact of having been so well surrounded this year made my experience at this fest even more beautiful, I lived it even more intensely than last year, when I already had gold peeps by my side... And the MTS Fest is also that: an opportunity to meet, elsewhere than on Instagram or Facebook, an opportunity to share moments of happiness, share emotions not necessarily easy to express and externalize elsewhere, because our daily life, our surroundings, are sometimes far from safe... It's definitely not just some basic shows, and it's in this that it seems unique and unavoidable: it's also a militant space, where political, feminist and veganist struggles intersect... And this year, the fest affirmed its militant positions.

Like every edition of course, but even more firmly this year, no place was given to oppressive/bad people. The bracelets we were given at the entrance were in the colors of the LGBTQIA + flag. And at the entrance, there was also a large box where everyone could slip the amount they wanted (an amount of €5 was recommended) to support LARA, a feminist association that helps victims of violence, abuse / sexual assault. To support the asso, we could also grab some great Miss The Stars backpatchs where it was written "SKRAMZ DEMON", ripping off a Merzbow logo, available between €5 and €8, printed in gold or silver (and I found the only copy printed in dark gray, emo as fuck!) ... And there was always the presence of vegan food stands, feminist, political zines... Little by little, the MTS Fest strengthens its positions, and I think that it can create a dynamic for the public: at least to arouse curiosity and solidarity, at best to encourage them to create zines, assos, support funds...

And obviously, this fest was fantastic by its line-up. The first day was rather quiet (I already say it, the next day was an infernal marathon), I think there was less regrets for people to miss some of the groups of the day to eat, or digging the distros .. Even though the best and most fun was to try to sneak in every gig :) ! I managed to see 90% of the bands I think ... And tbh, no, I wasn't in pre-fest: we went to see Kids Insane who was playing the same night with Nervöus at the Cassiopeia! And it was a nice surprise: I only knew Kids Insane by name, and they gave a very good set, Israeli punk / hardcore (which deeply rejecting Zionism) full of groove, good vibes, with a communicative energy. And I'm glad I had the chance to see Nervöus, I like their very dark and percussive post-hardcore, this little Breach-esque vibe. And anyway, I'll see LOVE/LUST in Paris, with Respire and Yotsuya Kaidan!

It was Descubriendo A Mr. Mime who opened the festivities. I'm not a fan of Rodrigo's shouted singing (yes, Rodrigo Almanegra, the talented illustrator who also had a table alongside Christian Brix and Black Booze!), But I liked to dive back into their captivating, airy, powerful musical universe. A nice introduction to this fest and this first day, and which immediately continued with Nathan Aeli, the indie-rock / post-rock side-project of 2 members of Young Mountain if I'm not mistaken, and which didn't convince many people: vocals weren't that great, at least for my very own point of vue, and it's a shame because their music is interesting and have potential, it's pretty much marked by the pop and shoegaze sensitivity that Swedish punx and musicians have in general.


I stayed until the penultimate song, and I went to see Nionde Plågan, which played a great set. I had the impression that their music took a certain dose of extra delicacy in live while remaining massive and flayed, it sounded a bit like Trachimbrod. Which is obviously far from displeasing me :D ! And their performance made me want to immerse myself again in their music, and more carefully.


Pleasantly surprised by their set, I immediately had to deal with Centuries which were great in Paris the Monday before the fest. Their dark neocrust full of big riffs and heavy atmospheres once again put me a good slap and started to give me hot, and we all knew it was just the beginning! Some people were wondering why a so much "metal" influenced band figured on a line-up like the MTS Fest one ... But it's just that nobody was ready for Portrayal Of Guilt, who also have a lot fun mixing hardcore / screamo with grindcore, metalcore... and even industrial music. It's sounds a lot like early Full Of Hell records, Code Orange, or even Majority Rule (one of them recorded their album that will be released later this year). It was as good as their set in Paris w/ Centuries, and that's all I asked!


Before the set of the Americans, I was going to take another slap with the German band KŸHL and their screamo / math-rock not obvious to capture at first, a little crazy, but which all takes sense in live. And then, I was going to see what will remain for me in the top 3 of this fest, and any fest where the band will play I believe: the set of Cassus. I find it difficult to find a current band that plays the skramz as punchy, captivating, urgent, and conscious at the same time. It's really one of my favorite bands on the current scene, and Separation Anxiety is clearly in my AOTY list of 2018. It's always a blast, the band is dedicated to the stage and makes it a catharsis, as loud as the one we can hear on records. Not a false note, not a single trace of exhaustion, it's impressive of accuracy and efficiency. The only bad thing that could be noted was the sound that wasn't that great for them, it was sometimes hard to recognize some melodies, to hear the voices...




Just after that epic skramz time worthy of the iconic duo Ampere / Orchid, The Ultimate Screamo Band played on the small stage, a perfect following,, and they surprised by their crazy show. Their music is full of anger and sadness, almost in the same musical register as Cassus, but playing a set that tended to make us... Smile? It was weird, but very pleasant! But hey, I say that but I tend to smile stupidly no matter the circumstance of a gig...


The first night ended on the set of Lessener, a rather classic but relatively beautiful screamo, with nice melodies skilfully juggling between saccades, which made its effect, but that I unfortunately saw by a little far from the stage, and on the sets of 2 of the mastodons of the #swedishskramzmafia: Vi Som Älskade Varandra Så Mycket and Suffocate For Fuck Sake. The first has become the "classico" of the fest, they play there every year, and we understand why: epic, powerful, atmospheric, heartbreaking ... The superlatives are not lacking to talk about the music of Vi Som [...], it works every time, and they embody all the reasons why we come to get our ears filled with noise and heavy feels in this remote corner of Berlin in mid-May. The second was giving his very first concert, while the band has been active since... 2003! In fact, Suffocate For Fuck Sake is a collective of musicians, with very busy personal lives, who have never before had the opportunity to perform on stage before... So it was an exclusive gig, expected by appromiately everyone in the audience, and this performance was great, but so hard to endure for the heart! Indeed, the themes of the group are turning around psychology, depression, and discuss them in a very introspective way, and with a mega-sad, gloomy, and very cinematic sound. Their compact block of anxiety, of panic, of lulls, literally killed the audience, already quite exhausted. It was a special but grandiose moment. It was hard to recover from that!







Especially when the next day, the rhythm to keep was simply i n f e r n a l: no bands were dispensable in my opinion... It started right away with Cavalcades, which I absolutely wanted to see. They completely blew my mind back in 2017 with their EP One Down's For Youth Ideals, the perfect alchemy between Self Defense Family and some shoegaze vibes, with a little Bluetip Lounge vibe in the recipe. And then I rediscovered the famous Lights Begin To Dance, where they made that noodly screamo thing à-la Suis La Lune, with a slower tempo. Their set was true to their studio recordings: it's catching, throbbing, hypnotizing, and without wanting to play the game of clichés, I felt that famous phlegm that is supposed to characterize the English people, in the frontman's live presence. Although it in fact, even in the absence of the chime they normally use, it was a pure moment, and it took us gently to the next gig: erai on the small stage, and WOW, it was so cool. Another one of my favorite bands of 2017, and it was as powerful as on the album, and that the stone that almost killed me while listening to their record (to understand the reason of that rock attack, you can read my review of the album right here). The contrast with the generous sun that illuminated the room was a little disturbing, while their music is more something to listen to and enjoy in the dark, but it was only a detail.





The heart already tormented - and while I was getting hot! - I went to the mainstage to see The Hope And The Failure... Yes, it's their 2nd time at the festival! Quite unexpected to see that the band still continues to perform, whereas I thought their previous appearance was the business of a single time... It was a pleasure to see them again, in a bigger place, where everyone could see them without being stuck to each other and dying from heat: they played 2 years ago in the basement, a place 2 times smaller than the small stage, it was very difficult to find a good spot there... I managed to be in front row -and it was absolutely fantastic, without being too subjective- but many found themselves far behind, without seeing anything of what was happening on stage... Like me when Potence played :D ! But this time: problem solved. And Ina was radiant, serene, she seemed even more at peace with herself, and was not afraid to share the anxieties she had to endure during so many years in her lyrics, to scream  them with passion, a force that gave us shivers. It was particularly beautiful. When I tell you that swedish skramz mafia is well above the worldwide skramz gang ;)...



It was about time to get a little musical cuddle with algae bloom, no less sensitive but more joyful from a purely sonic point of view, with guitars very inspired by "midwest" emo, while maintaining a strong screamo vibe. I didn't stayed during the entire set, as I needed to get a little break and some air before the set of Rainmaker, who I've been waiting for 4 years now ... The last time I saw them was at Le Cirque Electrique in Paris, another atmosphere and another audience, but there was almost just as much love as tonight... I think? What a pleasure to see them again in this place, and to sing their lyrics with all the friends! They played a lot of new songs, which are even better than the ones they released so far, and they obviously played "Relinquish Your Grip On The Rope, You Will not Fall", that Vivien dedicated to French people present at the fest ... And this small audience (bigger than last year thought) answered with a big sing-along. One of my favorite concerts of this 5th edition of the MTS Fest, which has been a good warm-up for the concerts of Chaviré and Birds In Row ;) !




(il sera facile de me voir m'égosiller avec mes camarades sur le live de Rainmaker haha !)

And before the set of Nantes punx, it was necessary not to miss JAROD, the self-proclaimed "cute hardcore" band that is slowly but surely more and more known in the emo scene around the world, to my great pleasure... They have already attracted attention beyond (f)rance during their appearance at the open stage of the Fluff Fest 2017, they are seen on the screamosphere as the 2.0 version of Anomie, and continues to climb the rainbowskramz by playing on the small stage of the MTS Fest, with a new record to defend, Drosera. It's with a certain stress but a lot of enthusiasm that the emopunx of Tours appeared to us, the apprehensions disappearing quickly during the set, and in the end benefiting from a warm welcome and a particular attention of the audience. Once again a nice time spent with them! And in lyrical terms, it was the perfect way to prepare us for Chaviré... It's now a hell of a lot of times I've seen them, and I'm starting to know their lyrics by heart! And it was a pleasure to see them again... Especially in this place! As with their Fluff '17 main-stage set, it made me feel odd to see them in a large space, while it's way more common for us to see them in very small rooms, on the floor. But it was cool, it left them a big space of movement, because they move a lot on stage, and they took advantage of it pretty well. They also took the opportunity to play for the first time two new songs, which continue in the musical line of Interstices. Elyas had a fairly impressive flow on the second song, and we find again in these two sounds what they play so well: basically very melodic screamo, but in a very punk rock way, as if Belle Epoque were playing something more raw and aggressive. A big moment of sharing with friends, especially when Elyas didn't hesitate to share the mic with us all. Without surprise one of my fav shows of that fest...





That's it, I'm now officially super hot and I'm begin to be overwhelmed by emotions, as I get ready to see To Languish. I haven't stopped running from a gig to another so far, but I'm always on it. And it's pretty cool! So it's with enthusiasm that I attend the set of Swedish peeps, and with some impatience that I waited to see the performance of Jonnà, with whom I have exchanged on the Internet for several months, and who I was super happy to meet, even if in the end it was limited to a warm hug :'). But, I know it wasn't an obvious period for her, she spoke about it on her networks, and it was easy to feel it on the set of To Languish, which consequently had a rather particular mood. We felt anger, frustration, anxiety. It was palpable. The band's music is a chaotic emoviolence, virulent, full of rage. We felt really much the emotions that musician showed in their music. It was compact, uncompromising, it wasn't easy to get into their set. But it was particularly moving, that I will remember in particular by the spontaneity of the band, by the fact that we weren't dealing only with music, but the strong, living expression of something that gnawed the folx in front of us.

After this bunch of strong emotions, place was made for the italian skramz time: Shizune took place on the main stage, and I still had the impression that I already had at Fluff: seeing the Il N'y A Pas De Orchestre-era Raein, with way bigger and warmer stage presence. The singer didn't hesitate to go down to the pit to sing in the middle of the audience, sometimes sitting on the sides of the stage while still screaming... And to fucking growl?? He didn't occupy the stage, he took possession of it! And as a fucking idiot, I decided to go outside before the end of the set to be sure to have time to eat and digging the distros before ØJNE... And I missed their cover of "A Far-Off Reason" of envy. Yes, I am very stupid! But hey, it's life: that sucks, and I risked not to eat for the rest of the evening! Fortunately there was a plan B : not far from the place where we slept for the week with my friends, we had a fast-food open up until like 3am that made huge falafel sandwiches for only €3, years-light far from those globally awful ones we can find in Paris (except some dope ones in the Israeli quarter of Châtelet from what I know) and 2 times cheaper... Anyway, I've seen a good part of their set, and it's already very cool! And they ØJNE played 15mn after them, and they were part of the most anticipated bands of the fest, especially after the release of their equally anticipated first LP, Prima Che Tutto Bruci. They didn't played my favorite piece of them, "Da Qualche Parte, Nel Momento Giusto", but instead preferred to focus on their new release, which they defended very well! It was clean, it was powerful, the Italians were happy to represent their album with dignity, and the audience was more than receptive. Well done and thank you!





Do you know why I'm definitely a fucking loser? Because I deliberately chosen to miss Svffer. YES, you read that correctly. I hate myself for that, but I wanted to be sure to not miss anything from distros and merch, even if I bought far less things that last year (and that's a good point for me), and I told to myself "that's OK, you already saw them at Fluff and it was a fucking BANGER"... And that's EXACTLY because it's a banger that I was dumb to miss that. Everyone told me that their set was fucking impressive, and it looks like they told the truth. I'm happy for the MTS crew that the german emoterrors managed to replace I Create with so much appreciation and comprehension!



And it's after this set which I think has filled the expectations of everyone, that the last band of the fest was going to brilliantly end these 2 days of mental and sonic escape: Birds In Row, this band that french peeps of the fest surely already seen a lot of times, but for some people it was the first time... Like this person next to me during the show, which came from Greece. French peeps know already everything about their concerts, to what we will see and even hear, but holy shit, it's still a slap every damn time. Because their energy on stage is constant, they are moving constantly, Bart never weakens neither in his guitar playing nor in his voice, Quentin always makes  improbable gymnastics to the risks and dangers of his little short jeans, and Timmy is still pounding his drums, with the same smile, like all the time. I never saw this person not smiling, this is awesome, I need his secret for smiling in life. And yeah, it's still so impressive to see them. Their setlist was the one they followed throughout the year 2017 and early 2018: many songs of Personal War, the songs on the split w/ WAITC, and one of my favorite songs forever, "A Kid Called Dreamer", which figure on Cottbus. During their set, the audience literally exploded in sing-along, in stage-dive, in pogos, whereas until the beginning of that set, it remained relatively calm. The surplus of accumulated emotions breaked at that moment, I guess? It was in any case a fantastic final, in apotheosis, allowing us to literally finish in the stars...



After that last show already came for some folks the times of goodbyes, because their planes had to take-off very early on the morning, sometimes in like 5 hours after (this one goes to Samantha, Yannick and Enguerran), and for the others came the time to chill at the bar in front of the concert halls, to drink the last Club Mate of the fest, to refresh and recover from the set of Birds In Row, redo the fest, redo the trip of the week... Around the main stage, I met Vivien Rainmaker, we talked for a good 15mn about everything and nothing, on the French and Swedish scene... That fest happened very quickly, of course, because we always live the moment intensely, during the fest or in our quests for food. It's always frustrating, but that's also beautiful. And scaring.

As every year, this festival was constant in its quality, its atmosphere, its intimist and friendly side. I'm already looking forward to see the line-up of next year's edition, I'm pretty sure it will make us feel as stoked and impatient as we all are each year, and I'm super curious to see for how much seconds the 6th edition will sold out? There is a potential record to write in the Guinness book! I'm already very, very much looking forward to be there next year, in this place where we feel so good. Hoping that this fest will keep the militant side he developed this year, but I have trust on Alex and his crew for that. In the meantime, we're going to have a lot of time to train our fingers to destroy that F5 touch and win that epic fight for getting a ticket, and we can try our best to bring that Miss The Stars spirit in our everyday life... I know it's hard. :(







Pics taken by Henrik Hulander.
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His album of MTS FEST V is available online on his Flickr page.