mercredi 13 février 2019

55 DELTIC, un manifeste slowcore cheminot ?



Je commence à écrire ceci, sans le faire exprès, à 13h12.  ( ͡° ͜ʖ ͡°)

C'est un Lundi où pour une fois, je ne bosse pas. Je me suis réveillé-e tranquillement, pour ne pas qu'un nouveau mal de tête ne pourrisse mon après-midi (ce qui a fini par arriver) qui s'annonce sous le signe du "rien faire", ce qui est plus que reposant pour l'esprit. Et je suis parti-e pour écouter ce disque en repeat, que j'ai découvert un peu au hasard, je ne sais plus comment, c'était sur Facebook.

55 DELTIC viennent de Notthingham, UK, et c'est l'un de ces groupes dont stricly no capital letters, le label qui co-produit ce disque avec Barely Regal Records et Kingfisher Bluez, a la spécialité : ce genre de disque qui invitent au voyage depuis son canapé, en fermant les yeux. Aussi ce genre de trucs que tu écoutes en te baladant en forêt. Je suis heureux-se d'avoir découvert ce groupe. En l’occurrence, il semblerait que ce soit aussi fait pour l'écouter dans le train, le thème autour duquel semble tourner le groupe. Tiens, pour une fois que c'est pas de l'emo français qui parle de trains !

Ce "mostly vegetarian, DIY, rail renationalisation band"  (55 Deltic est également un modèle de train diesel, histoire d'appuyer leur worship du rail) vient de sortir You Could Own an American Home, son premier album, où figurent les morceaux de la démo sortie en Août 2016. Et il se trouve qu'écouter leurs morceaux dans le train, ça marche pas mal, effectivement. D'ailleurs, une coïncidence marrante : dans l'après-midi où je rédige cet article, je vais aller chercher l'un de mes frères à la gare de Plaisir-Grignon, où il travaille. Ma journée va donc se passer sur le thème du rail à priori t'sais. De toute façon, ce disque semble m'être destiné-e : tout ce qui tourne autour des trains, c'est quelque chose qui me touche depuis la plus tendre enfance, j'ai grandi autour des trains, j'ai vécu longtemps près de la gare de Trappes et sa gare de triage, et passé du temps à explorer les friches autour, j'ai passé une année entière à évacuer mes peines et une intense solitude à errer dans les trains de banlieue pour fuir un lycée bourgeois où j'étais rejeté-e, moqué-e. Enfin bref.

Ce disque, il est riche en douceur, en introspection, comme ces groupes moitié emo, moitié slowcore, savent si bien le faire aux UK et en Ecosse. Alors du coup, les paroles ne sont pas dans le militantisme et la revendication cheminot-e : on est dans des thèmes vachement plus personnels et intimes, qui vont tout de même de pair avec la musique et la thématique du groupe, qui se laisse volontiers savourer en regardant les paysages défiler à travers la fenêtre du train... La poésie de "Tangen" m'a touché-e, mise en valeur par ses guitares mélodieuses, sucrées, ce violon qui vient encore ajouter davantage à la beauté et la sensibilité qui règne sur ce titre. "Didcot, Newbury & Southampton Railway", déjà présente sur la démo de 2016, et mon morceau préféré du groupe jusque là, avec une légère touche post-rock, me rappelle ce que j'adore chez CLOAKROOM, pas surprenant quand on sait que eux et 55 DELTIC partagent les mêmes influences : DUSTER, CODEINE, RED HOUSE PAINTERS...

Et il y a cet espèce de breakdown émotionnel à la fin de "Eden Valley Line", ce final hurlé, frissonnant, presque bouleversant. Ce morceau m'a rappelé DYM, cet intriguant groupe d'emo 90s londonien rempli de fractures de la sorte.

Sur ce disque, j'ai l'impression qu'une certaine attention a été portée sur le rendu des parties les plus heavy des guitares, sur la façon dont les mélodies s'enchaînent, sur le moindre petit effet de son. Il me semble que l'un des guitaristes compose de l'ambient et du drone/doom dans d'autres projets, et cela se ressent dans l'atmosphère générale du disque. Il ne s'agit pas seulement de balancer de la réverb, du feedback et du fuzz partout parce que ça sonne bien, ou que ce serait cool, tout ça. Non, c'est vraiment quelque chose qui marque nos tympans, nos esprits, des sons qui ressemblent à des nuances et des couleurs particulières... C'est en ça que ce disque en devient atypique, malgré ses influences évidentes qui ressortent.

Nous aussi en (F)rance, on a pas envie que la SNCF devienne un service commercial où la concurrence et la course à la réduction de coûts précariserait les emplois, réduirait la qualité du service... Force et soutien aux salarié-e-s du rail anglais, autant qu'en (F)rance.





I start writing this, without doing it on purpose, at 13h12.  ( ͡° ͜ʖ ͡°)

It's a Monday where for once, I don't work. I woke up quietly, so that new headache will not ruin my afternoon (which eventually happened) that promises to b like "let's do nothing at all", which is more than resting for the mind. And I'm going to listen to this record in repeat, which I discovered a little randomly, I don't know how actually but I know it was somewhere on Facebook.

55 DELTIC are from Notthingham, UK, and this is one of those bands whose stricly no capital letters, the label which co-released this record with Barely Regal Records and Kingfisher Bluez, have the specialty: that kind of record that invite the listener to travel from their couch, while closing their eyes. Also it's that kind of stuff you would probably listen to while walking in the forest. In this case, it seems that it's also something to listen in the train, the main theme of the band. Well, for once it's not French emo! I'm really happy to have discovered this group, british slow punk music is forever.

This "mostly vegetarian, DIY, rail renationalisation band" (55 Deltic is also a diesel train model, here's another point to rely their rail worship) has just released You Could Own an American Home, his first album, which features songs from the demo released in August 2016. And it turns out that listening to their tracks on the train works pretty well. Moreover, here's a funny coincidence: in the afternoon when I am writing this post, I will rejoin one of my brothers at the Plaisir-Grignon station (in the parisian suburbs) where he works. Yeah, you get it, my day will be centered on the theme of rail lol. Anyway, this record seems to be made for me: everything that revolves around trains had an influence on me from the earliest childhood, I grew up around trains, I lived near Trappes station and its marshalling yard, and spent time exploring the old railways and wastelands around, I spent a whole year to evacuate some pains and an intense loneliness to roam on the suburban trains to runaway from a bourgeois high school where I was rejected, mocked, and where I had the worst thoughts about what I wanted to do against myself. Anyway.

This album is rich in softness, in introspection, as all these half emo, half slowcore bands know so well hod to do it in the UK and in Scotland. Well the lyrics are not about activism and railwaypersons rights and stuff: they are rather themed on more really personal and intimate topics, which fits well with their music and their main theme anyway, but which is something to drown into, while looking at the landscapes scroll through the window of the train... The poetry of "Tangen" touched me, highlighted by its melodious and sweet guitars, this violin that adds even more to the beauty and sensitivity that reigns on this song. "Didcot, Newbury & Southampton Railway", already featured on the 2016 demo, and my favorite song of the band so far, with a slight post-rock touch, reminds me of what I love about CLOAKROOM, not surprising when you know that them and 55 DELTIC share the same influences: DUSTER, CODEINE, RED HOUSE PAINTERS... All the good o.g slowcore shit.

And there's that emotional breakdown at the end of "Eden Valley Line," the shuddering, almost overwhelming outro, which singer is screaming his lungs out. This song reminds me of DYM, this intriguing 90s emo band from London, which is filled with that kind of sonic fractures.

On this disc, I have the impression that some attention has been paid to the rendering of the heavier parts of guitars, the way the melodies are linked, on the smallest effect of sound. If I'm correct, I found out that one of the guitarists already released ambient and drone/doom records with other projects, and this is reflected in the general atmosphere of the record. I mean it's not like just throwing reverb and feedback here and there to look cool and weird and shit, it's really something that have an impact in our eardrums, our minds, our skin. That's why this album becomes atypical, despite its obvious influences that emerge from their sound.

Here in France, we also don't want the SNCF to become a commercial service where competition and the race to reduce costs would deteriorate working conditions and the jobs themselves, reduce the quality of service... Strength and support to employees of the English rail, as well as French ones.

dimanche 3 février 2019

De la nécessité d'être toujours présent-e-s avec les gilets jaunes.



L'année 2019 a commencé sur les chapeaux de roue, en fRance, avec le mouvement des gilets jaunes qui est revenu de plus belle, sans qu'aucune des mesures sensées "apaiser" ne berne personne, sans qu'il ne se soit au final jamais endormi, comme le prétendaient les politicien-ne-s et les médias mainstream. Il a simplement été étouffé par la propagande de ces dernier-e-s, diabolisant les personnes qui se revendiquaient "gilets jaunes", leur faisant porter le chapeau des militant-e-s les plus radicales qui détruisaient les lieux et symboles de ce qui nourrit la colère profonde de toute cette foule brillante et brûlante, se hâtant de retirer leurs gilets aux personnes qui matérialisaient la rage de vivre et de vaincre des classes moyennes et populaires. Amalgamé-e-s aux Zouaves, Ouest Casual et consors (des liens pour découvrir les zozos sont disponibles en fin de post) qui viennent pour un soi-disant militantisme, mais qui viennent surtout pour frapper les personnes qu'iels estiment ennemi : c'est-à-dire la classe populaire en général, les "gauchistes", les personnes qui sortent de l'hétéro-normativité, les personnes racisé-e-s.

Le mouvement n'est pas prêt de se tarir, au contraire : les dernières révélations de l'affaire Benalla, avec les enregistrements de sa conversation avec Jérôme Craze où il évoque le soutien apporté par "le patron", montre encore une fois le mépris de cette clique envers le peuple, envers la justice, envers cette "République" qu'ils nous forcent tant à louer. Une nouvelle qui pourrait presque passer pour une bonne, d'un point de vue insurrectionnel !

Ce départ en fanfare, il est motivant. Il donne la marche à suivre : rien n'a lâché, il suffit d'une étincelle pour que tout reparte de plus belle. Vous avez peut-être vu cette incroyable séquence de gilets jaunes forçant l'entrée du ministère de Benjamin Griveaux avec un chariot élévateur, alors que ce dernier s'y trouvait. Il suffisait alors de quelques mètres pour pouvoir faire face à l'une des têtes pensantes de ce pouvoir sourd et aveugle à nos revendications. Iels ont écouté Macron : via son porte-parole, iels sont venu-e-s le chercher. On a définitivement plus le temps de débattre, et les prochains actes seront peut-être déjà déterminants, à l'allure à laquelle ça avance.

Mais voilà, je suis toujours tiraillé-e entre la beauté de ces actions directes et radicales, entre la force d'un mouvement extrêmement populaire, ces occasions de pouvoir parler de la violence étatique, et d'autres sujets inhérents à la violence du capitalisme et de nos sociétés, à des proches, ami-e-s, collègues et connaissances pas conscientisé-e-s, et cette problématique qui reste grande dans le mouvement : les fafs, les conspis, les opportunistes poujadistes et du vieil échiquier politique. Le fait que certains de leurs actes soient valorisés et glorifiés par les gilets jaunes bruns.

Mais pourquoi fuir un mouvement aussi important pour nous tou-te-s et leur laisser la mainmise, quand iels n'en représentent au final qu'une minorité et se rendent visible simplement via un forcing sur la communication ? Pourquoi agir aussi bêtement ? N'est-ce pas là une formidable opportunité pour dévoiler aux yeux de tou-te-s les ennemi-e-s qui les expulsent toujours plus des métropoles, les ringardisent toujours plus aux yeux des ubersociétés ? Et aussi, de montrer à tout le monde le vrai visage de ces activistes et autres nervis des droites fRançaises, leur permettre d'assister à leur supercherie raciste et haineuse ? Ce serait irresponsable d'abandonner le terrain, d'écouter Castaner et ses diatribes, de laisser Macron avoir raison. D'autant plus que jusqu'à trop récemment, les fafs savaient malheureusement mieux s'unir que les mouvements de gauches, professionnels dans l'art de la divergence. C'est pour ça que les Zouaves et compagnie ont pu frapper tranquillement un cortège du NPA, Antonin Bernanos, ou un militant antifasciste bordelais amputé d'une main à cause d'une grenade balancée par les flics (son témoignage en fin d'article), et tant d'autres : nous n'étions pas assez nombreux.euses, pas assez mobilisé-e-s.

L'acte 12 semble avoir porté un coup fatal à leur mascarade, le leader des Zouaves ayant notamment déguerpi abandonnant ses larbins (la vidéo est visible par ici) face à l'assaut antifasciste porté à ces clowns, mais les fafs restent déterminé-e-s à en découdre : iels cherchent notamment à propager une rumeur qui accuse un "black bloc" d'avoir agressé Jérôme Rodrigues, blessé à l’œil par un tir de LBD40 lors de l'acte 11, alors que la solidarité à son égard est totale dans les milieux antifas. Ne leur cédons pas une once de terrain, ne les laissons pas mentir davantage. À elleux, autant que ces apolitiques convaincu-e-s qui chercheraient à retirer à l'antifascisme son "anti-", inversant les rôles et cherchant à semer toujours la confusion, et niant le caractère éminemment politique du mouvement des Gilets Jaunes, malgré son message originel.

N'oublions pas que ce sont les fafs qui blessent, qui tuent, à chaque occasion de se montrer en groupe. Qui jettent des personnes racisé-e-s à l'eau, les empoisonnent, les frappent à mort. N'oublions pas les violences policières à répétition. Les fafs et les flics ont les mêmes manières d'agir contre la classe populaire et les personnes non-blanches, non-cis. Rappelons-nous que les fafs agissent dans un intérêt suprématiste blanc, qui sert la bourgeoisie, les milieux aisés. Il est inconcevable de laisser une insurrection populaire se faire guider par l'extrême-droite, la nourrir d'un populisme et d'un racisme en roue libre. Il est inacceptable de voir des militant-e-s agressé-e-s pour leur combat, simplement parce qu'iels seraient "gauchistes", quand être "gauchiste" n'est aucunement un appel à la xénophobie, l'homophobie, la violence gratuite, et autre oppression systématique que les fafs défendent avec ferveur.

Je suis solidaire avec les gilets jaunes : celleux qui croient en une alternative au système capitalisme, néo-libéral, patriarcal. Celleux qu'on exclut toujours plus des métropoles. Celleux des banlieues qu'on ne voient pas, et qui ne veulent pas se montrer, car iels savent très bien qu'elles seront acccusé-e-s de tout les torts si iels osent exprimer leur colère autant que les manifestant-e-s les plus radicaux.ales, autant traqué-e-s par les flics que par leurs copaines fafs. Il nous faut nous unir, sous nos convictions communes : qu'elles soient antifascistes, antisexistes, anticapitalistes. Il faut continuer à faire face aux politiques autoritaires, sécuritaires, discriminatoires du gouvernement, faire face à son monde et le combattre. Ne pas laisser les fachos pourrir nos rues, autant qu'il ne faut pas laisser notre niveau de vie, nos acquis, notre voix, se faire niveler vers le bas. Continuons à défiler, à remplir les rues, ouvrir les péages, bloquer les supermarchés, créons de nouvelles stratégies, sabordons l'économie capitaliste. De l'acte 13 jusqu'à la victoire.

x Guillaume x.

Pour en savoir plus :
●  Le communiqué de l'Action antifasciste Paris-Banlieue du 03/02/2019
●  Un article de La Horde décrivant les "Zouaves", leurs motivations, et leurs mésaventures
● Le témoignage d'Antoine, gilet jaune bordelais mutilé par la police, et agressé par un militant d'extrême-droite lors de l'acte 12


"Nos passions sont des cours du soir qu'on suit pour y voir clair, savoir sans intermédiaire.
Nos rues puent l'audace d'y croire toujours; à force d'y respirer, transpirer ces sueurs froides, on marque l'empreinte déterminée pour ce future sans avenir -- il fonce droit dans le mur mais on pillera ses briques.
Prêt-e-s à imaginer la suite, à esquiver la fuite vers l'arrière, seul-e-s avec nos armes.
Nos richesses n'ont pas de prix" - Daïtro.

vendredi 1 février 2019

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #9


(image piquée aux camarades de HEAVY HEART)

MAIS DIS DONC, c'est que je poste beaucoup moi, ces derniers jours ! C'est à dire que je trouverais cela dommage de laisser filer des trucs, cette fois-ci, de ne pas vous en parler alors que sur le coup, j'ai envie de vous en dire tout plein de trucs positifs. Et cette fois-ci, ça évite de trop bombarder en liens bandcamp en un seul post.

Du coup, je pense que la formule va un peu évoluer : je vais inclure des trucs que je découvre mais qui sont pas sorti l'année où j'écris ce post. Je trouve que c'est dommage de passer un côté d'un disque qui m'a plu, qui m'a mis une claque, parce que c'est pas assez actuel où c'est pas les règles journalistiques ou autres trucs relous. Voici donc le premier MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERLFLOW de 2019, écrit dans un esprit plutôt serein et déter', autant que celui des Gilets Jaunes qui continuent d'en avoir rien à cirer des intimidations de l'Etat et sa police, et continuent de se mobiliser, et de kicker les fachos de leur mouvement au passage...


Hey, it looks like I'm posting a lot, these last days! It would be a shame to let things slip this time, not to talk about it while I'm on it, I want to tell you all the good things I think about all this to you. And it would probably avoids to be bombarded by bandcamp links in one post lol.

So, I think that the formula will evolve a little: I will include some things that I discovered but that wasn't not released on the year I write this post. I think it's a shame to let aside a record that I loved because it's not enough "new". Here's the first MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERLFLOW of 2019, written in a rather serene and determined spirit, as much as that of the Yellow Vests which continue to not giving a fuck about the intimidations of the State and its police, and continue to be mobilized, and (more and more) to kick out fascists of the movement...
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FORESTS - Spending Eternity In A Japanese Convenience Store

J'ai tendance à être un peu plus dur-e qu'avant, avec tout ce qui sonne "math-pop". Je trouve vite cela surfait ou trop foutraque. Mais FORESTS, originaire de Singapour, semble avoir la formule magique pour rendre le leur au-dessus de la mêlée. Dès le premier morceau, "Kawaii Hawaii", on est embarqué-e-s dans un espèce de surf-rock mathy, comme si WAVVES se mettait à faire du prog, c'est hyper frais. Dès le deuxième morceau, "Perfect Worst Team, Ya Know?", j'ai été shook. Un bon TINY MOVING PARTS-worship, de leur bonne époque de surcroît. J'adore comment le break et son riff bien emo/indie des 90's sépare le morceau en deux univers, qui entrent en collision très souvent sur ce disque, toujours pour le meilleur, comme sur "This Town Needs Fun" notamment, et ses paroles clin d’œil à JOY DIVISION, qui réussira à faire danser et sourire les plus goths d'entre vous, j'en prends les paris. Le morceau d'après, "Goldust", c'est un autre worship de qualité : un tube PUP-esque avec du tapping de qualité et un petit passage jazzy pour faire danser et éructer un public qui sera OBLIGATOIREMENT conquis et emporté par ce morceau en live. "ALL THAT GLITTERS AIN'T GOLD! ALL THAT GLITTERS AIN'T GOLDUST!". Et alors "You Must Be Fun At Parties" qui sonne comme quand TITLE FIGHT était ni tout à fait du pop-punk ni du hardcore, tu sais, l'époque Kingston et Shed... L'AMOUR ! Y'a même quelques vocaux complètement skramz et complètement assumés, d'un morceau à l'autre. Bah hey, leur bassiste est celui de YUMI, ce groupe qui a joué au Fluff warm-up en 2018 et qui avait d'office donné l'un des meilleurs shows du fest (vraiment, si vous aimez All The Footprints [...] d'ENVY, ruez-vous sur ce groupe).

Globalement, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à une version midwest emo de AND SO I WATCH YOU FROM AFAR. C'est un disque ULTRA riche et réussi, impossible d'en être rassasié-e. À mon avis, ça risque de bien buzzer sur leur scène, et c'est tout ce que je leur souhaite : c'est terriblement efficace, c'est joué avec passion, avec du fun et beaucoup d'amour. Et j'ai VRAIMENT envie de les voir en live ! Ouais, cet usage de caps-lock abusif traduit bien mon enthousiasme haha !

I tend to be a little hard to please than before, with all that sounds "math-pop". I quickly find it overrated or maybe too crazy. But FORESTS, from Singapore, seems to have a magic formula. From the first track, "Kawaii Hawaii", we are embedded in a kind of mathy surf-rock, as if WAVVES began to play prog, it's very cool. From the second track, "Perfect Worst Team, Ya Know?", I was shook. A good TINY MOVING PARTS-worship, of their best era tho. I love how the break and its good emo/indie riff straight from the 90's separates the song into two universes, which collide very often on this record, always for the best, like on "This Town Needs Fun" in particular, and his lyrics which are a nod to JOY DIVISION, who will make the most goth of you dance and smile, I take bets on that. The next song, "Goldust", is a PUP-esque hit with quality tapping and a small jazzy passage to make the audience dance and explode, an audience that will OBLIGATORY singing along those lines at FORESTS live shows: "ALL THAT GLITTERS IS NOT GOLD! ALL THAT GLITTERS IS NOT GOLDUST!". And then there's "You Must Be Fun At Parties", that sounds like when TITLE FIGHT wasn't quite pop-punk or hardcore, you know, the Kingston and Shed era... LOVE IT! There are even some completely skramz vocals, completely assumed, from one song to another: their bassist is also playing in YUMI, the band that played the Fluff Fest warm-up in 2018 and already won the fest (for real, if you like "All The Footprints [...]" by ENVY, listen to this band NOW).

Overall, I felt like I was dealing with a midwest emo version of AND SO I WATCH YOU FROM AFAR. It is a ULTRA rich and successful record, it's impossible to be unsatiated. In my opinion, it may have a big buzz on their scene, and that's all I wish for them: it's terribly catchy, it's played with passion, with fun and a lot of love. And I REALLY want to see them live! Yeah, this use of abusive caps lock reflects my enthusiasm haha!



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PRESS CLUB - Late Teens

Disons les choses clairement: ça m'a complètement mis-e sur le cul : ma découverte-grâce-à-Miss The Stars ! Elle s'appelle PRESS CLUB, c'est un indie punk/garage/post-hardcore absolument tubesque, et c'est super beau, Late Teens est un album composé de tubes de A à Z, ni plus ni moins. C'est un truc très australien ça, de sortir de nulle part et de mettre une raclée dès la première écoute. Ça sonne comme HOT WATER MUSIC, CLOUD NOTHINGS, HÜSKER DÜ, RESTORATIONS... Plein d'hymnes à grosses guitares qui n'hésitent pas à lorgner vers le shoegaze, et un chant sublime, puissant, frissonnant. Ça m'a fait vibrer, et je regrette ne pas être tombé-e dessus en 2018 !

Well, it cleary blew me away, and I'm eternally grateful to Miss The Stars for the discovery. Here's PRESS CLUB, they are from Australia, and a usual in that country's scene: it's a hidden banger. They are playing a very anthemic kind of punk rock, somewhere between HOT WATER MUSIC, CLOUD NOTHINGS, HÜSKER DÜ, and RESTORATIONS... Late Teens is entirely composed of memorable hits, it's basically almost-shoegazey guitar music that give relief to that strong punk rock feeling, it really have that "fuck everything, we're alive and proud" thing that I love on stuff like BEACH SLANG, and all of this with powerful, wonderful vocals, raw and brightful at the same time. SO GOOD.

           

L'album en entier, c'est par ici (j'ai pas pu l'intégrer ici, leur page bandcamp ne le permet pas...)

Here's the full album, I couldn't put a bandcamp widget, their page doesn't allow it...)

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VEXX - Wild Hunt EP

Pour le coup je découvre ça plus de 2 ans en retard, mais on s'en fout un peu. Que se passe-t'il quand la batteuse de G.L.O.S.S joue dans un nouveau groupe ? Bah ça rock et ça défonce, forcément. Tout simplement : un bon quart-d'heure de garage punk furieux, sassy, gras et rock'n'roll avec un petit background hardcore, c'est catchy as fuck, ça va vite, ça joue fort, et si t'as pas envie de ressortir ton perfecto (vegan je l'espère) en écoutant ça et d'aller danser frénétiquement en cassant des trucs, je sais pas quoi faire pour t'aider. Un pote renvoyait un autre à GAG en parlant de ce groupe, sur mes internets. VEXX c'est quand même moins psyché, mais c'est pas idiot comme comparaison. Une version plus vénère de BIKINI KILL peut-être ? Puis merde, ça a joué à Paris en 2015 et j'ai connement loupé ça...

Yes, I'm discovering it 2 years late, but who cares? The real question is: what happens when G.L.O.S.S drummer is playing in a new band? It's fucking rock'n'roll and it slays, of course. It's approximately 15 minutes of furious, catchy, sassy garage punk, with a small hardcore background. It goes fast, it plays loud, and if you don't wanna get your (vegan, I hope) perfecto on while listening to it and then go smashing everything around, I don't know what to do anymore to help y'all. A friend told another to listen to GAG, if he loved VEXX. It wasn't a bad connexion, but VEXX is less psych-y. Maybe it's more like an angrier version of BIKINI KILL? Oh and guess what: they played in Paris in 2015, and I completely passed over this gig. SHAME ON ME.



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• PALE HANDS - S/T

Vous vous rappelez de la claque que j'avais pris avec Улыбайся Ветру (SMILE TO THE WIND) et MINARET l'an dernier ? Bah ce PALE HANDS me rappellent précisément ces deux groupes, suivant la trend actuelle du screamo russe : ça commence de manière impitoyable, c'est une cavalcade infernale de guitares et de cris qui lorgnent vers le black metal sur les 3 premiers morceaux, avec un petit côté dissonant, dont un titre qui fera sûrement plaisir aux fans de JEROMES DREAM ("Гордыня"), le tout subtilement ponctué d'accalmies et de passages moins denses, complétés pas 2 morceaux instrumentaux, et un dernier morceau ("Обернись") avec un tempo plus lent, qui évitent au disque d'être une masse trop compacte : il en devient un moment très fort dans sa brièveté, ses contrastes, ses surprises.

Do you remember of the slap I took with Улыбайся Ветру (SMILE TO THE WIND) and MINARET last year? Well, PALE HANDS is precisely reminding me of them, following the current trend of russian screamo: it begins very frankly and on an aggressive way, it's an infernal cavalcade of guitars and screams that tend towerds black metal on the first 3 songs, with a dissonant side, with one of them that should appeal to JEROMES DREAM fans ("Гордыня"), with some lulls and less dense moments that subtly punctuates these compositions, completed by 2 instrumentals songs and a last one ("Обернись") which have a slower tempo, that all allows to the record to be a too massive entity, and to stay a strong moment of heavy and sad music in its brevity, its contrasts, its surprises.



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• RED WATER - No Life Left To Take

J'ai vraiment de plus en plus de mal avec les trucs blackenedmachin, avec ces attitudes nihilistes de salon et cette pose constante, a.k.a CELESTE et consors. Mais alors quand c'est fait avec originalité, sincérité, et puis avec du screamo dedans quand l'occasion s'y prête, je signe direct. Voici RED WATER, un groupe originaire de Lituanie, qui a sorti en Décembre 2018 son nouveau disque, No Life Left To Take. je me rappelle que j'avais déjà bien aimé leur S/T de 2015 qui mélangeait avec un certain brio du screamo (plus screamo encore que ce nouveau disque d'ailleurs) avec des influences black-metal, dans un ensemble assez raw et presque chaotique. Sur ce nouveau disque, tout s'écoule de manière plus homogène, en un maelstrom de riffs et de rythmiques dissonantes, dont il est moins facile de décrocher, qui frappent au point parfois de bien nous sonner quand l'humeur s'y prête, avec toujours un gros background screamo, façon React With Protest Records, je pense notamment à BATTLE OF WOLF 359.  Aussi, ça me rappelle un peu les moments les plus plombants, les plus froids de PLEBEIAN GRANDSTAND...

I'm really taking a distance from those blackened-something bands and those living-room nihilist attitudes, like CELESTE and stuff. But when it's done with originality, sincerity, and with some screamo when people involved in that kind of band are into it, I'm 100% in. Here's RED WATER, from Lithuania, which released on December 2018 their new record, No Life Left To Take. I remember that I liked pretty much their 2015 self-titled, that did with a certain brio that screamo/black metal crossover with a raw, almost chaotic whole. In that new record, everything flows in a more homogeneous way, in a maelstrom of riffs and dissonant rhythms, making it harder to get off this massive movement, that hits to the point of stunning us when we are on a certain mood, with always a strong screamo influence, à-la React With Protest Records, like BATTLE OF WOLF 359... Also, it reminds me of the colder moments of PLEBEIAN GRANDSTAND.



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• BETTER OFF DEAD - Sans Issues

BETTER OFF DEAD est l'un des innombrables projets de Nico Destructure, que la plupart des emokids suivant cette page reconnaîtront en tant que guitariste dans AMANDA WOODWARD. Désormais, quand il ne sort pas des disques punk/hardcore de qualité chez Destructure Records, il fait le faux traître en disant que "l'emo c'est fini" et il fait de la musique, beaucoup de musique, et BETTER OFF DEAD est ce qu'il y a de plus catchy dans son roster personnel. Après avoir sorti un chouette disque l'an passé, iels reviennent en ce début d'année avec un disque 4 titres entièrement chanté en français, c'est dans la lignée de Taking Trains, en un peu plus énervé encore. Ça me fait toujours penser à une version plus garage de SILENT ERA,  à du NATTERERS, c'est délicieux, c'est encore une fois rempli de tubes qui rendront vos trajets en train moins pénibles, assurément. Je vais les voir ouvrir pour CLOUD NOTHINGS le 1er Février à Paris, c'est trop cool !

BETTER OFF DEAD is one of the countless bands of Nico Destructure, which the most part of y'all emokids know for being a guitarist from AMANDA WOODWARD. Nowadays, when he's not releasing quality records with Destructure Records, he's making the false traitor by telling people that "emo is over" and he's making music again, a lot of music, and BETTER OFF DEAD is the catchiest band of his personal roster. After their pretty cool album released last year, they are already back with that 4-track 7", in the right vein of Taking Trains, but angrier. It always reminds me of NATTERERS or a more garage version of SILENT ERA, it's delicious, it's once again full of hits that will make your train travels less boring, for sure. I'm going to see them opening for CLOUD NOTHINGS this 1st February in Paris, and I'm stoked about it!



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• WRISTMEETRAZOR - Misery Never Forgets

Je les ai découvert par les réseaux underground du screamo l'an dernier, et les voilà désormais propulsés chez Prosthetic Records, un label principalement metal... J'ai pas trop compris ce qui s'est passé entre temps t'sais. Mais au final c'est pas non plus complètement incohérent : sur Misery Never Forgets, WRISTMEETRAZOR (oui, leur nom provient bien d'un morceau de USURP SYNAPSE) affûte sa recette, en mettant un peu plus de metal dans son skramz, en suivant globalement la vibe metalcore de la scène américaine actuelle, qu'il soit mid-90's ou hérité des revival nu-metal (je pense à ce côté VEIN assumé dans certains riffs et ce passage carrément à la DEFTONES dans "Come On In, The Water's Pink") et du MySpacecore. Grosso modo, ça sonne comme ZAO (on pensera notamment à des titres comme "How Are The Weak Free"), NEIL PERRY avec un peu moins de leur humeur triste, et forcément on retrouve des similitudes avec d'autres groupes de la scène actuelle qui joue dans le même registre, comme SEEYOUSPACECOWBOY ou PORTRAYAL OF GUILT. C'est une vingtaine de minutes d'un screamo sombre, compact, assez simple d'accès en soi, qui te rendra (un peu) nostalgique de tes années "scene". STILL NOT A PHASE.

I discovered them by underground channels of skramz last year, and now they are signed in Prosthetic Recordss? What I have missed? Well it's not incoherent actually: on Misery Never ForgetWRISTMEETRAZOR (yes, it's a USURP SYNAPSE reference) have sharpened their recipe, throwing a little more metalcore on their skramz, following the current vibe on the american scene, the one from the mid-90's or from the nu-metal revival (I can see some VEIN influences on some riffs, and there's a complete DEFTONES tribute in "Come On In, The Water's Pink"), and even of Myspacecore. Imagine a less emotionally-charged NEIL PERRY (in a strictly musical way playing ZAO stuff (like their song "How Are The Weak Free"), and here we are. And obviously, there are similarities with some of their comrades from SEEYOUSPACECOWBOY or PORTRAYAL OF GUILT. 20mn of a dense and dark screamo, but pretty easy to get into. And yeah, it will probably gives you nostalgia of your scene years. STILL NOT A PHASE.



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• GHOST FRIENDS - Modern Ruin


L'un des secrets les mieux gardés de Caen, GHOST FRIENDS, termine sa carrière discrète sur un EP de haute volée, Modern Ruin, proposant un indie rock fortement orienté vers les 90's et le post-punk, le fuzz à outrance et une chouette reprise du "Screaming Skull" de SONIC YOUTH. J'y ressens une fougue punk autant héritée de leurs autres groupes que des EAGULLS, ça parlera aussi aux fans de SOLIDS et de CLOUD NOTHINGS je pense. C'est super bien, ça riff sec et fort, c'est parfait pour arpenter le métro de Paname (et la banlieue bourgeoise où je crèche désormais) pour que le bourdon soit un peu plus agréable, et qu'il se dirige plutôt vers les oreilles que dans ton esprit. Ah ouais, et y'a un membre de CHAVIRÉ et de COLD HEART DAYS dans ce groupe, et je crois que Raphael SUGARTOWN CABARET les aime particulièrement, haha ! Support your local scene, tu connais les bails.

One of the best kept secrets of Caen, GHOST FRIENDS, are ending their discreet career with a great EP, Modern Ruin, which offers a 90's oriented indie rock/post-punk mix, with a HUGE amount of fuzz and a nice cover of SONIC YOUTH's "Screaming Skull". If you're into the punkier side of that indie scene, from CLOUD NOTHINGS to SOLIDS, EAGULLS and stuff, this EP is for you. Perfect to have a better moment on your daily train, your way to work or anything related to routine. Oh, there's a member of CHAVIRÉ and COLD HEART DAYS in this band, and I think that Raphael SUGARTOWN CABARET love them a lot haha! Support your local scene, ya know the thing.


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• MONDE DE MERDE - The Mess


Ouaiiiis ! J'attendais tellement des nouvelles des orléanais-es ! Je les avais vu-e-s à la défunte Miroiterie le 1er Mars 2014 et j'ai un souvenir, en descente d'ivresse (à cette époque où la bière représentait la majeure partie de mes concerts et de mes "outils de sociabilisation"...), d'avoir discuté des lieux en backstage avec elleux et d'autres personnes comme quoi La Miroit' avait vraiment besoin d'être entretenue, que ça devenait critique et que ce serait vraiment dommage de perdre des lieux comme cela, avec ce manque de lucidité... L'histoire a donné raison à cette discussion. J'en ai des bribes, j'étais alcoolisé-e ce soir-là... Mais je me rappelle que j'avais beaucoup aimé MONDE DE MERDE et BITPART qui jouaient ce soir-là. Je me rappelle plus des autres sets par contre, de INTERIOR QUEER et VERBAL RAZORS. C'est con, car c'est des chouettes groupes aussi.

Du coup, c'est avec un certain affect (et beaucoup de changements en moi) que je retrouve ce groupe, avec The Mess, leur premier album, qui sort 6 ans après leur démo. Iels se décrivent ainsi sur leur bio FB : "un bon vieux punk hardcore qui fait la part belle au blast-grind, sans pour autant omettre les riffs rock n'roll. On pense à GALLOWS, GHOST OF A THOUSAND mouchant la chandelle avec F-MINUS, TRAGEDY et FROM ASHES RISE". Bah c'est très exactement le cas sur ce nouvel album ! C'est une sacrée patate dans la tronche, par des personnes qui connaissent on ne peut mieux le sujet : dans ce groupe jouent ni plus ni plus qu'un guitariste des BURNING HEADS, et des membres de GRAVITY SLAVES et SPEED JESUS.

YESSS! I was waiting so much for news from the Orleans band! I saw them at the defunct Miroiterie on March 1st, 2014, and I have a memory, during a downhill of drunkenness (at that time when beer represented most of my nights at concerts and my "tools of socialization" ...), having a discussion in backstages with them and other people, about the fact that La Miroit' really needed to be refurbished, that it became a dangerous situation and that it would be a real shame to lose places like this, with this lack of lucidity... History has given reason to this discussion. I don't remember everything of that night, but I remember well that I loved MONDE DE MERDE and BITPART who both played that night. I don't remember seeing the other sets from INTERIOR QUEER and VERBAL RAZORS, tho. It's stupid, because it's cool bands too.

So, it's with a certain affect (and many changes in me) that I'm discovering the new tunes from this band. The Mess is their first album, which comes out 6 years after their demo. They describe themselves pretty well on their Facebook biography: "a good old hardcore punk who gives pride to blast-grind, without forgetting the rock n'roll riffs. We think of GALLOWS, GHOST OF A THOUSAND crossing paths with F-MINUS, TRAGEDY and FROM ASHES RISE". Well, it's exactly how this new album sounds like! This is a damn slap in the face, by people who knows well their subject: the guitarist played in BURNING HEADS, and there's also members of GRAVITY SLAVES and SPEED JESUS.


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• BREED/EXTINCTION - Alaska

Un mystérieux compte Facebook sans autre ami que Dave Zegema Beach Records avait partagé ceci ces 2 derniers jours dans mon fil d'actu, sans que je ne sache qui c'est. Il s'avère au final que c'est un chouette ami, qui s'est toujours refusé à finir sur Facebook, et qui a malheureusement craqué. C'est une vraie bible du screamo à Paris, en plus de ça, on en parle comme des kids lui et moi. Et du coup, il m'a parlé également directement de BREED/EXTINCTION. Merci copain pour la découverte ♡.

C'est un groupe de screamo/metalcore originaire de Georgetown, Connecticut, et compte en son sein des membres de CATHARSIS et SELF DEFENSE (alors, je ne sais pas de quel SELF DEFENSE il s'agit par contre : un obscur groupe de hardcore inconnu ou bien c'est vraiment SELF DEFENSE FAMILY ? Quelqu'un-e saurait m'aider ?), rien que ça... Et il me semble que la vibe CATHARSIS se ressent notamment sur leur premier disque, un 7" sorti en 1999, qui pourrait même plaire aux kids d'aujourd'hui, vu que le screamo un peu metal revient à la mode. Ils ont également sorti un split avec les tout aussi chouettes THE AWAKENED en 2001, qui sont d'ailleurs plutôt proches de leur style musical d'origine (avec des petites phases de synthé cheloues en prime, un peu à la THE FLYING WORKER!), et où BREED/EXTINCTION en avait visiblement plus rien à foutre et balançaient leur hardcore le plus sombre et le plus saturé au milieu d'interludes mélodiques toutes douces, et d'une chouette reprise de "Something In The Way" de NIRVANA sur le même ton musical.

Mais mon préféré restera sûrement Alaska, dont je vous parle aujourd'hui, qui met plus en avant les influences screamo du groupe, avec des montées d'adrénaline qui me rappelle ce que j'aime chez des groupes comme NUMBERS ARE NEUTRAL, dont je vous ai parlé ce mois-ci par ici, mais sans pour autant mettre de côté leur face plus metal, subtilement dosé dans les accélérations et les riffs plus gras, plus plombants, qui ponctuent cet EP. C'est plus mélodique et aussi incisif que le précédent 7" et que le split, ce qui donne un xcocktailx qui marche à tout les coups.


A mysterious Facebook account with no other friend than Dave Zegema Beach Records had shared this 2 days ago, and I couldn't know who the fuck could be that person. It turns out that it's actually a great friend, who has always refused to go on on Facebook, and which unfortunately cracked. It's a real screamo bible in Paris, and we talk about it together as passionate kids. And so, he also told me directly about BREED/EXTINCTION. Thanks again for the discovery ♡.

It's a screamo / metalcore band from Georgetown, Connecticut, and has members of CATHARSIS and SELF DEFENSE (can't say if it's a random hardcore band or the actual SELF DEFENSE FAMILY, if someone can help?), just that ... And it seems to me that the CATHARSIS vibe can be heard especially on their first record , a 7" released in 1999, which could even please to today's kids, as a metal-ish kind of screamo is going back on the scene. They also released a split with the equally great THE AWAKENED in 2001, which are pretty close to their musical origins (with small, weird synth parts, a bit like THE FLYING WORKER!), and where BREED/EXTINCTION apparently didn't gave a fuck about everything and played the darker and most saturated hardcore possible, in the midst of melodic interludes, with a nice cover of NIRVANA's "Something In The Way", on the same musical tone.


But my favorite will surely stay Alaska, which I'm talking about today, which tend more towards the screamo influences of the band, with some adrenaline rises that reminds me of what I love in groups like NUMBERS ARE NEUTRAL, which I have told you about this month (right here!), but without putting aside their more metal and harsher side, subtly dosed in accelerations and heavier riffs. It's more melodic and as incisive than the previous 7" and the split, which gives a xcocktailx that works every time.


samedi 26 janvier 2019

HEAVY HEART - LOVE AGAINST CAPTURE (par Simon Le Roulley)



Fin 2018, les nantais de HEAVY HEART sortaient leur superbe 2ème album, Love Against Capture. Et il est loin, très loin d'être seulement une pièce musicale très agréable à poser sur sa platine : c'est un manifeste politique, un brûlot face à ce qui régit nos vies et nous séparent. Un autre nœud pour tenter de réparer les liens que nos sociétés détissent, quand elles ne les mettent pas carrément au feu, celui que l'on nous éteint d'une main de fer quand nous faisons feu de tout bois. J'avais envie de vous le raconter, car ce disque m'a touché et je m'y suis reconnu-e, mais j'avais encore ce manque d'énergie, ce flegme terrifiant, et finalement la crainte d'écrire un truc redondant et pas intéressant.

Souvent, dans les reviews, on fait référence à X qui sonne comme Y, on met un peu les groupes en compétition, d'inévitables réflexes de concurrence qu'on retrouve dans nos vies de tout les jours, au taf', devant son écran ou dans les commerces. Des fois, on fait des allusions un peu stylées à des paysages, des situations vécues ou à vivre, des histoires personnelles, pour essayer de sortir un peu du schéma classique d'une chronique, pour la rendre plus pertinente et passionnée, que ce soit plus agréable pour les lecteurs.trices comme pour læ rédacteur.trice...  Mais il me semble que les inspirations littéraires sont trop peu mises en avant, alors que c'est souvent le coeur des paroles et du contexte de la composition d'un disque de punk politisé, peu importe le degré de "pop-" compris dedans (d'ailleurs, c'est un faux argument : la pop peut être et a déjà été un fort outil politique).

Simon, que vous avez pu voir jouer dans ZOMBIES ARE PISSED!SITUATIONS, et qui est désormais dans COLD HEART DAYS et actif au sein de la Pétroleuse à Caen, a pris le temps d'exprimer son ressenti à propos de ce disque, parle d'évidents noms qui ressortent de certains textes,  évoquant toujours les références extra-musicales des nantais, un album dans lequel figure nos envies de vivre plus fort et plus juste, nos désirs de briser les chaînes et les barrières qui nous entravent chaque jour, nos espoirs défaits mais pas défunts, et qu'on sait nécessaires pour tou-te-s pour se tirer vers le haut, d'une corde qu'on aura consolidé ensemble. Ce devait être destiné à Lundi Matin, pour exister ailleurs que sur un post Facebook sur la page de HEAVY HEART, mais il m'a été proposé d'héberger cette chronique, finalement.

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"La façon dont nous construisons nos amitiés, la façon dont nous aimons l'autre, participent d'une politique révolutionnaire." - HEAVY HEART, 2018


● Si la publication en français de l’incroyable biographie de NOFX (vous pouvez vous la procurer ici : http://moncul.org/distro_mon_cul/zines/) a permis à certains gros durs d'arrêter de cacher qu'avant d'écouter de la trap, du gabber, du hardcore ou du crust punk, ils ont, comme beaucoup, découvert leur sensibilité musicale par des disques de punk rock mélodique, les quatre nantais de HEAVY HEART quand à eux affirment plus que jamais une certaine qualité de la mélodie pop dans sa capacité à traduire des émotions. Après leur EP Discoveries qui avait surpris en 2015 et le très plaisant Distance de 2017, le nouvel album des quatre amis vient confirmer que le punk, lui aussi, peut habiter l'émeute en poète.

Ce qu'il faut connaître en préalable, si vous ne connaissez pas ce groupe, c'est que HEAVY HEART réhabilite avec soin une esthétique mélodique, pop, et nostalgique dans le punk rock, loin des clichés du genre aux paroles adolescentes sur les meufs, l'alcool et le skate. C'est peut-être ce qui fait, que l'on comprenne l'anglais ou non, que l'on est touché-e par une intelligence particulière de la composition et une sensibilité telle qu'on s'en trouve soudainement affecté-e. Et ce, bien que les techniciens de la musique, ceux pour qui seule compte l'originalité des compositions opposeront une certaine facilité dans l'écriture musicale. Ceux-là parlent avec raison et ne peuvent comprendre les nantais qui nous parlent en affects. Et c'est d'ailleurs ce qu'expose quelque part le texte qui accompagne ce disque : « Si ce disque participe de quelque chose, c'est bien d’une affirmation politique, personnelle et collective. Il reflète nos existences, nos engagements, nos joies, au même titre que nos doutes, nos peines et nos incertitudes. Il est un condensé ». Condensé également, pour celui ou celle qui saura le lire, des dernières lectures de nantais, tant quelques auteurs que l'on affectionne y transparaissent.

Entre intériorité et extériorité, voilà le champ pris d'assaut par HEAVY HEART. Introduisant ces 11 pistes, un appel à créer des foyers pour la communauté installe cette dialectique. Dans « New Light », en constante ascension comme pour lancer les hostilités et prendre aux tripes, les quatre nantais pointent cette nécessité d'affirmation, affirmation de soi et de nos devenirs, contre l'espoir qui nous éloigne dans l'attente du changement. Il apparaît alors évident, qu'après cette mise en tension, la fin de l'espoir appelle la vie magique. Ce titre, « Magic Life » (dont le clip est réalisé avec des images de "La Grève" de Serguei Eisentstein), est une restitution du changement de perception qui se traduit dans le salariat quand le boulot perd en sens. Manifeste contre le travail, la finesse de la réflexion nous invite à ne pas tomber dans la caricature et à accepter que la désertion n'est pas un chemin si facile, qu'elle nécessite, quand un monde, celui de l'expérience du travail, s'écroule, d'accepter que lorsque l'on fait face à ce nouveau monde surgissent des questionnements sur la façon de remplir l'ennui. Peut-être cela tient-il à ce travail de la totalité décrit par Josep Rafanell i Orra dans "Fragmenter le monde" ? C'est en tout cas l'intuition que l'on suit en lisant « Fragments » : « Their world has always crushed you / You tend to feel lost in their "whole" / […] Our world is full of fragments / Of love, sharing and empathy ».

Le quatrième morceau, « Winter Years » use de la métaphore du froid qui glace. Pas comme un simple hiver de passage, mais comme une ambiance hivernale permanente. Un de ces signes ? L'attente des chants d'oiseaux disparus depuis quelques temps préfigurant l'idée qu'il nous faut réparer le monde. Dans l'hostilité pourtant, on cherche des foyers ou la chaleur nous réveillera, lassé-e-s d'attendre car la nostalgie ne nous sauvera pas, ce que « Out Of Place » confirme. Pour tenir bon, les nantais nous invite dans « Holding On » à nous rappeler que la joie est de notre côté, et nous rappelant que chaque combat est déjà une destitution en ce que nous nous défaisons de l'emprise de l'économie sur notre intériorité et notre production du sens. Opposant la communauté à la solitude, « No Bounds » confirme la posture affirmative des nantais héritée, sûrement, de l'autonomie italienne. C'est en tout cas ce que le titre « Separ/Azione » suggère en appelant – retour à l'intériorité – à tuer le flic et le patron qui campe dans nos têtes et en invitant non pas à s'en contenter, mais à penser chaque geste comme une part de ce que l'on peut appeler « révolution » : « Every move I make, every word I say / Every emotion I feel, every page I fill / Every line I trace, every path I take / Is part of what we call « revolution » ».

Dans « Geography », on ne parle pas de Reclus ou Bakounine, mais de Deleuze. Au milieu d'un rhizome, HEAVY HEART invite à éclater les codes et à dessiner une nouvelle géographie depuis nos lignes de fuite. Et sans aucun doute, ceci passe par la nécessité de se défaire des questions qui nous paralysent, de changer les termes de la discussion, notre victoire ne dépendant, au final, que de notre capacité à faire naître un régime de vérité antagonique – nous disent-ils dans « Truth ». Et puisque le disque a commencé par un appel à nous affirmer, il conclut de la même manière par « Undisguised » nous enjoignant d'assumer nos souffrances, car c'est d'elles, peut-être que peut naître notre capacité à les déployer dans la joie.

Ce deuxième album de HEAVY HEART est une véritable respiration. Il témoigne d'une sensibilité certaine et on l'écoute déjà en pensant à ces moments de doutes, de blues post-mouvement, de déconvenues au turbin ou dans nos vies. Si on peut y lire un repli sur l'intériorité, les références témoignent en réalité d'une volonté offensive. HEAVY HEART place des mots sur ce qu'on ressent. Non pour parler à notre place, mais pour nous lier. Plus aisée sera alors la mise en joie de ces maux, plus rapide peut-être aussi leur mutation en gestes posés contre ce monde.

Simon Le Roulley.




Le manifeste de HEAVY HEART, à propos de Love Against Capture :

● Si ce disque participe de quelque chose, c'est bien d’une affirmation politique, personnelle et collective. Il reflète nos existences, nos engagements, nos joies, au même titre que nos doutes, nos peines et nos incertitudes. Il est un condensé. C’est que nous n’avons jamais imaginé qu’un groupe de musique pouvait être autarcique, coupé du quotidien, de la réalité, hors-sol, ou qu’il nous permettrait une quelconque suspension, qu’il nous ouvrirait un trou dans lequel s’enterrer à côté de l’individualisme, du cynisme et du carriérisme ambiants. Il n'y a aucune révolution à faire seul dans notre coin. Car, comme nous l’avons déjà dit et comme nous continuerons à le dire, la musique n'a jamais été pour nous une fin en soi : elle est un moyen de lutte politique, un terrain d’expérimentations où l'entraide, l’amitié, la complicité et la solidarité priment. Elle offre une possibilité : la création ouvre de nouveaux espace-temps, de nouveaux fragments dans lesquels nos désirs prennent forme, notre puissance croît et à partir desquels notre rage se déploie.

Nous n'avons pas cherché à écrire des slogans à gueuler le poing en l’air, ni à nous fixer de thèmes que tout·e bon·ne militant·e se doit d’aborder. En un mot nous ne voulions pas composer de programme politique, mais plutôt parler à partir de là où nous sommes, à partir d’expériences collectives et singulières, aborder des sujets qui nous tiennent à cœur, car liés à nos affects, à nos sensibilités, à nos expériences, à notre entourage, à notre vécu. Ce qui nous touche, ce qui nous procure de la joie, ce qui nous émeut, ce qui fait vivre nos sens, ce pourquoi nous sommes sensibles. Des choses à dire, nous en avons. Mais la forme « paroles-de-chanson » souffre de multiples contraintes : il est difficile d’être clair, de réussir à tout dire, de la meilleure des façons, sans être ni caricatural, ni simpliste, ni donneur de leçon, ni maladroit. Nous ne prétendons pas à la pureté révolutionnaire. Nous ne prétendons pas parler pour, ni à la place de qui que ce soit. Nous prétendons contribuer, à notre échelle, à renverser l’ordre des choses existant. Mais parler d’échelle ici ne signifie pas glorifier l’entre-soi, se complaire en déjà-perdants magnifiques ou mettre sur un piédestal les minuscules brèches dans lesquelles il est parfois possible de s’engouffrer. Parler d’échelle revient à se poser les questions suivantes : D'où parlons-nous ? D'où pouvons-nous avoir prise sur le présent ? Qui sont nos ami·e·s ? Comment les reconnaître et s’organiser ensemble ? Et ensuite, comment adopter un regard oblique sur les choses ? Comment penser et agir de façon transversale ? Comment faire avec ? Comment ne pas se laisser confisquer les questionnements sur les stratégies et les alliances – parfois insolites – à nouer ? Quels sont les mondes désirables auxquels nous voulons contribuer ?

Love Against Capture, donc. C'est que, sans l'avoir particulièrement recherché, ce disque semble tourner autour d'une idée fixe, d'une exigence, d'un message qu'on se crierait à nous-mêmes, comme pour mieux le mettre à profit, comme pour mieux se l’intérioriser, le mettre en pratique et le rendre réel : resserrer les liens qui nous unissent, aller à la rencontre, prendre soin des relations qui nous font vivre une situation commune, qui nous font exister ensemble dans des mondes en constante reconfiguration. L’amour comme arme face à la fatalité et à la médiocrité. L’amour pour échapper à la capture de ce monde qui nous oppresse, qui exige de nous des choix infaisables, qui bousille nos existences, qui nous sépare quand nous cherchons plutôt à se séparer de lui, ce monde de la totalité qui voudrait nous unifier, nous piéger, nous intégrer pour annihiler nos désirs de sécession, de désertion, de fragmentation, de création de mondes dans lesquels nous désirons vivre. Car, s’il est une vérité à laquelle nous tenons, c’est que la création est de notre côté, quand le pouvoir ne peut que contrôler, réagir et, in fine, nous capturer.

Si nous utilisons une formule binaire ici, au risque de tomber dans la facilité, c'est qu'en elle réside un sens fort. Il s'agit de devenir insaisissable, imperceptible, jamais là où on nous attendrait, face au pouvoir qui prévoit tout, qui nous impose des normes absurdes et qui s’immisce partout : au sein de nos villes, de nos relations, de nos vies, de nos cerveaux, de nos corps. Cette formule, probablement discutable au demeurant, esquisse une idée, peut-être juste une intuition : la façon dont nous construisons nos amitiés, la façon dont nous aimons l'autre, participent d’une politique révolutionnaire. Il s'agit d'en prendre conscience.

"Le point le plus intense des vies, celui où se concentre leur énergie, est bien là où elles se heurtent au pouvoir, se débattent avec lui, tentent d’utiliser ses forces ou d’échapper à ses pièges." - MICHEL FOUCAULT, La vie des hommes infâmes.

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At the end of 2018, HEAVY HEART released their brillant second album, Love Against Capture. And it's far from being only a very pleasant musical piece to play on its turntable: it's a political manifesto, a fire against what governs our lives and separates us. Another knot to try to repair the bonds that our societies are always trying to unravel. I wanted to write something about this album because it touched in many ways, but back in the day I still had this lack of energy, this terrifying phlegm, and finally the fear of writing something redundant and not interesting.

Often, in reviews, we refer to X who sounds like Y, we put the bands a little in competition, inevitable reflexes of competition that we find in our lives every day, at work, in front of our screens or in the shops. Sometimes, we make allusions to landscapes, situations lived or to live, personal stories, to try to leave a little of the classic scheme of a review, to make it more relevant and passionate, whether more pleasant for the readers as for the editor... But it seems to me that the literary inspirations are not put forward too much, whereas it's often the core of the lyrics and the context of the composition of a a politicized punk record, no matter how "pop-" he's influenced (by the way, it's a false argument: pop can be and has already been a strong political tool).

Simon, whom you could see playing in ZOMBIES ARE PISSED!SITUATIONS, and who is now in COLD HEART DAYS and active at La Pétroleuse in Caen, took the time to express his feelings about this album, found obvious names that emerge from certain texts, always evoking the extra-musical references of the band, an album that speaks about our desires to live stronger and better, our desires to break the chains and the barriers that hinder us every day, our hopes defeated but not dead, and which we know they are necessary for all to pull themselves up, of that rope that we have consolidated together. It was originally written for Lundi Matin, to exist elsewhere than on a Facebook post on the HEAVY HEART Facebook page, but they asked me if I wanted to host this text. So here it is!

If the publication in French of the incredible biography of NOFX (you can get it here: http://moncul.org/distro_mon_cul/zines/) has allowed some tough guys to stop hiding that before listening to trap, gabber, hardcore or crust punk, they have, like many, discovered their musical sensibility by melodic punk rock records, the four peeps of HEAVY HEART (from Nantes, [F]rance) are affirming more than ever a certain quality of the pop melody in its ability to convey emotions. After their EP Discoveries which had surprised in 2015 and the very pleasant Distance of 2017, the new album of the four friends confirms that punk, too, can live the riot as a poet.

What you need to know in advance, if you don't know this band, is that HEAVY HEART rehabilitates with care a pop, nostalgic and melodic aesthetic in punk rock, far from the clichés of the genre, the teenage-esque lyrics about girls, alcohol and skateboarding. It's perhaps what makes, whether we understand English or not, that we are touched by a particular intelligence of the composition and a sensibility so strong that we find ourselves suddenly affected by it. And this, although the technicians of music, those for whom only the originality of the compositions matters, will oppose a certain facility in the musical writing. They speak with reason and can't understand the people of Nantes who speak to us in affects. And this is also what the text that accompanies this disc explains in some way: "If this record is part of something, it's a political statement, personal and collective. It reflects our lives, our commitments, our joys, as well as our doubts, our sorrows and our uncertainties. He is a condensed". Condensed also, for the ones who will know the references, the last readings of the band.

Between interiority and externality, this is the field taken by HEAVY HEART. Introducing these 11 tracks, a call to create homes for the community installs this dialectic. In "New Light", in constant ascension as to launch hostilities and take guts, the band point this necessity of affirmation, affirmation of oneself and of our becoming, against the hope which keeps us away while waiting for change. Then it becomes clear that after this tensioning, the end of hope calls a magic life. This title, "Magic Life" (whose clip is made with images of "The Strike" by Serguei Eisentstein), is a restitution of the change of perception that results on wage earners when the job loses in meaning. Manifesto against work, the finesse of reflection invites us not to fall into caricature and to accept that desertion is not an easy path, that it requires, when a world, that of work experience , is collapsing, to accept that when faced with this new world, arise questions about how to fill the boredom. Perhaps this is due to the work of the totality described by Josep Rafanell i Orra in "Fragmenting the World"? It's in any case the intuition that we feel while reading the lyrics of "Fragments": « Their world has always crushed you / You tend to feel lost in their "whole" / […] Our world is full of fragments / Of love, sharing and empathy ».

In "Geography", we don't speak of Reclus or Bakunin, but of Deleuze. In the middle of a rhizome, HEAVY HEART invites to explode the codes and to draw a new geography from our vanishing lines. And without a doubt, this means the need to get rid of the questions that paralyze us, to change the terms of the discussion, our victory depending ultimately only on our ability to bring about a regime of antagonistic truth - it's what they tell us in "Truth". And since the record began with a call to affirm us, it concludes in the same way by "Undisguised" enjoining us to assume our sufferings, because it's from them, perhaps that can be born our capacity to deploy them in joy.

This second HEAVY HEART album is a real breath. It shows a certain sensitivity and we already listen to it thinking about these moments of doubts, of post-movement blues, disappointments at work or in our lives. If one can read a retreat on the interiority, the references testify in reality of an offensive will. HEAVY HEART places words on what we feel. Not to speak for us, but to bind us. Then it will be easier to translate these wounds into joy, perhaps even more quickly their mutation into actions against this world.

Simon Le Roulley.


The HEAVY HEART's manifesto, about Love Against Capture:

● "Would that record pertain to anything, it would be a political declaration, personal and collective. It reflects our existences, our commitments as wells as our doubts, sorrows and uncertainties. It is a digest. We have never thought a band could be self sufficient, cut off of everyday life, of reality, groundless, or that it could allow us to dig a hole to bury ourselves in next to the prevailing individualism, cynicism and careerism. There is no revolution to be achieved alone. Because, as we’ve said it before, and as we will keep on saying, to us music has never been an end in itself : it is a mean to political struggle, a field for experimentation where mutual aid, friendship, bond and solidarity take precedence. Music offers a possibility : creation opens new space-times, new fragments in which our desires are shaping, our power rises and our rage spreads.

We neither tried to write slogans to be sang with you fist up high, nor to settle on themes that every activist has to broach. In a word we did not want to compose a political program but to talk from where we’re at, from collective and singular experiences. We wanted to broach subjects we care about, because they are connected with our emotions, our sensitivities, our entourage, our experience. What affects us, what gives us joy, what moves us, what makes our senses live, what makes us sensitive. We do have a lot of things to say. But the “lyrics” form suffers with many constraints: it is complicated to be clear, to manage to say everything, in the best possible way, without being caricatural, simplistic, know-it-all, or clumsy. We don’t aim for revolutionary purity. We don't aim to speak for everyone, or instead of anyone. We aim to contribute at our level, to overturn the existing way of things. But talking about our level does not mean glorifying staying amongst ourselves, wallowing in our roles of magnificent losers or putting on a pedestal the small breaches in which we can slip sometimes. Talking about our level comes to ask the following questions: From where do we talk? From where can we have a grip on the present? Who are our friends? How can we recognize them and organize together? Then, how can we cast a sidelong look at things? How can we think and act in a cross-disciplinary way? How can we make do? How can we prevent the confiscation of the investigation on the strategies and alliances, sometimes unusual, that we can build? Which are the desirable worlds we want to contribute to?

Love Against Capture then. Because this record seems to revolve around an idée fixe, a demand, a message we shout to ourselves, like we wanted to make the most of it, to internalise it, to put it into practice in order to make it real: tighten the bonds that join us, try to meet others, look after the relationships that allow us to live a common situation, to exist together in ever reconfiguring worlds. Love as a weapon against fatality and mediocrity. Love to escape the capture from this worlds that oppresses us, that requires us to make impossible choices, that crushes our existences, that pulls us apart while we are trying to pull away from it. That world of wholeness that aims to unify us, trap us, integrate us to annihilate our desires of secession, desertion, fragmentation, of creation of worlds in which we desire to live. Would there be one truth to hold on to, it would be that creation is on our side while power can only control, react and in the end, capture us.

At the risk of becoming schematic we use this binary statement because it hold a strong meaning. We have to become elusive, inappreciable, always where we’re not expected because we are facing a power that predicts everything, imposes absurd standards, and meddles everywhere: in our cities, our relationships, our lives, our brains, our bodies. That statement, even though questionable, draws an idea, may be just a hunch: the way we build our friendships, the way we love each other pertain to a revolutionary practice. It is a matter of becoming aware of it.

“The most intense point of lives, the one where their energy is concentrated, is precisely there where they clash with power, struggle with it, ordeavour to utilise its forces or to escape its traps.” –  MICHEL FOUCAULT, The Lives of Infamous Men.

vendredi 18 janvier 2019

KAFKA.



Quand l'une de mes sources favorites en termes de musique, ce cher Alex "Bersch" (guitariste de NOUS ÉTIONS / HÉRÉSIE), se veut peu enthousiaste à propos d'un groupe de screamo, j'aime bien croire qu'il est dans le déni et qu'en vrai c'est bien. Des fois, il est meh sur des trucs qui sont super cool, qui ont exactement le sens du riff, de la mélodie et des clean guitars qu'il aime tant, je comprends pas. Il a aussi été meh sur cette démo de KAFKA., qui sonne un peu différent des trucs qui le passionne en général, c'est vrai, mais j'ai voulu comprendre pourquoi il aimait pas trop, et comme d'habitude, moi j'ai trouvé ça mortel hahaha !

Ils viennent de Prague, République Tchèque, et ont sorti leur première démo en Mai 2018... Je me demande comment j'ai pu louper ça jusque là, en vrai. C'est un screamo un peu lo-fi, assez doux dans l'ensemble, qui rappellera un peu 125, RUE MONTMARTRE dans ses sensibilités indie, sa relative quiétude et ses envolées emo 90's, mais qui pioche aussi beaucoup dans le screamo français à la BELLE EPOQUE ou CHAVIRE, et peut-être un peu dans les groupes phares de la scène emo/post-hardcore locale, comme PACINO ou RUTKA LASKIER. En y repensant, cette façon de déclamer les mots, assez appuyée, mêlée à cette atmosphère lo-fi, me rappelle même cet obscur groupe d'emo au culte assez balaise : PETIT PRINTEMPS...

D'ailleurs, en parlant de screamo français : les textes de KAFKA. sont entièrement en français. Je sais que les emopunks de l'Europe de l'Est sont très friand-e-s de la scène française, depuis longtemps (vous vous rappelez de ce blog, Psychoviolence, tenu par une personne ukrainienne et qui listait plus de groupes français que n'importe lequel des autres sites français/francophones à ce sujet ? Il ne poste plus depuis 2014, il me manque), et je pense que KAFKA. lui rend aussi (joliment) hommage. Au final, je ne suis pas du tout surpris-e, mais ça fait toujours chaud au coeur de voir autant d'intérêt et de passion à déclamer des frustrations, des colères, des rages, des doutes, dans la même langue que la notre, avec "nos" mots. À la lecture de leurs paroles, on sent que le groupe a fait de son mieux pour retranscrire ce qu'ils voulaient exprimer dans un français correct et fidèle à ce qu'il voulait dire dans sa langue natale.

Sur cette démo, il y a un morceau en particulier, "La voix de la nature", qui est vraiment mortel. J'aime beaucoup ces paroles : "ce qui me fait vouloir découvrir le monde, ce n'est pas la société, c'est la voix de la nature, la voix des étoiles, la pouvoir plus grande que celle humaine. C'est pourquoi on peut vivre plus profondement". Ouais, c'est un français pas parfait, mais on s'en fout, l'intention y est, le message est cool et on le comprend : c'est pas nos sociétés de consommation individualistes, le capitalisme, le libéralisme et toutes ces merdes qui les font rêver, c'est la nature, c'est ce que le monde nous offre devant nous et qu'on ne sait pas voir, qu'on ne sait pas saisir, ou trop peu.

Ils détournent aussi le devise de la (F)rance d'une manière très juste sur "La résistance", qui rend ainsi hommage aux révoltes du peuple français face à ses oppresseurs.euses de tout temps. Alors qu'on vit actuellement, avec le mouvement des gilets jaunes, une situation de profonde remise en question de nos libertés d'agir, de s'exprimer et de dire non aux décisions de l'Etat, et qu'on se fait frapper violemment par sa police sans qu'elle n'en soit jamais inquiétée et pire, qu'elle s'en trouve légitimée, qu'on est en situation de pré-insurrection, ça fait particulièrement sens, ce morceau... Je vous laisse aller lire les lyrics du morceau. Pareil, c'est pas d'un français parfait, mais c'est parfaitement cohérent, on comprend bien où ils veulent en venir. On comprend bien que cette devise : Liberté, égalité, fraternité, ne veut plus rien dire dans ces sociétés que l'on cherche à fuir pour se laisser finalement guider par la voix de la nature et des étoiles, qu'il ne faut pas laisser nos gouvernements et leur principe fumeux de "démocratie" s'approprier ces principes, qu'on ne doit pas se laisser écraser.




"issu de la raison qui s'est changée en cynisme 
de la raison qui a renoncé aux ses obligations 
et qui a oublié la valeur de chaque être vivant 
et donc nous nous sommes déplacés beaucoup plus loin 
cependant ce n'est pas le progrès proprement dit 
ce n´est que son simulacre enjôlant 
et je vous demande de vous rappeler pourquoi la raison s'est libérée 
il l´a fait pour se débarrasser l´injustice 

[...] tant qu´ils n'agréeront pas notre demande 
cette demande la plus simple de toutes demandes - liberté 

liberté! égalité! fraternité!" - la résistance.


Je me suis permis-e de corriger les quelques petites fautes d'orthographes, mais je n'ai rien touché aux lyrics en elle-même...

Je ne saurais que vous conseiller de tendre l'oreille à ce groupe prometteur, qui m'a touché-e. J'ai entendu dire que leur prochaine release sera dingue, d'après Bersch justement, qui ne l'a pas encore écouté. J'ai bien hâte... Du coup, j'espère fort les voir au Fluff Fest en 2019, ou plus tard. Leur situation géographique est quelque peu propice à cela ;). Ah, et un gros shoutout à cet onctueux caramel macchiato de chez Aujourd'hui Demain (un concept store / café vegan complètement fou situé à Paris, où tu peux acheter de la nourriture, des fringues, des produits d'hygiène, tout en vegan évidemment... Et même des pins occultes et féministes trop cool !) avec lequel je finis cet article, même si le mini-PC sur lequel je suis en train d'écrire est entrain d'agoniser et que je me replie sur mon smartphone. MERDE. (EDIT : il marche au top maintenant, jpp)





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When one of my favorite sources in terms of music, the dear Alex "Bersch" (guitarist of NOUS ÉTIONS / HÉRÉSIE), is not enthusiastic about a screamo band, I like to believe that he's in denial and that's it's in fact very good. Sometimes he's meh on things that are cool, that have exactly the sense of riff, melody and clean guitars that he loves so much, I don't understand this guy sometimes lol. He was also meh on this KAFKA. demo, which sounds a little different from the stuff he's really passionate about, that's true, but I wanted to understand why he didn't like it that much, and as usual in this case, I found it awesome hahaha!

They come from Prague, Czech Republic, and released their first demo in May 2018... I wonder how I missed this so far. It's a very melodic kind of screamo, a little lo-fi,, that will remind you of 125, RUE MONTMARTRE in its indie sensibilities, its relative tranquility and its beautiful emo 90's atmopsheres, but which also draws a lot from the French screamo scene, from bands like BELLE EPOQUE or CHAVIRE, and perhaps a bit in the leading bands of the local emo / post-hardcore scene, such as PACINO or RUTKA LASKIER.

By the way, speaking of French screamo: the texts of KAFKA. are entirely in French. I know that the Eastern Europe emopunks are very fond of the French scene for a long time, and I think that KAFKA. also pays him (a nice) tribute. In the end, I'm not surprised at all, but it's always great and heartwarming to see so much interest and passion in declaiming frustrations, anger, rage, doubts, in the same language as ours, with "our" words. Reading their words, we feel that the band did their best to transcribe what they wanted to express in a correct French and faithful to what he meant in his native language. Oh, and this way of declaiming the words, quite insistent, mixed with this lo-fi atmosphere, reminds me of PETIT PRINTEMPS... Would makes sense : I always had that feeling that Eastern european folks have a better knowledge in the french emo scene that french punx themselves... Remember that awesome blog, Psychoviolence, ran by an ukrainian person, which listed more french emo/screamo bands that any other french blogs/websites? This blog isn't active anymore since 2014, and it's a shame.

In this demo, there's a song, "La voix de la nature", that is awesome, the best from the demo in my opinion. I love the lyrics as well : "ce qui me fait vouloir découvrir le monde, ce n'est pas la société, c'est la voix de la nature, la voix des étoiles, la pouvoir plus grande que celle humaine. C'est pourquoi on peut vivre plus profondement" / ""what makes me want to discover the world is not society, it's the voice of nature, the voice of the stars, a greater power than the human one, that's why we can live more deeply"It's not translated into a perfect French, but I think we can / we should honestly not giving a fuck about it, as it's easily translatable / understable in English from the french and czech lyrics available on their bandcamp page, as the intention is 100% there, the message is cool and that most of all, we understand it: it's not our individualistic consumerist societies, capitalism, liberalism and all this bullshit that make them dream and want to see further : it's nature, it's stars, that's what the world offers us and what we don't see, what we can't grasp or too little, because we don't know how and that our societies are too weak at it.

They also use the motto of (F)rance in a very relevant way on "La résistance", which pays homage to the revolts of the French people against their oppressors. While we are currently living, with the movement of Gilets Jaunes, a situation of profound questioning of our freedom to act, to express ourselves and to say no to the decisions of the State, while we're violently struck by the police for that and that it's OK for them to beat us, to literally send some people into coma, while we're in a situation of pre-insurrection, well that song makes a lot of sense... I let you read the lyrics of the song. This is not a perfect French once again, but it's perfectly coherent, we understand their point. We understand that this motto: "Liberté, égalité, fraternité", doesn't mean anything anymore in these societies that we try to escape to be finally guided by the voice of nature and stars, and that we must give back all sense to this motto, to not let "democratic" governments appropriate that, we must not let them crush us.

I allowed myself to correct the few small misspellings, but I didn't changed anything to the lyrics in herselves...

I can only advise you to listen to this promising band, which touched me. I heard that their next release will be crazy, according to "Bersch", who hasn't even listened to it yet. I cann't wait... I hopeI'll have the chance to catch them at Fluff Fest in 2019, or later. Their geographical location is somewhat conducive to this ;) . Ah, and a big shoutout to this wonderful caramel macchiato from Aujourd'hui Demain (an awesome concept store / vegan cafe located in Paris, where you can buy vegan food, clothes, body care products., and even cute occult/feminist enamel pins...) with which I finished this article, even if the small PC on which I'm writing is almost agonizing and that I had to switch on my smartphone twice. FUCK. (EDIT: notebook is working on full-speed now, wtf?)