samedi 18 novembre 2017

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #4



● Ah bah oui, il était temps que je vous propose le #4 d'une série d'articles qui était sensée m'alléger la tâche d'écriture et vous permettre plein de découvertes en même temps. Résultat, y'a un considérable paquet de groupes à linker sur cet article, désolé si ça fait ramer votre smartphone. Je vais vous linker mes incontournables de cette année jusqu'à maintenant (car hey, il reste encore deux mois !), que ce soit du screamo, du d-beat, de l'indie, ou que sais-je encore... Tout plein de chouettes trucs, engagés ou plus ego-centrées, qui valent de tendre l'oreille, pour se vider, pour rêver, se révolter.

Oh yes, it was time for me to offer you the #4 in a series of articles that was supposed to ease the writing task and allow you plenty of discoveries at the same time. As a result, there is a considerable amount of bands to talk about and bandcamp widgets to link to this article, sorry if it makes your smartphone lag. I will link my essentials of the year until now (because hey, there are still two months!), in 2 articles (so yes, #5 soon!), Whether it's screamo, d-beat, indie, or whatever... Full of cool stuff, politically engaged or more ego-centered, worth listening, to empty ourselves with, to dream with, to revolt with...

► LES PRÉCÉDENTS ARTICLES / PREVIOUS POSTS :




OSTRACA - LAST



Pour commencer, on va évidemment commencer par l'un des disques de l'année sur la scène screamo. Un groupe que je n'ai pas apprécié de suite, que j'ai pris le temps de découvrir, et qui m'a mis une énorme claque au final. Last est probablement l'un des disques les plus forts et éprouvants de ces dernières années dans leur catégorie, dans cette vibe qui croit dur comme fer que Neil Perry voyait juste dans son alchimie screamo et metal. Le groupe continue de jouer une musique très sombre, désespérée, parfois chaotique, violente notamment grâce aux influences metalcore qui ponctuent l'ensemble, mais se veut moins brouillon et "arlequin" que Deathless, il y a plus de cohérence dans le tout, on ne s'y perd plus. Le titre d'ouverture "Waiting For The Crash" est une bouleversante décharge de désespoir, avec un texte parlant cash du suicide, de ces idées sombres qui nous viennent parfois en tête et qu'on ne veut expliquer à personne, sinon à soi-même qu'on a juste envie de disparaître sans faire de mal à personne. Et je sais pas si c'est flatteur pour le groupe (pour moi ça l'est), mais sérieux, ces premières secondes, on dirait du Deftones non ? Tout est assez exceptionnel sur ce disque, que ce soit la boule d'anxiété que semble être "The Orchard", le très riche "Childlike", les ambiances presque volées à This Will Destroy You que l'on peut entendre sur le magnifique "Nausea" et "Worn Away"... C'est un disque qui prend aux tripes, qui les retourne, qui nous chante des textes fatalistes, qui nous mettent face à la réalité et à sa dureté (je vous renvoie notamment aux paroles de "Confronting Imagism")... On ne sort pas indemne de Last et c'est tant mieux.

-

To start, I'll obviously begin by one of the records of the year on the screamo scene. A band that I didn't liked immediately, I took me time to fully appreciate their sound, and it gave me huge slaps in the end. Last is probably one of the strongest, ambitious, anxiety-driven records of the last years in their category, in this whole movement that believes hard that Neil Perry was right in their choice to mix screamo and metal(-core). The band continues to play very dark music, desperate, sometimes chaotic and violent through the metalcore influences that punctuate the whole thing, but is less rough and "harlequin" than Deathless, there is more consistency in everything, we don't get lost anymore. The opening title "Waiting For The Crash" is a shocking discharge of despair, talking explicitely about suicide, of those dark ideas that sometimes come to mind, those we don't want to explain to anyone : it says that sometimes we just want to disappear without hurting anyone, and that's true for lots of people, that's true for me. And I don't know if it's flattering for the band (for me it is), but seriously, these first seconds sounds like fucking Deftones?? Everything is quite exceptional on this disc, be it the ball of anxiety that seems to be "The Orchard", the musically very rich "Childlike", the dronegaze-ish ambiances almost stolen from This Will Destroy You that we can hear on the wonderful tracks " Nausea "and" Worn Away "... It's a record that takes guts, turns them over, suggests us fatalistic songs, that put us in front of reality and its hardness (I refer you in particular to the words of "Confronting Imagism") ... We don't come out unscathed from Last, and that's good in my opinion. A new friend and usual reader of the blog will understand, that was a special hello.

-

CHAVIRÉ - INTERSTICES



Vous vous en doutiez, que j'allais écrire sur ce disque, n'est-ce pas ? Bah oui, parce qu'il est évidemment trop chouette, parce qu'il est important pour moi et je ne m'en cache pas (et que purée, j'aurais tellement dû écrire un article plus gros sur ce LP) : Chaviré est le groupe qui a définitivement éveillé une conscience politique que je dissimulais au fond de moi pour ne pas choquer, autant au niveau des paroles que grâce aux conversations que j'ai eu avec chacun d'entre eux. Et c'est une musique qui me touche, qui me fait vivre, qui évoque tout ce que vis et vois autour de moi, et qui me / nous propose concrètement pourquoi c'est là, et comment changer tout ça. Ça fleure bon Daïtro période Y, on y entend toujours beaucoup de Belle Epoque et je les en remercie pour ça, il y a ces backing vocals qui sonnent comme l'emo "Stonehenge Records style" (celui que personne n'appelait "screamo" lorsque qu'il était joué par ses auteur.e.s), y'a sûrement un peu de leur culture punk que je découvre aujourd'hui au gré de leurs partages sur Facebook et dans divers écrits, l'ensemble du disque est beaucoup plus mélodique que ce qu'on connaissait d'eux jusque là, peut-être même plus inspiré par le punk hardcore et indé en règle générale que par le screamo, moins cru sur la forme mais toujours aussi virulent sur le fond. Ce disque, il est principalement inspiré par l'ennui des métropoles, l'emprisonnement que constituent les murs gris ou beige pale de ces quartiers embourgeoisés, les pavés qu'on balance et qui ne nous appartiennent même plus, ces voyages qui ne servent plus qu'à alimenter des albums photos Facebook plus que pour voir des paysages. J'y ai retrouvé la fougue, la subversion, toutes ces références diverses, qui m'ont tant fait aimer les Nantais à la première écoute, mais en mieux, d'un strict point de vue musical. Ils savent déjà tout plein de choses, même si je suis définitivement meilleur à causer par écrit, alors je vais pas trop m'étaler non plus sur ce que je pense de cet album au risque que ce passage devienne encyclopédique. Seulement, si il fallait une bande-son aux têtes de cortège des manifs, Interstices en serait une très bonne. C'est une version emo de toute la rage et l'ennui exprimés sur Snapchat ou en permanence par les gamin.e.s de cités à qui on ne donne aucune tribune, c'est le "pourquoi" de ces gens vêtues de noir, dans la scène ou dans la rue, c'est pourquoi l'emo n'est pas cette égoïste complainte machiste qu'on tend à découvrir avant tout le reste. C'est Stonehenge Records qui a sorti ce disque, et ce choix prend pour moi tout son sens. Bravo et merci.

-

I think you had a guess that I was going to write on this record sometime this year, right? Well yes, because he's sooooo damn cool, because he's important for me and I that I'll don't hide facts : Chaviré is the band that has definitely awakened a political conscience that I hid deep in my heart not to shock people around me (you know, those who say antifascism is terrorism, feminism is nazism, and refugees are stealing our jobs, and fortunately I don't have them anymore on my friendlist), as much with their lyrics as through the conversations I had with each of them. And it's some music that touch me, that makes me wanna live, that evokes all that I see and don't wanna see anymore around me, and who concretely proposes why bad stuff is there, and how to change all that. We can hear a lot of Daïtro's Y influences, we still hear a lot of Belle Epoque like in their demo and I thank them for that (Belle Epoque was my very local band when they were active), these backing vocals that sound like the "Stonehenge Records style" emo (the one that nobody called "screamo" back in the day), there is surely a little of their "non-emo" punk culture that I discover today with their Facebook posts or something, the entire record is much more melodic that what we knew of them so far, perhaps even more inspired by hardcore punk and indie punk than screamo, less raw on the form but still virulent on the bottom. This record is mainly inspired by the boredom of the metropolises, the imprisonment that constitute the gray walls of these gentrified neighborhoods, the paving stones that we throw and which don't even belong to us anymore, these trips which are no longer useful than to feed more Facebook photo albums than to see landscapes. I found there the fire, the subversion, all these various references, which made me love the band at first listening, but in better, from a strictly musical point of view. They already know a lot of things, even though I'm definitely better at writing, so I'm not going too far into what I think of this album at the risk that this passage becomes encyclopedic. But yeah, if a soundtrack were needed to the angriest part of the class war, Interstices would be a very good one. This is an emo version of all the rage and boredom expressed on Snapchat or permanently by the kids of cities who are given no platform to express themselves, it's the "why" of these people dressed all in black, in the scene or in the streets, that's why the emo is not that selfish, not that machist shit we tend to discover before everything else. Stonehenge Records has released this record, and this choice makes perfect sense for me. Congrats and thank you.

-

FRAIL HANDS - S/T



CE. DISQUE. DÉFONCE. Y'a pas d'autres mots. C'est absolument tout ce que j'aime au niveau du screamo influencé math-rock. Frail Hands, c'est une parfaite alchimie entre Lord Snow, Mahria, et la période Dark Mountain de Loma Prieta. Ça frappe vite et fort, ça s'enchaîne sans jamais qu'on perde le fil, y'a énormément de mélodies accrocheuses délivrées avec une cadence soutenue, y'a un groove mortel, ça tient en haleine jusqu'au bout. Foncez l'écouter si vous aimez le screamo mais que vous aimez encore plus que ça vous surprenne tout le temps.

-

THIS. RECORD. SLAYS. There are no other words. It's absolutely everything I like about screamo-influenced math rock. Frail Hands came out of nowhere and dropped a beast of an album, which is a perfect alchemy between Lord Snow, Mahria, and the Dark Mountain-era Loma Prieta. It hits fast and strong, there's a lot of catchy melodies delivered with a sustained cadence, there's a deadly good groove, it holds our breath to the end. Go listen to them right now if you like screamo but if you like it even more when it surprises you all the time.

-

SEEYOUSPACECOWBOY - FASHION STATEMENTS OF THE SOCIALLY AWARE



Si vous traînez sur les internets du screamo, vous savez sûrement qu'un revival du "sasscore" est en cours. Vous savez, ce genre musical rempli de chaos et d’excentricité que symbolisent des groupes comme Daughters, The Blood Brothers, The Plot To Blow Up The Eiffel Tower ou encore An Albatross ? Non, ça ne vous parle toujours pas ? Alors voici de quoi vous instruire avec ce lien. En 2017, un groupe incarne parfaitement ce revival : SeeYouSpaceCowboy. On y retrouve la folie, l'intensité, l'originalité du "sasscore", avec quelques éléments plus actuels, et même de gros riffs bas-du-front. Ah, et la chanteuse est également celle de Flower Taped To Pens et René Descartes, fait des artworks superbes et tient le label Structures//Agony. "Pep Talk From A Nihilist" est l'un de mes morceaux favoris de cette année...

Et au moment où je boucle cet article, le groupe vient de sortir un nouveau single, "Atrocities From A Story Book Perspective", 1m30 de mosh en ceinture blanche.

-

If you hang out on the screamo internets, you probably know that a revival of "sasscore" is in progress. You know, that musical genre filled with chaos and eccentricity that bands like DaughtersThe Blood BrothersThe Plot To Blow Up The Eiffel Tower or An Albatross? Still doesn't speak to you? So here's something to discover all this with this link. In 2017, a group perfectly embodies this revival: SeeYouSpaceCowboy. We find the madness, the intensity, the originality of "sasscore", with some more recent elements, and heavy-ass breakdowns. Ah, and the singer is also the one in Flower Taped To Pens and René Descartes, makes superb artworks and holds the label Structures // Agony. "Pep Talk From A Nihilist" is probably one of my favorite songs this year...

And when I'm finishing this article, the band has just released a new single, "Atrocities From A Story Book Perspective", 1m30 of white-belt mosh.

-

MARÉE NOIRE - DEMO 2017



La démo de Marée Noire, c'est tout simplement ma démo préférée de l'année, sans discussion possible. Mais genre une ULTRA-BRANLÉE. C'est un pote sur Facebook qui l'a partagé, je connaissais rien d'eux, j'ai écouté, j'ai répété le truc des dizaines de fois depuis et ça s'arrêtera jamais. Du d-beat ravageur, entêtant, ultra vénère qui sonne juste comme un pavé balancé avec un bon élan et beaucoup de patate, c'est avec Fabrice Syndrome 81 / Trashington D.C et Nicolas Amanda Woodward / Exhaustion et un tas d'autres groupes, et c'est fichtrement COOL. 

DÉTRUIRE LA FRANCE, DÉTRUIRE ! DÉTRUIRE LA FRANCE, LA RÉDUIRE EN CENDRES !!!!

-

The Marée Noire demo is simply my favorite demo of the year, without any discussion. It's an ULTRA-BANGER. I discovered the tape thanks to a friend on Facebook who shared it, I knew nothing about them, I listened, I repeated the thing dozens of times since and it will never stop. Devastating and angry as fuck D-beat that sounds just like a civil war. it's with Fabrice Syndrome 81 / Trashington D.C at vocals and Nicolas Nicolas Amanda Woodward / Exhaustion and a bunch of other bands on guitars, and yeah, it's damn COOL.

-

BLEAKNESS - RUINED TAPE



Et Nicolas Marée Noire, il semble vouloir faire pas mal de musique cette année, car on le retrouve aussi chez Bleakness, un projet qui semble crée il y a quelques années déjà, mais dont le premier disque sort finalement en cette fin d'année : Ruined Tape, c'est 4 titres d'un punk hardcore triste, gris, tendu, à forte connotation post-punk, un truc idéal pour accompagner un trajet en bus pour aller au taff. Quand il pleut hein, bien entendu. Et derrière ces lignes de basse belles comme une averse, on retrouve Phab Chaviré...

-

And Nicolas Marée Noire seems to want to do a lot of music this year, because you can also find him in Bleakness, a project that was actually created a few years ago, but whose first record finally comes out at the end of this year: Ruined Tape is 4 tracks of sad, gray, tense hardcore punk, with strong post-punk connotations, an ideal thing to accompany a bus ride to go to work. When it's raining, of course. And behind these bass lines, beautiful like a downpour, you'll find Phab Chaviré...
-

YOTSUYA KAIDAN - TOO SAD TO TELL YOU



Le screamo est-européen a quelque chose en plus par rapport à la scène du reste du continent, à mes yeux. Un contexte social qui leur donne un peu plus de raisons et de légitimité d'en jouer, en mon sens... Yotsuya Kaidan ne déroge pas à la règle. Jusqu'ici auteurs d'un screamo aussi mélancolique que chaotique, les ukrainiens ont décidé de faire varier un peu leur musique sur Too Sad To Tell You, un EP coproduit par A Fond D'Cale Prod et Dog Knights Productions. C'est un peu plus mélodique, les vocaux restent identiques, toujours un côté "chaos" dans leurs compositions, on prend encore plus de plaisir à les écouter, et à déprimer sur leur disque... 

"it's stupid to smash against the rocks while jumping over the puddles, in the place where the waves once used to grind the rocks, (faces on our shows, I recall all of you)"

-

The East-European screamo scene have something more than bands of the other parts of the continent, while being strongly influenced by early french scene. They have that social context that gives to the local bands a little more reason and legitimacy to be, in my opinion... And Yotsuya Kaidan don't deviate from the rule. So far, authors of a half melancholic / half chaotic catharsis, the Ukrainian band have decided to vary their music a little on Too Sad To Tell You, an EP co-produced by A Fond D'Cale Prod and Dog Knights Productions. It's a bit more melodic, the vocals remain the same, there's always some chaos in their compositions, then we take even more pleasure to listen to them, and to depress on their record...

-

SHAKERS - S/T



J'ai reçu ce disque en cadeau avec une commande passée chez I.Corrupt Records. La cover a mal été imprimée, mais qu'importe, ça fera un collector dans le futur haha ! Les Shakers viennent d'Allemagne, et ont sorti cette année un 7" qui a en fait été enregistré en fin d'année 2015. C'est un screamo somme toute classique, mais efficace, avec des plans proches du melodic hardcore. Je les ai vu en live en cette fin d'année, ils ont de chouettes nouveaux morceaux, meilleurs encore que ceux présents sur le 7", avec une petite swedish touch qui m'a forcément énormément plu... Il me tarde de les ré-écouter ! Et de plus, ce sont de chouettes gens...

-

I received this record as a gift with an order placed with I.Corrupt Records. The cover was badly printed, but I didn't care, it will be a collector item in the future haha! Shakers are from Germany, and they released this year a 7" EP which was in fact recorded at the end of 2015. It's a classic kind of screamo, but very catchy, with some melodic hardcore inspirations. I saw them live at the end of the year, they have nice new songs, better than those present on the 7 ", with a little swedish touch that I have always liked a lot ... I look forward to listen! And what's more, they are nice people ...

-

SUGARTOWN CABARET - S/T

Sans qu'on s'y attende vraiment, les caennais de Sugartown Cabaret ont sorti cette année ce qui s'avère être leur ultime album. J'étais très triste en l'apprenant, j'aurais aimé les voir encore une fois, sachant que je perds la mémoire de la seule fois ou je les ai vu... Ils ont pris leur temps pour composer, ça n'a pas toujours été évident de ce que j'en sais, mais le résultat est là : une évolution subtile, naturelle, mais un son toujours reconnaissable entre mille. Avec cet excellent disque éponyme, un peu plus direct que les précédents, un peu plus "psychédélique" aussi, ils resteront encore pour longtemps l'un des meilleurs groupes de leur genre en France, inventifs, intriguants, habilement distants des postures et des étiquettes. En même temps, quand Marc Euvrie est dans le line-up, est-ce étonnant ?

-

Without really letting us expect anything since a long time, Sugartown Cabaret finally released this year what turns out to be their last album ever. I was very sad when I learned it, I would've liked to see them again, knowing that I'm losing memories of the only time I saw them... They took their time to compose that eponymous album, it wasn't always easy to do from what I know, but the result is there: a subtle evolution, natural, but a sound always recognizable, very personal. With this excellent record, a little more direct than the previous ones, a little more "psychedelic" too, they will still remain for a long time one of the best bands of their style in France, inventive, intriguing, skillfully distant from postures and labels. Hey, when Marc Euvrie is in the line-up, it still surprising?

-



-

D'AUTRES TRUCS COOL / OTHERS BANGERS :

Cloakroom - Time Well  /  Un parfait dosage entre country/blues, stoner, emo et shoegaze. Un mélange improbable sur le papier mais très réussi. Un peu comme si This Will Destroy You avaient choisi de faire du True Widow. Un de mes disques favoris cette année... Il mérite beaucoup plus que ces quelques lignes, je m'en veux.

In this record, guys in Cloakroom simply perfected their country / blues, stoner, emo and shoegaze alchemy. An unlikely mix on paper but very successful in the end. It's like This Will Destroy You playing True Widow tunes. One of my favorite records this year... He deserves a lot more words than these few lines, I hate myself.



Marée Noire - S/T  /  Ce qu'on a perdu avec Hérésie, Marée Noire le ressuscite. C'est du screamo profondément mélancolique, aérien, mais avec tout de même des riffs sombres, qui m'ont même parfois fait penser à ce que j'aimais dans le melodic hardcore anglais 2010-2012. Un chouette EP.

What we have lost with Hérésie, Marée Noire have resurrect it. It's deeply melancholic, airy screamo, but with dark, rough riffs, which sometimes even made me think of what I liked in the 2010-2012 UK melodic hardcore. A very nice EP.



Deletär - S/T  /  C'est simple : si tu as aimé le Marée Noire de rance, tu vas forcément adorer ceci. C'est dans la lignée des demo tapes de feu sorties sur la scène hardcore locale, c'est du swedish D-beat worship à fond, c'est aussi puissant et corrosif qu'une douche du vitriol sur la gueule de la société, et du coup forcément : ça tue. LOL.

It's simple: if you liked the french Marée Noire, you'll fall in love with this. It goes straight on the line of banger demo released on the local d-beat / hardcore scene this year, it's a complete and well-executed swedish D-beat worship, it's as powerful and corrosive as a vitriolic shower on the face of society, and yeah, that's a killer tape. LOL.


● Années Zéro - Demo  /  Globalement la même chose que le texte plus haut, mais avec un son légèrement plus catchy avec du phaser sur la basse et de la réverb sur la voix tout partout. Ça casse toujours des têtes et les ricains peuvent être jaloux de ce groupe.

Overall the same thing as the text above, but with a slightly more catchy sound with phaser on bass and reverb all over the vocals. It's always a banger and US punx can easily be jealous of not having this band as a local one.




Foxtails - III  /  Une petite perle screamo, avec une grosse influence jazz, quelques cassures chaotiques, et évidemment ces éternelles mélodies déchirantes. Et avec une petite pique aux internets américains de la scène emo sur la tracklist, la petite nécessité qui fait plaisir dans une période où les mots adressés sont toujours trop piquants (trop edgy diront certain.e.s) dans ces milieux, voire oppressifs.

A very underground screamo gem, with a big jazz influence, some chaotic breaks, and obviously these eternal heart-wrenching melodies. And with a special little word for the American internets of the emo scene in the tracklist, that little necessity that pleases in a period where the words addressed to other people are always too sharp (some will say "too edgy") in these circles, and even oppressive.



Lysistrata - The Thread  /  J'ai mis du temps avant de comprendre la hype, en vrai c'est que j'avais pas envie d'écouter un énième groupe pop-rock issu de chez Rock en Seine et sponsorisé par Ricard et la SNCF, puis je me suis rappelé que Throw Me Off The Bridge est aussi passé par un concours Ricard. Mais en fait, c'est comme Ropoporose : je pense qu'ils sonnent comme des groupes d'emo et de noise malgré eux (ou parce qu'ils jouent du At The Drive-In et du Sonic Youth mieux que les autres), et c'est fabuleux. Une magnifique découverte. Ça m'évoque pas mal La Dispute et Hot Cross au chant, musicalement c'est très riche, ça sonne comme une version emo d'And So I Watch You From Afar. J'aime de plus en plus à chaque écoute. C'est beauuuuu.

It took me a long time to understand the hype around this band in France, in fact it was mostly the fact that I didn't want to listen to another cringey pop-rock "sensation" from fucking Rock-en-Seine festival and sponsored by Ricard and the SNCF, then I remembered that Throw Me Off The Bridge has also gone through a Ricard contest and didn't became a horrible FM pop-folk artist like Ed Sheeran or something. But in fact, it's like Ropoporose: I think they accidentally sound like emo and noise rock bands (or maybe because they play At The Drive-In and Sonic Youth riffs better than others), and it's fabulous. A magnificent discovery. They remind me a lot of The Dispute and Hot Cross at vocals, it's musically very rich, it sounds like an emo version of And So I Watch You From Afar. I like more and more each time I listen. It's beautiful. And hey, they 100% don't give a fuck about all the capitalist brands that give them a stupid ass fake attention, they play big stages for beautiful people and that's all that matters for them.


Ropoporose - Kernel, Foreign Moons  /  Bah du coup, vu que j'en parle juste avant, faut quand même que je développe en quoi ce deuxième album de Ropoporose est si cool. C'est une douzaine de titres tout en douceur et en énergie, un math-rock chaleureux et entraînant, aiguisé par des guitares généreuses, noisy comme il faut. La sacro-sainte scène math-pop japonaise semble enfin avoir trouvé de la concurrence avec ce duo.

Well, because I'm talking about it just before, l have to develop why this second Ropoporose album is so cool. It's a dozen tracks all in softness and energy, a warm and lively math-rock, honed by generous guitars, just a little noisy as it needs to be. The sacrosanct Japanese math-pop scene finally seems to have found some competition with this duo.



Trachimbrod - Leda  /  Il fallait forcément qu'un groupe suédois figure dans mes crushs de l'année. Trachimbrod a sorti cette année un disque très attendu, nommé Leda, et qui valait clairement l'attente... Un très beau disque de screamo quasi-pop, avec des couplets-refrains-couplets, des mélodies efficaces et accrocheuses, un ensemble aussi cathartique que relaxant. Les guitares sont toujours nourries au shoegaze, ce qui permet de mettre en avant le côté chaleureux qui prédomine sur cet album. Si vous aimez le screamo suédois en règle générale, il faut absolument écouter ce disque, et tout simplement se laisser emporter.

It was necessary that a Swedish group figure in my crushes of the year. Trachimbrod has released this year a highly anticipated LP, named Leda, and was clearly worth the wait... A very nice album of what we can probably call pop-screamo (still not a phase, 100% supporting it but PLEASE DON'T THINK OF ANY SCENE RECORD PLEASE THANK YOU), with verse-chorus-verses, catchy and sugar-ish melodies, a cathartic and relaxing blend. The guitars are always fed with shoegaze, which allows to put forward the warm feelings that prevails on this album. If you like Swedish screamo, you absolutely have to listen to this record, and just get carried away.



Bisous.  

dimanche 8 octobre 2017

Massa Nera ont sorti un disque tellement cool qu'il fallait que le blog rescussite pour eux.




● Ça fait des mois que je ne poste plus sur le blog, que je n'arrive plus à écrire. À chaque fois que je tente, c'est le syndrome de la feuille blanche, où j'efface tout parce que je trouve que ça rend pas bien, que ça sonne creux... Peut-être que je tendais à trop intellectualiser mon contenu, à écrire un truc trop conséquent, ou je sais pas. Au final, c'est surtout une grosse procrastination, combinée à quelques peurs et doutes, qui fait que depuis le printemps dernier, c'est le néant par ici, mais tout ça, c'est terminé : je suis de retour, j'en suis content, et j'ai mille choses à vous raconter, mais on va pas se précipiter (enfin on va essayer) et y aller doucement. 

Cette semaine, j'ai découvert le nouvel album de Massa Nera, Los Pensamientos De Una Cara Palida, et j'ai été agréablement surpris par les américains. Ils avaient fait du bruit l'an dernier, avec l'EP will it be enough for you to keep going?. Et avec leur premier LP, le groupe garde les grandes lignes de la musique éthérée et mélodique qu'il dévoilait sur l'EP : des riffs plutôt lumineux qui se développent sur la longueur, des explosions et envolées qui garantissent les frissons, un background très "euro screamo", italien et français surtout, et quelques lignes de chant en espagnol. Mais à cela s'ajoute une atmosphère plus sombre, ça évoque City Of Caterpillar par moments. Les morceaux sont plus longs, le climat est plus pesant, mais on reste toujours sur quelque chose de profondément sensible et mélodique. 

Plus l'on plonge dans ce disque, plus l'on y découvre des détails accrocheurs, parfois déroutants, et parfois géniaux au premier abord: le groove de batterie de la fin aérienne et hypnotique de "Carrying A Coffin", le break jazzy de "Provisional Euphoria", la bombe quasi neo-crust "One.Two.Zero", l'exceptionnel final qu'est l'entièreté de "Waltz! (La Guerra)"... Un disque très riche, haletant, intriguant, qui se dévoile au fur et à mesure des écoutes, et qui passera tout seul en repeat dans votre casque, que vous le vouliez ou non. Je parle en connaissances de cause... J'ai également eu pas mal de fois l'impression d'entendre du Young Mountain sur ce disque, notamment dans le chant, et aussi du Daïtro période Laissez Vivre Les Squelettes dans certains riffs. Il regorge d'ambiances contrastées, d'instants de catharsis foudroyants, plein de petites choses qui capturent notre attention pour ne plus la lâcher.

C'est un très chouette disque, dans l'air du temps, qui en prend le négatif et le poisseux pour en faire un exutoire puissant. C'est sorti chez Zegema Beach Records, Middle-Man Records, Ancient Injury Records, et Dingleberry Records. Et, à ce stade de ce petit papier, je bloque un peu pour dire quelque chose d'autre... Alors, faites-moi confiance. Je prends plaisir à vous recommander ce disque, il a su me toucher, aiguiser ma curiosité et mes sens, me faire réfléchir, et même rêver.

Bisous.




You can read the english translation by clicking on "plus d'infos" ! :)

jeudi 22 juin 2017

"Ça sent la merde dans l'isoloir" : retour sur l'emocrust de rance.



● Cette année, on a encore dû faire façe à une vaste mascarade électorale: deux tours de manège plus vertigineux que jamais, se déroulant dans cette tour de la terreur qu'est le vieux système démocrasseux français. Un édifice brinquebalant, aux murs fissurés, pourris, qui continuent de parquer en son mal-sein des millions de personnes soumises au capital, à l'oligarchie, aux peurs, aux haines. Des personnes qu'on embobine, qu'on force à former l'affront républicain, pour absolument devoir contrer la verrue frontiste qui oui, en est une, mais qu'on peut combattre d'une manière bien moins républicaine. Ouais, je préfère appartenir à une génération ingouvernable que générer un gouvernement. Cette année, nous avons eu le choix entre un parfait roquet du capitalisme dans son état le plus sauvage, et la sorcière des bas-fonds du racisme rance, qui joue avec les colères et les peurs de la classe ouvrière, et fait fantasmer les nazillon.ne.s, les gudard.e.s et les eurosceptiques du continent. 

Mais il y avait un 3ème choix. Celui de l'insoumission. La vraie, pas celle proposée par un machiste opportuniste et arrogant. Mais s'insurger, en (f)rance, c'est forcément être un casseur - une casseuse, un.e « islamo-gauchiste, un.e utopiste ». Faire péter des vitres de grandes enseignes riches à millions, les mêmes qui oppressent leurs employé.e.s et qui réclament à Macron de pouvoir les précariser encore plus, entretenir un rapport de force avec une police de plus en plus violente et légitimée dans ses actes… C'est vu comme un extrême, comme une honte, un obstacle à la sécurité des français. Permettez-moi de placer un petit "lol" à ces suppositions lâches.

Ce climat nauséabond, qui pue la gazeuse et la corruption, pas grand monde se charge de cracher dessus, chez nous, à part via de faibles actions citoyennes encadrées par ces associations lâches sous la complicité et la domination de l'autorité, ou via des chansonnettes disponibles dans le supermarché le plus proche de chez toi. Heureusement, un petit miracle commence à se produire. Vous avez en têtes les textes du screamo français des débuts de Stonehenge Records à la fin de Belle Epoque ? De ces formidables idées et engagements pour changer la politique, les sociétés, abolir le sexisme, le racisme ? Eh bien, lorsque Belle Epoque a disparu, notre scène emo n'a pas vraiment repris le flambeau de l'insurrection et de l'altermondialisme, laissant la flamme se tarir. Il a fallu attendre 8 à 10 ans plus tard pour qu'entre autres Jarod et Chaviré se charge de nourrir le feu. Et en parallèle, une relève à Farewell, Bökanövsky, Who Needs Maps... S'est formée. Oui, à ce petit microcosme encore un peu plus underground et anarchiste que le screamo, il semblerait que certains veulent lui redonner grâce, à un moment où c'est plus essentiel que jamais : messieurs dames, veuillez accueillir sur les cendres du système : Potence, Jeanne et Geraniüm.

Ce qui est chouette avec ces groupes, c'est qu'on y retrouve des "anciens" comme des kids. Et leurs compositions, forcément marquées par l'air du temps, restent également imprégnées de luttes et de combats menés depuis une vingtaine d'années dans la scène emo/hardcore française, Ce qui rend l'ensemble encore plus percutant, nécessaire, et alerte. Chez Potence, c'est ni plus ni moins qu'Aurélien Daïtro au chant. Leur truc, c'est de balancer un crust punk virulent, frontal, avec du grain, de la colère, marqué par un ton triste, des interludes instrumentales et un chant plaintif et écorché qui évoque fortement le screamo, et forcément Daïtro. Potence n'a pas vraiment envie de se marrer, encore moins de vieillir. L'Amour Au Temps De La Peste, l'album sorti sur Bandcamp en Mars dernier, et disponible depuis Mai sur un disque d’un chouette blanc naturel avec deux screenprinted covers au choix, existe déjà depuis l'an dernier... Vous vous rappelez de ma double malchance au Miss The Stars Fest 2016 : les avoir loupés et avoir loupé leur tape ? Bah voilà. L'album était disponible sur cette belle cassette rouge, ainsi que leur merch trop cool, et je suis totalement passé à côté de tout ça. Et ce disque, il fout une mandale énorme, objectivement. Il aurait pu être composé par des gens de mon âge révolté.e.s par ce que le vieux monde leur laisse à subir et à déconstruire, mais il s'agit ici de nos aînés (pas de grand-chose ceci dit, il est vrai), qui ont gardé les idéaux de leur jeunesse. Car dans nos sociétés, après 30 ans, l'éveil et la conscience prennent trop vite un coup dans la tronche...

L'Amour Au Temps De La Peste nous laisse rarement le temps de souffler. Il frappe fort, sec, même si le ton général est plutôt cool avec nos cœurs, il l'est beaucoup moins avec les codes établis, le confort moderne et nos choix de vies, un ensemble dans lequel on est encore beaucoup trop à se complaire. Il questionne sur les choix politiques de nos con-citoyen.ne.s, il te rappelle que depuis fort longtemps, « Ton dieu ne t’entend pas, ton dieu est mort », et il fait le constat de notre propre échec, de notre propre lâcheté : « La stratégie du pire porte enfin ses fruits. Nous voilà sidérés par la violence des monstres que nous avons engendrés. A combattre des monstres, on en devient un soi-même… ». Pendant une bonne demi-heure, on se prend un flot continu de rage, une colère viscérale s'exprimant sans fléchir au travers d'un crust punk qui prend de la densité dans des rythmes catchy et cogneurs, des interludes tendues mais aériennes, plutôt que dans des éternels toukatougouda lancés à toute vitesse, qui sont bien évidemment présents, mais subtilement dosés, pour que les morceaux gagnent en originalité, en intensité, que l'auditeur trouve une accroche, une "beauté" dans ce chaos, dans ces brûlots situationnistes, qu'il soit réceptif aux passages scandés plutôt qu'hurlés. C'est là toute la puissance de ce fameux "emo crust" dans lequel Potence s'illustre à merveille : arriver à glisser une sensibilité accrue, une décharge émotionnelle forte, dans un climat très noir, gras, et sans compromis.



Geraniüm sait également y faire, dans ce registre. Mais eux, ils le font avec un peu plus de metal à l'intérieur, et depuis déjà pas mal de temps. Leur première release date de 2011, un split avec les crust metalleux de Human Compost. Je suis à chaque fois impressionné par leur album éponyme, leur "crust de salon" (le meilleur terme trouvé pour décrire avec ironie la scène neo-crust), un disque aussi sombre qu'entraînant et riche, qui a été pour moi l'un de mes premiers contacts avec le crust punk en général, et qui n'a d'abord pas été un coup de cœur, d'ailleurs... Mais les choses ont changé, et j'ai appris que le growl pouvait être utilisé dans d'autres circonstances que pour des démonstrations de force et de virilisme. Ainsi, après le split avec Finisterre et leur morceau coup-de-poing contre une attitude assez pesante dans le punx qui consiste à poser avec des t-shirts de groupes anarchistes, antifa, RABM... En agissant en totale opposition avec les valeurs de ceux-ci, ils reviennent partager une galette avec Link, avec deux morceaux, "Haters Hate" and "Murder Kings", où des influences black metal viennent largement ponctuer la noirceur et l'agressivité de leur musique... Est-ce parce que Thibault de Paramnesia et de Jeanne a rejoint le groupe à la basse ? Quoiqu’il en soit, Geraniüm prend encore de la masse et une dose de ténèbres en plus, en gardant un esprit frontal et virulent. Je ne les ai encore jamais vu, et il me tarde de le faire un jour...



Et puis il y a Jeanne. Cette surprise beaucoup trop underrated. Cette pépite cachée du screamo français, un groupe actif depuis 3 ans maintenant, qui flirte avec le crust et l'emoviolence. Ça sent fort le screamo US, le désespoir, les émotions hurlées la main dans le dos, sur le bout du fil, un fin de set écroulé au sol. Je pense pouvoir dire sans trop abuser que je suis fan de leur musique. C'est exactement ce qui me parle en ce moment, et c'est accessoirement un groupe du genre dans lequel j’aimerais gueuler (je prends vos candidatures :3). Jeanne ont sorti récemment un disque éponyme bluffant, dans la droite lignée de leur démo, avec un petit voile de secret qui le recouvre : ils ont choisi de ne pas partager les paroles du disque et de ne pas le sortir en physique, pour des raisons inhérentes au line-up qui a enregistré cet album. Et j'avoue que c'est vraiment frustrant... En fait, ils me rappellent un peu ce que faisait Ravin, mais en plus sombre encore. Cet enchaînement de mélodies poignantes et virulentes en même temps, ces riffs en clean et ces arpèges nous guidant avec tendresse et désarroi vers ces explosions rythmiques, ce chaos cathartique.... C'est brut, c'est spontané, c'est piqué à vif, bref c'est le skramz. Je pense que ce S/T va vraiment faire partie d'un de mes albums de l'année. Merci beaucoup les petits gars.



Cette petite scène me donne de l’espoir quant à la vigueur du feu du screamo en France. Que ce soit pour sa valeur émotionnelle, son engagement politique, ou juste l’envie d’en jouer avec force et passion, il prouve que ce que tente tous les groupes récents n’est en rien quelque chose de vain. Il faut tenir bon, il faut garder ce feu aussi nourri qu’il en a ainsi l’air.

YOU CAN READ THE ENGLISH TRANSLATION BY CLICKING ON "Plus d'infos" ! :)

samedi 20 mai 2017

★ MISS THE STARS FEST 2017 || live report ★



• I hate myself. I hate myself because once again I went super emotional: you know, when you had a super good time somewhere and you want to tell EVERY single thing you lived to your friends and people around and then you go full encyclopedic… I started to write a super-long review of the Miss The Stars Fest '17, with way too much details, so I deleted it all. Then I tried to re-write it, to be more objective. And make it shorter to allow everyone to read without being like « fuck, it's 30mn I’m on it and I'm still reading that shit, when it will end??? ». It was hard, but I want everyone to feel comfortable and not being bored by reading me.

Well, you get it: I'll tell you about my little trip to Berlin, where I was going to attend one of the best hardcore / punk festivals of Europe, by far. It was the 4th edition of the Miss The Stars Fest, and the line-up (once again?) was insane. If you still don't what this fest is, here's some details : It's a small fest that take place in Berlin, mainly focused on emo scene, made with 100% DIY ethics, created by Alex, founder / writer of the blog (We Built The World And) Miss The Stars. I think it's an equivalent to the Cry Me A River Fest

Alex seems to be in love with swedish screamo as much as I am. So it wasn't surprising to see that lot of bands came from Sweden this year, for my biggest pleasure, more than other years where there was already some swedish entities. THE SWEDISH SKRAMZ MAFIA CONGRESS YO! Holy wow, I finally had the chance to see Suis La Lune live after missing them 2 times in Paris… YES IT WAS POSSIBLE. With them, there was 2 side projects of Henning : Trembling Hands, a darker / heavier screamo, and Sore Eyelids… YES, the emo-shoegaze lords! There was also Trachimbrod, I Love Your Lifestyle, Young Mountain, and of course Vi som älskade varandra så mycket (what is MTS Fest without those boys?). With this delegation of the swedish skrim music, there was of course lots of other awesome bands coming from everywhere: Brasil, USA, UK, Germany…




I have to say first that going to Berlin for 90% of the audience of the fest also involves to spend hundreds of € in vegan food… AAAH THE VEGAN FOOD IN BERLIN. It's something way more easier to find than in Paris, in example. And also far cheapier. I mean, Club-Mate is 3€ in Paris when it's not even 1 at Berlin, WTF??? It's something very, VERY important when you are going to MTS Fest : going to most of the vegan places where it's possible to go, according of the amount of time you can spend there. And for me, it was mostly at Brammibal's Donuts. It's really a killer place to take breakfast. A cosy, friendly, sweet place, where they have a great choice in donuts, menus, their « latte » coffee is super smooth, the freshmint tea is divine… It was the perfect way to prepare us for the fest, and waking us up I admit :').

It's also about spending approximatively the same amount of money at Bis Aufs Messer, the house of Adagio830. Fun fact : each time I go there, I found the drummer of No Omega / Careless / Mystery Language / Det är därför vi bygger städer :') ! This record store is a pretty nice and intimate place, where you can listen to the vinyls you wanna buy. There's a very large selection of records, in lots of music genres. You can even buy coffee ! Because hey, « coffee saves my life », says the motto of Adagio830 since 1997 ! They have a coffee called xPOWERTRIPx … Seriously, how it's even possible not to buy it?

But yeah, the main reason of our trip was above all to go to the Miss The Stars Fest, which once again took place in Tiefgrund, a beautiful place with a bar, a garden, and two stages. There was a great change this year : The smaller stage was in a bigger room. So I was sure to not miss a band because too much people (remember my bad luck with Potence last year :'( …).  But the running-order was some kind of athletism : we only had like 15mn to have a break, eat something or grab records between bands, and depends what was the bands you wanted to see, it could be super hard haha! On Saturday, there was like 5 bands that I wanted to see very much that played one after all, one stage to another… And I succeeded to do it, yo! But we all found the time to relax, to drink tons more of Club-Mate, to eat those awesome vegan mini-tacos and fries vegetables with mango sauce, and UNREAL vegan cheesecakes, to grab lots of vinyls, tapes, zines… As usual there was some cools distros : I remember to have found Koepfen, Damn Fine Tapes, Moment Of Collapse, a small part of Dog Knights Productions distro / releases, Adagio830… Tina from Kalmare Print was there with her DIY patches, Christian from KIDS Artworks exhibited his silkscreen prints and other drawings, and obviously there was lots of beautiful merch 😃


picture by hnrkhlndr


And yeah, obviously, there was… THE MUSIC. And there's so much things to say… To describe every show would be too damn long I think. There's some bands I didn't see because of food and the timetable changes (so bummed that I missed LIRR :'( !), so I can't objectively say « yo, EVERY band were great! ». But I think they all were helped by the atmosphere, the mood, the happiness all around, AND that they all gave the best of themselves to have a good time. Proofs are that the bands I saw were all awesome... There was of course all the swedish bands I was so excited to see. I missed Mystery Language but I'm pretty sure I'll have another chance to see them! The « classic » of the fest, Vi som älskade varandra så mycket, had once again gave a powerful, almost epic set, always with fun and serenity. Sore Eyelids were SUPER good, even if the voice mix could have been better tho. But yeah, that was so refreshing! In the same « emogaze » vibe, but with screams, Trachimbrod played in the small stage, and omg, it was wonderful. One of my fav sets. Their music fitted perfectly with the mood, the place, the lights of a slighty warm sun… When they played « Through Walls, Floors and More », lots of people went into a passionate sing along, some of them even took the mic, for that classic « I've been waiting for this, I've been waiting for this, for all my liiiiife » . The singer / guitarist of Trachimbrod is also playing in I Love Your Lifestyle, which played before Trachimbrod, I had the feeling they were less in the mood of the songs than usual on stage but it was great anyway, Trembling Hands was one of my big suprises of the fest with their crushing, dark and heavy screamo, slightly black-metalesque in some riffs. And WOAH, Young Mountain ❤. I was waiting so hard to see them, it was epic, Kami (vocals) was truly touching, as he was almost in tears while the last song, it was a strong set in many ways. And obviously, obviously… Suis La Lune. That was an unforgettable moment. We were all waiting for that set, and they didn't disappoint. Almost one hour of intense feels and nodding. They played some of their all-time classics like « With Wings of Feather and Glue », « Cornea » or « Utter Silence Is Fragile », and it was a big party all along the set. Some people even made a human pyramid, one of the skramz seals of quality :3 .


















Okay, let's talk about what was, for me, apart from the swedish crew, the best gigs of the fest. First : FUCKING YURI. Woah, that was crazy! It was very short, but so is their discography haha! Abi was rushing into the crowd, was stage-diving hard with everyone, screaming and rolling on the floor… It was super spontaneous, chaotic, but also super safe. What a cathartic gig! AND they also had a human pyramid ¯\_(ツ)_/¯. Swain was also a killer one, I didn't expected to see so much enthusiasm and excitement, because I listen to them way more than their past as This Routine Is Hell, and for me their music as Swain is more like a « bedroom music » than a party one. But woah, I had the impression to see Turnstile rather than Swain hahaha! What a lot of 90's grooves and dance skills! The band and audience were in osmosis, the frontman was super posi in his attitude, message and prestation, all band members were giving the best of themselves… I was also blown away by Lentic Waters, that I discovered at this fest. They played their album The Path front to back, and WOW, it was heavy as fuck. Somewhere between a frenchy post-hardcore/neo-crust vibe, and a crushing, metallic hardcore. My very best discovery of the fest! Also, the very first band that played this year, Anti-Corpos, was a discovery for me, and they are active since at least 13 years!! Some of their songs, strongly rooted in powerviolence and hardcore, reminded me old french screamo bands, stuff like Anomie and Stonehenge Records bands, that was amazing!! They played with so much anger and energy. I was also impressed by Archivist, which wasn't a band I love that much musically to be honest (sorrysorrysorrysorry) : the frontwomen looks SO SERENE. I mean, she's smiling everytime! That's awesome. She's a brightful person, and so was Alex which was screaming with her. It was a beautiful set, both musically and humanly. That was very… Peaceful? Exactly what we all needed.











Ruined Families was an explosion of anger and strenght (and with a super nice frontman), I Hate Sex was heartbreaking and captivating, Thisismenotthinkingofyou was lots of love and courage, Drei Affen was breathtaking, Coma Regalia was impressive, The Tidal Sleep was powerful and crushing as always (and with a MAXIMUM VOLUME on guitars hahaha!), Saligia was another great discovery, dark and fast screamo / metalcore. And unfortunately I also missed Kepler, uragano, Boneflower and Charlotte Light & Dark... :'(















This fest couldn't be possible, and never with that lot of safeness, good vibes, good bands and good food, without the staff that is working hard for this fest since the beginning, and trying their best to keep all that makes this fest something unique. There's a lot of people that was complaining about the fact that this year's edition was sold out in a hour, some of them wanted the fest to be in a bigger place. But hey, Miss The Stars Fest isn't Fluff Fest, and it's the goal of the MTS Fest to be something smaller, intimate. They want keep that 100% DIY spirit, without becoming something too big. It's hard for them to keep everything this way, as years after years this fest is becoming increasingly popular and important. Also, I think that this choice to stay a « small fest » allow them to have a 100% free choice about the layout of the place, the prices, the line-up, the ethics… And also something very important : the male - female equality on it, which was perfect this year!

We definitely feel like a family in that fest, at least we feel somewhere where there's no fear of being who you really are, to be a women, to be a punk, to be whatever you want. Everyone is welcome, everything is here to share love. There's no hate, no gender roles, no social constructs, no machism, no sexism, no racism... ZERO form of hate and restrictions (except to be kind to each other). This is a lesson to punk and a life lesson. This is something we still need to built in shows of our cities everywhere in the world, because all those simples ways of acting are far from being fully acquired.

I don't think my words can truly retranscribe all the things that makes this fest as awesome as it is. It's just some kind of personal praise, and I just want to make you wanna go there next year with raw emotions. But yeah, that was my 2 cents about the Miss The Stars Fest 2017, a big breath of fresh air, an escape, something that reunites so much beautiful people, so much friendships, so much good bands, so much essential ethics and ideas to make this creepy world better. Thanks Alex, thanks Edouard, thanks Jessica, thanks everyone involved in this fest. You made a wonderful, inspiring, essential job. 




picture by eduard_orbitron

picture by hnrkhlndr

Blackbooze Prints ❤ - picture by eduard_orbitron

picture by tacoslosnopales

picture by eduard_orbitron

picture by la.cuca_

me reppin' da fest. 



I miss the stars.
See you next year. ❤