samedi 22 décembre 2012

Interview : Merge




Le groupe français Merge fait partie du haut du panier d'une scène post-hardcore française (toutes dérivations confondues) en plein essor. Ayant débuté au printemps dernier avec un EP, "Transmission", très bien reçu par la critique, faisant face à un public majoritairement conquis mais parfois très dur, Merge revient aujourd'hui plus fort que jamais. Nouvel album, nouveau clip, producteur renommé, page d'accueil de Blank TV...  Retour avec Anthony (chant) et Julien (guitare) sur l'actualité et le parcours de ce groupe prometteur, que je soutiens personnellement corps et âme depuis les débuts...

- Bonjour à vous deux ! Alors, pour ceux qui n'auraient pas suivi le groupe, pouvez-vous vous présenter ?

A : On se définit comme un groupe de post-hardcore, au sens large du terme, pour éviter de rentrer dans les déclinaisons que nous-mêmes ne comprenons pas toujours ;) Nous nous sommes formés à la fin 2011 et sorti un EP en mars 2012. Aujourd’hui nous avons quasiment fini notre 1er album qui verra le jour en printemps 2013.



- Tout d'abord... Eh bien félicitations ! Le clip de "Joy Illusion" est une réussite, le titre montre une orientation musicale encore plus travaillée, le line-up actuel est parfait, le premier album sera produit par MONSIEUR Matt Goldman... Comment se sent-on, actuellement, dans le groupe ? Un peu désorientés par tout ça je présume ?

A : On est tout d’abord très content et très fier. On estime avoir eu beaucoup de chance de travailler avec Matt Goldman. On lui a envoyé un mail très court avec quelques préproductions de l’album, puis après quelques échanges, le partenariat était lancé.



- Ce qui est vraiment beau chez Merge, c'est la passion, l'implication, l'acharnement. L'acharnement pour faire toujours mieux, toujours plus fort, pour vous faire plaisir avant tout. Mais sans jamais désorienter les fans. C'est une valeur qui a tendance à se perdre sur la scène post-hardcore en général. Vous vous donnez corps et âme à la musique, on le voit à travers vos prestations scéniques intenses et au travail acharné que vous fournissez pour chaque étape de l'évolution musicale de Merge. Je pense notamment à Julien, le leader du groupe, qui gère admirablement bien son projet, avec beaucoup de ténacité et de courage. Vous prenez un peu de temps pour vous dans tout ça ? Vous pensez que tous ces efforts paient, aujourd'hui ?

A : Julien est un peu « l’extra-terrestre » du groupe. Il gère quasiment tout, de la compo, au management, en passant par le booking. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg car il a aussi une profession très prenante. On a tous d’autres activités en dehors de la musique, ca demande parfois une sérieuse organisation mais c’est ce qui rend le temps très excitant au quotidien. Nous avons beaucoup investi en temps et effort dans ce projet et bien sûr, quand on voit à quel point le clip a été reçu, nous pouvons qu’être très heureux !



- On vous décrit souvent comme "sincères, vrais". C'est vrai que vous avez les pieds sur Terre par rapport à d'autres groupes. Vous êtes très heureux à chaque étape franchie par le groupe même si c'est simplement une review, on sent ce bonheur permanent de jouer, et que vous êtes très attentifs au public, aux compliments des gens, que vous êtes à l'écoute de tous... C'est important pour vous cette simplicité, ce partage, cette sensibilité ?

J : Nous faisons de la musique par passion. L’aboutissement d’un groupe c’est quand sa musique est écoutée et appréciée. Quand nous voyons des gens se déplacer, ou simplement, venir nous parler, on se dit qu’on est là où on doit être. Nous gardons toujours en tête que si on est sur scène, c’est avant tout pour nous, mais aussi pour les gens et grâce aux gens.


- Le groupe souffre malheureusement d'un problème qui devient de plus en plus dangereux pour la scène, et assez récurrent en France : Une ouverture d'esprit et un respect absolument inexistants, saupoudré d'innombrables clichés. Le public metal en général devient de plus en plus fermé, et a la critique facile, ne cherchant même plus à avoir un jugement objectif à propos d'un groupe. Avez-vous un avis sur ce problème ? Est-ce que vous êtes sensibles aux remarques négatives que l'on vous fait ?

J : Pas trop. Souvent, les groupes/personnes qui parlent de façon négative ne nous connaissent pas. C’est juste dommage qu’ils ne passent pas autant de temps à composer. On dira juste à ces gens de rester devant leur clavier à déverser leur haine ou devant leur miroir en caleçon et chaussettes à jouer sur leur guitare non-branchée.


- Parlons maintenant de cette production en or massif, pour le premier album. Vous avez réussi à obtenir les services de Matt Goldman... Être produit par monsieur Underoath, monsieur The Chariot, et autres groupes moins connus mais tout aussi excellents, c'est quand même quelque chose. Est-ce le groupe qui a fait la démarche de le contacter ? Quel a été son jugement sur l'EP "Transmission" ?

J : Il ne s’est pas attardé sur la prod de l’EP car il voulait plutôt nous écouter parler afin de cerner le son qu’on voulait et ne pas être biaisé par un son déjà fait. On a sélectionné plein de liens youtube en disant « je veux ça pour la guitare, ça pour la basse, cet effet là pour ceci, etc. ». C’était assez long mais il prenait ça avec une telle passion qu’on a joué le jeu à fond, et le résultat est exactement ce que l’on voulait. On aurait jamais espéré qu’un tel Monsieur passe autant de temps sur du détail avec un petit groupe comme le notre.



- Est-ce que le changement de line-up récent a eu des répercussions sur le son du groupe ?

A : L’arrivée de nouveaux membres a toujours une influence certaine sur le son du groupe. Mais nous étions tous d’accord sur la direction musicale du projet avant tout recrutement, dès lors, nous nous retrouvons jamais à faire du deathcore ou du country.
Ceci dit, nous aimons beaucoup innover et faire un gros travail de recherche afin d’élargir notre panel de sonorités, ça nous surprend et ça surprend les gens !


- Aujourd'hui, avec le recul, que pensez-vous de "Transmission" en général, après tout ce chemin parcouru ? Je sais qu'il a été une base très importante pour l'évolution du groupe. Il correspond toujours à ce que devient le groupe en ce moment ? Vous a-t'il servi pour la composition de l'album ?

J : On est très content de Transmission mais nous avons pris une tout autre direction pour l’album. Nous avons gagné en maturité et en expérience dans le processus de composition, ce qui donnera, on l’espère, plus une impression de travail et de rigueur. L’EP était plutôt un énorme patchwork de nos idées avec des structures parfois un peu farfelus, mais on a pris beaucoup de plaisir à le réaliser !



- Êtes-vous satisfaits jusque-là, par votre parcours, votre évolution ?

A : On l’est tous. On ne pense pas avoir brûler d’étapes comme on peut parfois le voir, nous avons toujours emprunter la porte de devant en tentant de nous faire connaitre par notre musique et nos performances en live avant tout. Et nous travaillons toujours dans cette direction.



- On peut faire quoi comme jeu de mots marrants avec "Merge" ?

A : Les gens ont été bien plus créatifs que nous à ce niveau là, mon préféré reste « Verge ».



- Vous avez prévu de faire quoi pour la fin du monde ?

J : Rester auprès des gens qu’on aime. En ce qui me concerne : Didou, mon chat.


- Allez, on arrête ici l'interrogatoire, je vous libère ! Un dernier petit mot peut-être ? Pour moi, ce sera "Merci et Joyeux Noël les gars !"

A : On se retrouve très vite en 2013 pour de belles dates et encore de belles surprises.
J : Soutenez la scène française, venez en concert, achetez des CD et des Tshirts, partager les musiques et les clips, parlez des groupes. C’est vous notre générateur.

Vous pouvez retrouver Merge sur leur page Bandcamp, et sur Facebook. Pour le clip de "Joy Illusion", c'est ici.
Merci à Julien et Anthony d'avoir pris le temps de me répondre !

Guillaume.

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