lundi 19 janvier 2015

Title Fight, Ravin, Youth Funeral : les singles à la bien du Lundi.

Kikou les copines, aujourd'hui j'ai décidé de vous de plusieurs singles en un article, parce que les découvre un peu tous au même moment, et que ça en vaut la peine. Du screamo, du screamo et pas du screamo, c'est rien que pour tes oreilles ! En espérant que tu vas aimer ce que tu vas découvrir ci-dessous.


Au sein de la scène screamo franchouillarde, on a déjà bien entamé 2015 avec Chaviré. Ce qui arrive dès maintenant et dans les prochaines semaines laisse présager une année riche en belles découvertes. On commence avec la fierté nationale (bon OK je corrige : avec l'un de mes préférés de la scène française actuelle) qu'est RAVIN, avec leur nouveau titre "Des Cendres". Le groupe semble désormais définitivement attaché à écrire leurs textes en français, en conservant leur univers musical : rapide, furieux, éthéré, voire même plus agressif encore que sur l'EP sorti l'an dernier. Ce titre sortira sur leur prochain CD 8 titres qui paraîtra chez Zegema Beach Records, et est déjà disponible sur le sampler Flip Six Three Hole, aux côtés de titres de Sore Eyelids, Nous Étions, Via Fondo, Old Soul et tant d'autres. Il est évident que je vous informerais de la date de sortie de ce 8 titres, et d'éventuels autres singles...



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On va maintenant partir de l'autre côté de l'océan Pacifique avec Youth Funeral. Ce PUTAIN de bon groupe qui comprend en son sein Raph Bastek (Old Gray). Le quartet va sortir le 27 Janvier son nouvel EP 6 titres See You When I See You, enregistré/mixé/masterisé par MONSIEUR Will Killingsworth (guitariste de Orchid et Ampere, rien que ça) qui suit la route tracée par l'excellent EP Symptom Of Time et surtout le split avec Scowler, à savoir un skramz débridé et plus lacrymal qu'une bombe lacrymo, quelque part entre Loma Prieta et Jerome's Dream. Deux titres extraits de cet EP ont été mis en ligne, et je vais sûrement claquer quelques thunes dans celui-ci. "Confidante" va à coup sûr être le tube de ce disque, et risque de rester longtemps dans ma playlist de l'année. Ca s'écoute, se savoure, se vit juste en-dessous. Fucking boner.


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Et enfin, on va sortir du screamo jeu pour aller écouter le 3ème titre issu du nouvel album de Title Fight qui sortira le 3 Février, Hyperview. Ce titre se nomme "Your Pain Is Mine Now", et puis au-delà du fait que vous pouvez désormais oublier pour de bon le passé hardcore mélo du groupe au profit de cet alt-rock 90's teinté de leur background emo que les dudes de Kingston pratiquent avec talent (oé c du shoegaze ya du chorus on diré the cure), le groupe est en train de s'attirer les foudres de son public pour avoir laissé le site Vogue mettre en ligne ce titre. Haters gonna hate, mais je pense que les mecs en ont strictement rien à branler et que c'est fait exprès (quand tu vois Jamie porter un t-shirt Whirr, ma supposition tient debout non ?). Cet album sera définitivement envoûtant et kaléidoscopique, il me tarde de l'écouter, mais je suis un peu déçu de voir que le groupe met de côté son punx feeling. ça aussi, ça s'écoute par ici (pas de lien pour l'embed, désolé...)

Bisous.

jeudi 15 janvier 2015

Code Orange, euh pardon... Adventures va sortir l'un des meilleurs disques emo de 2015.


Je t'explique le titre de l'article, si tu n'as pas compris : Adventures, un groupe d'emo/indie tout doux, tout soleil et tout crunchy, c'est l'exact opposé du groupe d'origine de 3 des 5 kids présents sur cette photo, le terrifiant et destructeur quartet hardcore Code Orange : Jami le batteur/chanteur fan de shoegaze et le mec pas content tout à gauche, Reba la guitariste/chanteuse (la fille à droite) qui ressemble fortement à mon ex et ce jusqu'aux boobs, si bien que ça en est perturbant de la voir en photo, et Joe. G.I Joe. Ce bassiste sappé comme un militaire de TRÈS grande taille qui fait extrêmement peur sur chacune des photos ou il apparaît, ce mec que j'ai vraiment pas envie de croiser à mon abribus un jour ou il s'est mal réveillé, et que t'as vraiment pas intérêt à aller charrier sur ses pompes, ses marcels ou sa coupe si tu veux pas finir ta vie avec le même nez que Michael Jackson et avec la marque de ses grolles imprimée en cicatrices sur ton front.



Bref. Adventures nous prépare donc pour le 17 Février via Run For Cover Records son premier album nommé Supersonic Home. Le groupe de Pittsburgh avait déjà commencé à teaser ce disque à Noël dernier avec "Your Sweetness", dont j'ai honteusement oublié de vous parler et qui s'écoute du coup par ici. Et voilà qu'aujourd'hui, un second titre, illustré par un tout beau clip, est proposé aux internautes. Ce titre est nommé "Heavenly", et confirme que des méchants crasseux pas beaux peuvent aussi avoir des feels et avoir du soleil dans le cœur. C'est 90's, c'est emo as fuck, c'est tendre comme tout, et c'est super catchy. Et puis, la voix de Reba est envoûtante... Viens écouter l'extrait d'un des meilleurs disques chamallows de l'année 2015 ci-dessous, et faisons-nous tous des câlins. Mais pas trop avec Joe, s'il te plaît.

Bisous, et VADE RETRO, JOE SATANAS.


mardi 13 janvier 2015

En 2015, je suis plus Chaviré que Charlie.



Yo! J'ai édité cet article le 06 Juin 2015, soit 5 mois après les événements de Charlie Hebdo, en supprimant le paragraphe ou je me revendiquais maladroitement être Charlie et flic. Merci les statistiques de mon blog, j'ai vu que mon parti-pris hâtif en ont fait marrer quelques uns sur le forum Warmzine, petits coquins. Je suis pas rancunier, c'est surtout que mes convictions ont évolué, ainsi je profite de l'annonce du passage de Chaviré le 26 Juin à Paris, et d'une explication de leurs textes reçue par mail par l'un des membres du groupe quelques jours après la mise en ligne de l'article, pour mettre à jour cet article, désormais plus en harmonie avec moi-même, et pour ne pas fausser le message du groupe en laissant une interprétation bancale de certains de leurs textes. Ce serait cool qu'on discute de tout ça le jour du concert d'ailleurs. Et merci à toutes les personnes ayant réagi à cet article dans les commentaires (témoignant des écrits que j'ai ôté de cet article) et par mail.

Tout a déjà été dit dans des centaines de médias et des millions de murs Facebook sur les terribles événements survenus entre le Mercredi 07 et le Vendredi 09 Janvier 2015, je ne vais pas écrire un point de vue perdu parmi des millions d'autres, juste faire une synthèse : j'ai été absolument terrifié et outré par ces tueries, je me suis senti grandement concerné par cette lutte pour notre liberté d'expression et pour le respect de l'autre, par ce rassemblement spontané survenu les deux premiers jours et passé au-delà des barrières de couleurs et de confessions, mais beaucoup moins par la récupération politique, le renversement de la situation qui a laissé s'exprimer au plus vif l'islamophobie, l'antisémitisme et la violence aveugle des gamins de cité nourris par les idéaux radicaux des grands frères, ainsi que par ces théories fumeuses de complot... J'aimerais que l'on soit autant unis à l'avenir sur les milliers d'autres drames humains qui se déroule chaque jour, et ne plus attendre des événements pareils pour devoir autant se bouger dans la rue... Mais je ne me fais pas trop d'illusions. La France était Charlie le 11 Janvier, mais elle redeviendra vite Chiasse.

Bref. Au terme de cette dure semaine, j'ai découvert grâce à une pote un groupe originaire de Nantes, dont j'ai vu le nom passer plusieurs fois sur des affiches emo et punk l'an dernier : il s'agit de Chaviré, un side-project de membres de l'emoviolence française oubliée de A.S.T.R.O et de 3 des 5 membres de Homesick, un groupe de hardcore mélodique à la roots dont je vous ai déjà parlé dans ces pages. Un dude qui organise la plupart des bons concerts punk/hardcore de la capitale les décrit comme de l'emo punk à la 12XU ou Amanda Woodward. Moi j'y reconnais également Belle Epoque là-dedans. Et PUTAIN, ça fait du bien d'entendre ce qui est concrètement du screamo, mais un screamo brut, sans fioritures, sans avoir besoin de partir dans des délires blackenedmachinchouette pour se donner un genre. C'est à fleur de peau, ça crie d'une voix perçante, dérangeante, souvent à bout de souffle sous tant de colères... C'est également sombre, mais pas parce que ça joue le plus crasse et le plus lourd possible, mais parce que c'est désabusé, à cran. C'est ça que j'aime dans ce genre de musique. Quand ça dégouline de cette routine et de ce désespoir qui nous crève à l'usure, et qu'on extériorise avec la spontanéité et l'instinct de révolte propre à la jeunesse.

Cette noirceur, ça contraste avec la motivation des garçons à voir autre chose que cette couleur, à essayer de se sortir du gris, de se plaindre sans que ça sonne creux. Quand ta cover FB et tout tes potes répètent en chœur "Je suis Charlie", chez Chaviré, la devise c'est plutôt "Je Suis Cioran", mais pour dénoncer le nihilisme en règle générale. Il est question de Emil Michel Cioran, philosophe roumain rongé par le désespoir et le pessimisme. L'un de ses aphorismes est répété de ce cri rauque, raclé du fond de la gorge cette contradiction pleine de sens, à une époque où il est de bon ton sur la scène ou officie Chaviré de blâmer la vie alors qu'on se complaît à la vivre pleinement malgré tout : "J'exècre cette vie que j'idolâtre". Les garçons expriment aussi dans ce manifeste au vitriol qu'est cette démo leur désir de contester la vision qu'a la société des mouvements alternatifs, de ces préjugés visant à lier le punk à un "mouvement de jeunesse", sur "Jeune À En Crever". Un moyen de dire que ce qu'ils vivent et construisent maintenant, c'est ce qu'ils veulent consolider pour l'avenir. "Qu'est-ce que je ferais de tout ces disques quand ma crise d'ado sera passée ?" Eh bien tu les ré-écouteras avec fierté mon grand, je l'espère.

Voilà le premier joli disque de la scène emo hardcore française de cette année 2015 qui annonce des horizons bien obscurs, sonnant comme un appel à la révolte,  à changer le monde autrement que sur Facebook. Un petit mais puissant témoignage de jeunes existences déjà éreintées par les affres d'un temps impitoyable, qu'use un peuple ne laissant guère augurer du meilleur pour la France de demain. Il me tarde déjà de voir comment le son de Chaviré va évoluer, mais les bases sont la, les gars semblent bien connaître leurs classiques, et ça donne ces cinq titres qu'il vous sera bénéfique de vous passer en boucle pour vous vider la tête.

"Combien faudra-t'il encore de Communes et d'insurrections qui viennent, 
pour enfin donner tort à notre manque d'action, notre lâcheté malsaine ?"

Bisous.


lundi 12 janvier 2015

Title Fight va encore un peu plus loin dans les 90's avec "Rose Of Sharon".


Bah ouais, c'est comme ça. Mais en même temps cette évolution est chouette (et était très prévisible) ! Les kids de Kingston qui, il y a quelques années, nous gratifiaient d'une musique bien plus véloce et sautillante ont déjà voulu faire comprendre que leur son a définitivement tourné du côté shoegaze de la force avec "Chlorine". Eh bien avec ce nouveau single, "Rose Of Sharon", Title Fight dévoile encore un peu plus leur immersion dans l'univers des musiques planantes des 90's, en l'illustrant avec un clip ou le quartet joue tout de blanc vêtu avec des kaléidoscopes et des yeux partout autour de lui. Un petit truc qui rassurera les fans : on y retrouve le chant hurlé de Ned Russin (également à la basse), l'une des caractéristiques-clés de l'univers du groupe, au milieu de ces guitares aquatiques, et même plutôt délicates... Une voix d'ailleurs plus en retrait qu'à l'accoutumée, pour coller à ce changement de style.

Autrement dit, sur le nouvel album, on va peut-être avoir finalement le droit à un Floral Green qui gazouille, tout simplement. Même si oui, c'est de la bonne came en bloc, j'espère que le disque dans son ensemble fera preuve de plus de personnalité, et que ça ne sera pas un simple disque "90's revival" de plus. Ça fera donc partie de l'album Hyperview, ça sort le 3 Février, et ça s'écoute ci-dessous.

Bisous.


mardi 6 janvier 2015

Putain, on est tous passés à coté de The Most en 2014, on mérite de crever.


Tsss, vous étiez tous là, à déverser des torrents d'amour et de louanges sur The Hotelier en 2014, genre que c'était le meilleur groupe emo depuis des années, tout ça... Bah non. Le meilleur groupe emo de 2014, c'est Sport qui va le faire découvrir à tout le monde sur les vidéo-reports de sa tournée US, et moi j'ai choisi d'appuyer la démarche des géniaux Lyonnais. Il s'appelle The Most, et dès l'instant où tu auras lancé leur premier EP Important Things, tu comprendras que finalement Jésus existe vraiment, et que l'ordre des planètes a été inversé à tout jamais dès l'instant ou l'EP a été pressé en vinyle. La prophétie en 33 tours.

On a tous crié au génie lorsque les premières notes de saxophones ont été soufflées dans un album d'emo, tout le monde a voulu d'un album de math-rock qui assume pleinement ses influences jazz, mais rien n'a jamais vraiment été concrétisé dans cet idéal, seulement quelques petites idées par-ci par-là. Eh bien voilà, The Most le fait. Leur premier EP est une symbiose parfaite entre math-rock, emo et jazz. Les mecs doivent avoir 20 ans de moyenne d'âge à tout casser, n'ont même pas 500 likes sur leur page Facebook, alors que leur disque est d'une maturité et d'une richesse impressionnante. C'est relaxant, voire même planant... Sérieux, pourquoi on nous a pas prévenu avant que Jésus et ses apôtres étaient descendues sur Terre pour jouer de la musique ?

Laisse les anges te dévoiler le message divin : "Find me at the end of your rope that I swear was tied to mine when I checked the last time". Ils étaient emo avant tout le monde ! Alors OK, lyricalement parlant ce n'est pas un haut niveau de poésie et on a vu bien mieux dans ce style (je te vois revenir à la charge du genre "tu vois on avait raison sur The Hotelier !"), c'est des paroles relativement simples et déjà entendues des centaines de fois, mais bon, ça marche toujours, et c'est juste ce qu'il faut pour le sing-along !

Le saxophone a ici une place toute entière tout le long de ces 4 titres enjoués, ensoleillés, relevés par une section rythmique effrénée, nourris aux riffs métronomiques parfois relevés à grands coups de réverb, croisant même quelques notes de glockenspiel au passage. Ils ont une aisance de jeu qui te scotche sur place, là ou d'autres mettraient plusieurs disques pour consolider la synchronisation de tout ses membres, voire même le rapport de chacun avec son instrument. Je m'enflamme peut-être UN PEU quand je dis que c'était le meilleur groupe emo de 2014, mais en termes d'audace, d'inventivité et de talent, c'est à coup sûr les grands gagnants. Il me tarde grandement d'écouter de nouveaux titres de ces garçons, pour voir comment ils pourraient faire évoluer leur formule. Toi qui aime Their / There / They're, This Town Needs Guns, Clever Girl ou Toe, tu dois écouter ceci, pour te laver de tes pêchés. Amen.

Bisous.

mercredi 31 décembre 2014

Le top album/EP 2014 du dictionnaire de l'emo.



Comme tout le monde, je me prête à la tradition de fin d'année. Et cette année fût extrêmement riche en sorties musicales, et ceux dans tout les domaines ! Tellement riche que, ayant choisi de faire un top 20 LP et un top 5 EP, j'ai également choisi de faire un top 20 des disques qui auraient amplement mérités leur place dans ces deux tops... Eh ouais, carrément. À savoir que mis à part les albums que j'ai illustré en grand avec leur cover, mes coups de cœur de cette année ne sont pas classés par ordre de préférence, je les ai tous autant aimé !

Je vous avoue que cette année, je suis totalement passé à côté de pas mal de choses sur la scène emo, je n'ai que très peu écouté le nouveau Empire! Empire! I Was A Lonely Estate!, je n'ai pas été embarqué dans le buzz autour de The Hotelier, et je n'ai pas suivi non plus l'engouement autour des reformations de The Jazz June et Braid qui en ont tout les deux profité pour sortir un nouvel album... Alors que celles de Mineral et American Football m'ont rendu fou ! Je vais rattraper tout ça en 2015 ! En 2014, j'ai surtout été captif au screamo, au shoegaze, la musique lourde et pesante en règle générale et au post-rock sous plusieurs variantes, et ça se ressent sur mes tops. LE disque qui m'a touché, ému, qui m'a fait hérisser les poils tout haut, c'est Reverie Lagoon: Music For Escapism Only de Seahaven. Ces mecs ont sorti un disque formidable, ou ils se sont entièrement renouvelés, sortant allègrement des codes de leur scène pour sortir un album construit pour faire s'évader, comme son nom l'indique. C'est un disque réussi, bourrés de tubes, d'une maturité étonnante. Mais derrière, il y a également eu beaucoup de disques qui ont apporté quelque chose de nouveau à leur style, avec une personnalité forte, un univers prenant... Je pense notamment à l'orchestre math-pop Audiorama des français de Mermonte, au Still de Nouns, cet arlequin tout foufou sur lequel tu peux retrouver du post-punk, du shoegaze, du 8-bit, de l'emo... Et à Totem des lyonnais de Bâton Rouge, un des meilleurs disques de la scène post-hardcore française depuis bien longtemps. Et puis il y a aussi le S/T de Ravin, l'album screamo qui m'a le plus retourné le cœur, celui sur lequel j'ai plus déprimé avec Another Language de This Will Destroy You, LE disque de "doomgaze" comme ils aiment se catégoriser eux-mêmes. 2014 a été vraiment impressionnante en termes de sorties, une des meilleures années depuis longtemps, en 2015 s'annonce tout aussi conséquente niveau disques qui risquent de poutrer, voyez ma liste d'attentes pour vous en rendre compte ;)

Et vous, c'est quoi vos disques de l'année ? Lesquels vous ont marqué ? Lesquels vous ont déçus ? N'hésitez pas à réagir dans les commentaires !

Bisous, et bonne année à toutes et à tous ! Faites gaffe avec l'alcool, prenez un vieux téléphone tout pourri ce soir si vous passez le réveillon en ville et laissez le smartphone tout beau à la maison, soyez avec des gens de confiance, et prenez soin de vous !

LPs

Seahaven – Reverie Lagoon: Music For Escapism Only




















Bâton Rouge – Totem
Mermonte – Audiorama
Totorro – Home Alone
Sport – Bon Voyage
This Will Destroy You – Another Language
Crows-An-Wra – Kalopsia
Restorations – LP3
Sore Eyelids – For Now
Nothing – Guilty Of Everything
Ravin – S/T
Sorority Noise – Forgettable
Cheatahs – S/T
As We Draw – Mirages 
Nouns – Still
La Dispute – Rooms Of The House
Yob – Cleaning The Path To Ascend
Code Orange – I Am King
Corbeaux – Hit The Head
Pianos Become The Teeth – Keep You

EPs :

Nothing / Whirr - Split




















Old Soul / Nic – Split  
Death Of Lovers – Buried Under A World of Roses  
Gazers / Fleshword / Viscera – Split 
Avion – S/T

Les 20 disques que j'aurais voulu caler dans mon top :

The Tidal Sleep - Vorstellungskraft




















Jessica 93 - Rise
Killeur Calculateur - S/T
Whirr - Sway
Lingua Nada - Goodbye Ally Airships
Plèvre - S/T
Anna Sage - The Fourth Wall
'68 - In Humor And Sadness
Plebeian Grandstand - Lowgazers
Vi Som Älskade Varandra Så Mycket - Den Sorgligaste Musiken I Världen
Full Of Hell - Full Of Hell / Merzbow
Slow Bloom - EP
Xerxes - Collision Blonde
Punch - They Don't Have To Believe
Posture & The Grizzly - Busch Hymns
Lonely Animals - Let This Love Until I'm Gone
Nous Étions - La Manière Noire
Lovechild - In Heaven, Everything Is Fine / Migraine Music
All The Best Tapes - S/T
United Nations - The Next Four Years

Mes attentes pour 2015 :

Man Is Not A Bird, Thrice, Bien À Toi, Caspian, And So I Watch You From Afar, deafheaven, Brand New, Loma Prieta, Touché Amoré, Title Fight, Turnstile, Suis La Lune, Ravin, Revok, Valley, Lingua Nada, Sed Non Satiata, Carrion Spring, Their / They're / There... 

Et j'en oublie sûrement ! ;)

samedi 27 décembre 2014

Avec "For Now", Sore Eyelids fait fuzzer tes feels et invente le twinklegaze.




Ce mois-ci, je vous ai saoulé avec ce groupe. Mais honnêtement, si t'aimes la musique émotionnelle, le shoegaze et l'emo, tu peux pas passer à côté. Sore Eyelids, c'est ce side-project de membres de Suis La Lune et Trachimbrod qui a sorti il y a deux ans un album formidable, qui faisait le parallèle parfait entre le background emo/screamo des membres de la formation, et leurs amours pour le shoegaze et le post-punk. D'ailleurs, Sore Eyelids et Trachimbrod ont sorti un split en 2013, et "Next To Nothing" semble avoir été composée par Dieu. Cette alchimie magique se concrétise à nouveau sur For Now, un disque que le groupe a annoncé avec la plus grande des sérénités à peine un mois avant sa sortie, sûrs d'eux. Seul le label qui les distribuent aux USA, Protagonist Music (le même que pour Sed Non Satiata, desfois que des français résidant là-bas qui passerait sur ce blog souhaitent se procurer leur dernier album et le split avec Carrion Spring à venir sans dépenser le double du prix du skeud en frais de port), teasait un peu dessus. Mais je pense qu'ils sont loin d'être naïfs et savaient que l'attente était très grosse pour le peu de personnes qui connaissent ce trio. Et cette attente est aisément comblée avec ce disque tout beau.

En soi, For Now n'est pas très différent de ce qu'ils font depuis le début, mais la mélancolie semble être montée de plusieurs niveaux dans leurs compositions. Ces 6 morceaux se veulent toujours super entraînants, ça pourrait presque se nommer du twinklegaze t'sais, et y'a quelques internautes qui hésitent pas à employer ce terme pour parler du disque sur les emo-Internets d'ailleurs. Mais t'as aussi le mort quand t'écoutes ça, c'est du spleen psychédélique : Henning (chant/guitare) narre sur ce disque l'histoire d'un mec qui subit des blessures intérieures, des friendzones (mes éternelles copines !), le tout à cause d'une fille qu'il aime à la déraison et dont il se rend compte qu'elle ne ressent absolument pas pour lui ce qu'elle lui laisse croire, et dont il aimerait se détacher pour ne plus souffrir. Et c'est raconté avec une telle peine que tu croirais que c'est le frontman lui-même qui a directement vécu tout ça... Notamment sur le texte de la formidable "Apart", tout en dissonances, en mélodies aussi frissonnantes qu'entraînantes...

"This won't end well, I knew that from the start. I wish this could be something that would last, but then it, it all falls apart and it breaks me in two. My heart's been broken so many times before. Just patch it up and try to move on, try not to think of you."

Sur "Waste", les trois suédois s'amusent à pousser à l'extrême leur délire : toujours plus de riffs sautillants, toujours plus de fuzz, de riffs, de réverb... Faut faire gaffe à l'overdose ! Mais le groupe s'essaie aussi avec le morceau "For Now" à des presque-ballades qui ont plus le bourdon qu'autre chose (histoire d'aller de pair avec les effets de gratte tiens), qui d'ailleurs raconte avec une mélancolie toujours aussi puissante que le dude qui souffre depuis le début du disque veut en finir avec cette fille, pour de bon, pour guérir ses plaies. "I'm so sorry I called you this late, all I wanted to say is goodbye for now. What I tried to explain was so hard. Didn't want a reply just you know that it's over now"... Un titre dont le riff de transition avec le morceau final du disque, "En Plats I Ditt Hjarta" me fout toujours les gros frissons. Un titre qui d'ailleurs nous gratifie d'une outro très calme et ambiante, qu'aurait pu composer Hammock. Des effets de guitare hypnotiques qui sonnent comme du LSD façon Kevin Shields, t'en as toujours, et heureusement, nourrissant avec gourmandise un album déjà riche en mélodies et en explosions.

C'est cette richesse, la spontanéité, la sincérité du truc, et le côté brut de décoffrage de l'ensemble, aussi brut que les sentiments qui en découlent, qui donne toute sa splendeur à ce kaléidoscope musical, qui arrive à point nommé pour faire se décoller les oreilles des emokids de leurs albums de Whirr et Nothing et qu'ils puissent découvrent ce dont ils rêvent tous secrètement sans qu'ils sachent que ce groupe existe. Je ne sais pas si ce disque buzzera plus loin que dans la sphère des fans de Suis La Lune et des sessions d'un soir d'écoutes de groupes obscurs, mais en tout cas je trouverais ça dommage que ce disque tombe dans l'oubli, tant c'est un témoignage de vie fort et un essai musical consistant et intense. Viens donc pleurer un bon coup en écoutant un mec te raconter ce que t'as vécu au moins une fois dans ta vie, histoire de te rappeler que t'es pas seul mon copain, et que le shoegaze, tout à fait paradoxalement pour le coup, peut être joyeux... Au même titre qu'un bon disque d'emo moderne.

Notons le superbe travail de Stéphane Tartelin, illustrateur français s'il vous plaît, qui a réalisé l'artwork de For Now. Il a entre autres travaillé sur les artworks de Riala, et sur le design du meilleur t-shirt du monde.

Bisous.