dimanche 3 juillet 2016


Et voilà, je me suis encore laissé déborder par le rythme des sorties trop cools du moment. Il y en a eu plein d'un coup, le rythme est hyper dur à suivre ! Et puis, je me suis laissé allé. J'ai laissé filer tout ça sans en dire un seul mot sur ce blog, honte à moi. Ça va du duo skramz intimiste au post-hardcore abrasif nourri au neo-crust façon vitriol balancé en pleine tronche, en passant par de la douceur emo french way. Messieurs dames, voici quelques albums et EP sorti ces dernières semaines, à ne surtout pas louper ! Parmi beaucoup, beaucoup d'autres... Ceci n'est qu'une "petite" sélection !

Yup, I've been submerged by the quantity of super cool releases that went out on very few time, it was super hard to follow! And then I let myself procrastinate, without saying a word about these bands this blog, shame on me. It runs from intimate skramz duo, to abrasive post-hardcore fed with violent neo-crust that hits straight in your face, through emo french way full of sweetness. Ladies and gentlemen, here are some albums and EP released in recent weeks, especially not to miss! Among many, many others... This is only a "small" selection!

ALGAE BLOOM - I am everyone I've ever met

Ça me touchera toujours en plein cœur quoi qu'il advienne, ce genre de sons. Algae Bloom propose avec son nouvel album un screamo plein de riffs enjoués, un peu minimaliste dans la prod et dans le line-up en lui-même puisqu'il s'agit d'un duo, mais grand par la quantité d'émotions, de sincérité et de mélodies mémorables qui se dégagent de ce nouvel album, faisant suite à un I'm still scared of living tout aussi beau. Et cela paraît tout à fait logique lorsque l'on se penche sur les textes des morceaux, très influencés par le vécu de Matt et Leigh, leurs erreurs, des textes qui selon eux leur servent aujourd'hui de catalyseur du doute de soi plus que d'un catharsis, le self-doubt étant un mal-être particulièrement présent dans nos sociétés actuelles, que le duo exorcise au travers de ses morceaux puissants et touchants. Hey, ça aurait presque pu être suédois...

This kind of sound will always hits me in the heart, whatever happens. With his new LP, Algae Bloom a screamo full of playful riffs, somewhat minimalist in the production and the line-up itself since it's a duet, but with big amount of emotions, sincerity and memorable melodies that emerge from this album, which follows I'm still scared of living as beautiful, a release that was also super beautiful. And all these elements seems quite logical when we read the lyrics of the songs, very influenced by the life experiences of Matt and Leigh, their mistakes, lyrics which are here for catalysing their self-doubt rather than a catharsis. Self-doubt is a malaise particularly present in our societies, the duo exorcise it through its powerful and poignant pieces. Hey, it could almost be a Swedish skramz band...

"Post a letter to myself, leave it on the mat.  Write again... Let my words pile up by the door. Never leave the house." - We Met Upon A Level

PARENTHESIS - Quiet Desperation

Eux aussi auraient pu être suédois. Voici Parenthesis, quintet originaire de Singapour, une terre ou l'emo semble de plus en plus se développer. Sur leur EP Quiet Desperation, il est aussi question de screamo aussi éthéré que mélodieux, avec un riffing rappelant ouvertement celui de Suis La Lune. Mais il y a quelques éléments sonores plus personnels, un cri plus violent, qui permet à ce petit groupe prometteur de se différencier un peu, notamment grâce à ce sample de Neon Genesis Evangelion sur "If She Is Not The Word Of God, God Never Spoke"... Bon, le frontman de Suis La Lune est également un fan de culture japonaise, mais il n'est pas allé jusqu'à sampler un anime, un point pour les asiatiques. Bien joué messieurs, jolie démo et vivement la suite !

They could have been Swedish too. Here's Parenthesis, a quintet from Singapore, a country where an emo scene seems to increasingly develop. On their EP Quiet Desperation, it's also about screamo as ethereal as melodious, with a riffing that openly remind Suis La Lune. But there are some more personal sound elements, a violent scream, allowing to this small band full of promises to differentiate themselves a bit, thanks to this sample of Neon Genesis Evangelion on "If She Is Not The Word Of God, God Never Spoke "... Well, the frontman of Suis La Lune is also a fan of Japanese culture, but he never put a sample of an anime in his band, one point for Asian dudes. Well done boys, I can't wait for the next release!

"I wondered if the repentance I seek will help me find sleep. I would give everything to feel nothing again." - Bear Mountain

DROUGHTS - All Together

Ça, c'est l'album que je découvre précisément en écrivant cette partie de l'article. Droughts nous vient de Chicago, et All Together est en fait une compilation de toutes leurs releases à ce jour : l'EP Unmoved, ainsi que les morceaux du split avec William Bonney, et du 4-way split avec Frameworks, Kittyhawk et Prawn. Je me suis rappelé à quel point ce groupe défonce. C'est entre post-hardcore et post-punk, ça vous plaira si vous aimez des groupes tels que Native ou Touché Amoré, et petit bonus, vous y trouverez 3 inédits issus du prochain album de la bande, qui s'appellera Stay Behind. Je suis déjà impatient d'écouter les autres morceaux, et cette compile saura faire attendre tranquillement, ces morceaux étant déjà impressionnants sous plusieurs faits : la tension, le groove, la singularité, l'intensité, et le petit côté moody qui s'en dégage. À ne surtout pas manquer, et à apprécier à haut volume. J'ai même l'impression d'entendre du Amanda Woodward sur "Body Full Of Glass", l'un des morceaux du split avec William Bonney... Si ça c'est pas un gage de qualité.

That's an album I discovered precisely while I write this part of the article. Droughts comes from Chicago, and All Together is actually a compilation of all their releases to date: the EP Unmoved, as well as songs from the split with William Bonney, and the 4-way split with Frameworks, Kittyhawk and Prawn. I just remembered how this band is dope. It's somewhere between post-hardcore and post-punk, and you'll like it if you dig bands such as Native or Touché Amoré. And little bonus, you'll find 3 new songs from the upcoming album of the band, Stay Behind. I'm already looking forward to listen to the other songs, and this compilation will made the wait less hard, the 3 songs being already impressive for several facts: for the tension, groove, uniqueness, intensity, and that little moody side which emerges to the whole. Really not to be missed, and you have to listen it to high volume. I even seem to hear some Amanda Woodward influences on "Body Full Of Glass", one of the songs of the split with William Bonney... If that's not a seal of quality, I don't know what to do for you.

MONT-DORE - Fractures

Ces messieurs m'ont mis une grosse claque lors de leur prestation au Miss The Stars Fest cette année, où ils se sont donnés corps et âme pour interpréter leur musique le plus profondément possible. Mont-Doré nous vient de Belgique, et nous offre avec ce premier album une suite encore plus ambitieuse, chaotique et destructrice que l'EP Escalades. Il est impossible de s'accrocher à quelconque repère sur ce nouveau disque, on est constamment poussé en avant sur des chemins cassants et rugueux, des avalanches neo-crust, et des cassures rythmiques qui évoquent le post-hardcore noise-rockesque des 90's. Que vous soyez fan de Rainmaker, de Botch ou de Fall Of Efrafa (3 noms qui me sont venus à l'esprit en écoutant ce disque, en étant attentif à la voix, la déclamation des lyrics, et l'univers musical en général), vous trouverez votre compte sur leur impressionnant nouvel album, qui se vit plus qu'il ne s'écoute. Pas facile d'accès, mais plus on l'écoute, plus la patate a d'impact, plus on se ressert en purée.

These gentlemen put me a gigantic slap at their performance at Miss The Stars Fest this year, where they are given body and soul to interpret their music as deeply as possible. Mont-Doré comes from Belgium, and provides us with this first album a sequel even more ambitious, chaotic and destructive than the EP Escalades. It's impossible to cling on any landmark on this new record, one is constantly pushed forward on brittle and rough roads, on neo-crust avalanches, and rhythmic breaks that evoke the noise-rockesque post-hardcore of the 90's. Whether you are a fan of Rainmaker, Botch or Fall Of Efrafa (3 names that came to my mind while listening to this record, being attentive to the voice, the declamation of the lyrics and the music universe in general), you will find your happiness with this impressive new album. Not easy to access, but the more we listen to it, stronger is the impact.

"This is something we share, the kindness we bid for. The hands are holding tight, so tight we want this exist forever. So let's get our muddy hands washed in the same clear water and splatter our faces with leftovers of those moments we survived." - Let's Not Slam Doors Anymore

MONTE IDA - Corinth

LA FIERTÉ LOCALE, MESSIEURS DAMES. J'en avais déjà fait l'éloge lors de la sortie de leur EP Devotion, voici l'occasion d'en faire encore plus à propos de Monte Ida, trio rennais officiant dans un screamo arrache-cœur, aux mélodies salvatrices, aux paroles à hurler à l'unisson. Ils arrivent à faire encore plus forts que la précédente release sur le fantastique EP Corinth, et je suis totalement sous le charme. Il me tarde de les découvrir en live et d'hurler quelques lyrics avec eux et de me vider de quelques démons grâce à leur skramz thérapeutique. Ça me rappelle ce que Loma Prieta faisait jusqu'à Dark Mountain, avant que ça ne devienne trop noisy, ou alors Raein, l'ère All The Footprints d'Envy... Ces 4 nouveaux morceaux sont à écouter de toute urgence, et de plus, encore une fois, on a le droit à un magnifique artwork. Un grand bravo messieurs, et merci !

THIS. IS. AWESOME. I already said a lot of good things for their EP Devotion, here is the opportunity to make the same thing about Monte Ida, a trio from Rennes that plays a completely heartbreaking and stunning screamo, with epic melodies, lyrics yelled in unison. They manage to make their sound even stronger than the previous release, in this fantastic new EP named Corinth, and oh my god, I'm totally in love. It reminds me some Loma Prieta stuff until Dark Mountain, before it gets too noisy, and also the All The Footprints-era of Envy, Raein... I long to discover them live and scream some lyrics with them and clear my few demons with their therapeutic skramz. You have to listen to these 4 new songs, NOW. And also, it's again a magnificent artwork. Well done gentlemen, and thank you!

"My skin is a breakable shape, my soul is a concrete bound, my memories are flying pieces of death, maybe hasty judgments make me blind, but what can I do when I see that interest is only found in a torn vision where time disappears?" - Lete

SOLANAS - What's Left To Leave Behind

Avant eux, quelques groupes se sont essayés au screamo avec des sonorités 80's influencés post-punk voire cold-wave, je pense à Tidemouth ou Xerxes. Solanas fait ça avec tout autant de cohérence et d'originalité depuis l'an dernier avec l'album The Distance Within Our Bodies, dans une indifférence assez malheureuse, et remet le couvert avec le nouvel EP What's Left To Leave Behind. Plus direct que l'album, cet EP semble également bénéficier d'une meilleure production. Le côté mystérieux et distant de l'ambiance cold wave des riffs est toujours omniprésent et apporte une grosse singularité à l'ensemble, mettant paradoxalement en relief les complaintes de Ollie (chant), qui nous hurlent ses peines et ses peurs avec toujours autant de passion, sur une thématique toujours quelque peu axée sur le corps humain. Un groupe décidément fort intéressant, qu'il conviendra d'écouter dans le brouillard avec plein d'arbres nus autour de soi, et qui vous touchera forcément si vous vous sentez mal dans votre peau.

Before them, some groups have tried to make screamo with sounds influenced 80's post-punk and even cold-wave, I think about bands like Tidemouth or Xerxes. Solanas did it with same consistency and originality since last year with the album The Distance Within Our Bodies, in a rather unfortunate indifference, and they're back with a new EP, What's Left To Leave Behind. More direct than the album, this EP also seems to benefit from a better production. The mysterious and distant side of the cold-wave atmosphere of the riffs are always omnipresent and brings a big singularity to the whole, paradoxically highlighting the complaints of Ollie (vocals), which screams our sorrows and fears always with great passion, still somewhat focused on the theme of human body. Definitely a very interesting band, which should be heard in the fog with lots of bare trees around you, and that will inevitably affect you if you feel bad about yourself.

"I'm incomplete: I'll never feel better, I'll never let go. Blue notes turn in my mind, Thoughts move in fives, keep me inside. Blue notes turn in my mind, a cold refrain that never dies." - Bleakest Jazz


Ce sera l'un des disques ultimes de l'été. Et pourtant, les auteurs de We Go Way Back nous viennent de Göteborg, Suède, ce qui en soi est déjà un élément déterminant dans la qualité d'un groupe d'emo. Plus objectivement, I Love Your Lifestyle, c'est la fusion idéale de tout ce qui se fait de mieux dans le crossover math-rock/emo depuis ces dix dernières années. Et en plus, c'est tout sauf niais : les paroles dénoncent la main-mise des réseaux sociaux sur nos cerveaux et nos agissements ("Nice Jacket. Not"), le misogynisme ("Common Sense"), racontent l'anxiété du temps ("Summer 03"), ou bien la routine... Sur le bien-nommé "Routine". Le tout raconté, chanté, hurlé, sur un ton jovial et entraînant, sur un torrent de mélodies cristallines, saccadées, sucrées, ensoleillées. Un véritable arlequin. Il est fort à parier que ce guitar-driven record ne vous laissera pas indifférent lorsque vous aurez besoin de réconfort. Une machine à sing-along à l'efficacité presque parfaite, qui met du baume au cœur, tant le groupe cherche à comprendre et expliquer les malaises les plus profonds de la génération dont font partie les musiciens, en les narrant de la manière la plus fun, enjouée et consolante possible. Un album revigorant, aussi profondément adolescent qu'il est paradoxalement adulte, qui risque d'ailleurs de fonctionner au-delà de l'été 2016, en tout cas pour moi. J'en suis démesurément fan, et j'espère pouvoir mettre la main dessus le plus rapidement possible. Ce sera forcément dans mes tops de fin d'année, et dans les tiens aussi.

This will be one of the top-notch records of the summer. Yet the authors of We Go Way Back come to us from Gothenburg, Sweden, which in itself is already a decisive factor in the quality of an emo band. More objectively, I Love Your Lifestyle is the perfect fusion of all the best things that we have heard in the math-rock / emo crossover since the last decade. And to add more greatness, it's fueled by personal confessions, but also by intelligent and important lyrics : they denounce the stranglehold of social networks on our brains and behavior ("Nice Jacket. Not"), the misogynism ("Common Sense"), they confess their anxiety of time ( "Summer 03"), or routine... In the well-named "Routine". All told, sung, shouted, in a jovial tone and driving by a torrent of crystalline melodies, jerky, sweet, sunny. A true melting-pot! I'm pretty sure that this guitar-driven record will not leave you indifferent when you'll need reassurance. A sing-along machine, which warm the heart and soul, since the band seeks to understand and explain the deeper malaise of our generation whose musicians are part of, narrating them in the most funny, playful and comforting way possible. An invigorating album, as deeply teen as it's paradoxically adult, that I'll surely listen way beyond the summer of 2016. I am inordinately fan, and this will inevitably be in my year-end tops, and in yours too. I'll see them 2 times in France between August and September with awesome line-ups, I'm so excited!!

"Domination techniques and misogyny, douches constantly mansplaining. It's so sad it's funny how (paradoxical) some antiracist men patronize women. Elitist macho jerks, counter productive work. We could definitely need more allies than more slops that 'simply don't care'. You've got to close your eyes to not see it. It's time to start wanting to be aware !" - Common Sense

COLORED MOTH - Fragmenting Tensions

Au moment où je commence sérieusement à m'intéresser à la scène noise-rock/post-hardcore 90's, voilà que je reçois un mail de Christopher, guitariste/chanteur de Colored Moth, plein d'enthousiasme à l'idée de me faire découvrir son groupe. Il a eu raison : MEGA DOSE DE TENSION EXTRÊME ! Concrètement, ça sonne comme un mélange de tout ce qui s'est fait et se fait de cool de cette scène : l'intensité d'un Hot Snakes, le chaos sensible de Drive Like Jehu, les basses écrasantes de Shellac, les mélodies rugueuses de The Jesus Lizard, les expérimentations de Fugazi... Le tout avec l'urgence, l'inventivité et la spontanéité de chaque groupe réunis en une fusion d'intensité qui donne un truc techniquement proche du magma. On est ainsi relativement proches du screamo dans les vociférations et les montées d'adrénalines saccadées. On a même le droit à des featurings de qualité avec Leonie (Svffer) sur "LZRDSNC", et Nixe et Simon (Nervöus) sur "Second Sight - Craving Of The Id". En clair, cet extrait de la bio résume relativement bien le contenu du disque: "We like the experiment. We like explosions. We love what we do."

Just when I started to get seriously interested by the noise-rock / post-hardcore scene from the 90's, I get an email from Christopher, guitarist / singer of Colored Moth, full of enthusiasm to the the idea of ​​making me discover his band. He was right: EXTREME TENSION OVERLOAD!, it basically sounds like a mix of everything that is done and cool in this scene: the intensity of Hot Snakes, the sensitive chaos of Drive Like Jehu, the crushing bass riffs of Shellac, rough melodies of The Jesus Lizard, the experimentations of Fugazi... all with urgency, creativity and spontaneity of each band together in a fusion to create an intensity that gives a thing close to magma. Thus, it's relatively close to screamo in the shouts and jerky surges of adrenaline. We even have the right to quality featurings with Leonie (Svffer) in "LZRDSNC" and Nixe and Simon (Nervöus) on "Second Sight - Craving Of The Id". This extract of their small bandcamp bio summarizes quite well the content of the disc: "We like the experiment. We like explosions. We love what we do.". And hey, thank you so much for the vinyl, dudes.

"Acceptance is no satisfaction. It’s (more like) conception. That’s why it’s always hard to try. I will run as fast as I can, beyond behind (the) way down to it. Then tell me if it’s worth." - Fragmenting Tensions

GRAND TERMINAL - Trompe-l'œil

Daïtro est mort, vive Grand Terminal ! Bon, c'est un peu hâtif de dire ça, mais je ne peux nier que Trompe-l'œil m'a beaucoup rappelé ce que les lyonnais faisaient sur Y, et également sur leur formidable side-project Bâton Rouge. Pour être franc, je m'attendais à être davantage emballé par ce LP aux premières écoutes. Il semblait manquer d'un petit quelque chose pour que ça décolle vraiment musicalement, La chaleur de la démo, le côté cru de la prod et la générosité des riffs qui la caractérisait, laissant place à quelque chose de plus tranchant, mais qui quelquefois semblait un peu tomber à plat... Mais j'ai été mauvaise langue : plus l'on ré-écoute ce disque, plus l'on prête attention aux riffs, plus l'on retrouve finalement l'atmosphère chaleureuse du premier disque, l'entrain général qui faisait se sentir si bien à l'écoute de ces morceaux. C'est clairement un grower, comme disent les américains : en fait, il semble tout simplement que Grand Terminal a simplifié sa musique, tout en faisant attention à ce qu'elle reste catchy. Un petit punk-rock tout mellow et ensoleillé qu'il est super cool de savourer en marchant dans la rue, pour assurer un peu ta démarche. Les petits gars font de toute façon pencher la balance vers le bon côté grâce à des paroles au top, qui invitent toujours au voyage, à l'introspection, à aller de l'avant et à se reprendre en main, le tout racontés avec insistance et passion. À écouter lorsque qu'on a besoin de courage, de se vider la tête, et que la vague emo lyonnaise vous manque.

Daïtro is dead, long live Grand Terminal! Well, it's a bit easy to say this, but I can't deny that Trompe-l'oeil reminded me a lot the music of the famous french screamo band, and their great side project Bâton Rouge. To be honest, I expected to be more excited about this LP at the first listening, it seemed to lack a little something, surely the warm atmosphere of the demo, the raw side of the prod and generosity of riffs that characterized her, giving way to something more cutting edge, but sometimes seemed a little to fall flat... but I was wrong : the more you replay this record, the more you pay attention to the riffs, the more we finally found this warmth that I missed, the general enthusiasm that made us feel so good while listening to these songs. This is clearly a grower, as americans say: in fact, it just seems that Grand Terminal has simplified his music, while making sure that it remains catchy. A mellow and sunny emo punk that it's cool to enjoy while running, or just chilling in the streets. The little guys do anyway tip the balance toward the right side with their top lyrics, which are always an invitation to travel, to introspection, to move forward and regain control to self, all told with insistence and passion. At record o listen when we need courage, to empty your head, and that the Lyon emo scene miss you.

too many good lyrics but because I have to quote only one extract...

..."La tête baissée on traîne notre peine sous des airs familiers. Des cache-misères qui nous aident à avancer. Tous les matins c'est le même refrain. On se croise sans un regard, chacun perdu dans ses rêves, chacun enveloppé dans sa bulle à chercher un sens à tout ça. Une routine assommante réglée comme du papier à musique. On file remplir nos poches trouées et chaque jour un peu plus on grave dans le sol l'empreinte de nos pas pressés. Sauf qu'ici nos boulevards n'ont pas d'étoiles. Sous les pavés la crasse." - L'empreinte de nos pas


L'Espagne est aussi douée que les voisins pour le screamo, et Drei Affen en est une preuve absolue avec leur premier disque éponyme, qui en toute objectivité: DÉFONCE. Des riffs aussi massifs et tranchants que tes groupes d'emoviolence préférés, mais un fil conducteur toujours axé sur le mélodique et le dramatique, sans jamais relâcher la pression, le tout servi par une production carrée laissant au mieux s'exprimer la densité musicale et émotionnelle de l'ensemble. Je suis absolument fan de "Mieda", au texte simple mais universel et qui doit être parfait à hurler lors d'un live, avec toutes nos peines et nos frustrations évacuées dans un même élan de catharsis, autant que le font déjà les musicien.ne.s sur ce disque. Un premier disque surprenant, poignant et éprouvant. Avec une telle démonstration de force pour un premier essai, il me tarde fortement de découvrir ce que le groupe nous réserve pour l'avenir !

Spain is also talented that the neighbors for making screamo, and Drei Affen is an absolute proof with their first self-titled album, which objectively FUCKING RULES. As much massive and sharp riffs as in your favorite emoviolence groups, but a common thread always focused on the melodic and dramatic without ever releasing the pressure, all served by a clear production leaving fully express the musical density and emotional of the whole. I am absolutely fan of "Mieda" and his simple but universal lyrics that must be perfect to yell at a show, with all our sorrows and frustrations evacuated in the same common spirit of catharsis, something that the musicians already make on this LP. A surprising, poignant and challenging first record. After hearing such a show of force for a first try, I'm really impatient to find out what the group prepares for the future!

"Voy a estallar en mil revueltas, porque no hay barrera, muro ni cerrojo que puedan frenar este campo de minas germinando! Viviendo bajo los escombros (que son cárceles) de ciudades que se confunden con cárceles!" - El Yugo


C'est tout frais, c'est très confidentiel, et cela risque d'être l'un des meilleurs disques des hardcore newcomers allemands de l'année. À la manière de Drei Affen, les allemands de Lost Boys nous balancent un skramz puissant et expéditif, mais en y ajoutant un côté plus "sale", notamment avec les larsens qui agitent de temps à autres les morceaux. Et ici, la production est nettement plus raw, venant accentuer le côté cru et virulent de l'atmosphère des morceaux de cet album. Tout est chanté dans la langue natale des musiciens, et ce disque éponyme est ma foi assez original pour une première release. Amateurs de skramz pointu et ravageur pour l'esprit et les tympans, ceci est pour vous !

It's fresh, it's very confidential, and this may be one of the best records of German hardcore newcomers of the year. In the way of Drei Affen, Lost Boys sway us a powerful and expeditious skramz, but adding a more "dirty" side, especially with the Feedback that agitates the songs from time to time. And here, the production is much more raw, accentuating the virulent and sharp side of the atmospheric of the album. Everything is sung in the native language of musicians, and this self-titled album is quite original for a first release. If you dig devastating music for the mind and eardrums, this is for you!


Toujours L'Allemagne, mais catégorie "mandale du terroir" : Masada nous fait plaisir avec son premier LP très attendu, en mélangeant un late 90's screamo à des influences plus hardcore bagarre, dans une tradition typiquement germanique, tout en conservant quelques lignes de chant clair et tremblant qu'on retrouvait sur l'excellente démo. Ajoutez à ceci un curieux interlude minimaliste entre 8-bit et shoegaze, et vous obtenez là aussi un disque singulier. Pas super facile d'accès avec ce premier morceau très offensif et écrasant, mais il se dévoile avec beaucoup plus d'aisance et montre plus de sensibilité sur les titres suivants.

Once again a german band, but in the "local slap" category : Masada pleased us with his highly anticipated firts LP, by mixing a late 90's screamo with straight-in-the-face and raw hardcore influences, in a typical German tradition, while retaining some clear and trembling vocals that we could already hear on the excellent demo. Add to this a curious minimalist interlude between 8-bit and shoegaze, and you get a singular and great record. Not super easy to access with the first very offensive and overwhelming tracks, but revealed much more ease and more sensibility on the following titles.


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