lundi 8 mai 2017

Emokids on the road: Nancy, Fiducia Fest, et radios allemandes.




 Je commence à me spécialiser dans le fait de faire des heures de trajet pour 2 - 3 jours de congés partout en France. c'est coûteux, c'est fatiguant, mais qu'est-ce qu'on se marre bien. Je l'ai fait pour le Miss The Stars Fest 2016, je l'ai fait pour Rouille, Nothing, I Love Your Lifestyle / Sport / Alaska / Gulfer… Et je l'ai refait la semaine du 10 au 16 Avril, pour ce qui restera sûrement LE line-up screamo de l'année en France : Earth Moves + Cassus + Lypurá. C'est le copain Alex, qui a fondé À Fond d'Cale Prod, qui a eu la chouette mais malheureusement périlleuse idée de booker ce concert. À la base, ça ne devait être « que » Earth Moves et Lypurá. Mais il a pu ajouter Cassus, qui allaient jouer deux jours plus tard au Fiducia Fest à Mulheim, Allemagne. Tout ce qu'il fallait pour me faire craquer et me faire aller sans aucune hésitation à Nancy…

Je suis complètement fan d'Earth Moves, qui ont sorti avec The Truth In Our Bodies un chef-d'œuvre de compositions massives, romantiques, bouleversantes, aussi tumultueuses et épiques qu’atmosphériques et éthérées. Cassus, j'espère qu'ils seront l'un des groupes phares de avenir du screamo anglais, chacune de leurs chansons sont autant de cocktails Molotov lancés avec l'énergie du désespoir dans la face du capitalisme, des stigmas de nos sociétés. Et Lypurá, c'est la petite révélation emo / screamo allemande, qui crée une alchimie qui sonne évidente entre des sonorités late 90's – early 00’s skramz, et des influences emo « moderne » qui flirte avec l'indie rock et le post-rock. Il me tardait de découvrir tout ce monde, toutes ces chansons en live. Avant d'arriver à ce moment, il fallait encaisser plusieurs heures de voiture avec un covoit' que je ne connaissais bien évidemment pas. Timidité, anxiété, impatience, sièges qui font mal aux fesses : le cocktail parfait pour que la hâte d'arriver à Nancy soit plus grande que jamais.

Lorsque je suis arrivé sur place, une constatation un peu bête : « Bah Nancy c’est pas si différent de Paris en fait ? ». Bon, je n'avais pas visité le centre-ville pour le moment. Mais c'était quand même beau à voir, en prenant en compte que Paris, c'est globalement une belle ville… Je ne vais pas commencer à me mentir à moi-même sur ce sujet. Enfin bref, me voilà arrivé à la Machine, une péniche dans laquelle se situe un petit bar-concert à l’ambiance chaleureuse, géré notamment par F.T, l'un des gaziers de Déluge (post-black metal aquatique et soigné). C'est après quelques blagues et un verre d'eau citronnée que l'on accueille les groupes. Lypurá fait les choses dans les règles de l'art : beau petit van loué, tout beau tout propre, alors que Cassus n'en a strictement rien à foutre : tout rentre dans une Opel Corsa (qui du coup est une Vauxhall, celle-là c'est pour les amateurs – amatrices du monde automobile !). Mais en même temps, ça parait pas si compliqué, sans drum set. Tout le monde jouait sur la batterie d'Earth Moves, problème réglé :) !

On discute beaucoup avec les petits amours de BVDK, à qui on a proposé de faire leur premier concert ce soir, on refait le monde et on apprend à exécuter un dab avec classe et synchronisation autour d'une bière et du fabuleux houmous qu'Alex a préparé à la maison, en attendant que l’heure tourne et que chaque groupe joue son set. Plus les minutes passent, plus l'on se rend compte que la Machine reste désespérément vide… En effet, il y a bien peu de monde qui est venu assister au concert, en dehors des groupes, et c'est désolant… Je me rends compte que peut-être, la mort de l’engouement pour le screamo n'est pas qu'un problème parisien, en France… Mais en soi : qu’importe. On a passé un très chouette moment, et ce dès le set de Lypurá, malgré des restrictions sonores pénibles dues au voisinage. En aucun cas cela n'a découragé les allemands, qui ont donné un concert plein d'énergie, d'entrain, nous donnant envie de chanter avec eux… D'emblée, moi et Alex avons été pris de l’envie de chanter avec eux en sing-along « everyone is growing older, my fingers getting older! », chose que l'on a pas fait faute de timidité, mais qu'on a excessivement rattrapé le lendemain… Les curieux - curieuses et les deux reines du screamo français (des bisous à Luna et Alexandra ! <3) présent.e.s ont manifestement bien accroché à la musique des garçons, faisant se croiser les dérivations de la musique emo, la rendant aussi poignante qu'enjouée. Et de plus, malgré l'énergie déployée, ça joue et chante très juste ! Après cette démonstration de qualité, Cassus leur a succédé, pour proposer une musique beaucoup moins sympathique dans l'esprit. Eux, ils nous proposent un screamo beaucoup plus virulent, frontal, et rapide, très ancré dans les courants de pensée et d'actions actuels du mouvement. Et le mot est faible : ils nous ont mis une claque. J'attendais personnellement de les voir depuis longtemps, mon impatience a été grandement comblée : pendant 25 minutes, le groupe a enchaîné presque sans s'arrêter ses complaintes au vitriol, avec une force d'exécution impressionnante. De longs applaudissements ont ponctué la fin de leur set, qui n'ont fait qu'accentuer l'excitation et le taux d'émotions ressenties à la seconde par nous tou.te.s… À se demander si on allait survivre, haha !

Moi et Alex, on pensait mourir après la prestation de Earth Moves, qu'on attendait impatiemment… Personnellement, comme je vous le disais plus haut, je suis aveuglément fan d'eux depuis des mois. Voilà ENFIN le moment venu pour sing-along sur leurs morceaux en live ! Et c'était à la hauteur de mes attentes, là encore. Les anglais ont joué l'intégralité de The Truth In Our Bodies, et dans ce fond de cale (damn, j'ai même pas fait exprès de faire ce rapprochement avec le label…), l'espace paraissait bien plus imposant et brumeux… C'était aussi massif que sur disque, Mark était encore plus possédé par ses textes qu'il ne l'est quand je l'écoute chanter au travers de mon casque audio. Il fallait bien évidemment que je craque à un moment donné, sous ces kilos de catharsis et d'émotions accumulés depuis le début de la soirée, et c'est arrivé quand les garçons ont joué « Pia Mater ». Ce moment à partir de 6 :06, cette explosion de feels incontrôlée, cette rage expulsée du plus profond des tripes… À chaque fois, ça me tue. Eh bien ce passage, j'ai pu le hurler, enfin. Depuis le temps que ça me démangeait !! Et ce fût avec eux. Un chouette moment de communion, qui s'est poursuivi sur le final, avec ces deux phrases qui se répètent : « And I shouldn’t be here, and it shouldn’t have happened ». C'est quelque peu vidé d'un certain poids, et tou.te.s ébloui.e.s par le set d'Earth Moves, qu'on laisse les anglais se retirer, qu'on se remet de nos émotions, et qu'on attend tranquillement le dernier concert, celui des locaux de BVDK, qui jouent dans un registre radicalement différent. C'est très expérimental, à la croisée du black metal, de la trance, et de la world music. Concrètement, l’idée est chouette sur le papier : en plus d’une diversité très intéressante et complexe à rendre cohérente, elle prend à contre-pied les traditions quelques peu nauséabondes d'une partie de plus en plus importante du public et de la scène metal qui tendent vers le conservatisme, le nationalisme voire la xénophobie, à plus ou moins grande échelle. C'est tout l'inverse que nous proposent les jeunes gazier.e.s, mais il est plus difficile pour la petite audience encore présente d'accrocher à leur univers musical. La maîtrise, la richesse, l'originalité sont là. Je pense qu’ils ont besoin de bosser un peu sur cette cohérence dont je parlais plus haut. Que leur musique ne sonne plus « OVNI », qu'elle reste singulière mais qu'elle ne choque pas. J'ai plutôt confiance, ces messieurs dames prennent de l'expérience, ils - elle sont jeunes, ça va le faire. Quoique il en soit, ce fût une chouette soirée avec elle - eux aussi. On hâte de les revoir, que ce soit pour un concert, ou pour un verre, ou que sais-je.

C'est malheureusement sur un four que nous quittons la Machine : 18 entrées payantes… On est vraiment heureux d'avoir eu cette audience-là, mais évidemment, on aurait aimé que Nancy soit plus curieuse. Alex me disait que le concert de Suicidal Tendencies, qui se déroulait le même soir, avait vampirisé le public hardcore local… J'ai trouvé ça curieux, car le public de SxT est quand même relativement différent du public skramz en général… Le screamo à Nancy semble donc autant en léthargie qu'il l'est à Paris, c'est dommage. On a besoin d'y croire encore, mais c'est dur. On part à la maison avec la joie d'avoir vu un concert qui s’est déroulé à merveille malgré les contraintes de débit sonore, mais avec cette frustration que notre milieu n’est plus aussi vivace qu'il ne l'était il n'y a pas si longtemps encore, au final… On parcourt les rues de Nancy avec deux membres de Lypurá, et ça nous fait marrer de voir le bassiste ébloui par les parcs nancéens, les terrains de baskets environnants. Il pose beaucoup de question sur la ville, ce qu’y font les étudiants, sur la vie en général ici. C'était cool.

On arrive à l'angle de la rue ou habite Alex, pleine de vieilles barres d'immeuble, ça a son charme, c'est vachement plus beau et vivant que les barres HLM de banlieue parisienne. Les garçons de Earth Moves nous attendent en se marrant, avec de gros oreillers en main. Ils ont déjà tout prévu et le font bien ! Heureusement, il n'y a plus que quelques pas à faire, la maison est à quelques mètres, les sacs commencent à peser, et les Cassus nous attendent devant. On se pose à la maison, on arrive à caler 14 musiciens dans un salon, tout passe crème, ils sont contents, trouvent la déco vachement chouette, et moi aussi. Je me réfugie dans la chambre du couple, histoire de ne pas prendre trop de place, et à cause de ma timidité maladive aussi… Et on s'endort tou.te.s assez vite, je dois dire. Normal, la journée fût longue pour tout le monde.

J’ai l'impression qu'on s'est tou.te.s réveillé.e.s paisiblement le lendemain matin. On a passé une bonne nuit. Il faut dire que c'est très calme chez Alex et Maude. Les chat.te.s, Amanda et Wilson, se chamaillent et se sont tourné.e.s autour la nuit, mais ça restait plus mignon qu'autre chose. Je suis admiratif de Amanda : CE PELAGE, CES YEUX. Quand je me suis réveillé, les Lypurá étaient déjà partis. Il restait les Earth Moves et Cassus. Ils sont hyper agréables, ces garçons. En fait, ils ont tous eu l'air d’être doux et posés au réveil. Ça fait du bien, on se faisait du bien mutuellement à se réveiller tranquillement je crois, haha :) . Et moi, évidemment, je n'ai décroché quasi-aucun mot, retranché sur mon coin de sol à frénétiquement mettre à jour mon fil Facebook pour faire mine de m'occuper alors que je me réfugiais derrière ma timidité maladive et ma gêne de parler un anglais amateur. Alex est venu me chercher, car ça le préoccupait que je sois seul, et il avait raison. Je me suis joint à eux, toujours silencieux. Et tout le monde est parti, tranquillement, les groupes ont repris la route, et je suis parti avec Alex rejoindre Maude, pour manger un bout, et me faire charcuter le torse pendant 4 heures, pour au final me faire encrer son interprétation de l'artwork de Riala, ce fabuleux disque de Suis La Lune. Et y’a pas à dire, elle a fait un boulot fantastique…

À la fin de la journée, Alex et moi étions rincés. Moi à cause de ma séance de torture, lui parce qu'il a couru partout, essentiellement pour s'occuper de tou.te.s ses proches. Mais croyez-vous que cela nous a arrêtés ? Pensez-vous. On avait en tête ce fest qui se déroulait le week-end qui arrivait, le Fiducia Fest. Le même line-up que Jeudi soir, mais avec en plus Rope, Soul Structure, Wayste et La Petite Mort / Little Death. On a hésité, on a dit non, on a vu que c'était 10€, on a calculé le trajet, on a pris la route le lendemain matin. Serions-nous fous ? Je vous répondrais simplement : « WE ARE DESPERATE KIDS DOING EXTRAORDINARY THINGS ! ». On aurait aimé prendre deux amies avec nous mais elles n'étaient pas disponibles. On part vers Mülheim avec un peu de peine de les laisser en rance, mais on est quand même vachement excités par cette nouvelle petite aventure improvisée. On prend une baguette pour le chemin, et c'est parti ! Bon, j'avoue, on a triché : on s'est arrêté pour prendre un café et trouver du Club-Mate. Il s'agissait de ne pas mourir d'épuisement sur le chemin, haha ! On a pas trouvé de Club-Mate, en revanche le café a coulé à flot dans mon corps, quand Alex a joué la carte du raisonnable, petit lait de soja-vanille. On a continué notre route tranquillement, longeant les autoroutes allemandes ma foi très ennuyeuses, et les petites routes laissant voir des paysages vraiment BEAUCOUP plus beaux. Que ce soit par le passage obligé par le Luxembourg ou les petites bourgades allemandes, qui de surcroît furent embrumées, c’était magnifique à voir. Un chouette moment de détente et d'évasion… Mais l'impatience était de plus en plus grande, et on avait de plus en plus mal aux fesses, haha ! L'arrivée à Mülheim, dans ce bout de rue balisé par les tags anarchistes qui signalaient le lieu du concert, a été un soulagement relatif, que ce soit physique ou mental… LA DÉTENTE, ENFIN. Et forcément, il a fallu qu'on arrive 1H30 à l'avance, hahaha ! On s'est retrouvé avec les groupes qu'on avait laissé la veille, heureux de nous revoir ici, on l'était aussi. C'était chouette de les retrouver hors de notre pays morose, en des lieux vachement plus propices à la fête. L’AZ Mülheim, c'est un genre de squat, très bien entretenu, magnifiquement décoré, clairement anarchiste, antifasciste. Tellement revigorant de redécouvrir ce genre de lieux qu'on a vraiment plus beaucoup chez nous. Tant qu'on y est, profitons du temps qui nous est donné. Mais ce temps fût d’abord bien long pour l'attente entre le temps où nous sommes arrivés sur place et le début des concerts. À part les groupes, on ne connaissait personne ! Et entre deux timides, bah… C'était THE awkward moment haha ! Le premier Club-Mate de la soirée, qu'on a bu pour passer le temps, nous a un peu aidé. Mais les choses se sont vite détendues lorsque le premier groupe est monté sur scène. C'était Lypurá qui ouvrait la soirée, et première constatation : ça joue deux fois plus fort qu'à Nancy. On a pas caché notre joie à vrai dire, on se disait qu'on allait pouvoir pleinement profiter de leur show ! Et justement, les allemands ont encore mieux joué qu'à Nancy, c'était beau à voir. On a voulu tenter le sing-along là aussi, sur ce « everyone's growing oldeeer », mais rien à faire, on a encore été paralysé par la timidité, haha ! Après ce premier concert qui nous a clairement convaincu que le trajet et l'attente en valait la chandelle, on a un peu fait le tour de la bâtisse pour voir ce qu'il s’y tramait ce soir, ce qui fait sa personnalité, son attrait. On a trouvé le stand de merch dans un grand espace qui s'avère être… Un skate park ! On a pas mal halluciné, d'autant plus qu’il fait face aux cuisines. Beaucoup trop cool, haha ! À notre grande joie, Ingo de I.Corrupt Records avait apporté sa distro, mais pas pour celle de notre porte-monnaie… Bon j'avoue, je me suis retenu, mais Alex a fait de belles trouvailles : le dernier LP de Amygdala et une chouette compilation 2 x 7" avec entre autres un morceau de The Death Of Anna Karina. Toujours un plaisir d'éplucher sa distro, Ingo a toujours de chouettes disques… Et c'est un garçon bien cool !

Cette petite halte au merch terminée, on est bien évidemment parti reprendre un Club-Mate, pour ensuite retourner dans la salle de concert pour y voir Wayste, un groupe local qui nous a mis une belle claque. Adam of Lingua Nada m'en parlait souvent, il me disait « Wayste c'est l’avenir du hardcore mon gars ! ». Alors c'est pas le futur, mais c'était quand même bien cool. C'est un genre de hardcore frontal, chaotique, qui cognait sec, avec quelques relents screamo. Ils ont mis tout le monde d'accord, pas un mot, juste la bouche bée et les cervicales en miette. D'autant plus que le contraste avec le groupe d’après allait être assez puissant : c'est Rope qui arrivait juste derrière. Leur truc à eux, c'est un post-hardcore tranquille, rutilant, et qui se joue avec BEAUCOUP de fuzz. Un peu comme si Self Defense Family avait choisi de faire du Cloakroom. Alex était impatient de les voir, et j'étais bien curieux également. EH BIEN COMMET DIRE QU’ON A ÉTÉ QUELQUE PEU CONTENTS ??? Oui, autant d'enthousiasme que ça, tout à fait. Mais en revanche, les anglais en avait gros sur la patate : les flics ont embarqué leur van à la fourrière car ils se sont garés sur une place réservée à un marché, et ils avaient 300€ de frais à débourser pour le récupérer… Ils l'avaient légitimement de travers, et ça s'est ressenti dans leur prestation. C'était tendu au possible, mais également plein de passion. Tout le poids de leur frustration, de leurs colères respectives, mais également de tout ce qui fait le côté plus délicat, artistique, romancé, de leur musique, tout est ressorti sous ces formes d’écumes sonores pachydermiques venant s'échouer sur nous. C'était un moment ou tout semblait quelque peu suspendu dans l'espace-temps. Et tout semblait violemment retomber à chaque riff, pour aussitôt repartir en apesanteur lorsque le frontman déclamait ses complaintes d'un chant piquant, puis transcendant. C’était vraiment chouette, ce set. Et on avait beaucoup de peine pour eux… Je voulais leur prendre une tape, pensant que celles qu'ils avaient étaient leur album, mais non, il s'agissait d’un single sorti avant… Bon, c'était le moment un peu déprime du soir, heureusement que La Petite Mort / Little Death arrivait juste après. Il me tardait de les voir, j'ai adoré leur set au Miss The Stars Fest 2016, j'adore leur math-skramz tout fou, qui par moments me rappelle pas mal les Blood Brothers. Puis ils ont l'air tellement sympas et rigolos ! Et ça s'est encore vérifié ce soir. Ils sont tout jeunes, ils débordent d’énergie et d’insouciance, et ça se sent dans leur façon de jouer, de chanter. Et quel talent ! Leur set est allé hyper vite, c'était impressionnant.

Il ne restait plus que 3 groupes à voir. Et l'un d'eux fût une énigme pour moi et Alex : Soul Structure. Si j'ai bien compris, le groupe faisait son ultime tournée, et en profitait pour jouer au Fiducia Fest. Je n'avais écouté qu'un ou deux morceaux, et je n'étais pas très fan… C'est un genre d’emo / post-punk très saccadé, avec des guitares en clean, mais ça manque de catchiness, selon moi. Mais j'attendais tout de même de redécouvrir ça, car ce genre de musique prend tout son sens en live. Pour leur set, un sans-abri est venu se mêler au public. Il était manifestement ivre, mais essayait de rester respectueux des gens autour. À chaque chanson, il s'imaginait jouer du violoncelle, il jouait de son instrument imaginaire avec fougue et passion, on dirait qu'il en a beaucoup joué avant de finir à la rue… Il dansait beaucoup, aussi, ça me faisait penser à de la danse contemporaine. Le frontman de Soul Structure lui a souvent tendu sa guitare, est souvent venu près de lui. Le bonhomme n'a eu aucun problème à profiter du concert, c'était chouette à voir. À Paris, il aurait sûrement été mis à la porte depuis longtemps… Comme je me l'étais imaginé, Soul Structure s'apprécie mieux en live. Selon les morceaux, Ils m'ont donné envie de me replonger dans leur discographie. Je retenterais de les écouter avec attention bientôt, je pense.

En attendant, mon excitation était bien trop grande : Earth Moves devait jouer juste après, et j'étais on ne peut plus heureux de le revoir. Alex l'était aussi ! On a pas bougé de l'espace de concert, en attendant qu'ils s'installent, gardant jalousement nos places tout devant. Pendant les dernières balances, Samuel nous a joué le riff principal de « With Wings Of Feather And Glue » de Suis La Lune… MAIS SAMUEL PLEASE, j'étais déjà assez niais comme ça :’) ! Quelques minutes après, les voilà prêts à jouer, et l'envoûtement fût encore plus grand que lors de leur set nancéen. Ils avaient une marge plus grande pour étaler leur mur de son onirique et massif, et en ont largement profité. Là aussi, je me suis mis au sing-along. Ça fait du bien d'oublier sa timidité, dans ces moments. Mais bref, je ne m'étalerais pas sur moi, c’était une chouette chance de les revoir aussi vite, et dans un tel lieu. J'espère que la troisième, ce sera pour bientôt…

Il nous restait un dernier groupe à voir, un dernier exutoire, qui allait mettre tout le monde d'accord, et qui était très attendu des festivalier.e.s. Je le dis au début de ce texte, Cassus est l'un des tout meilleurs groupes de screamo anglais actuels. Y'a une colère, une intensité éprouvante et captivante, une musicalité certes très violente, mais également accrocheuse, paradoxalement. L'éternelle énigme du screamo. Fidèles à leur musique, à son contenu, la scène éclairée par des guirlandes disposées le long des amplis pour leur set, les anglais ont expédié en une vingtaine de minutes leur skramz au vitriol, désespéré, alerte. Un set qui nous prend aux tripes, qui recueille une forte attention de tou.te.s. Il fût bien difficile de les laisser partir, tant leur prestation a pris de court tout le monde. Comme si ils venaient de confirmer leur statut de highlight du screamo.

Il est maintenant l'heure pour Alex et moi de dire au revoir à ce lieu alternatif, qui rien qu'en une après-midi nous a tellement fait du bien au moral. On regrettait de rentrer dans cette rance morose, bientôt soumise à la débâcle électorale que l’on connait maintenant tou.te.s si bien. Mais on est quand même rentré le cœur léger, grâce à cette journée pleine d'émotions fortes et de débilités assumées… À moitié ! Et cette nuit passée à parcourir les longues routes à écouter les émissions de nuit des radios locales comme Radio Cosmos ou RPR1 nous ont fortement aidé à tenir le coup… Quelle radio française s’amuserait à faire s'enchaîner du jazz psychédélique et du gabber à 3H du matin ?? Je vous mets au défi de me trouver ça. Lorsque l'on est rentré sur Nancy, on a rebasculé sur Chérie FM, puis Skyrock… Un petit son bien ghetto montres en or de Lacrim pour se garer, tout ce qu'il fallait pour finir la soirée en catastrophe, et on rentre, même pas tout à fait fatigués de notre trajet, au final. Merci aux litres de Club Mate ingurgités !

Mais évidemment, on est quand même tombés assez vite, et le réveil fût dur. Tôt le matin, je devais prendre mon covoiturage dans une ambiance assez froide, tant dans le climat qu’auprès des gens que j'ai croisé dans le tramway. Je me souviens de ces deux mecs encore alcoolisés, qui s'en sont pris verbalement à un homme qui l’a bousculé sans le faire exprès. Je crois qu'il y a eu des mots racistes contre lui… Trop vite, je serais de retour à Paris. Ces quelques jours d'évasion étaient chouettes, ils ont rallumé la flamme du skramz en moi, qui quelquefois tend à perdre en lueur en fonction des humeurs. Même si on a constaté que cette flamme est bel et bien morte à Nancy, certain.e.s y croient encore. Alex y croit encore de tout son cœur, et ce genre de petit bonhomme est très, très important, dans la scène punk. Un énorme merci à lui. Pour m'avoir permis de vivre ses instants inoubliables et forts. Un gros pardon pour ma timidité maladive. D'ailleurs, ça vaut aussi pour les groupes, à qui j’ai pas beaucoup parlé, au final… En espérant revoir tout ce petit monde bientôt. 

vendredi 21 avril 2017

SULLA LINEA DE LA VITA

Marcovaldo

Why people make music?
Is it for themselves, is it for others, is it against politics, is it to show anger or sadness, is it to travel, is it to meet people, is it to avoid the past, or live one present moment?

I was touring in Italia last 2 weeks with my solo project MILES OLIVER, and I discovered so many bands and people that Guillaume from Le dictionnaire de l’emo asked me to write some lines about it.

For the last 10 years, I’ve been listening and loving bands like RAEIN, LA QUIETE, THE DEATH OF ANNA KARINA, an answering soul to french screamo’s dead body.
New bands like OJNE, NOYE came to my ears, as well as post hardcore bands from Sicily who looked for shows in Paris, or really good italian death metal, noise or crust bands seen live.

One day, I listened to BE FOREST, the shoegaze trio from Pesaro, a small city from the Adriatic sea’s coast. The river-flowing guitar riffs, high haunting voices and woody drums amazed me in this band. A good friend organized a show for them, and i spent a unforgettable lovely time with them last year in their own town.

The city can look boring with beaches and a golden pomodoro (tomato) but is full of musicians or DIY lovers, like ANGELO SAVA who released a amazing tape on COWARD RECORDS. He’s a solo noise shoegaze songwriting in Italian.

Angelo Sava

Angelo Sava makes you think about MY BLOODY VALENTINE with a wall of guitars reverbing his lonely melancholy in love with cats.


COWARD RECORDS is a A to Z label from Pesaro. They engrave their own Flexi vinyls, copy and cut their tapes, create their own covers/layouts/packaging, have a distro where you can buy Maximum R'n'Roll !! They once organized a matinee show on a Sunday morning with bands like SOVIET SOVIET and you could have a cup of caffè listening to bands live! One of their friend, SCRAPE Screenprinting is also doing beautiful screenprinting at home as well as good pastas :-)

COWARD RECORDS will soon release their tenth project: a new HAVAH ep. The object is just a bliss for ears and eyes: a masterpiece of collage and montage.

Havah's flexi disc

HAVAH plays kinda cold wave from Forli: A dark voice in a dancing rhythm and a flowing bass. Check them!! A new album is coming in September



Coward Records also released a magnificient debut from LUCY ANN COMB, recorded at the label's HQ. I had the honor to play a houseshow with him in Pesaro. The 19 year old singer and painter delivers an organic folk with a velvet voice and astonishingly maturity. 


The label is run by two music lovers: Luca and Nicola. Luca plays in LANTERN, an emoviolence band from Rimini, who knows how to breathe between violence and silence.


Nicola is the guitarist of BE FOREST and BROTHERS IN LAW. BROTHERS IN LAW is an indie rock trio from Pesaro, with a touch of The Velvet Underground, Soviet Soviet and a bit of surf rock touch. 


I had the chance to play at DIY Fest in Rimini's self organized Grotta Rossa with bands like ZEUS, HAVAH, MARCOVALDO, LABRADORS, CRTVR. Bands that French people barely know.

A friend gave me MARCOVALDO's last CD and told me: "You have to listen to them". Ok, right, the cover is super cool, I'm tired of listening to the same cd's or phone's library when you drive 4 hours a day on tour.

And then... Do you know many bands that gives you a slap in a face within 10 seconds? That's how I reacted when I first listened to their last E.P. and for the next 20 times I listened to it and I shared it with my friends. A mix of emo/screamo with amazing guitar riffs, melancholic driving bass and astonishing drums. Wow!!!



Bologna was a city I wished to come back. Last year, Luca from Laboratorio L'isola, a DIY place away from the center, invited me to play at their spring opening outdoor show with many bands and a very cool electro afterparty. Luca is the singer from post hardcore band STORM {O}: loud bass, screaming voice, and tricky guitars for old school Cave In/early Converge/Drowningman lovers...



Between Rimini and Bologna is Forli, city of RAEIN, LA QUIETE, and also SERIMAL who are doing DIY screenprinting with true love. No need to present RAEIN but here is one of their albums.



In Milano, I enjoyed playing a show in the soon closing shop: SLAY. A second hand and home made jewelry shop where Camilla, the lovely owner, made everything disappear to let us play.

Miles Oliver at Slay

My old friend, Francesco, was there to host us. He's the new bass player of LEUTE's new line up. What is LEUTE? I would say post emo. Why? Because, they tend to play emo stuff with charming guitars and italian multiple voices. They will be soon on tour in France and are currently looking for missing dates.



During a Milano dinner with pizza/risotto, I met Pamela from emo punk's trio THE SMUDJAS. I always loved SLEATER KINNEY, but think about them mixed with SPORT and PRETTY GIRLS MAKE GRAVES... And you got THE SMUDJAS...



Crema is a small town 1h from Milan where Frank is organizing shows with passion. On a Sunday afternoon, I discovered 2 pop punk solo projects from Crema and Milan: NOMAD BY FATE and I LIKE ALLIE. If you like CHUCK RAGAN and TEXAS IS THE REASON.



Then Torino was next. Alessio from TUTTI IL COLORI DEL BUIO arranged a show in Da Emilia, a nice café concert in the center. TUTTI IL COLORI DEL BUIO plays punk hardcore with singing guitars. Alessio also runs a comic book shop, BELLEVILLE COMICS, in Torino, with his fiancee LUCIA BIAGI. She draws and writes colourful and powerful comics under her name.



That night I will play with Endi, whose solo band is called STARVING PETS. No song available on the web. Ok. The gig's poster is beautiful: good sign! Endi tells me he played in many bands before... Let's see tonight! After a few drinks on the Po River, he started his show after a 5mn soundcheck. How can you sound like THE NOTWIST/IRON AND WINE with just one guitar and one voice? That's what he did for 30 mn...

Still waiting for links to listen to STARVING PETS but here is his former band: FARMER SEA.



It was already time to leave Italy, but a day off allowed us to last our italian trip in Aosta Valley. We randomly stopped in the mountains (1500mn alt), and knocked at a door, to finally play a show for a couple who were preparing their hostel for summer. I saw the P.A. and asked them for a night sleep in exchange of a show just for them. We embraced fresh air, joy, food and wine with them and woke up staring at the Alpes beauty with a good caffè.

Les Alpes


I play music for these moments.




Miles Oliver


jeudi 2 mars 2017

Avec "À la fin sera l'écrit", Rouille continue de narguer le temps.



Je me souviens de ce Mercredi 1er Juillet 2015, ce jour de chaleur moite, éprouvante pour nos carcasses con-scientes. J'étais descendu de Paris depuis la veille pour assister au concert de ce groupe qui n'y avait pas pu trouver de plan pour jouer. Tous les lieux de concerts étaient alors occupés, et y'en a pas beaucoup... Les lieux alternatifs se font trop rare maintenant dans une capitale vendue au capital. Mais tant mieux, je suis allé chercher la lumière en dehors d'une ville où elle ne brille plus depuis longtemps. Ah, il a bon dos Charlie...

Je me suis rendu à Bordeaux, pour assister au concert d'un groupe qui allait me raconter ce que je vis au quotidien dans ma banlieue et à Paris. Dans un lieu qui lie salle de concert et activisme punk, avec une librairie où il est possible de trouver moult ouvrages anarchistes, révolutionnaires, situationnistes. Ce lieu, c'est l'Athénée Libertaire, un bastion révolté étouffé dans un recoin sombre des rues lumineuses et spacieuses d'un Bordeaux qui enivre ses habitant.e.s d'une euphorie en trompe-l’œil. Moi-même je me fais avoir, je préfère cette ville à Paris. C'est plus chaleureux. Mais le public était le même. On vient voir les copains-copines, on reste pas jusqu'au bout. Mais qu'importe pour eux, Rouille a donné une leçon de vie, d'engagement, de conviction, à celles et ceux qui ont bien voulu les écouter. Ces gars sont là depuis longtemps, presque aussi longtemps que je suis né pour certains, et pourtant ils sont encore là, la rage intacte, mais avec une rouille qui elle ne vieillit pas : elle ne fait que grandir et grossir autour de nous, elle nous dévore, elle évoque le temps qui passe, son poids sur nous, l'usure qui se répand sur notre peau, dans nos os. Je vous renvoie à ce texte rédigé sur la page Bandcamp de leur premier album, On Tue Ici, tout est dit. Et c'est ce thème qui inspire les garçons de Zaragoza depuis leur premier disque, sorti avec une certaine discrétion en 2014. Dans sa production plus que moyenne, j'y trouvais une cohérence avec l'ambiance et le contexte des morceaux. Avec ce ton sec, cette prose résignée.

On aurait pu croire que ce disque aurait été un témoignage éphémère d'anciens du punk qui croiraient encore à des convictions de jeunesse que beaucoup de quadras ont déjà enterrée depuis trop longtemps (cette plaie de se résigner à oublier ses idéaux parce qu’à ce qui paraît, c'est ça vieillir… C'est tellement triste), enregistré par nostalgie, par chance d’avoir un peu de temps libre. Mais non, ces garçons-là n’ont rien perdu de leur envie, leurs convictions, leur passion : les voici de retour avec À la fin sera l’écrit, un disque à la production beaucoup plus travaillée que le précédent, qui était bien mocrave, comme me l’avait confié Gérome par mail, à l'époque.  Mais le contexte reste tout aussi grave, inquiet, plombant.  La recette qui faisait l’ambiance d’On Tue Ici est réutilisée, avec un peu plus de nuances musicales. Des reflets post-punk, surtout sur « Contrôleurs de Contrôleurs » (qui contient un magnifique passage déclamé en basque par Karlos du groupe Lisabö, un groupe de post-hardcore espagnol actif depuis 1998, où il chante exclusivement dans cette langue), une influence post-rock un peu plus présente encore, notamment sur « Un lieu dit perdu », qui inspire des émotions bien plus joyeuses et élévatrices via ces riffs lumineux. Un ensemble qui respire fort ces disques de post-hardcore moody des années 90, où l’on cherchait constamment comment exprimer la colère, l’émotion, le changement, qu’il soit musical, humain, animal. Un petit effet de guitare qui fait penser à un instrument à vent apporte quelque chose de mélancolique et de réconfortant, sur l'outro du titre éponyme, c'est ce genre de petits apports mélodiques qui donne une sensibilité et une profondeur supplémentaire à ce LP. Et puis, il y a ce gros instant sing-along qui réside en le refrain d’« Un air de pisse ». « Des bars ont une haleine fétide, un air de pisse qu’on s’empresse d’habiter, peut-être pour se dire qu’en sortant ce sera forcément un peu mieux ». Il me tarde de les revoir en live pour vivre l'instant pour de vrai.

Et toujours, ces tournures de mots, ces images, cette plume. Celle qui m’a tellement influencé lorsque j'ai découvert toute la scène punk, l’emo, tout ces milieux. Elle est encore là. Un peu plus simplifiée, mais toujours vive, piquante. « On est encore un peu tendre, entendre se faire le cuir, enduire la peau reste à enduire, à tout rompre, la rupture sert de futur ». Chantée d’une voix toujours aussi perçante et graveleuse, mais plus éraillée : on n’arrête pas la rouille. Mais on peut s’en servir. C'est ce que font ces messieurs avec habileté.

Je suis obligé de citer ces mots de "Radio Paris", clin d’œil cinglant à la (f)rance, qui en dit tellement long sur la situation actuelle du pays : « Radio Paris tend à revenir hanter les salons élégants, les salauds et les temps. Radio Paris tend, Radio Paris ment, Radio Paris est tellement prompt à servir le thé et la même chanson ».

Bisous.





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jeudi 26 janvier 2017

Live report : The Saddest Landscape + Svalbard @ Paris, L'Espace B, 12 Janvier 2017



Il y a des concerts qui ont des valeurs strictement musicales, où l’on se rend pour faire plaisir à ses oreilles et ses yeux, et d’autres qui jouent beaucoup plus sur le caractère émotionnel, l’amour, le souvenir. Ces concerts où la joie, l‘impatience, et le soulagement se lisent sur chaque visage, ces rassemblements où les corps et les âmes se lient à l’unisson, et où tout explose en une fraction de seconde. Depuis maintenant 15 ans, The Saddest Landscape cultive avec attention et tendresse cet état d’esprit lors de leurs concerts. À l’occasion de ce quart de siècle, l’un des groupes les plus populaires de la scène screamo de notre génération nous a rendu visite une seconde fois à Paris, après un passage remarquable il y a 2 ans, pour fêter la vie, dans ses instants les plus douloureux comme les plus forts, faisant des peines et du manque une force, comme l’illustre la plupart des disques des américains. Chacun de leur concert est une véritable catharsis, et leur set donné à l’Espace B n’a pas dérogé à la règle, d’autant plus que le support band n’était autre que Svalbard, un excellent groupe anglais qui nous a préparé aux voyages dans les paysages les plus tristes en nous mettant sur orbite avec son… Post-crust ? On cherche encore, mais pour sûr : c’est bien du hardcore stratosphérique...


Le line-up de la formation anglaise était différent pour cette tournée : Serena (guitare/voix) ne pouvait pas être présente sur cette tournée. Le groupe a déjà joué à Paris dans une toute petite salle du quartier de Belleville à l’occasion de sa tournée européenne avec Meek Is Murder, et les conditions sonores n’étaient pas idéales, il nous tardait de revoir le groupe au complet dans une salle avec plus de place et une meilleure acoustique… Malgré son absence, les remplaçants de Serena nous ont fortement rassuré. À la guitare, on retrouvait Mark de Group Of Man, et Nicolas de The Tidal Sleep au chant. D’ailleurs ce n’est pas vraiment une coïncidence : The Tidal Sleep et Svalbard viennent de sortir un très bon split commun. Les deux messieurs ont parfaitement retranscrit l’univers, le propos, l’intensité du chant et des riffs de Serena, tout en s’intégrant à merveille au reste du groupe. Pendant une bonne demi-heure, ils nous ont emmené avec eux dans un élan effréné d’énergie, entre blast beats furieux et riffs éthérés, dans un rythme soutenu, sans que jamais cela ne soit déroutant, sans longueurs.  La plupart des titres joués étaient issus du dernier album en date de la formation, One Day All This Will End. Egalement, le titre « Open The Cages » issu du split avec The Tidal Sleep a été joué, un titre qui prouve que Svalbard s’engage sur plusieurs fronts, quand la tête d’affiche est plus centrée sur l’émotionnel et le relationnel. Redécouvrir tous ces morceaux interprétés avec conviction et passion nous a clairement redonné un regain d’intérêt pour la bande, qu’il nous tarde désormais de revoir…


Après un tel ouragan musical, il faut avouer que TSL avait une tâche ardue à assurer en leur succédant, même si peu de monde ici doutait de leur capacité à nous transporter et nous faire exulter. Il s’agit quand même de musiciens actifs depuis 10 ans de plus au moins, extrêmement rodés à l’exercice mais l’exécutant avec la même insouciance et la même envie que les premiers jours. Oui, c’est un groupe influent, mais comme ils le disent si bien dans l’un de leurs titres-hymne, « Eternity Is Lost On The Dying » : « we are desperate kids doing extraordinary things but we are just like you ». Et comme à chacun de leurs concerts, ils l’ont prouvé à Paris, une fois de plus. Une petite foule (le simple concept de foule est quelque chose d’assez inhabituel en ce moment pour du screamo dans la capitale) les attendait avec toujours plus d’impatience au fur et à mesure que les minutes passaient… Il faut dire que plus qu’un concert, un show de TSL est un soulagement face au quotidien. Et c’est avec un de leurs titres les plus fédérateurs, « In Love With The Sound », que la formation américaine a ouvert les festivités, Andy (chant / guitare) nous appelant à chanter, danser, slammer, à faire la fête. Le public fût un peu timide sur les premières notes, mais dès que ce fameux motto « We are the pulse that beats, and we are the breath that flows, and we will scream along until our heart stops! » fût déclamé par le frontman, le premier rang a donné le ton, en hurlant les paroles, les poings serrés, les mains sur le cœur, ou les bras autour des ami-e-s.

Cet élan d’amour, de laisser-aller, ne fera que monter crescendo pendant le set qui s’est étalé sur une demi-heure passée extrêmement vite sous le coup de l’euphorie. De ses hymnes cultes tels que « Declaring War On Nostalgia », à des chansons plus récentes (mais tout de même connues sur le bout des doigts par le public) tels que « ‘Til Our Ears Bleed », le groupe a pioché dans plusieurs de ses disques pour nous offrir (et s’offrir à eux-même) des instants inoubliables, des souvenirs forts… On n’oubliera pas ces sing-along passionnés réunissant toujours plus de monde au fur et à mesure que le temps passait. On n’oubliera pas ces échanges chaleureux et drôles avec cette jeune femme américaine enjouée qui s’amusait à troller la qualité des chansons des éternels emokids, qui s’est fait convaincre par l’osmose qui régnait partout dans l’Espace B, et par le talent du groupe à déverser son screamo percutant, incisif, intimiste, avec fougue, avec détermination. Et puis, forcément, on a pris d’assaut plusieurs fois la scène, autant qu’Andy fonçait dans le public, chacun.e pour hurler les paroles… Un truc cool, c’est que le micro se partageait bien !

Le groupe s’en est allé sur un encore tombé à point nommé : « The Stars In January ».  Une dernière occasion, ensemble, de décoller vers les étoiles, d’oublier nos repères, nos vies, et de foncer droit dans le mur et vers le ciel à la fois, et d’hurler : « And how many wishes until the stars fall ? ». C’est un peu ce genre de réflexions qui reviennent, quelques temps après ce concert revigorant et émouvant, en revenant à la vie normale : le poids des étoiles se fait menaçant sous la chape de plomb des vœux lourds que souhaitent des millions d’êtres humains chaque jour. La lumière est déjà éteinte depuis longtemps sur ces étoiles, nous ne voyons qu’une fois de plus ce que l’on observe chaque jour : l’illusion.


Bisous.
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jeudi 5 janvier 2017

On ne sait toujours pas qui ils sont, mais Portrayal Of Guilt défonce toujours.


UPDATE : Vous vous rappelez de cet article élogieux que j'avais écrit au tout début de l'année à propos de ce groupe texan sorti de nulle part qui mettait une dérouillée nucléaire au screamo jeu ? Eh bien non, ils n'ont pas disparu, et mon article non plus : seulement, les chansons que j'avais écouté lors de la parution de ce post étaient des morceaux pas encore masterisées, mises en ligne pour permettre aux labels de les écouter. Oui, Portrayal of Guilt a de l'ambition, et a bien raison : c'est désormais sous le label Miss The Stars Records que les américains vont venir casser des micros et des cœurs, avec un son que l'on pourrait facilement qualifier de "screamosh", pour le résumer, Je vous laisse redécouvrir ce que j'en disais à la sortie, et vous procurer ce 7" bien chouette et qui brille dans le noir par là.

● Alors que 2017 semblait commencer plutôt tranquillement, sans trop nous bombarder de soucis pour le moment, certaines personnes relativement lucides ont décidé avec insistance, sans prévenir au préalable, de nous rappeler de ne pas se fier aux apparences, et que 2017 risque d'être à l'image de l'année précédente, et de toutes les autres d'ailleurs. Grâce à l'encyclopédie sud-africaine de la scène hardcore que représente Quinn Jones, ex-The Death Of A Modernist et actuel The Sleepwalkers Guide, j'ai découvert un groupe qui vient tout juste de faire son apparition sur la scène hardcore et également sur les internets, manifestement pour tout détruire dans la discrétion et la sournoiserie.

Portrayal Of Guilt vient du Texas, c'est la seule chose qu'on sait du groupe pour le moment, et il cherche à en découdre dès le départ, c'est osé mais ça marche. Ils ont sorti ce Lundi 02 Janvier une démo 3 titres, et la surprise est proportionnelle à la claque que je me suis prise. Ces 3 chansons nous prennent du fond des tripes, les arrachent, et semblent vouloir nous pendre avec... Oui, c'est un screamo noir, défaitiste, auquel nous avons affaire, avec des influences metalcore assumées et fort plaisantes... L'ombre de Hesitation Wounds, le side-project de membres de Touché Amoré et Slipknot (oui oui) qui a sorti l'an dernier un redoutable essai de melodic hardcore violent, sombre mais malgré tout mélancolique, n'est pas loin, ça y ressemble. Une cascade crust sert d'intro à "Humanity Is Frail", croisant le fer avec ce qui sonnerait presque comme une version plus sombre et underground... D'Underoath ? Pas sûr que ce soit dans les influences des garçons, mais j'ai pensé à un riff d'une chanson de Define The Great Line...

Le chant constamment chanté en high-pitch donne une agressivité supplémentaire à un ensemble déjà saturé en lourdeur et en castagne. Et à chaque fois, on se fait surprendre par ces traversées mélodieuses qui scindent les morceaux dans leur folle lancée, "The One" en est un parfait exemple. C'est froid, percutant, étouffant, mais on redemande, et on est en quelque sorte charmé par ces instants de douceur trompeurs.

Je ne saurais pas dire à quoi cela ressemble, car leur son est au final assez unique, même si c'est au final on reconnait bien du screamo, du crust et du metalcore, le tout habilement mélangé et executé... En tout cas, c'est une démo surprenante, et à mon goût excellente, et de surcroît qui bénéficie d'une chouette production, une très bonne mise en jambe pour commencer l'année sur le ton dont il serait logique qu'elle s'aligne. Sérieusement, quoi de plus véridique que "The system will always fail you, as it has always failed me" ("Mourning Ahead") ? Il me tarde d'en découvrir plus sur les musiciens qui composent ce groupe, et ce qu'ils comptent faire après cette démo, car c'est TRÈS prometteur. Et que tu le veuilles ou non, ils prédisent déjà l'avenir.

C'est chiant, je dis "il / ils", mais si ça se trouve, il y a au moins une fille dans le line-up. AAAH, trop de suspens !

Bisous.





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UPDATE: Remember this super enthusiastic article I wrote at the very beginning of the year about this Texan group that came out of nowhere and offering an absolute banger to the screamo game? Well no, they didn't disappear, and my article either: actually the songs I had listened to when this post was published were not yet mastered, and were put online to allow the labels to listen to them. Yes, Portrayal of Guilt is an ambitious band, and it's alright: It's know under the label Miss The Stars Records that the Americans will come to break microphones and hearts, with a sound that could easily be called "screamosh", to sum it up, I let you rediscover what I said on the original post, and grab this very nice little piece of "glow-in-the-dark" wax right here.

● While 2017 seemed to begin fairly quietly, without bothering us too much at the moment, some lucid people decided with insistance to remind us not to rely on appearances, and that 2017 could be the image of the previous year, and of all the previous ones for that matter. Thanks to the South African encyclopedia of the hardcore scene named Quinn Jones, ex-The Death Of A Modernist and current sharemaster in The Sleepwalkers Guide, I discovered a band that just appeared on the hardcore scene and on the internets, with the goal to destroy everything in discretion and with some slyness.

Portrayal Of Guilt comes from Texas, it's the only thing that we know of the band for the moment, they're trying to smash out their world from the start, and it works. They released this Monday, January 2, a 3-song demo, and the surprise is proportional to the slap I took. These 3 songs take us from the bottom of the guts, tear them away, and want to hang us with... Yes, it's a pretty dark, defeatist screamo, with very pleasant metalcore influences... The shadow of Hesitation Wounds, the side-project of members of Touché Amoré and Slipknot (yes, for real) who released last year a great piece of violent, dark and uncompromising hardcore, isn't far. Yup, that kinda sounds like them. 

A cascading crust serves as the intro to "Humanity Is Frail", crossing paths with what would almost sound like a darker and underground version of... Underoath? Not sure if it was in the influences of the boys, but It makes me think of a riff in a song of Define The Great Line... The singing constantly sung in high-pitch gives an additional aggressiveness to a whole already saturated in heaviness and darkness. And each time, we're surprised by these melodious crossings that split the pieces in their crazy race, "The One" is a perfect example. It's cold, percussive, stifling, and we're in a way hypnotized by these moments of deceitful sweetness.

I can't say what it sounds like, because their sound is in the end quite unique, although if ultimately we recognize screamo, crust and metalcore, all skillfully mixed and executed ... Anyway, it's a surprising demo in my taste, and in addition, the songs have a nice sound production. This is a very good way to start the year in the tone of which it would be logical that it aligns. Seriously, what more truthful than "The system will always fail you, as it always failed me" ("Mourning Ahead")? I look forward to discovering more about the musicians who make up this band, and what they plan to do after this demo, because it's VERY promising. And whether you like it or not, they already predict the future.

It's annoying, I say "he / they", but hey, maybe there's at least one girl in the line-up. AAAH, too many suspense!

XOXO.



mercredi 4 janvier 2017

Avec "Heavenward", Youth Funeral explore encore plus la douleur et la peur.



Vous l'aurez remarqué, j'ai été très peu actif ces derniers temps. J'ai totalement perdu le rythme. Et il y a des raisons à ça. Une sévère procrastination quasi-maladive, couplée à de l'anxiété, des soirées passées à errer dans mes pensées et à chercher qui je suis, entre autres. Mais hey, je suis encore là. Et pendant ces périodes troubles, j'ai eu de parfaits compagnons musicaux. Ce disque en fait partie. Formé en 2013, Youth Funeral a déjà sorti plusieurs releases, dont la dernière en date, I Would Do It All The Time, révélait précisément ce qu'allait contenir Heavenward : une balance entre chaos hyperactif, furieux et brusque, et mélancolie contrôlée, lancinante, voire même traînante. Chez Youth Funeral jouait Raph Bastek, soit l'un des membres de Old Gray, jusqu'à l'excellent EP See You When I See You. Il n'est plus présent, mais l'identité du groupe n'a en rien été changée. J'attendais impatiemment ce disque, tant See You When I See You m'avait marqué, et je n'ai pas du tout été déçu... 

On retrouve les mêmes balances entre mélodies crève-cœur, aussi puissantes que douces, et des avalanches de rythmes et de guitares aussi chaotiques que dissonantes, sans pour autant que l'on se retrouve plongé dans du mathcore primitif... Non, là, on est simplement dans la vision la plus extrême du screamo sans que cela parte dans le tricotage ou le n'importe quoi. En fait, pensez à 3 groupes : Ampere pour le côté spontané et concis, Loma Prieta pour le côté expérimental et "bagarre avec distance de sécurité entre emokids et skrampas", et Takaru pour l'ensemble. C'est en gros un bon name-dropping pour vous mettre dans l'ambiance.

Ce disque, il est nourri à la peur, l'anxiété, la dépression... Comme le dernier Old Gray. Mais les deux disques sont assez différents : alors que Slow Burn est essentiellement basé sur le thème de la perte, la mort, le suicide, les textes de Heavenward se veulent plutôt orientés vers la peur et les troubles liés aux relations qui tournent mal, toute la peine, le doute, la perte de confiance en soi que cela peut engendrer. Ils sont courts, vont à l'essentiel, proposent de petites rengaines qui restent en tête et symbolisent concrètement des états d'âmes. Définitivement.



"Fear will be the death of me" -  "Only In Sleep Safe".

On retrouve les éléments qui ont fait la qualité et la puissance de leur second EP, mais il n'en pas pour autant une bête copie. Ils sont ici savamment poussés à l'extrême, tout en proposant un groove issu du pan un peu plus "violent" du hardcore, ces cordes à vide qui viennent apporter un poids supplémentaire sur les épaules de l'auditeur - de l'auditrice déjà étouffé par cette constriction (l'attaque Pokémon est un sacré bon exemple), potentiellement pris de cours par ce lot d'émotions brutes, et cette atmosphère pesante. Ce que j'aime profondément et ce qui me donne les larmes aux yeux et me fait serrer les poings sur "Confidante", je le retrouve ici, sur "Unthought", sur "Only In Sleep Safe", sur "Perfume"... Oui, cette urgence cathartique, où le chaos et le désordre ne se font pas repoussantes à l'oreille, celle qui te prend à l'âme, qui creuse au fond de ton cœur et ressort par ta poitrine, ta peau, tes yeux, tels des lames tranchantes te rappelant la douleur que c'est d'être, de ressentir.

Mais comme toujours avec le screamo bien fait dans le registre cathartique, cette douleur n'est pas néfaste. Elle encourage à se vider de ses démons, à les côtoyer pour mieux les recracher, à les abattre avec virulence. Après tant de conflits, on a même le droit au répit, à la sérénité, avec "Bloom". Même si, comme en témoigne ces petits accords très légèrement dissonants, le trouble n'est pas loin. La paix intérieure, elle peut s'embraser à la moindre étincelle. Et c'est ce que rappelle le titre suivant, "Armors"...

J'attendais ce disque avec beaucoup d'impatience, curieux de savoir où pourraient m'emmener ces garçons, où allaient-ils repousser leurs limites... Ce disque a eu exactement l'effet que j'en attendais : me donner l'envie de me battre, de me résigner, de pleurer, d'hurler, de me rebattre, de me reposer, d'y croire à en toucher le désespoir, à n'en plus pouvoir.

Bisous.




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mardi 3 janvier 2017

Heritage Unit est un bel héritage de l'emo d'antan.



J’avais dit que je revenais en 2017 pour la renaissance du blog. Nous sommes en 2017, mais le blog n’a pas encore connu sa mutation, je triche un peu, car je viens enfin de rattraper mon retard sur l’écoute de ce disque, et j’en suis heureux. Cet éclair de conscience m’a permis de découvrir un disque que je suis par conséquent heureux de vous faire découvrir, tellement il rend ses lettres de noblesses à l’emo. Ce disque, c’est le premier album de Heritage Unit, Everything Made Obsolete. Je connais de mieux en mieux l’un des musiciens du groupe via les internets et un groupe Facebook de partage de musique ou se croisent plusieurs skramlords. Il s’agit d’Omar, et est un vrai mordu d’emo, et ne se cache pas de le dire assez souvent sur Facebook, et je le soutiens entièrement dans sa démarche… Il aime tellement ce genre musical qu’il le joue à merveille avec ses bandmates, avec une passion débordante. D’ailleurs, grâce à lui, j’ai découvert Boilermaker, et je l’en remercierais jamais assez.

Cet album d’Heritage Unit nous fait remonter le temps, vers cette époque où l’emo était encore du punk hardcore imprévisible, tendu au possible, mais ou la sensibilité se frayait un chemin, et donnait du sens et de la subtilité dans ce chaos. C’est ce qu’ont tenté de reproduire les garçons, en y ajoutant leurs influences plus « actuelles ». Et ça marche très bien : le groove, l’énergie, la tension, la surprise, la sueur, la folie, le stress, la spontanéité… Toutes ces émotions, ces caractéristiques se mêlent dans un fracas incontrôlé, mais pas désarticulé. Une rage adolescente, qui bout continuellement sur ce disque, en laissant s’échapper quelques instants de calme.  Des compositions clairement inspirées par le post-hardcore à la Drive Like Jehu, par la colère sensible de Yaphet Kotto, et par l’emo pur jus early 90’s en règle générale.

Un cocktail détonnant, qui nous prend à la gorge dès le premier titre, « You don’t deserve my passion », et qui se fait moins acide en s’écoulant, à partir du morceau suivant, « Zero equals pedestral », l’un des tout meilleurs morceaux du disque, où l’on retrouve l’ensemble de l’univers du disque, des changements d’ambiance et de mood trépidants, entraînants, et ces cassures dignes d’un grand cru du post-hardcore qui donnent envie d’hurler, de détruire des trucs, à défaut de pouvoir faire la même chose avec la société et nos vies. On ne se perd pas dans des expérimentations qui seraient un peu trop personnelles, on est réellement dans de la spontanéité plus que de la technicité, au final. Ce qui en fait un disque accessible dans sa complexité. Comme un bon vieux disque de punk post-Revolution Summer :) . « Piss angel bathroom magic », au-delà de son titre random assez chouette, est un parfait moment d’intrigue, de tension, de post-hardcore haletant, en équilibre sur un fil conducteur qui ne cesse de menacer de céder, mais qui tient bon, malgré l’intensité qui ne fait que monter crescendo. Une intensité qui devient sarcastique sur « Don’t hesitate », où des rires malicieux et de l’entrain viennent se mêler au coup de poing sonore. « ha-ha, ha-ha-ha, begging boy, hands up, do a dance, clap your hands, clap your hands, do a dance! Is this sorta what you wanted ? »

J’ai été surpris par ce disque, que j’ai découvert après avoir bouclé mes tops de fin d’année, mais qui aurait eu toute sa place à l’intérieur, bien évidemment. Comme d’autres disques que j’ai oublié d’insérer dans ces tops d’ailleurs, haha. À priori, un nouveau disque sortira en 2017, il me tarde de le découvrir tant Everything Made Obsolete m’a fait plaisir. Il est autant anxieux qu’il est fun, et c’est pas souvent qu’on entend un contraste du genre et de qualité. Merci messieurs…

Bisous.



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