vendredi 20 mai 2016

Knola, l'emo qui a grandi mais qui n'a pas perdu son âme d'adolescent.



Lequel/laquelle d'entre vous n'a pas eu ses instants "feels" en écoutant William Bonney, Merchant Ships ou Midwest Pen Pals, ces trois groupes montés par des adolescents puis de bien jeunes adultes, presque cultes au sein de la scène emo actuelle, dont les kids parlent encore avec un grand respect ? Probablement pas grand monde, pour les emokids qui liraient ces pages. À ma très grande surprise, j'ai découvert grâce à un bien gentil lecteur le nouveau projet de Jack Senff, chanteur de ces trois formations, accompagné du batteur de Midwest Pen Pals à la basse, et du bassiste du génial groupe Xerxes (meilleur groupe screamo influencé post-punk de tout l'univers) à la batterie. Et c'est depuis l'an dernier que ce projet a émergé avec le déjà superbe EP The Black Beach. Ça s'appelle Knola, et c'est tout simplement BEAU.

To The Rhythm ne se contente pas d'être un disque d'emo/indie tendre et émouvant comme a pu l'être l'EP. Il est relevé par des effets d'ambiance et de réverb' disposés par-ci par-là par Jack, qui a probablement lui aussi revu ses classiques shoegaze entre temps (d'ailleurs, l'interlude "Earth Noise" aurait pu être composée par This Will Destroy You). L'ambiance générale reste cependant toujours centrée sur une musique simple, sans artifices, sortie du cœur. L'emo tel qu'on l'aimait il y a 5-6 ans, quand Count Your Lucky Stars Records était the place to be. Les garçons ont grandi, mais l'âme reste assurément adolescente, la voix aussi d'ailleurs. Et puis lyricalement, on retrouve des thèmes récurrents sur lesquels on a tous nos repères quand il s'agit d'emo : le doute de soi, les peines de cœur, l'anxiété...


"I wish I could tell you the truth. But I don't want to let you down. And I wouldn't know where to start. How do I say, 'I want escape' from the perfect life we lead? That I can't play house forever. That there's somewhere else I should be. I wish there was a way for you to see inside my chest. That my heart's still for you, but if I leave it's 'for the best'." - "House"


C'est vraiment pas objectif, mais sérieusement, ce disque : quel bonheur... Et un gros +1 pour la production très propre de cet album, laissant entendre clairement chaque instrument, aucun sentiment d'étouffement ne vient gêner l'écoute. Ce qui donne encore plus de bonheur. Avec le léger fuzz de la guitare qui ajoute de la chaleur à l'ensemble, ce disque est un petit bout de fragilité, de sentiments mis à nu, de voyage, de soleil, qui consolera n'importe quelle âme en peine en venant te faire un câlin virtuel. J'ai quasi-compulsivement acheté ce disque le lendemain de la découverte de ce dernier, c'était plus fort que moi (d'autant plus qu'un titre bonus est présent sur le vinyle et uniquement sur celui-ci). Si vous voulez quelque chose de sensible, doux et ensoleillé pour redonner quelques couleurs à ce printemps pas très éclatant jusque là, allez sur le champ écouter ce disque. Qui n'aime pas les câlins en 2016 ?

Bisous.

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samedi 14 mai 2016

Miss The Stars Fest III : report du pays des étoiles, 2ème partie.



1100 km en bus, ça uuuse, ça uuuse ! Bah ouais hey, 14 heures assis sur un siège difficilement réglable, être réveillé toutes les 3 heures par le chauffeur de bus parce que c'est obligé par la loi (si tu arrives à dormir), je suis désolé mais c'est extrêmement fatiguant. Mais il nous en fallait bien plus, à moi et à mon compagnon de voyage (coucou David !), pour nous décourager : on a tenu toute la 1ère journée du Miss The Stars Fest OKLM, on a tenu debout jusqu'à 3h du mat', et le lendemain, c'était debout 10H pour marcher jusqu'au Goodies le plus proche pour le déjeuner, et ensuite se rendre chez Bis Aufs Messer. Un marathon diront certain.e.s, moi je te dirais juste : YOLO. We sleep when we're dead yo, il fallait profiter un max du temps qu'on avait, et on l'a fait. Avec quelques nouveaux disques et l'estomac bien rempli, nous voila ainsi prêt pour vivre la 2ème journée du fest, qui a commencé par le concert de They Sleep We Live, dont je n'ai pu voir que le dernier morceau. Ces messieurs remettent au goût du jour un screamo quelque peu old school, avec un cri rauque plus orienté crust, entre passages instrumentaux mélancoliques et explosions lentes mais intenses. Leur seul release disponible à ce jour s'appelle "And the curtains falls...", un titre qui figure sur un 7" split avec Vi Som Alskade Varandra Sa Mycket. Le peu que j'ai entendu de la bande m'a cependant envie d'en entendre davantage, eux aussi seront à surveiller de près !

Les messieurs qui ont succédé au jeune groupe allemand se sont discrètement mais assurément fait un nom dans leur scène, et nous viennent de Belgique. Ce pays à qui l'on doit Isaiah, Amen Ra, The Black Heart Rebellion... On va désormais le remercier pour Mont-Doré. Le quintet s'amuse à construire et déconstruire des univers musicaux, à tracer des chemins cassants, rugueux, à nous surprendre, à ne jamais faire dans la dentelle. Et surtout, ils s'appliquent à rendre leur musique toujours plus personnelle et introspective. Leurs concerts et leur musique ne font qu'un, mêlant habilement visuels et sons. Nous noyant entre un rouge clair et un noir profond, le groupe nous a interprété quelques titres de son écrasant nouvel album, Fractures, mélangeant habilement screamo, neo-crust, post-hardcore allant aussi bien piocher chez Helmet que chez Botch, et même quelques accents black metal. Un melting-pot des ténèbres envoûtant, et même éprouvant, appuyé par ces couleurs aussi captivantes qu'oppressantes. Le frontman de la bande se pliait littéralement en 4 pour nous raconter ses paroles, s'approchant le plus possible du public, hurlant à s'en arracher les cordes vocales, se retrouvant les genoux à terre. Une prestation qui nous a directement mis dans le vif du sujet, un gros parpaing dans la tronche auquel We Had A Deal avait la lourde tâche de succéder. Le trio allemand n'est pas né de la dernière pluie, et sait faire bouger les foules avec son hardcore mélodique teinté de screamo, nourri par quelques samples. Leur frontman est assez impressionnant dans sa manière de fixer le public (ou de fixer le vide, on ne sait pas), mais se démène lui aussi pour assurer le spectacle, dans un enthousiasme certain, allant de pair avec la musique axé "combat et esprit posi" de la musique de son groupe, sommes toutes assez classique mais pêchue et efficace. de quoi nous garantir de garder la forme, bien qu'un passage aux stands de nourriture (utiliser le terme "bouffe" serait clairement vulgariser les denrées qu'on nous proposait) était quand même nécessaire... Ce qui nous a malheureusement valu de louper le dernier show européen de Careless... Il fallait malheureusement faire un choix, et nous ne voulions rien rater de la suite de la soirée.




Car le meilleur restait encore à venir : Crows-An-Wra. AAAAAH, J'AI VU CROWS-AN-WRA ET C’ÉTAIT TROP BIEN. Sérieusement, Kalopsia était presque le meilleur album de 2014, cet espèce de screamo progressif venu de l'espace avec toute la folie vocale du chanteur noyée sous des tonnes de réverb' et le skill deluxe du guitariste Gregory Milne de feu-Crocus/Ravachol (un pote a d'ailleurs eu une exclu concernant Ravachol après le concert de Crows-An-Wra mais chut, je les laisse faire le boulot :D), ces rythmiques ultra-dansantes et cassantes à la fois, ce petit quelque chose à la At The Drive-In, ça existe nulle part ailleurs, c'est dément ! Et ils ont correctement tenu leur rang, les bougres. Un set explosif, plein d'énergie, mené par MONSIEUR Jacob Porter, ce frontman de feu, qui a visiblement choisi l'humour et l'ironie en se pointant avec une magnifique chemise manches courtes à fleurs  accompagné du short slim court noir de rigueur, contrastant évidemment avec les 98% de personnes vêtues de noir présentes au fest. Il commençait déjà à faire assez chaud, ces messieurs en ont allègrement rajouté, Jacob se mouvant dans tout les sens, complètement hanté par sa musique, n'hésitant pas par ailleurs à ouvrir sa chemise, ce qui lui aura valu quelques remarques négatives de la part de spectateurs très sensibles qui ont vu cet acte d'un mauvais œil, mais juré, il n'y avait pas de machisme dans l'air, juste de la spontanéité et de la sueur. Autant je ne suis vraiment pas fan de leur tout dernier 7", Kakotopia, qui a perdu tout son côté "spacey" à mon sens, autant il rend 10000 fois mieux en live. MERCI messieurs, j'espère vous revoir au plus vite, oh oui !






À peine ce set génial était-il fini, que moi et l'autre petite pote présente avec moi pour ce fest nous sommes précipités au Basement pour voir un groupe qu'elle ne voulaît absolument pas rater et que je ne connaissais pas de nom : La Petite Mort / Little Death. Je me demande toujours pourquoi le groupe a choisi de se répéter dans son nom, mais c'est pas très important au final, car leur musique était tout aussi surprenante. Entre post-hardcore plein de tension, screamo cathartique nourri à hautes doses de mélodies, et le flow impressionnant du frontman/guitariste, le jeune trio s'est démené pour nous offrir un set également plein de surprises pour quiconque ne connaissait pas encore leur musique, ce qui fût mon cas. Et hop, une petite découverte en plus, merci Mélanie ! Et ce n'est pas fini, car un autre petit groupe allait jouer sur la minuscule scène 20 minutes plus tard : Scared Of Everything. Dans le line-up de ce groupe anglais figure Steffen, guitariste chez Solanas, un autre groupe anglais de screamo qui aurait mangé de la cold-wave sur son chemin dont je vous parlerais bientôt. Eh bien avant que le set de Scared Of Everything ne commence, ce monsieur m'a offert une tape du dernier EP de ce groupe, comme ça, pour le plaisir. Ça m'a franchement fait plaisir et presque intimidé, je fus joie et félicité ! J'avais totalement oublié qu'il jouait dans SOE... Agréable surprise de le voir dans le line-up de ce groupe qui a tout simplement remporté l'award des meilleurs t-shirts de groupes : Steff portait un t-shirt Cassus, leur batteur avait un t-shirt de Tool, et le chanteur avait ce FANTASTIQUE t-shirt de xDEVOURx, soit l'un des meilleurs groupes de metalcore straight-edge au monde, avec écrit au dos un glorieux et agressif "DEATH TO FALSE METALCORE", prends ça dans ta gueule le fan de Parkway Drive, suce ta whey et bois de l'eau minérale ! Bref, assez d'élucubrations, le set de Scared Of Everything, c'était LE screamo. Sérieusement, je me suis cru dans ces vieux live d'il y a 10-15 de groupes comme Saetia, ou le groupe et la foule ne font qu'un, hurlant tous à l'unisson, au bord des larmes, avec un frontman qui n'hésite pas à foncer dans le public (je l'ai appris à mes dépends, mais pas de problème dude c'est cool !). Une énergie et une communication avec le public au sommet, une prestation d'une intensité assez folle, la meilleure manière de se faire découvrir. Un grand bravo messieurs, et encore un bisou, Steff.

BIEN. Ça fait déjà un paquet de beaux concerts, et je suis toujours autant frustré que Sport ne soit pas de la partie... Mais c'est encore loin d'être fini ! On file vite vers la Mainstage pour voir ce qui sera le dernier set, genre le toute dernier ever, de What Price, Wonderland?, petite légende de la scène UK, en plus d'être des copains des grands patrons de la soirée, j'ai nommé Raein. Avec eux, on est clairement dans un registre post-hardcore dans lequel semble s'être spécialisée la scène anglaise via des groupes tous aussi fantastiques les uns les autres, tels que Human Hands, Plaids, Carson Wells ou encore une fois Crows-An-Wra. Du math-rock enjoué par ci, un ton confident entre deux cassures rythmiques par-là, des riffs totalement skramz par surprise... Et c'était propre, net, sans bavure ! Un dernier concert au top de la part d'un groupe que pas mal de personnes découvraient ce soir-là. De plus, leur merch était au rabais, une petite queue s'était formée devant leur stand pour leur chopper les derniers LPs et t-shirts qui leur restait. Une demi-heure pour prendre l'air et faire un dernier tour des distros, et voici qu'arrive messieurs dames le set de ██████... Oui oui, ce groupe n'a pas de nom ! Enfin sur Facebook, ils s'appellent "nic". Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un groupe envoyant un crossover entre black-metal, sludge et hardcore d'un registre stellaire et épique, en témoigne le fabuleux disque qu'ils partagent avec Old Soul. La demi-heure de set qu'ils nous ont offert paraissait en durer 2 de plus, tant leur univers sonore semblait avoir arrêté le temps. Même si il y avait un peu trop de lumières et de distance avec le public à mon goût, ça n'en était pas moins puissant et prenant. La prestance du grand, TRÈS grand frontman était un petit plus.

   

 Nous balancer autant de noirceur et de massifs sonores avant le dernier groupe de la soirée qui joue sur un registre bien plus mélodique était un peu risqué, mais c'est finalement passé crème. C'est la headline facile d'un festival emo-related, le groupe culte de la scène de ces 15 dernières années , le groupe à voir au moins une fois dans sa vie : RAEIN !

Les papas, toujours au top de leur forme, sont venus jouer les morceaux issus de leur période "adulte", loin de Il N'y A Pas De Orchestre, celle où le rythme est plus tranquille et serein, mais où la tension et la colère sont toujours vifs, des morceaux de Sulla Linera d'Orizzonte [...], de Perpetuum. Ils ont également interprété le titre "Comete", présent sur le split avec Ampere sorti cette année et qu'ils jouaient pourtant plusieurs mois auparavant, Et évidemment, leur tube ultime, le fameux "Tigersuit", bien timidement accueilli par le public ! Mais ça n'a pas freiné les italiens, qui paraissaient moins dans leur bulle que la dernière fois où je les ai vu, en 2014 à Paris. C'est avec un petit accent festif, des sourires et du riff que s'est déroulé ce dernier show, clôturant la troisième édition d'un festival qui va toujours plus haut, toujours au-dessus de ses promesses.

Un petit festival punk sans prétentions bien trop beau pour ne pas y aller l'année prochaine, c'est ainsi que je peux le résumer le plus brièvement possible, d'autant plus lorsque le soleil y brille. J'arrive pas à trouver un reproche... Bah, le Basement est un peu trop petit, mais hey, c'est les règles du jeu habituelles des caves de bar, c'est fidèle à notre quotidien ;) . Puis bon, un son si propre pour une si petite superficie, c'est quand même assez fabuleux. Aucun reproche possible au final, c'est juste du bon temps, de la bonne musique, les vacances, les vraies. Un grand merci à Alex et toutes les personnes qui l'ont aidé, et rendez-vous est déjà pris pour l'année prochaine !

▶ Mon report de la première journée du fest, c'est par ici !


Bisous.

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vendredi 13 mai 2016

Miss The Stars Fest III : report du pays des étoiles, 1ère partie.



Vous connaissez toutes et tous le fameux festival Groezrock, la grand-messe du punk et du hardcore en Europe. Vous connaissez probablement le Fluff Fest, a.k.a le lieu de culte de toute la scène screamo et des sous-genres extrêmes du punk. On peut aussi citer le New Noise Fest, le Cry Me A River, le Ieperfest... Mais connaissez-vous le Miss The Stars Fest ? Lancé il y a 3 ans à l'initiative d'Alex, jeune allemand fondateur et rédacteur du blog (We Built The World And) Miss The Stars, spécialisé dans le domaine de l'emo/screamo, il commence sérieusement à se faire une belle place au sein des grands rassemblements punk du vieux continent. La sélection pléthorique et pointue du blog se retrouve sur chaque line-up depuis la première édition, le tout avec une organisation exemplaire. La 3ème édition qui s'est tenue cette année le 6 et le 7 Mai, toujours à Berlin, a tenu toutes ses promesses, et bien plus encore, même si je suis ultra-frustré que Sport ait annulé sa venue et que je sois maudit avec eux. Esprit DIY, 100% vegan, 0% préjugés, soleil de plomb et ambiance maison : bienvenue dans le nouveau petit paradis annuel du festivalier punx !

C'est quelque part au fin fond de Berlin, derrière ce qui semble être un terminus de la société locale de bus, assez glauque de par sa vétusté et son aspect "parking sauvage", dans un quartier qui semble être relativement prisé du milieu punk/hardcore berlinois et quelque peu équivalent à nos banlieues parisiennes, la ghettoïsation en moins, qu'il fallait se rendre pour assister à cette 3ème édition du petit festival. Plus précisément au Tiefgrund et au Zunkunft am Ostkreuz, deux petits locaux formant une charmante friche aménagée en lieu d'échange culturel (à l'image de ce qu'était la Miroiterie à Paris), ou se déroulent concerts, animations, projections, théâtres, avec même un petit bar/restaurant ouvert au tout-Berlin. Un lieu on-ne-peut-plus approprié pour un rassemblement punk, d'autant plus lorsque il s'agit de mouvements tels que le screamo, où la plupart des acteurs du milieu, le public comme les musiciens et les organisateurs, essaient d'aller au-delà de la musique dans leurs actions quotidiennes pour faire évoluer notre monde. Mais le Miss The Stars Fest n'a aucune portée revendicatrice et politique en tant que tel, c'est un rassemblement peaceful au possible, et c'est génial. Et c'est bien dans un esprit purement familial dans lequel j'ai eu la joie et l'honneur de me plonger pour vivre intensément ces 2 jours d'émotions fortes, de musique épique, de partage et de découvertes.

(n'hésites pas à zoomer pour mieux voir les images, y'a une pixellisation dégueulasse sur les miniatures.)








Soyons franc d'emblée, le public du MTS Fest est clairement un microcosme bien établi : 98% du public partage exactement la même culture, les mêms éthiques, est quasi-exclusivement vêtu de noir, avec des t-shirts de groupes (au strict minimum un patch sur un vêtement), des moustaches savamment travaillées et un éventail de coloris capillaires assez vaste. Il faut avouer que ce fût un excellent repère pour trouver la bonne adresse, et pour ne pas vous perdre au LIDL ou aux concessions automobiles d'en face. Mais attention, aucun esprit d'élitisme : ce fût réellement une ambiance bon enfant qui régnait sur ces lieux. Des embrassades chaleureuses (le monde de l'emo/screamo est extrêmement petit en Europe, tout le monde connaît au moins une personne dans ce genre de rassemblement), des fous rires, des centaines de noms de groupes qui se baladaient dans l'air... Une vraie réunion de passionnés ! La plupart venaient d'Allemagne, représentant fièrement des groupes locaux tels que PAAN, The Tidal Sleep, Lingua Nada... Mais d'autres venaient de beaucoup plus loin : Suède, Autriche, Belgique, Angleterre, Espagne... Et bien évidemment la France, pardi ! Mais en nombre très restreint. En ne comptant pas les membres de Mort! Mort! Mort! et Potence qui jouaient sur ce fest, nous devions être 5 français au total (dont moi et 2 amis)... Allez, on prévoit plus de covoiturages pour l'année prochaine !




Mais nous sommes encore bien loin d'y être, concentrons-nous sur l'édition 2016 qui nous a réservé énormément de beaux moments, voulez-vous ? Pour assister au premier concert du festival, il fallait se rendre à la Mainstage, une sorte de hangar aménagé en une salle de concert spacieuse et très chaleureuse, avec des guirlandes de couleur chaude et un lampadaire de style pagode (celui que vos grands-parents ont sûrement dans leur salon) décorant la scène. Une fois passée l'étape de la checklist (le nom des participants était inscrit sur une liste, pas besoin de tickets !), nous empruntions un petit sas ou étaient disposées des superbes sérigraphies en l'honneur du fest et d'autres dessins, artworks et flyers, tous crées par Christian Brix, guitariste de Reason To Care. Et nous voici prêts à assister au set de Years Passing. Plus précisément Henning Runolf, guitariste et chanteur de Suis La Lune et de Sore Eyelids. Sous ce pseudonyme, le suédois nous propose une alchimie tendre, cristalline, presque insouciante, entre emo, shoegaze et ambiant. Quelque part entre les travaux de Hammock et de Astrobrite, nous étions emportés par des nappes sonores tantôt envoûtantes, tantôt bourdonnantes. Musicalement très loin du reste de la programmation, Henning a eu du mal à convaincre l'ensemble du public. Plusieurs personnes sont sorties assez prestement de la salle, quand d'autres sont tout de même restés mais sans avoir été convaincu par ces ambiances douces. Heureusement, certain.e.s se sont volontiers laissés emporter par ce qui sonnait en cette chaude fin de journée comme une brise d'été rafraîchissante et revigorante, quelquefois virant à la tempête... On pouvait y voir une manière d'annoncer la suite des événements : le ton ne fera que monter crescendo au fur et à mesure que la timetable s'écoulera.

Les Singapouriens de The Caulfield Cult ont succédé au suédois, balançant avec entrain leur emo-punk sombre mais enjoué, malheureusement assez faiblard sur disque, mais très efficace en live. D'autant plus que monsieur Runolf est venu déclamer les quelques mots qu'il a enregistré sur l'un des titres du premier album de la bande. Après s'être restauré auprès d'un des stands de restauration vegan présents sur place et avoir goûté à des tacos au seitan tout simplement délicieux, retour dans la grande salle : Shirokuma va nous jouer son skramz typiquement suédois, à savoir jeu de guitare proche du tricot, mélodies lumineuses et atmosphériques, le tout transpercé par le cri arraché, à fleur de peau de Jonathan. Le tout executé avec une énergie et une passion débordante, sous les yeux attentifs d'Henning, en quelque sorte le mentor de la scène screamo suédoise, qui a sensiblement influencé la musique des garçons... Que celui qui ne trouve aucune ressemblance entre Shirokuma et Suis La Lune lève la main ! Par ailleurs, la présence suédoise est forte sur ce festival : un tout nouveau groupe a été invité à ce festival, Det är därför vi bygger städer, formé par quelques visages connus de la scène locale, mais que je n'ai malheureusement pas pu voir. En revanche, pour ce qui est des deux autres groupes nordiques présents sur le line-up, je fus au premier rang, et j'ai eu la chance d'assister dans des conditions idéales à des sets proches de l'héroïsme. Et cela a commencé par Vi som alskade varandra sa mycket. Avec eux, on se prend en pleine face un screamo teinté de dramatisme et de romance, avec des envolées post-rock relevant encore plus la densité de l'ensemble. Malgré des difficultés techniques tenaces pour l'un des guitaristes, le groupe ne s'est en aucun cas découragé pour son deuxième passage sur ce festival, se donnant corps et âme, mettant à dure épreuve la sensibilité du public, qui fût dans sa grande majorité conquis par cette prestation.







Le Miss The Stars Fest a aussi pour vocation de faire découvrir des petits groupes prometteurs à un public généralement très curieux (à la très grande exception de la France...). C'est dans la seconde et très petite salle de ce lieu hétéroclite, nommée pour l'occasion le "Basement" (reconstituant en quelque sorte l'environnement habituel dans lesquels on a l'habitude de voir des groupes de screamo), que se produiront des jeunes formations tout autant animées par la passion que par les groupes plus "grands". Juste après le set de Vi Som Alskade Varandra Sa Mycket, en allant flâner au stand de merch et au bar, la musique virulente et ultra condensée de Rêche se faisait entendre depuis le sous-sol. Ce petit goût d'Orchid et de Beau Navire m'a flatté les oreilles, et je me suis ainsi empressé de descendre. Bien m'en a pris : Rêche ne plaisante pas, c'est court mais extrêmement concis, c'est taillé à la serpe, ça envoie en rafale des dissonances et des saccades qui viennent tailler le cœur et l'esprit, sans aucun répit, sans aucune pitié. Autant de force de frappe et de convictions que les aînés, il ne manque plus que l'originalité. Presque essoufflant à vrai dire, et pour sûr une découverte à suivre... En attendant de retourner plus tard dans ce petit lieu, nous voilà revenu vers la Mainstage pour ne surtout pas louper le groupe français du line-up, car oui, il y en a un, et pas des moindres : Mort! Mort! Mort!, a.k.a Aussitôt Mort avec un membre en moins, éternels comparés à Amanda Woodward, mais qui ne cesse pourtant de s'en différencier. Personne ne sera laissé indifférent ni épargné par leur post-hardcore aux effluves de sludge boueux et d'influences dub semant le trouble et donnant de la densité et de l'écho à l'épais brouillard que distille le groupe... Et ces vibrations, c'est toujours aussi bon.


   


Mais il fallait partir en milieu de set si l'on voulait être idéalement placé pour assister à ce qui s'est avéré être le meilleur concert de la soirée, sinon LE concert de cette édition 2016 du Miss The Stars Fest : Le concert de re-formation de The Hope And The Failure. Et devinez quoi ? Ils sont suédois. Je vous le dis souvent sur mes chroniques, la Suède est le nouveau meilleur pays de la scène dans le monde, en voici une preuve de plus. The Hope And The Failure fût le tout premier groupe d'Ina, qui officie depuis 2012 dans Heart On My Sleeve. Avec tout autant de force et de dévouement, mais avec une instrumentation moins vive. Ils n'ont sorti qu'une démo 6 titres absolument introuvable que ce soit en physique ou en digital, sinon via YouTube ou quelques utilisateurs de Soulseek... Et via une quinzaine de cassettes disponible au stand de merch ce soir-là. De futurs collectors ! Ainsi, le groupe fraîchement reformé nous a offert les titres de cette fameuse démo, en passant par une reprise poignante du "Love Will Tear Us Apart" de Joy Division, avec toute la rage, la force et la passion avec lesquels ces chansons ont été enregistrées (et même improvisées, selon Ina), plus de 10 ans en arrière. Ina paraissait tiraillée par ses propres paroles, les hurlant ou les racontant tel un catharsis, avec une peine visible mais un soulagement de confier tout cela face à un public réceptif, attentif, compatissant, qui a chaleureusement applaudi le groupe à la fin de son set bouleversant et mémorable.








Si vous pensiez que nous avions déjà atteint le summum des capacités émotionnelles du Miss The Stars Festival, eh bien vous vous trompez, messieurs dames. Le second jour nous a réservé bien d'autres surprises, toujours sous un franc soleil, toujours avec un état d'esprit général "détente et copains"... J'ai cependant un ÉNORME regret : celui de ne pas avoir pu voir le set de Potence, il y avait beaucoup trop de monde dans le Basement...

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vendredi 15 avril 2016

Bienvenue dans le monde merveilleux et multicolore du "rainbowskramz" de Jarod.



Si tu as lu mon article revenant sur la scène française actuelle, tu as sûrement lu mes quelques mots sur la démo de Jarod, qui m'avait pas mal plu. Eh bien les revoilà déjà avec du nouveau ! Petite saveur screamo tourangelle, ces messieurs dames définissent sur les réseaux sociaux leur son comme du "hardcore mignon". N'en déduisez pas le fait que le groupe se présente sur scène avec des costumes d'oursons, ou qu'il préfère parler d'Alice aux Pays des Merveilles que de la réforme du code du travail, c'est juste histoire de se marrer un peu sur le fait qu'ils jouent de la musique aussi sensible que frontale. Durant le laps de temps écoulé entre leur démo 4 titres et leur premier EP, rien ne s'est amélioré autour de nous dans le monde, de quoi en réalité faire passer encore davantage l'envie de chanter à propos de paillettes et d'étoiles, ce qui se ressent particulièrement à l'écoute de l'EP. Voici en exclusivité mondiale pour le monde des gens qui font caca des arcs-en-ciel et les gens du monde réel de couleur noir foncé, mes impressions sur les 6 rayons de lumière froide qui composent ce disque, qui mettent en lumière certaines glaçantes vérités de ce monde. Tristesse multicolore et pale mignonnerie, mesdames et messieurs, voici le RAINBOWSKRAMZ.


NDLR : je suis assez fier de ce montage.

C'est un terme musical rigolo sur lequel on s'est mis d'accord moi et Mélanie (chant) pour qualifier le style musical précis de son groupe, alors qu'il s'est plutôt endurci avec le temps, et ce n'est sûrement pas pour me déplaire. Sur cet EP 6 titres, on est toujours porté par un élan mélodique, mais cette fois-ci plus grave et fataliste. Les guitares sont plus incisives, plus percutantes, plus éthérées aussi, et Mélanie est toujours plus en colère. La batterie cavale davantage, ça frappe sec et violent. Rien ne va plus, les couleurs sont décidément devenues bien ternes. Mais Jarod, c'est un catharsis, que voulez-vous, et ces 6 nouveaux titres sont là pour le prouver. Du screamo simple, franc, sérieux, en oubliant pas d'être touchant et même atmosphérique. On se balade entre constats cinglants sur l'identité sexuelle dans nos sociétés ("Déconstruire"), violents brûlots contre l'oppression des femmes ("Oser"), que celui plus abstrait de la place de l'humain dans ce monde, de la place de nos âmes dans la vie qu'on mène ("Errer"). Au travers de spoken words, de cris écorchés, de nombreuses et riches mélodies, on navigue en eaux troubles, ce qui en termes lexicaux s'inscrit dans la grande tradition du screamo français, et en termes musicaux s'en rapproche également. Dans une tradition un peu plus internationale, les citations d'auteurs sont là :  le poème "Demain dès l'aube" de Victor Hugo dans "Croire", et un morceau des grands mémoires de Louise Michel sur "Déconstruire". Avec tout ces éléments mis bout-à-bout, y'a plus grand chose à faire pour rivaliser dans le championnat de France 2016 des groupes de hardcore catégorie espoirs.




"Les pensées s'envolent et s'émancipent, elle nous remplit, nous apaise, donne le courage, apaise les mots, détruit les œillères, nourrit nos âmes. Les pensées s'envolent et s'émancipent." - "Éclore"


Sur cet EP, la production est bien meilleure que sur la démo, d'autant plus que Will Killingsworth est derrière le mastering, s'il vous plait. Elle met parfaitement en valeur l'univers musical du groupe, devenu plus riche, mieux affûté et maîtrisé. On entend bien les différences de rendu en écoutant "Croire", qui en fait est une reprise du titre "Le Silence Se Fit" qui figurait sur la démo. Ça m'a fait penser à Mihai Edrisch, ce track-listing écoulant les sentiments d'une vie en un seul mot, à la différence que les textes sont plus universels et moins egocentrées. En résumé, si vous aimez des groupes comme Heart On My Sleeve, Defeater, et qu'Anomie vous manque (les influences metal et la carrière de PDG du bassiste en moins), il y a de fortes chances pour que vous soyez touché.e.s par ce disque. C'est le cas pour moi. D'autant plus que ce sont des gens bien gentils, tout beaux comme un arc-en-ciel. Il me tarde de découvrir Jarod en live, de voir s'exprimer toutes ces émotions à vif.

Bisous.





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If you've read my article about the current French scene, you've surely read my few kind words on the Jarod demo. Well they are already back with new stuff! The ladies and gentlemen define their sound on social networks as "cute hardcore". Don't imagine that the group comes on stage with bear costumes, or prefers to speak of Alice in Wonderland that reform of the french labor code, it's just a matter of laughing a little on the fact that they play music as sensitive as crushing. During the time elapsed between their 4-track demo and their first EP, nothing has evolved in the right direction around us in the world, what motivates even less to sing about glitter and stars, and we can particulary feel it in listening to the EP. Here's a world exclusive for the world where people pooping rainbows, and the people from the real world made of blackened black color, my impressions on these 6 cold light rays that make up this record, highlighting some chilling truths of this world. Multicolored sadness and pale cuteness, ladies and gentlemen, here's the RAINBOWSKRAMZ.




This is a fun musical term that I've found with Melanie (vocals) to describe the specific musical style of his group, while he became harder with time, and it's certainly not for displease me. On this 6-track EP, we're still worn by a melodic momentum, but this time more serious and fatalist. The guitars are more incisive, more impactful, more ethereal, too, and Melanie is always angry, and even more now, while the drums hits dry and violent. Nothing is fine anymore, colors are decidedly become well dull. But Jarod is a catharsis, and these 6 new titles are there to prove it. A simple, frank, honest screamo, which not forget to be touching and even airy. There's scathing findings about gender identity in our society ("Déconstruire"), violent lyrics against the oppression of women ("Oser"), as more abstract songs about the place of humans in this world, the place of our souls in the life we ​​lead ("Errer"). Through spoken words, passionate screams, many rich melodies, we navigate in troubled waters, which in lexical terms is in the great tradition of French screamo, and in musical terms is also close to this scene. In a slightly more international tradition, quotes from some authors are there: the poem "Demains dès l'aube" by Victor Hugo in "Croire" and a piece of the great memoirs of Louise Michel in "Déconstruire". With all these elements placed end to end, there's much more to do to compete this band in the championship of France 2k16 of hardcore bands.




"Les pensées s'envolent et s'émancipent, elle nous remplit, nous apaise, donne le courage, apaise les mots, détruit les œillères, nourrit nos âmes. Les pensées s'envolent et s'émancipent." - "Éclore"


On this EP, the production is much better than the demo, especially since Will Killingsworth is behind mastering. It perfectly highlights the musical universe of the band, which became richer. We can definitely hear differences of prods in "Croire", which actually is a cover of the song "Le Silence Se Fit" that appeared on the demo. It made me think of Mihai Edrisch, this track-listing describing feelings of a life in one word, unlike that the texts are more universal and less egocentric. In summary, if you love bands like Heart On My Sleeve, Defeater and that you miss Anomie (the metal influences and the CEO career of the bassist in less), there is a good chance for you to be touched by this record. This is the case for me. And hey, they are very kind people, just as beautiful as a rainbow sky. I can't wait to discover Jarod live, seeing express all those emotions.

XOXO.


samedi 26 mars 2016

Avec "I Miss Boredom", Miles Oliver fera également faire des loopings à ton coeur.



J'ai souvent eu, et j'ai encore beaucoup de frissons en écoutant son premier disque, Breathe, dont tu peux lire ma chronique par ici. J'aime beaucoup l'écouter quand je vagabonde dans les RER et les bus de banlieue, ou quand il faut se rendre au boulot. Ça donne un goût de poésie et d'abstraction à ma routine. J'espère toujours qu'il sera un jour pressé en vinyle... En attendant, Miles Oliver te propose de rêver encore un peu plus, de sortir un peu la tête de la brume, pour te faire voyager plutôt vers la rosée du matin, celle qui reflète des couleurs orangées. Voici I Miss Boredom, quelques nouvelles pages retranscrites en musique du journal intime du garçon, un (pas très) ancien activiste de la scène hardcore parisienne désormais assagi, expiant ses démons au travers d'une indie-folk atypique, profondément mélancolique, et complètement intimiste.

Tu ne le verras que très rarement jouer sur une scène plus grande qu'une superficie de 5m² (je te renvoie d'ailleurs à mon live-report du concert Rotters Damn / Miles Oliver / Throw Me Off The Bridge qui fût un instant de vie beaucoup trop cool). Un petit bar ou une petite scène lui suffit à délivrer sa musique aussi douce et suave que sombre et parfois grave. Et ça tombe bien, car I Miss Boredom suit scrupuleusement le chemin tracé par son prédécesseur, en se voulant néanmoins un peu plus ambiant musicalement, voire un peu plus abstrait. Je n'écoute que trop peu de folk, alors je ne saurais dire à quoi peut bien ressembler la musique de ce cher Miles Oliver. Peut-être à Vic Chesnutt ? Je retrouve un peu de Fog Lake, dans ce côté très vaporeux et brumeux, et c'est un très bon point. Mais sinon, ça ne ressemble à pas grand chose de ce que j'écoute, et au pire on s'en fout, l'important étant de se laisser aller à cet univers délicat, presque tendre.

Quand j'écoute "Take My Feather", en exagérant un peu, j'ai l'impression d'entendre un crossover entre trap de type s a d b o y 2 0 0 1, et le tout simple mais très beau titre "Portland", issu de Breathe. Y'a un petit flow saccadé balancé d'un ton grave qui me fait penser à Bones, ce rappeur fan de black metal qui sort presque un album par mois et qui doit compter une trentaine de disques dans sa discographie, puis le petit beat final ne trompe presque pas. Cependant, je ne pense pas que 1) Miles connaisse ce monsieur et que 2) Miles soit prêt à troquer ses trucker hats et son t-shirt Loma Prieta contre un survêt' Adidas et un bob, mais c'est pas plus mal ainsi. 

Quand j'écoute "Seaside Report", je me sens lentement dériver vers une mer calme mais déserte, rien à l'horizon, seulement la sérénité et le vide. Contraste. Quand j'écoute "Are You Living Far", j'ai l'impression d'entendre un soubresaut punk même si c'est joué d'une simple guitare acoustique. L'énergie, les dissonances et la tension n'y sont pas un hasard. Quand j'écoute "Cold Blood", mes poils s'hérissent, je rêvasse. J'aime d'amour cette chanson, elle rayonne, je sais pas comment l'expliquer, même si le texte est loin d'être posi. Puis la façon dont s'emporte Miles pour déclamer son texte, avec passion, force... Presque avec insistance en fait. Bah moi ça m'émeut.



"How long man will kill for nothing twice?
One masterpiece, one sacrifice,
waiting for the news to say his work will last, but crime won't pay.
" - "Cold Blood". 


10 morceaux de "lo-fi poetry folk" comme il le dit lui-même, très personnelle, d'où le fait que ce soit aussi touchant. On s'imagine des histoires dans nos têtes, on aimerait les vivre parfois, tant ces expériences semblent avoir marqué le bonhomme. Des titres qu'il compose tout seul comme un grand, usant de loopings, de reverbs et divers effets pour densifier, aérer, magnifier son univers sonore. Vous comprendrez ainsi la private joke ci-dessous. Tu sais maintenant ce qu'il te reste à faire : réserve-toi une demi-heure au moment où le soleil se couche, écoute ce disque avec un café ("THE COFFEE'S NOT STRONG ENOUGH, BUT YOU TEARS AND YOUR FEARS ARE SO ROUGH!"), laisse-toi aller, tout simplement.




Bisous.




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I often had (and I still have) chills listening to his first album, Breathe, which you can read my review here. I love to listen to this record when I wander through the suburbian train, or when I have to go to work. It gives some poetry and abstraction in my routine. I still hope that he will be pressed on vinyl one day... Meanwhile, Miles Oliver suggest you to dream a little more, to get out the head of the mist, to make you rather travel by seeing the morning dew in your way, the one that reflects orange sky. Here's I Miss Boredom, some new pages of the diary of the boy, a (not very) old activist of the Parisian hardcore scene now appeased, expiating his demons through a unique indie-folk, deeply melancholic, and completely intimate.

You'll see very rarely this dude play on a bigger stage than a small bar or a small stage, it's enough for him to deliver his music as soft and sweet as she can be pretty dark. And that's good because I Miss Boredom scrupulously follows the path set by his predecessor, maybe a little more ambient musically, even a little more abstract. I really don't have a strong knowledge in folk, so I can't concretely say what artists are similar to the music of Miles Oliver. Maybe Vic Chesnutt? I found some Fog Lake influences in this very misty and foggy side, and that's a very good point. But otherwise it sounds like nothing of what I listen to, and hey, we don't care : the important thing is to let ourself go at this delicate universe, almost tender.

When I listen to "Take My Feather", by exaggerating a little, I seem to hear a crossover between sadboy 2 0 0 1-style trap, and the simple yet beautiful song "Portland", from Breathe. There's a little jerky flow swung in a serious tone that reminded me Bones, this black metal fan rapper who released almost an album per month and must have thirty records in his discography, and the final small beat almost can't take us wrong. However, I don't think that 1) Mr. Miles knows the existence of Bones and 2) Miles is ready to swap his trucker hats and his Loma Prieta shirt against an Adidas sweatsuit and a bob.

When I listen to "Seaside Report", I feel slowly drifting towards a quiet but deserted sea, with nothing on the horizon, just serenity and emptiness. Contrast. When I listen to "Are You Living Far" I have the impression to hear a punk blip, even if it's played with a simple acoustic guitar. This energy, these dissonances and this tension aren't accidental. When I listen to "Cold Blood", my hair stands on end, I daydream. I love this song, she radiates, I don't know how to explain it. Even if the lyrics are far from being posi. The way Miles gets carried away while he declaims his words, with passion, strength... Almost done with insistence. Well, it touched me.

10 pieces of "lo-fi folk poetry" as Miles says himself, very personal, hence the fact that it was so touching. We imagine stories in our heads, we would like to live sometimes these experiences which seem to have marked the man. He composes these songs alone, by using loops and reverbs and other effects to densify, airing, magnifying his sound universe. You will understand the private joke above. Now you know what you have to do: Keep you half an hour when the sun sets, listen to this LP with a coffee ("THE COFFEE'S NOT STRONG ENOUGH, BUT YOUR TEARS AND YOUR FEARS ARE SO ROUGH !"), let yourself go, period.

XOXO.

mercredi 23 mars 2016

Uwaga n'aura pas grande peine à te mettre mal.


Uwaga, c'est un mot polonais. Selon Google Traduction, ça veut dire plusieurs choses : "vigilance", "attention", "observation", "alerte"... Je ne sais pas quelle définition est la plus appropriée pour définir ce groupe, mais l'ensemble de ces termes peuvent coller à sa musique. Uwaga, c'est également le groupe d'un homme avec qui je partage une passion pour Rainmaker, qui joue toutes vos chansons de screamo préférées au piano, et avec qui j'ai maladroitement chanté "Never Meant" d'American Football à la Gare d'Austerlitz, grand moment de honte et d'émotion. Bon, évidemment, puisque un bon copain joue dans ce groupe, y'a des chances que cette chronique soit pas très objective. Je pense que si, faut pas déconner non plus.

Uwaga, originaire de Strasbourg, a sorti en Mai 2015 À Peine, un 5-titres profondément marqué par un certain penchant local pour la rage, la volonté d'agir et d'en découdre, qu'on retrouve également chez Another Five Minutes, Jeanne ou encore More Dangerous Than A Thousand Rioters. Sur cet EP, on sait pas trop où on va, mais on y va quand même. Bon, on sait déjà que c'est très orienté screamo. Un screamo brut et virevoltant qui évoque The Third Memory, parfois même les aînés de chez Stonehenge Records, où l'emo-violence de Danse Macabre. Ainsi, tu ne sais plus vraiment si tu as affaire à du punk hardcore tendance mélo ("Des Fourmis et des Loups"), du metal ("Sermons", quelque part entre du grind et "None More Black" d'Orchid) ou du skramz pur jus ("Bouffeur De Ferraille"), mais tu sais que tu passes un pur moment cœur-brisé ou headbang.



"Il faut croire que tout est à perte, qu'apprendre à vivre n'en finit jamais jusqu'au dernier instant, où l'on souffle à peine."


Comme je le disais plus haut, il est question d'observation du monde qui entoure les strasbourgeois, fortement teintée de fatalisme. La difficulté d'être, l'exploitation de l'humain, le quotidien au charbon suffocant, le "religion = guerre", les charognards qui dirigent nos vies : la peine, tout simplement. La peine de vivre, la peine de voir tout ce qui nous entoure et de constater que, globalement, c'est de la merde. 

Pour un premier EP d'un groupe ma foi assez riche musicalement, c'est relativement bien fichu, et le niveau de charge émotionnelle et de tension est suffisant pour donner envie de revenir dessus et pourquoi de faire de la gymnastique dans la fosse lors des lives du groupe. Il ne reste plus qu'à ces messieurs à bosser un peu leur sujet et leur coordination, et le prochain disque risque d'être encore meilleur. En attendant, la version CD de la démo est d'ores et déjà vendue aux USA via des petites distros DIY dont Zegema Beach Records, vous pouvez bien entendu vous la procurer en contactant directement le groupe, et son packaging est super beau, un bonus qualité non négligeable.

Bisous.





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dimanche 20 mars 2016

Bien À Toi est toujours le groupe le plus caliente du post-punk déprimé.



C'était vraiment le disque parfait de l'été dernier, du moins pour les moments de rêvasserie et les orages de chaleur. En juin 2015, l'un de mes groupes instrumentaux parisiens préférés, Bien À Toi, a sorti son premier full-length que j'attendais de pied ferme, qui s'est permis de ré-inventer le post-punk hypnotique et aride des Swans, ainsi que l'éther acoustique et vaporeux des Cocteau Twins, entre autres. Vous pouvez lire mes louanges sur ce disque par ici. J'avais prévu de vous faire découvrir le groupe encore un peu plus via une interview, une chose que je devrais faire plus souvent. Et nous voilà arrivé.e.s pas loin de fin Mars 2016, et rien n'a encore été publié... Autant ces garçons que moi, on a chacun été extrêmement (pré)occupés jusqu'à maintenant, ce qui explique ce retard. Alors voilà, ENFIN, mon interview de Bien À Toi. L'occasion de revenir sur la composition de ALTA LOMA, sur leur tout dernier morceau nommé "DOGRA MAGRA" paru ce mois-ci, les inspirations de ces messieurs, et quelques autres trucs rigolos.

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- Avec ALTA LOMA, on est toujours face à une musique simple en elle-même, mais un peu plus complexe dans ses progressions et son approche, un contraste intéressant mais pas facile à mettre en place, j'imagine.

Antoine : Oui, on avait cette volonté d'avoir un côté accrocheur dans les rythmes et les mélodies, quelque chose d'entraînant. Ça peut paraître paradoxal quand on écoute l'album parce que les structures sont relativement alambiquées, il y a des morceaux qui partent dans plusieurs directions, d'autres qui ont tendance à s'étirer. Mais finalement c'est avec cet album qu'on a trouvé notre équilibre en tant que groupe instrumental.

Paul : Nous n'avons rencontré que très peu d'obstacles pendant la conception de cet album. Tout est assez instinctif chez nous. Même si ça peut paraître complexe, nous jouons ces chansons naturellement. Je dirais que "0°C" est la chanson sur laquelle nous avons le plus galéré à l'enregistrement. Il y a aussi un titre que nous avons abandonné au mixage : bon, mais pas assez pour figurer sur l'album.



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- Sur les deux précédents disques, il y avait un chant crié lointain, aux paroles imperceptibles qui restent encore un mystère aujourd'hui. Il n'est plus présent sur l'album. La colère s'est estompée ?

Antoine : C'était le premier batteur du groupe qui criait sur les EPs, lui était très branché screamo et à l'époque on cherchait encore la place d'une éventuelle voix. Quand le groupe s'est formé en 2011, on n'avait pas prévu d'être un groupe instrumental, on a essayé quelques personnes derrière le micro mais rien ne fonctionnait vraiment. Le premier EP a été enregistré sans chanteur mais à l'origine ces titres-là avaient été composés avec l'intention d'y poser une voix. C'est pour ça qu'on retrouve ces quelques interventions, mais on a mixé le truc pour que ce soit presque comme un instrument supplémentaire qui se rajoute dans le fond. Après, sur le concept de cri = colère, je pense que c'est un truc un peu galvaudé, il y a tellement de groupes avec des types qui s'égosillent sans te faire ressentir la moindre rage…

Paul : Je rejoins Antoine là-dessus, nous croisons beaucoup de groupe qui crient mais très peu de violence. La colère est toujours là.



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- Ouais, je suis assez d'accord avec vous. Ça m'arrive désormais de plus en plus de tomber sur des groupes où ça joue très vite, très fort, très noir, mais où au final c'est bien plus matériel qu'émotionnel, c'est dommage. Ou alors c'est que je vieillis. Enfin, ainsi va la vie et le noyau dur.

Au moins 2 membres sur 3 jouent dans d'autres groupes qui tournent pas mal à travers la France. Ça ne vous a pas compliqué la tâche pour la composition du disque ?

Antoine : On s'adapte, pour la phase de composition on se voit pas mal en duo. À l'époque des deux premiers EPs du groupes, c'est Paul et moi qui avions peaufiné les morceaux sur mon canapé. Pendant que je composais pour l'album, Paul était en tournée avec Guérilla Poubelle, donc la majorité des titres a été finalisé avec Esteban cette fois, on a passé quelques semaines à bidouiller des démos sur Garageband. Finalement, on n'a même pas trop répété les titres en groupe avant d'entrer en studio.

Paul : Plus le groupe avance et moins je compose, effectivement. Mais il y a aussi une question de goûts et de direction, je crois qu'Antoine et Esteban sont en moins en moins emballés par mon style. Je prends pour exemple la chanson "Pour les autres" figurant sur la premier EP, cette dernière a vite été évincée des setlists. Je n'y vois aucun inconvénient car le reste me plait beaucoup !

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- Est-ce que ce background punk vous influence dans la manière de composer, votre désir de sortir des conventions musicales ?

Antoine : Le punk sort des conventions musicales ? :) (NDLR: cette réponse te vaut un cookie, cher Antoine)

Esteban : Tout mon background musical m'influence. Nous n'avons pas qu’un background "punk". Je joue et j'ai joué dans beaucoup de groupes différents. Bien À Toi est pour moi plus personnel, je participe à la composition, alors que dans mes autres groupes je suis plutôt interprète.

Paul : Le punk est très codé. à tous les niveaux et dans tous les styles de "punk". J'ai l'impression que les gens qui sortent des conventions musicales ne se revendiquent absolument pas punk ! Toujours est-il que oui, si tu écoutes certains titres de Bien À Toi que j'ai composé, il y a un lien direct avec le punk américain. À vous de le retrouver !

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- Le premier qui trouve le bon groupe gagne une invit' au prochain concert ? ;)

Votre musique est toujours assez conceptuelle, dans son ensemble, et elle l'est davantage sur le LP. Quelle était la ligne directrice avec ALTA LOMA ?

Antoine : Le concept, c'est plutôt un truc qui vient vers la fin de la composition. Une fois qu'on comprend un peu à quoi le disque va ressembler et qu'on met en place l'ordre des morceaux. Ça ne dicte pas les idées musicales mais c'est un élément qui va aider à donner un contexte à l'ensemble. Cette fois-ci, c'est l’idée de chaleur qui dominait, d'un soleil écrasant. Je crois qu'on parlait déjà de ça avant d'entrer en studio et ça nous a influencé dans le choix de certains sons. Le titre ALTA LOMA vient du roman Demande à la poussière de John Fante, son héros déambule sous le soleil dans les rues de Los Angeles, c'est un homme qui ne trouve pas sa place dans le monde moderne et qui cherche une issue. La pochette de l'album (une peinture de Felice Casorati) serait une représentation visuelle de cet échappatoire, un havre de paix à l'abri du soleil et du poids du monde. En regardant cette image, on peut presque ressentir la chaleur qu'on veut évoquer.



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- Il y a désormais une grosse place pour la guitare acoustique dans votre son, des riffs parfois japonisants. Ça me renvoie même à mes premiers émois METOL avec un truc totalement en dehors de votre style: Dir en grey, qui utilise beaucoup cet instrument, mais c'est pas fait exprès je suppose. Mais simplement, d'où vous est venue l'idée d'intégrer de l'acoustique ?

Antoine : C'est vrai que ça vient en partie de Dir En Grey, c'est un groupe dont je suis fan depuis l'adolescence. On peut parler aussi de Luna Sea, un autre groupe japonais mythique qui utilise beaucoup la guitare acoustique de manière similaire. Leur influence se sent par exemple sur l'intro de notre titre "Les baigneuses" avec ces leads de guitare acoustique par dessus une rythmique plus sale. Après, il y a énormément de groupes qui utilisent de l’acoustique de différentes façons, je citerai aussi les Cocteau Twins et Swans que j'écoutais beaucoup au moment de la composition de l’album.



Paul : Esteban et moi avons toujours posé des grattes acoustiques sur nos disques. Que ce soit sur les albums de Paul Péchenart (mon père) ou de notre ancien groupe Copenhague ou même de notre projet éphémère Cave of the Moron, on a toujours kiffé en poser !


Juste parce qu'il ne faut jamais oublier, et que Dir en grey c'est mieux que ce que tu penses.

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- Il y a souvent une petite mise en scène lors de vos lives : vous n'êtes éclairés que par de petits pieds de lampes, histoire de mettre en lumière (t'as vu comme je suis drôle ?) le côté intimiste et introspectif de votre musique. C'est quelque chose qu'on retrouvera encore à l'avenir ?

Antoine : Ce n'est pas une mise en scène systématique mais ça a plutôt à voir avec les lieux dans lesquels on joue, dans le circuit des tournées DIY ce n'est pas rare de jouer dans des bars-concerts où il n'y a pas forcément de jeux de lumière. Les lampes, c'est juste une manière de mettre l'accent sur la musique en tamisant l'ambiance sans être complètement dans le noir.

Paul : On fait avec c'qu'on trouve le soir, ouais.

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- Bon bah du coup vu que je bosse dans le luminaire, faites-moi signe si jamais vous êtes en galère de lights, je vous bricolerais des lampes ou je ferais des gestes commerciaux de 10%, c'est maximum punk.

J'ai découvert l'album sous un temps assez bizarre, un soleil pale puis un temps couvert, avec un vent fort. Ça me semble être le meilleur temps possible pour l'écouter... 

Paul : J'avoue que plus je vieillis et plus la météo influe sur mes choix musicaux ! Cependant, ALTA LOMA colle avec beaucoup de moments de ma vie, c'est assez caméléon comme bande originale d'une de mes journées (même si je ne l'écoute jamais, haha !).

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- Le nu revient souvent dans votre son, vos artworks. Pour moi, ça semble illustrer à fond l'intimisme encore une fois et la certaine fragilité qui découle de vos morceaux. Un peu comme les lampes sur scène. Ça représente quoi concrètement, au final ?

Antoine : Ça ne représente rien de précis, pour ce qui est de l'artwork de l'album il me semble que ça aide à donner un côté intemporel qui correspond bien à ce qu’on cherche. Mais je n'ai pas d’explication concrète à donner, j'aime qu’il y ait un certain mystère et que cela reste ouvert à l'interprétation de chacun. Quand j'étais ado je passais des heures à tout analyser de mes groupes préférés, des titres des morceaux à la moindre photo ou illustration dans les pochettes des CDs, et je suis dans cet état d'esprit quand je m'occupe des visuels de Bien À Toi. Chaque élément est une pierre à l'édifice qui vient enrichir l'univers du groupe. Pareil pour les titres, comme nous n'avons pas de paroles, c'est le seul moyen de créer une ambiance avec des mots. Celui qui a envie de s'intéresser à la façon dont tout ça s'enchaîne depuis le premier EP, peut y trouver une logique et des connexions. Par exemple il y a un lien entre notre nouveau morceau et une affiche de tournée de 2014.

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- Pour ou contre le naturisme ?

Antoine : Gi ga go ge gu ga go ge.

Paul : Je suis bien trop pudique pour ça !

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- Vous écoutez encore du screamo du genre des groupes pour lesquels vous avez ouvert (Suis La Lune entre autres), ou vous êtes passés à autre chose ?

Paul : J'adore Suis La Lune et les écoute depuis 2010. J'aime à fond. Il n'y a pas vraiment d'histoire de "passer à autre chose" me concernant. En 1991 j'écoutais Nirvana et Michael Jackson, en 2016 aussi.


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- Ça me rappelle encore une fois que j'ai loupé ce putain de line-up Suis La Lune / As We Draw / Man Is Not A Bird / Bien À Toi en Juillet 2012 au Klub (Paris), à cause d'une sombre histoire d'ex possessive, j'aurais ce regret toute ma vie. Et Nirvana ça reste au top en 2016, je confirme.

À chaque fois que je vois le nom de l'album, je pense à Loma Prieta. Vous aimez bien ce groupe ? Leur nouvel album défonce.

Paul : J'adore. Je les ai vu 2 fois récemment, et c'était très bien. Heureux de voir que des groupes comme ça tiennent et gardent l'énergie à chaque show. Bravo !


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- Le concept de danser en pleurant est cool, mais est-ce que balancer ALTA LOMA en soirée c'est pas un peu risqué ? Dites-moi que j'ai des chances de conclure avec un slow sur la basse mega-sex de "Ice is for the eagles"...

Antoine : Je rêve de balancer la fin de "Vert-de-gris" dans un club.

Paul : Ouais, c'est risqué. Comme dis Antoine, il faudrait sélectionner une seule partie, la plus dansante, et la mettre en boucle. Une sorte de remix night-club, là ça pourrait coller ! :)



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- Quelques mois sont passés depuis le moment où j'ai que j'ai rédigé cette interview jusqu'au jour où je la poste, et nous voici désormais à la clôture de celle-ci avec un nouveau single, "DOGRA MAGRA". Ça reste dans l'aride et le répétitif, mais on sent qu'il fait plus sombre dans l'ensemble, c'est plus boueux que sablé. Ces horizons plus "dark" et pesants, c'est ce qui va caractériser les prochains morceaux ?

Paul : On ne prévoit rien. Quand tout le monde est dispo, on se voit et on joue, c'est aussi simple que ça. La dernière fois Esteban avait ce riff, on l'a joué, on a aimé, booké un jour de studio, enregistré le titre en live, et le voilà pour vous.




Merci messieurs... Bien à vous, hohohooo.

Bien À Toi jouera avec Lascaux le 20 Avril à Rouen, avec Novak le 21 Avril à Tours, avec Acidez et Replicunts le 24 Avril à Montreuil, et avec Toundra et Valley le 25 Mai à Paris.