jeudi 25 avril 2019

GARDEN VARIETY


SALUT JE SUIS PAS MORT-E. Mais clairement j'ai laissé le blog de côté ces derniers temps. Beaucoup trop de trucs à gérer dans le coeur et la tête. Mais yo, me voilà de retour avec du LOURD. Bon, contexte de cette découverte : c'était lors d'une réunion avec les petit-e-s potes du label, Smart & Confused (envoyez-nous vos disques !). On discutait de tout et de rien, d'un escroc de la scène parisienne autour d'un excellent risotto (encore merci B. pour ma part vegan !), et v'là qu'en fond, joue un incroyable album. Parfaitement ce genre de post-hardcore chaleureux, aussi percutant que légèrement chaotique, comme je l'aime, avec plein des mélodies salvatrices à la HÜSKER DÜ, sous influence Dischord Records, RITES OF SPRING en premier. Je connaissais pas du tout mais j'avais peur d'avoir juste oublié ce groupe, en réalité. J'ai fini par demander, l'air un peu gêné-e, à la copine ce qu'était ce disque incroyable, et voici la réponse illustrée dans ce post.

J'ai vraiment raté quelque chose jusque là, car ce disque, Knocking The Skill Level, est absolument génial. Je pense qu'ils ont vraiment contribué à faire le pont entre les sommets de chaos et d'énergie que le post-hardcore prenait à leur période d'activité avec DRIVE LIKE JEHU, MOSS ICON ou SWING KIDS, et finalement les origines du style, pour au final offrir une fusion ultime, et un vrai cadeau pour nos oreilles. On pourrait les considérer comme une version plus vénère de SUNNY DAY REAL ESTATE période Diary je pense... Pendant un peu plus de 45 minutes, on est immergé-e dans un élan continu de tension et de riffs percutants, ciselés et accrocheurs, ne faisant que soutenir à la perfection le mood du disque, transcendé par le meilleur des mélodies emo avec une touche de noise rock pour agrémenter, pimenter, densifier le tout.




Evidemment influencé par HÜSKER DÜ, le groupe compte aussi parmi ses mentors musicaux un autre prototype du post-hardcore, SQUIRREL BAIT, et cela se ressent sur leur disque précédent, moins mémorable mais tout aussi cool (et qui n'est disponible en streaming que sur Spotify et en téléchargement sur quelques obscurs blogs, ou bien Soulseek). C'était plus primitif, plus simple au niveau de l'instrumentation, plus "punk rock" et moins dissonant. Mais c'est toujours incroyablement catchy. Et le riff d'intro de "Binder" ressemble énormément à celui de "Head Club" de TAKING BACK SUNDAY, qui se situe pourtant à des années-lumière de la musique de GARDEN VARIETY, c'est marrant. Bon, je pense vraiment pas que TAKING BACK SUNDAY s'est inspiré du groupe dont il est question aujourd'hui, mais c'est juste parce ça me permet de citer un des meilleurs titres du meilleur album de TBS, héhé.

Juste après avoir écouté Knocking The Skill Level via Youtube, plusieurs fois l'album The Killer Was In The Government Blankets de YAPHET KOTTO m'a été suggéré et joué automatiquement, et j'ai ainsi pu constater que le culte groupe de screamo semble finalement pas mal s'être inspiré de ce disque de GARDEN VARIETY. Et je pense que ce groupe a eu un rayonnement bien plus important encore, en tout cas sur les disques emo/screamo des 90's... Je pense à des groupes comme LIFE AT THESE SPEEDS ou BROCCOLI, à CHAVEZ (dont le guitariste a fini par former un groupe de rock alternatif avec l'infernal Billy Corgan, nommé ZWAN), qui sont apparus un peu en même temps que GARDEN VARIETY, et se situaient eux dans ce côté plus "grunge" et SONIC YOUTH-worship du post-HxC, ou à cette ribambelle de groupes dans lesquels jouait Sarah Kirsch, tels que TORCHES TO ROME, BAADER BRAINS, BREAD AND CIRCUITS ou encore JOHN HENRY WEST... qui semble avoir prolongé tel un héritage, leur sens inné de l'énergie. Bref, juste, écoutez ce disque, vous me remercierez plus tard.


Oh, avant de vous laisser, voici par ici une interview de Joe Gorelick, le batteur du groupe, qui décrit l'histoire de GARDEN VARIETY et ses influences. Il aura ensuite joué dans BLUE TIP, entre autres ! Un repress de Knocking The Skill Level est prévu pour cette année, et sera même dispo en Europe, avec du merch en prime... Et ça c'est une très chouette nouvelle !

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HEY THERE I'M NOT FUCKING DEAD. I just let the blog asleep because I had a lot of personal things to deal with, but now it's almost done and hey, here we go again with an AWESOME band. Here's the context of the dscovery : It was during a label meeting with the friends (we are Smart & Confused, send us your records!). We discussed everything and nothing, about a scammer of the Parisian scene around an excellent risotto (thank you B. for my vegan part!), And an incredible album was palying on the background. Perfectly this kind of warm post-hardcore , as percussive as slightly chaotic, that I love so much, with full of life-saving melodies at the HÜSKER DÜ, under the influence of Dischord Records, RITES OF SPRING first. I didn't knew at all what was playing then, but I was afraid I just forgot about this band actually. I ended up asking, looking a little embarrassed, at one of the friends what was this fucking record, and here's the answer illustrated in this post.

I really missed something so far, because this record, Knocking The Skill Level, is absolutely insane. I think they really helped to make the bridge the chaos and energy peaks that post-hardcore took in their days with DRIVE LIKE JEHU, MOSS ICON or SWING KIDS, and finally the origins of style where it was about spreading pop influences in the violence and spontaneity of what was again a prototype of hardcore, to offer an ultimate fusion of both parts of the scene, and a real gift for our ears. I think we could consider them as an angrier version of Diary-era SUNNY DAY REAL ESTATE... For a little over 45 minutes, we are immersed in a continuous surge of tension and percussive riffs, chiseled and catchy, perfectly supporting the mood of the disc, transcended by the best emo melodies with a touch of noise rock to spice up and densify the whole.

Obviously influenced by HÜSKER DÜ, the band also counts among its musical mentors another predecessor of post-hardcore, SQUIRREL BAIT, and this is audible on their previous record, less memorable but just as cool (and only available on Spotify, on obcure blogspots and Soulseek). It was more primitive, simpler in terms of instrumentation, more "punk rock" and less dissonant. But fuck, this is so DAMN catchy. And the intro riff of "Binder" sounds a lot like "Head Club" from TAKING BACK SUNDAY, which is miles away from the music of GARDEN VARIETY... I highly doubt that TAKING BACK SUNDAY were influenced by the band we are talking about today (maybe I'm wrong, who knows!), but it's a great excuse to let you know about one the best songs of the best TBS album lol!

Just after listening to Knocking The Skill Level on Youtube, the album The Killer Was In The Government Blankets by YAPHET KOTTO was automatically suggested and played several times, and I think it's safe to say that the cult screamo bands seems to have been inspired in a way or another by this GARDEN VARIETY record, and I think this band had a much bigger influence that we can imagine, at least on the emo / screamo records of that era... I'm thinking of bands like LIFE AT THESE SPEEDS or BROCCOLI, also CHAVEZ (whose guitarist ended up forming an alternative rock band with the infernal Billy Corgan, named ZWAN) which appeared a bit at the same time as GARDEN VARIETY, which stood in this more "grunge" side, SONIC YOUTH-worship of post-HxC, and I'm also thinking about this bunch of bands in which Sarah Kirsch played, such as TORCHES TO ROME, BAADER BRAINS, BREAD AND CIRCUITS or JOHN HENRY WEST... which all seems to have preserved their innate sense of energy, passion and breathtaking melodies, as an heritage and a tribute. Anyway, just listen to that record, you'll love it, this isn't even debatable.

Oh, and here's an interview of the drummer, Joe Gorelick, about the story and influences of the band. He later played on BLUE TIP! From what I know, a vinyl repress of Knocking The Skill Level is planned for sometime this year... STOKED.

lundi 18 mars 2019

A.S.T.R.O



Y'a quelques temps, je me suis rappelé.e de A.S.T.R.O, en fouinant dans ce qui se faisait dans ce qu'on qualifiait d'emo-crust en (F)rance. J'ai découvert ce groupe super tôt par rapport à ma plongée dans la scène punk/hardcore. Je cherchais bêtement des groupes parisiens de screamo via les tags de Metalorgie je crois, et je suis tombé.e sur eux. Curieusement, je suis pas tant revenu.e dessus que ça, mais je me rappelle avoir pas mal aimé ce que j'avais entendu.

Des années plus tard, voilà que je vois un post Facebook de Romain, guitariste de CHAVIRÉ, qui parle d'un ancien groupe qu'il a uploadé sur bandcamp... Bah yo, c'est A.S.T.R.O ! Il en était le guitariste, et ça c'est une chouette surprise. Par affect, et parce que je les ai re-découvert, j'avais envie de leur consacrer une place sur ce blog et de les déterrer. Aussi parce que From My Window est grandiose dans son style, n'ayons pas peur des mots.




Ils ont tout d'abord sorti une démo CD-R, qu'on m'a récemment filé avec un tas d'autres CD d'emo/screamo globalement très cool (j'y reviendrais prochainement ;) !), nommée The Shaped Lines, qui n'est pas mémorable, mais qui propose de chouettes montées d'adrénaline, un univers à mille lieux de la cover qu'on pourrait plutôt raisonnablement croire illustrer un disque de DINOSAUR JR., et qui dévoilait déjà une chouette habilité à jouer un screamo à l'américaine, tout en y glissant la puissance vocale gutturale typique du neo-crust. L'intro nous embarque dans un univers proche des envolées post-rock et puissantes de DAÏTRO période Laissez Vivre Les Squelettes, avant que des guitares plus chaloupées entrent en scène à partir de 2 minutes. Puis le morceau suivant, "We'll share our victims tonight", change complètement de mood, nous embarquant dans une ambiance beaucoup plus tendue, sombre, et dissonante... Avant de doucement s'alléger et revenir à quelque chose de plus screamo et plus DAÏTRO-esque, et finir par exploser en une cascade sonore ENVY-esque à 6:27. Ce disque comporte plein de changements d'ambiance parfois bizarres, souvent surprenantes... Il est globalement bon hein, c'est quand même très bien exécuté tout ça, mais c'est un peu le bazar et parfois un peu longuet héhé !

Le meilleur titre de cette démo est pour moi "Satan", qui synthétise au mieux les envies du groupe à ce moment-là, dans un concentré explosif, quasi rock'n'rollesque, sans growls exagérément bas, avec les influs screamo qui se greffent parfaitement dans la masse chaotique mais pas bordélique qui compose ce morceau. "Betrayer" est pas mal du tout aussi, dans sa façon de se développer, de s'ébranler puis de s'éparpiller... Ouais, c'est vraiment les 3 étapes-clé de ce morceau et que je ne saurais décrire autrement, écoutez-le, vous comprendrez.




Mais la pièce maîtresse de A.S.T.R.O, c'est définitivement From My Window, leur dernière release sortie physiquement, en 2008, et toujours en DIY à TRÈS PEU d'exemplaires, moins d'une trentaine je crois... Sur ce disque, le groupe avait vraiment travaillé sa recette, tout est excellent du début à la fin... Bon, c'est un peu subjectif pour le coup, mais je le pense vraiment, les changements de mood sont vachement mieux amenés que sur The Shaped Lines, c'est beaucoup plus structuré et captivant. En le ré-écoutant, je me suis dit que JEANNE, ma révélation screamo strasbourgeoise de 2017, avait sûrement pas mal écouté et pris des idées aux parisiens...

Ce titre d'intro, "Blow", met tout de suite les choses en place, on est vraiment dans une cavalcade infernale d'un screamo beaucoup plus rentre-dedans, en mode "étoile filante", qui se vit en catharsis et s'exprime en éruption, avec toujours quelques tempos plus lents, mais juste ce qu'il faut pour donner de l'air aux morceaux, leur donner encore un peu plus d'intensité et de profondeur. Les voix gutturales sont beaucoup mieux utilisées, distillées, des blast beats sont placés par-ci par-là (rendant les passages mélodiques encore plus beaux)... Tout ce qui suit sur ce disque est une succession de soulèvements sonores grandioses, tout ce qu'on aime véritablement dans ce genre de screamo qui prend les idées du post-rock, du post-hardcore, du math-rock, pour en faire quelque chose de frénétique, incandescent, sur un ton résolument sombre mais avec un ensemble qui se montre malgré tout brillant.





Après avoir lancé une quête au infos sur mes réseaux à propos d'A.S.T.R.O, j'ai eu la chance de recevoir de la part de Romain plusieurs unreleased... D'abord, des démos enregistrés en 2006, dans le même temps que les morceaux de The Shaped Lines. Parmi eux, il y a un pétage de plomb mathcore nommé "Bam" qui aurait pu figurer sur certains MySpace des habitué-e-s des marches de l'Opéra Bastille, et ce morceau nommé "Astro Is Dying" : du screamo assez classique, tout mignon mais pas incroyable et surtout TRÈS LONG, un peu metal sur les bords, ET avec deux riffs qu'on dirait presque issus de "Chop Suey" de SYSTEM OF A DOWN hahaha ! C'est vraiment un morceau brouillon pour le coup, mais ça m'a touché.e de pouvoir plonger aussi loin dans les archives du groupe. L'une de ces démos, après quelques améliorations et des effets de guitares en moins, finira sur la compile Cité de Chenilles, crée par l'éphémère label parisien du même nom (qui à priori tire bien ce nom de CITY OF CATERPILLAR...), et sortie en 2006.

Puis 2 titres enregistrés en 2007, jamais sortis même en digital. L'un d'entre eux, "Vivement Dimanche", a très légèrement évolué pour devenir "Modernism" sur From My Window... Je crois que je préfère la version d'origine d'ailleurs ! L'autre titre, "My Pant", est un peu plus chaotique que le reste du disque, un peu dans l'esprit de "Satan", et il est mortel, pour pas faire dans l'originalité à ce point de la review haha ! Mais ouais, c'est une face B ultime du second disque. 

J'espère qu'à travers cet article, je pourrais refaire vivre, l'espace de quelques jours, ce groupe qui n'a même pas tant fait de lives que ça (et ce fût avec des groupes comme CHAOS IS, FUCK WOLVES, FAREWELL, THEME OF LAURA...), que From My Window vous plaira autant qu'à moi... Et que je pourrais pourquoi pas partager avec vous ces unreleased, parfois infernaux, parfois superbes :)

- http://astrocrust.free.fr/


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Some time ago, I remembered about A.S.T.R.O, digging into what was being called emo-crust in (F)rance around 2005. I discovered this band pretty early compared to my first steps into punk / hardcore scene : It was when I was in the "scene" wagon and was looking for actual screamo bands in Paris via hashtags in Metalorgie I think, and I found about them. Curiously, I haven't listened that much to them, but I remember having liked what I've heard.

Years later, end of 2018, I saw a Facebook post from Romain, guitarist in CHAVIRÉ, who talked about an old band he just uploaded on bandcamp... Guess what: it's A.S.T.R.O! He was also the guitarist in this band, and that's a nice surprise. By affect, and because I also re-discovered them, I wanted to write something about them on this blog and to unearth them. Also because From My Window is grandiose in its style, and that you NEED to listen to that record.

They first released a CD-R demo, that someone from a certain well-known french band sent me with a bunch of other great emo / screamo CDs (I'll be back on that soon ;) !), named The Shaped Lines, which is not memorable, but offers great adrenaline rushes, which sounds FAR AWAY from the cover that we could reasonably believe to illustrate a DINOSAUR JR. record, and which already unveiled a certain ability to play an American-infuenced screamo, while including typical guttural vocals of neo-crust. The intro song embarks us in a universe close to post-rock and of the shivering progressions of Laissez Vivre Les Squelettes-era DAÏTRO, before that more swaying guitars kicks in, starting from the 2nd minute. Then goes the next song, "We'll share our victims tonight", in a totally different mood, embarking us in a much more tense, dark, and dissonant atmosphere... Before gently lighten up and come back to something more screamo and more DAÏTRO-esque, and eventually explode into a ENVY-esque soundfall at 6:27. This record have a lot of changing soundscapes, it's his main characteristic, and it's sometimes bizarre, always surprising, for the best and not-the-best (I hate being critical!)... Yeah, it's good music overall, it's still very well done, but it's a little messy and lengthy. Who already released a literally perfect first record? ;)

The best song of this demo, for me, is "Satan", which is totally not a black metal song (but the band used blast beats in their second release!), and best synthesizes the desires of the band at that time, in an explosive and almost rock'n'rollesque concentrate, without exaggeratedly low growls, with the screamo influences which are perfectly graft into the chaotic but not messy mass that composes this song. "Betrayer" is also not bad at all, in its way to develop, to shake and then to scatter into the air... Yeah, it's really the 3 key steps of this song and I can't describe it otherwise, just listen to that tune, you will understand what I mean.

But the masterpiece of A.S.T.R.O is definitely From My Window, their last record, which was released in 2008 on a VERY FEW copies, less than thirty CD-Rs I think... On this record, the band really worked his recipe, everything is excellent from start to end... Well, it's a bit subjective, but I really think so. The changes of mood are really better brought than on The Shaped Lines, it's much more structured and captivating. While listening to it again, I thought that JEANNE, my 2017 screamo revelation from Strasbourg, surely listened a lot to them and took most of their ideas (they were influenced by FAREWELL as well, would make sense!).

The first song, "Blow", immediately puts things in order, we're really embarked in a hellish cavalcade of a much more volatile and pummeling kind of screamo, going in a "shooting star" mode, who lives in catharsis and express in erupts, with always a few slower tempos, but just enough to give the songs some air, give them a little more intensity and depth. Guttural voices are much better used and distilled, some blast beats are placed here and there, making the melodic passages even more beautiful by the way... All that follows on this record is a succession of grandiose sounding uprisings, everything that we love in this kind of screamo that takes ideas from post-rock, post-hardcore, math-rock, to make something frantic, incandescent, in a resolutely dark tone but with a whole that's still brightful in a way.

http://astrocrust.free.fr/

mardi 12 mars 2019

HIDEOUS LAUGHTER



Oh wow, that's what I call a one-shot, I think I never did this before? Maybe once, I can't remember. When I'm writing this, I'm about to leave home to see DOWNTOWN BOYS, a super good political, catchy and queer post-hardcore/punk hardcore from Providence, Rhode Island, signed on Sub Pop with their last album produced by fucking GUY PICCIOTTO! AND it's a fucking free gig! But I can't stop being blown away by this new release straight from the core of the #swedishskramzmafia. So I really had to share this band with you before leaving. THIS IS NOT EVEN WRITTEN IN FRENCH!

HIDEOUS LAUGHTER, from somewhere in Sweden, is kind of a new super-band with Kami, singer from YOUNG MOUNTAIN, Oscar from ALENAH and Tobias from NEWMAN. They just released (the actual day I'm writing this haha!) their first 2 songs and wow, they are so, so good. Imagine the typical swedish screamo sound, with a heavily twinkly vibe, something that would sound like BASTOS... Yeah, you get it, it's going to be a fucking great time for your ears. This is super energetic, frantic, and heavily emotional. Lyrics from the first song, "If Only I Could Be So Grossly Incadescent", touched me straight to my heart : feeling safe and strong with friends, growing older being surrounded by cool people, but feeling terribly alone, lame and even depressed at the same time... This is super relatable. Some guitars even reminded me the main riff of "Arrowhead" by STATE FAULTS...

There's even 8-bit instrumental covers of both songs, and they also sound cool, not for everyone I guess, but I'm loving it, directly brings childhood memories, you know. Perfect for giving a nostalgic mood to the record, while staying on the same emotional rollercoaster of the first two songs.

Well, it's now suddently raining hard, here in that small, bourgeois and booooring parisian suburb I'm living in since last summer, and I think it's the perfect weather to listen to this record : if you can't cry, then that shitload of rain will get your face wet and your spirit sad for you. A catharsis, but in a good way. I mean, this isn't everything we love with the more personal, intimate side of screamo?

I'm leaving now. Take care, love skramz, hate elitism. ♡


jeudi 28 février 2019

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #10



J'aimerais vraiment être au chômage juste pour pouvoir passer mes journées à écrire sur ce que j'écoute. Déjà, j'arrive pas mal à me débrouiller, mais ça me semble encore bien juste t'sais. Ouais, en fait j'ai juste envie de quitter mon taff aussi. Toujours entrain de ruminer sur le fait qu'il m'emmerde, mais c'est pas simple de repartir de zéro, ne serait-ce que d'affronter l'idée quand c'est encore ton premier taff; Y'a aussi le fait est que tu perds un CDI, que tu perds aussi un peu de thunes, potentiellement. Enfin bref, toujours est-il que je réussis à vous écrire à peu près autant qu'avant, et ça c'est cool. Voilà encore plein de groupes cool pour vous permettre de pas en avoir trop marre de votre quotidien à votre tour. Fin du travail, vie magique. Ah ouais, et vive les graines de tournesol !

I really would like to be unemployed just to be able to spend my days writing about what I'm listening to. I already manage to get by, but it still seems not enough to me, you know. Yeah, actually I just want to quit my job too. Always ruminating on the fact that it annoys me and doing nothing, but it's not easy to start from zero, just the fact alone to face the idea, when that job was the first one you had and that it's now 7 years and some months that you are there. There's also the fact that you are losing a full-time job, you also lose a little money, potentially. Anyway, I'm now writing on there almost as much as before, and that's cool. So, here are plenty of cool bands to help you not get too fed up with your daily life. End of work, magical life. Oh, and sunflower seeds forever.

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 IRE - DEMO

J'en ai pas encore parlé je crois, je sais plus. En tout cas pas sur le blog en lui-même. IRE viennent de Toulouse, Les personnes qui constituent ce groupe ont une trentaine d'années d'activisme punk et politique derrière elles et sont encore déterminées, et c'est grosso modo une mutation de BIRDIE STEPTOE, qui était VRAIMENT dans un bail FUGAZI-esque. Ils ont un peu changé de style, rendant leur musique plus simple, plus catchy, peut être plus proche de l'emo à proprement parler d'ailleurs. Ils ont sorti sous leur nouvelle formule une démo en mai 2018, c'est aussi rempli de tension que les sons de BIRDIE STEPTOE, mais une tension exprimée avec un chant constamment déclamé, sur des riffs plus tranchants, moins alambiqués, ça va un peu plus à l'essentiel.

"Que m'importe si j'adhère à la philosophie du désordre. Je regarde d'un œil mort s'échouer les donneurs d'ordres, aux traces de poudre sur le visage, dernier vestige d'un pays 'sage'."

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I don't know if I had a word about it here, maybe on Facebook? IRE are from Toulouse, the people involved in this band have thirty years of punk and political activism behind them and are still determined, and this is the mutation of BIRDIE STEPTOE, who REALLY were into a FUGAZI worship. They have changed their style a bit, making their music simpler, more catchy, maybe closer to the actual emo sound. They released a demo in May 2018 under their new formula, it's as full of tension as the BIRDIE STEPTOE sound, but a tension expressed with constantly declaimed vocals on sharper, less convoluted riffs, it all goes a little more straight to the point.



Ben d'ailleurs, au moment d'écrire cet article, IRE vient de sortir une pré-prod de leur prochain disque. Ça s'appelle "D'un sommeil sans trêve", elle sera présente sur un LP nommé Devant Nous, Les Naufrages qui devrait sortir quelque part ce printemps, et c'est tout aussi cool que cette petite démo...

Oh, while I'm writing these lines, IRE has just released a pre-prod of their next records. It's called "D'un sommeil sans trêve", it will be featured on a LP named Devant Nous, Les Naufrages, that should be released somewhere this spring, and it's just as cool as their demo...



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 QUENTIN SAUVÉ - WHATEVER IT TAKES

Les meilleures choses sont parfois les plus simples, askip. Bah, c'est pas faux selon les situations : QUENTIN SAUVÉ, c'est basiquement le retour de THROW ME OFF THE BRIDGE à sa formule initiale : en solo. Sur 9 titres empreints de délicatesse, d'élégance, d'une simplicité et d'une sincérité déconcertante, il se confie sur sa peur de pas être assez présent quand il le faut, sur ses instants de solitude, il raconte comment l'amour peut-être un refuge quand on est loin des sien-ne-s : si "love is political", il se trouve aussi que "love is home", effectivement. La vibe très aérienne, quasi post-rock, distillée sur sa musique ajoute vraiment à la douceur de l'ensemble, ça prête encore davantage au laisser-aller, au voyage. C'est un chouette moment d'intimité, reposant et rassurant. Si vous aimez CITY AND COLOUR, aucune hésitation : foncez.

Some says the best things are sometimes the simplest. Well, it's not wrong depending on the situation: QUENTIN SAUVÉ is basically the return of THROW ME OFF THE BRIDGE to its initial formula: solo. On 9 songs imbued with delicacy, elegance, simplicity and a disconcerting sincerity, he confides on his fear of not being present enough for his loved ones when it's necessary, on his moments of solitude, he tells how love can be a refuge when we are far away from everyone : if "love is political", then "love is home", actually. The very airy, almost post-rockish vibe distilled on his music really adds to the sweetness of the whole, it tends us even more to let everything go, to let our mind travel. It's a nice moment of intimacy, relaxing and reassuring. If you like CITY AND COLOR, no hesitation: go for it.


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 OVERO - S/T EP

C'est probablement l'une de mes surprises préférées de ce début d'année : OVERO, c'est le nouveau side-project de 2 membres de FOOTBALL ETC. et un membre de PERFECT FUTURE. Iels ont mis en ligne leurs 2 premiers titres, et c'est pas mal inspiré par l’écurie Ebullition Records, YAPHET KOTTO en première ligne. C'est chouette d'entendre la voix de Lindsay sur des mélodies tantôt délicates, tantôt transcendées par un screamo/post-hardcore intense mais toujours aussi lumineux. À suivre de près !

This is probably one of my favorite surprises from the beginning of the year: OVERO is the new side-project of 2 members of FOOTBALL ETC. and a member of PERFECT FUTURE. They posted their first two songs online, and it's pretty much inspired by the Ebullition Records bands, YAPHET KOTTO especially. It's nice to hear Lindsay's voice on delicate melodies, transcended by an intense but always bright screamo / post-hardcore. Yep, here's a new band to follow closely!



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• SHIN GUARD - 2020

OK, ce truc est d'un autre niveau. Leur bio est on ne peut plus explicite : “if you could choose to play in a screamo band in Guitar Hero III, that band would be Shin Guard”.  À vrai dire, SHIN GUARD n'était pas vraiment un groupe destiné à balancer un maelstrom de riffs héroïques, à la base : leur précédent album, encore très récent, nommé Cerebral, lorgnant beaucoup plus du côté de PIANOS BECOME THE TEETH période Old Pride / The Lack Long After, de LA DISPUTE ou de TOUCHE AMORE. Mais avec 2020, le groupe a choisi de foncer tête baissée dans le futur. Par je ne sais quel déclic, et sûrement aussi grâce à leur nouvelle guitariste, iels ont décidé de faire muter leur musique en un screamo overdosé avec du shred, du chorus, des riffs mémorables, un ensemble plus agressif, pas mal influencé sasscore, mais avec quand même quelques éléments qui rappellent Cerebral : les spoken words, les influs PBTT qui restent...

Mais vraiment, c'est assez fou, toute cette puissance qui se dégage de cet album. On dirait une fusion ultime entre la densité du son de CEASE UPON THE CAPITOL, la force émotionnelle et la frappe de batterie de PORTRAITS OF PAST, et les influences goth et metal de STATE FAULTS. On a même le droit à un gros breakdown de la mort sur "Spears". Ça ressemble finalement peu à ce qu'on peut appeler "screamo" en Europe, mais pas mal à l'idée que les kids américain-e-s s'en font. Et dans leur scène, ça me parait clairement au-dessus de la mêlée cette année... Un disque singulier, presque fun à écouter, et n'ayant pas peur des mots : grandiose. L'une des personnes du groupe, Owen (guitare / chant) commentait un post où je demandais quel groupe pouvait bien sonner précisément comme SHIN GUARD, et il m'a répondu "honestly just listen to a LOT of opera and then imagine heavy guitars", bah c'est quand même une synthèse assez pertinente de leur musique. Je lui disais aussi que certains moments de leur album, et surtout le titre "You Will Be Held Accountable For Your Actions", me font beaucoup penser à "Trilogy 0" de LOMA PRIETA, et je me souviens d'une conversation que j'avais eu avec une personne lors de la sortie du 7" où ce morceau figure avec "Love", qui me disait que le dernier riff de "Trilogy 0" reprenait une mélodie d'un compositeur de musique classique, je ne sais plus quelle compo, quel compositeur... Marrant cette coïncidence.

OK, this thing is on another level. Their Facebook bio can't be more explicit: “if you could choose to play in a screamo band in Guitar Hero III, that band would be Shin Guard”. SHIN GUARD wasn't really a band which intended to deliver a maelstrom of heroic riffs, at first: their previous album, still very recent, named Cerebral, sounded much more like Old Pride / The Lack Long After era PIANOS BECOME THE TEETH, LA DISPUTE or TOUCHE AMORE. But with 2020, the group has chosen to go headlong into the actual future. By some click, and surely also thanks to their new guitarist, they decided to load their music with shreds, chorus effects, memorable riffs, a more aggressive tone and rhythm, with some sasscore influences, but always with elements reminiscent of Cerebral: the spoken words, the PBTT influences...

But really, it's pretty crazy, all the power that emerges from this album. It looks like an ultimate fusion of CEASE UPON THE CAPITOL's sound density, PORTRAITS OF PAST's emotional strength and drumming, with STATE FAULTS's most epic, metal and gothic moments. There's even a huge-ass breakdown on "Spears". It doesn't look like what we call "screamo" in Europe at all, but in their local scene, they are clearly on top... A singular record, almost fun to listen to, and let's not be afraid of words: grandiose. One of the people that plays in the band, Owen (guitar / vocals), was commenting on a post where I asked which band could sound exactly like SHIN GUARD, and they said "honestly just listen to a LOT of opera and then imagine heavy guitars", Well, it's still a pretty relevant synthesis of their music. I also told him that some moments of their album, and especially the song "You Will Be Held Accountable For Your Actions", make me think a lot of "Trilogy 0" by LOMA PRIETA, and I remember a conversation that I had with a person who told me that the last riff of" Trilogy 0" ripped off a melody of a classical music composer, I don't remember what composition, which composer... But great coincidence!


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• SECRET SMOKER - DARK CLOUDS

Il avait été posté en streaming par erreur le mois dernier, j'ai eu le temps de l'écouter et j'étais heureux.se comme tout, tellement il est bien. Je suis hyper content-e de pouvoir vous en parler pour de vrai : avec Dark CloudsSECRET SMOKER reste fidèle à la formule magique de son premier album, Terminal Architecture, qui consiste en un punk/hardcore bien ancré dans l'emo/post-hardcore des 90's aussi virulent et tendu que très mélodique et chaleureux. C'est plus ou moins la formule des groupes emo-punk de chez No Idea Records (surtout HOT WATER MUSIC et SMALL BROWN BIKE) appliquée à des influences à aller chercher, naturellement, chez Dischord ou Gravity Records, ou bien chez des groupes comme FOUR HUNDRED YEARS. C'est un disque qui vous rappellera tout vos classiques de cette scène, un worship exécuté avec une classe sans pareille, un disque plein de gros tubes, sur lesquels j'espère un jour faire du sing-along en live. J'adore vraiment ce groupe, haha !

It had been streamed by mistake last month, I just had time to listen to it while doing dishes and was happy as fuck. I'm really glad to be able to talk about it for real now: with Dark CloudsSECRET SMOKER remains faithful to the magic formula of their first album, Terminal Architecture, which consists of a punk / hardcore well anchored in 90's emo / post-hardcore as virulent and tense, as very melodic and warm. This is more or less the formula of the emo-punk bands from No Idea Records (especially HOT WATER MUSIC and SMALL BROWN BIKE) applied with other influences to find, naturally, on Dischord or Gravity Records, or through bands like FOUR HUNDRED YEARS. This is a record that will remind you of all your classics of this scene, on the best worship of that era of the emo scene since a very long time, a record full of big hits. I really love this band, and I hope to be able to catch them live one day!



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• KAFKA - PARTIR ET DÉCOUVRIR

Trop bien, les voilà déjà de retour ! Le mois dernier, je vous avais parlé de KAFKA, ce groupe de screamo tchèque qui chante exclusivement en français avec de chouettes textes (vous pouvez lire ma review juste ici). Ils reviennent avec 2 morceaux encore meilleurs que ceux de la démo sortie en Mai 2018, qui devaient à l'origine figurer sur un split qui ne verra pas le jour. C'est toujours du screamo de haute qualité, avec des paroles qui me touchent en plein coeur, toujours d'un français frappant de justesse pour une personne qui parle le tchèque, le fait de passer de cette langue au français n'étant vraiment pas évident...

"mais ces mots m'appellent encore: “laisse la société et ses habitudes vénéneuses” 
mais ces mots m'appellent encore: “cherche à te reconnaître dans l'inconnu”.

YO, they are already back! Last month, I told you about KAFKA, the Czech screamo group that sings exclusively in French, with great lyrics (you can read my review right here). They just released 2 songs, even better than those of the demo released in May 2018, which originally had to appear on a split that will not see the day. It's always high-quality screamo, with lyrics that touched me right in the heart, always an awesome French for a person who speaks Czech, knowing that passing from this language to French is really not obvious...



vendredi 22 février 2019

MONPLAISIR - THE AGREEMENT



Ça fait un mois que cette review traîne dans mes brouillons et que j'ai pas super envie de la poster, j'suis pas enthousiasmé.e par ce texte, je sais pas trop pourquoi. Je suppose que si vous arrivez là, c'est que vous aimez me lire un minimum et/ou que vous aimez les reviews non ? Bon, avant de parler de musique, C O N T E X T E (et gauchisme appuyé, en somme) : Selon mes recherches, Monplaisir est un quartier lyonnais "à l'esprit village", faussement authentique, avec des commerces plutôt huppés, un cadre de vie cher, favorisant les classes aisées. Soit tout ce qui me blase quand on me vient à parler d'une métropole. J'y préfère évidemment les quartiers populaires, là où la vie respire plus fort que ces murs ternes d'un modernisme ennuyeux et bourgeois... Lisez plutôt ces quelques lignes issues d'un article paru sur Tribune De Lyon en 2015 : "Le revenu médian par ménage atteint pratiquement les 30 000 euros à Monplaisir, soit 10 000 euros de plus que la moyenne dans le reste du 8ème [arrondissement de Lyon, NDLR]… Résultat : de nombreux-euses habitant-e-s peuvent se permettre de vivre dans de coquettes maisons de ville bourgeoises avec jardin et parking, comme dans les tranquilles rues des Lilas et Neuve, situées derrière la place Ambroise-Courtois. Le marché de l’immobilier avoisine d’ailleurs, dans le quartier, celui des secteurs les plus riches de Lyon. “Nous avons des biens qui s’achètent parfois jusqu’à 5000 euros/m2 contre une moyenne de 2900 euros/m2 dans le reste du 8e”, confirme un agent immobilier du quartier."

Et si on creuse un peu plus loin dans les origines même de Monplaisir, on comprend que c'est embourgeoisé depuis le début : "C'est le châtelain Marie Vital Henry, dit le baron des Tournelles, qui a créé Monplaisir. Ce propriétaire terrien possédait le château des Tournelles, qui dominait la province du Dauphiné, sur l’emplacement actuel de l’hôtel Mercure du cours Albert-Thomas, et dont la dernière tour a été rasée en 1960 par Louis Pradel. En 1828, il transforma son domaine en lotissements. Une opération d’urbanisme sans précédent pour créer 400 parcelles de terre reliées par des rues que le baron nomma alors le Village de Monplaisir. Un nom choisi pour attirer les Lyonnais-es loin du centre-ville, dont l’air était à l’époque difficilement respirable en raison des déchets qui étaient fréquemment déversés dans le Rhône, en l'absence d'égouts. “Les Lyonnais venaient à Monplaisir pour respirer le bon air et beaucoup d’entre eux avaient des résidences secondaires”, raconte un historien du quartier. Certains expliquent aussi ce nom de Monplaisir en raison des nombreuses auberges qui s’étaient installées sur place et dans lesquelles les Lyonnais venaient passer du bon temps."

Ces petits caprices de privilégié-e-s, cette richesse pécuniaire, c'est pas du tout ce qui se perçoit dans le MONPLAISIR dont il est question ici. Celui-là m'évoque quelque chose de bien plus populaire, de bien plus coloré, qui chercherait justement à s'échapper de cette monotonie proprette, chercher de la chaleur en un interstice qu'il se serait constitué tel un cocon. Ce MONPLAISIR-là, je le verrais plutôt traîner vers la Guillotière, tu vois. Mais bon, à Monplaisir, on y a aussi projeté le premier film, en 1895, cimer les frères Lumière... Et c'est cette face de ce quartier lyonnais qui a servi de référence au groupe, en sachant que ce sont de bons cinéphiles. Et parce que Flo et Yoan y vivent, tout simplement ! (et aux dernières nouvelles, ils ne font pas partie de cette bourgeoisie ambiante, malgré leur méga-popularité dans une scène qui est communément vue comme un "emo revival", SPORT n'a pas encore permis à leurs musiciens de s'acheter des villas et un car de tournée haha !)

Dans MONPLAISIR, on retrouve donc Flo (guitare/chant) et Clément (batterie/backing vocals), qui jouaient auparavant dans SPORT, dont Slow prédisait quelque peu ce qui allait se faire ensuite dans ce nouveau projet : c'était plus moody, plus doux, avec un certain accent mis sur les textures sonores plus que sur le tapping... Alors quand MONPLAISIR a sorti sa démo en 2016, on était sur un terrain familier, lumineux et chaleureux, mais encore un peu plus doux et introspectif que ce qu'était devenu SPORT. Grosso modo, on y retrouve le même sens du riff qui tricote, mais ça prend plus le temps de se développer... Tiens, et si on pouvait y voir une sorte de réponse à "Trompe l'ennui", qui disait avec passion : "Ou est le mal à vouloir prendre le temps ?"... MONPLAISIR, c'est des jeunes trentenaires qui n'ont pas cessé d'être des punks mais qui ont mûri en même temps, qui s'amusent avec leurs influences de toujours, avec une certaine dose d'insouciance et de spontanéité (le chant a d'ailleurs été enregistré en une seule prise), tout cela se ressent dans ces morceaux chargés de beaucoup de mélancolie, d'intime, de sensibilité. C'est une alchimie magique entre tout ce qu'ils ont écouté, vécu, et ce qui leur reste à vivre après tout, parce que y'a encore un long chemin devant eux. En témoigne l'intense quart d'heure quasi-instrumental de "Hey John", dernier titre de The Agreement. Mais ne grillons pas les étapes :).

Ce disque a été enregistré au Mikrokosm Studio, à Villeurbanne (bah hey, quand on parlait de quartiers populaires !), là où leurs camarades de BÂTON ROUGE ont enregistré Totem, et également là où le THURSTON MOORE GROUP (grosso modo la suite de SONIC YOUTH avec Debbie Googe, bassiste de MY BLOODY VALENTINE, à la place de Kim Gordon) a composé et enregistré un titre inédit, "Transcendent Transaction", pour une Mikrokosm Session (leur épisode 11, visible par ici !)... Vu comment Totem sonne, et vu l'atmosphère de The Agreement, ce choix fût fort judicieux

Aucun morceau n'est vraiment indépendant de l'autre, et semble avoir le même fil conducteur : ça tourne autour d'un même élan de mélancolie comme dit plus haut, de douceur. Un fil de souvenirs récupérés ça et là, nés dans divers endroits de Lyon comme le suggère le titre de "Tête d'Or (Le Parc)" ou les paroles de "Rainy May", dans divers errances lors de nuits passées devant des écrans, ou bien les yeux à divaguer dans le noir au lieu d'y trouver le sommeil. Le souhait de vouloir se vider la tête de toutes ces choses qui nous minent sans en trouver la cause, mais essayer de trouver par soi-même ces petits remèdes qui nous font du bien sans vraiment que ça nous guérisse, mais qu'on sait peut-être meilleurs que tout ce qu'on nous propose... 

"I'm naming every pain after anything I read on a webpage. I don't sleep well, too much anxiety piled up in me. I speed read my screen for techni-color dream and smoother nights". - "Pliocène".

Ce disque demande du temps devant soi, et/ou un chouette paysage ou son canapé sur lequel s'allonger, pour l'écouter tranquillement, en saisir toutes les subtilités. Il s'écoule dans un ruissellement délicat de mélodies, qui quelquefois se précipitent, en témoignent la pièce maîtresse de ce disque, "Queen Size Sea". Un habile, subtil dosage de tout ce que The Agreement propose en 7 minutes envoûtantes. Si on doit rapprocher ce disque à d'autres groupes, ce sera bien évidemment SONIC YOUTH, du moins son côté le plus juvénile, incandescent et catchy, puis aussi ces groupes de post-hardcore des années 90's qui jouaient avec les boucles, les progressions, les montées d'adrénaline, les hérissements, tels LUNGFISH à leur période Indivisible / Artificial Horizon, via leur retenue bouillonnante, ou UNWOUND. Puis naturellement, on retrouve des similitudes avec les local heroes de BÂTON ROUGE, qui partagent pas mal de leurs influences au-delà de leurs affinités personnelles...

J'aime profondément ce disque, qui a ce pouvoir de réconfort et d'oubli de soi (dans une bonne optique) que j'aime tant ressentir à l'écoute d'un album. J'espère que vous ressentirez la même chose en l'écoutant, ça décuplera votre appréciation de The Agreement. En tout les cas, si vous aimez ces disques sucrés et noisy des 90's, un peu plus complexes que la plupart des gros disques de rock alternatif de cette époque mais trop pop pour être réellement classés dans l'indie-punk ou l'étiquette, un peu fourre-tout il est vrai, du post-hardcore (mais quand même véridique pour le coup), foncez écouter ce nouveau LP.




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It's been a month that this review drags in my drafts and I don't really want to post it, I'm not satisfied by this text, I don't know why, maybe I'm afraid that it's not giving justice enough to this album ? I guess if you get there, that's because you appreciate to read my emo thoughts about music and / or that you like reviews, right? Well, before talking about music, here's some C O N T E X T (and some leftist analysis): According to my research, Monplaisir is a district Lyon "in a village spirit", falsely authentic, with rather upscale shops, an expensive living environment, favoring the wealthy classes. That's all that bothers me when it comes to speak of a metropolis. I obviously prefer popular neighborhoods where life breathes stronger than the dull walls of a boring and bourgeois modernism...  The Tribune De Lyon published in 2015 an interesting description of Monplaisir : "The median income per household reaches almost 30,000 euros in Monplaisir, 10,000 euros more than the average income in the rest of the 8th district of Lyon... Result: many people can afford to live in bourgeois cozy houses with garden and parking, as in the quiet streets of Lilas and Neuve, located behind the Place Ambroise-Courtois. The real estate market is also, in that neighborhood, approaching the ones of the richest areas of Lyon. We have properties that are sometimes bought for up to 5000 euros / m2 against an average of 2900 euros / m2 in the rest of the 8th district", confirms a real estate agent of the district."

And if we dig a little further into the very origins of Monplaisir, we understand that it's gentrified from the beginning: "It's the castle owner Marie Vital Henry, a.k.a the Baron des Tournelles, who created Monplaisir. He owned the Tournelles castle, which dominated the province of Dauphiné, on the current location of the Mercure hotel of the Cours Albert-Thomas, and which his last tower was razed in 1960 by Louis Pradel. In 1828, he transformed his estate in subdivisions: an unprecedented planning operation to create 400 parcels of land connected by streets that the baron then named the Village of Monplaisir, a name chosen to attract the Lyonnais-es far from the city center, where the air was, back in the day, difficult to breathe because of the waste that was frequently dumped in the Rhône, in the absence of sewers. "Lyonnais-es came to Monplaisir to breathe some fresh air and a lot of them had second homes", says a historian of the neighborhood. Some also explain the name of Monplaisir because of the many inns that was settled on the site and in which the Lyonnais-es came to spend a good time."

These little whims of privileged people, this pecuniary wealth, are not at all what we can perceive in the MONPLAISIR which I'm actually talking about here. This one evokes something much more popular, much more colorful, which would seek precisely to escape from this monotony, to seek heat in an interstice that he would have constituted, like a cocoon. I would rather see this MONPLAISIR hanging towards the Guillotière. But hey, at Monplaisir quarter, we also screened the first film, in 1895, s/o to the Frères Lumière... And it's this face of this Lyon neighborhood that served as a reference for the band, knowing that these are good cinema enthusiasts. And because Flo and Yoan live there, simply! (and in the latest news, they aren't part of this ambient bourgeoisie, despite their mega-popularity in a scene that is commonly seen as an "emo revival", SPORT hasn't yet allowed their musicians to buy villas and a huge tour bus haha!)

In MONPLAISIR, we find Flo (guitar / vocals) and Clément (drums / backing vocals), who previously played in SPORT, which Slow somewhat predicted what would happen in their new project: it was more moody, more soft, with a certain emphasis on sound textures more than tapping and ALGERNON CADWALLADER-ish stuff... So when MONPLAISIR released its demo in 2016, we were on a familiar ground, bright and warm, but a little more softer and introspective than what already became SPORT. Basically, we find the same skills of knitting riffs, but with more time took to make them evolve in the song... Maybe we can see here some kind of answer to "Trompe l'ennui", who passionately said : "What's wrong about wanting to take the time?"... You can't know how much this song saved my life when Slow came out. MONPLAISIR is still-young peeps in their thirties (oh well, and being in our thirties definitely doesn't mean becoming fucking old, for fuck sake), who haven't stopped being (emo)punks but who have matured at the same time, who have fun with their main influences, with a certain dose of spontaneity (vocals were recorded on one-take), all this can easily be felt in these pieces loaded with a lot of melancholy, intimacy, sensibility. It's a magical alchemy between everything they've listened to, lived through, and what's left to live after all, because there's still a long way to go before them, as evidenced by the intense quarter-hour, quasi-instrumental "Hey John", last song of The Agreement...

This LP was recorded at Mikrokosm Studio, Villeurbanne (hey, when we talked about popular neighborhoods and how we can classify MONPLAISIR in it, here's a good, but somewhat accidental as well I guess, indicator about where the spirit compass of the band is directed), Where their comrades of BÂTON ROUGE recorded Totem, and also where the THURSTON MOORE GROUP (roughly the continuation of SONIC YOUTH with Debbie Googe, bassist of MY BLOODY VALENTINE, instead of Kim Gordon) composed and recorded a new song, "Transcendent Transaction", in one afternoon for a Mikrokosm Session (episode 11, visible here!)... Knowing how Totem sounds, and considering the global atmosphere of The Agreement, this choice was very judicious.

No song is really independent of the other, and seems to have the same main thread: it revolves around the same momentum of melancholy as said above, of sweetness. A thread of memories recovered here and there, born in various places of Lyon as the name of the song "Tête d'Or (Le Parc)" suggests as well as "Rainy May" lyrics, in various wanderings during nights spent in front of screens, or with the eyes wandering in the dark instead of finding sleep. A wish to want to clear our head of all these things that undermine us without finding the cause, but trying to find by ourselves these little remedies that do us good without really actually healing, but better for us than anything doctors and stuff are prescribing...

"I'm naming every pain after anything I read on a webpage. I don't sleep well, too much anxiety piled up in me. I speed read my screen for techni-color dream and smoother nights". - "Pliocène".

This album requires time, and / or a nice landscape or our sofa on which to lie down, to listen quietly to the record, to grasp all its subtleties. It flows in a trickle of melodies, which sometimes rush, as testified by the centerpiece of this record, "Queen Size Sea". A clever, subtle mix of everything The Agreement offers in 7 mesmerizing minutes. If we must compare this to other bands, it will obviously be SONIC YOUTH, at least its most youthful, glowing and catchy side, and as these post-hardcore bands of the 90's that were playing with loops, progressions, adrenaline rushes, such as LUNGFISH at their Indivisible / Artificial Horizon era, via their boiling restraint, or UNWOUND. Then naturally, there are similarities with the local heroes BÂTON ROUGE, which share quite a lot of their influences, beyond their personal affinities ...

I deeply love this record, which has the power of recomfort and to allow a forgetfulness of self (in a good perspective) that I like to feel while listening to an album. I hope you'll feel the same way by listening to it, it will increase your appreciation of The Agreement. Anyway, if you like these sweet and noisy albums of the 90's, a little more complex than most of the big alternative rock records of this era but too pop to be really classified in the indie-punk spectrum or in the little tote post-hardcore label (but accurate tho), go to listen to this new LP.

jeudi 21 février 2019

NIONDE PLÅGAN - REFLEKTION



Je ne savais absolument pas que j’avais ce privilège, mais j’ai découvert au hasard que je figure sur la mail-list de Moment Of Collapse Records, un des meilleurs labels européens en termes de musiques qui tournent autour du post-metal et du post-hardcore. De ce fait, j’ai eu la très agréable (et réconfortante) surprise de recevoir en avance un lien pour écouter le nouvel album de NIONDE PLÅGAN, Reflektion.  Et depuis, un peu comme le dernier SHIN GUARD, il ne me quitte plus.

NIONDE PLÅGAN est grosso-modo un supergroupe de la sainte swedish skramz mafia, réunissant des membres de I LOVE YOUR LIFESTYLE, TRACHIMBROD et TENGIL. Ça fait un bon bout de temps que le groupe est actif, mais a pas mal changé de style, passant d’un post-hardcore/neocrust sombre et furieux à quelque chose de beaucoup plus contemplatif et chaleureux, même si les guitares restent massives et que le ton général est plutôt heavy. Ce groupe est également très engagé en termes politiques, en n’hésitant pas à présenter l’antifascisme en nécéssité dans ses textes.

Reflektion fait suite à ce que le groupe dévoilait sur le 10’’ split qu’ils ont partagé avec THE WORLD THAT SUMMER, et continue de montrer une facette encore plus aérienne de sa musique, où le paradoxe est encore plus appuyé entre légèreté et puissance. Ça ressemble au dernier disque de TRACHIMBROD avec ce subtil et chaleureux mélange entre screamo et influences issues du rock alternatif des années 90, que ce soit du shoegaze ou de la pop. Sur ce disque, tout est histoire de nuances de sons, voire de couleurs que le groupe réussit à modeler et à faire s’imaginer. C’est plutôt un album à écouter sous un plein soleil d’hiver, ou la nuit. C’est les conditions idéales pour cela, c’est d’ailleurs avec celles-ci que je l’ai découvert et que je continue de le savourer. Il nous ambiance, nous berce, nous fait vibrer, sur une vibe profondément mélancolique, en réussissant à rendre délicat quelque chose qui sonne plus ou moins comme du post-metal. Je pense que les fans de MATERIC apprécieront beaucoup ce disque (et ce groupe en général btw) pour cela : cette qualité de savoir rendre les riffs et les sons de guitares les plus lourds comme quelque chose de très doux. C’est propre à la Suède de toute façon, de faire les plus belles mélodies du monde t’sais.

Ce gros fuzz bien bourdonnant, ces tonalités hypnotisantes, cette attention portée au grain, la rondeur des instruments, les effets « yo-yo » de vibrato sur les guitares façon MY BLOODY VALENTINE… Tout ça m'évoque un peu les 3 derniers albums de THIS WILL DESTROY YOU. Y’a un petit quelque chose de CASPIAN dans certaines ambiances, certaines façons d’amener les morceaux jusqu’au bout de prolonger leur mood, je pense notamment au titre « Trots allt ! ».

Je ne saurais mieux le raconter que cela : C’est un disque assez homogène, chaque morceau rejoint l’autre sans qu'aucun ne brise leur mood.  Un long et envoûtant voyage, sans le côté presque cinématographique de VI SOM ÄLSKADE VARANDRA SÅ MYCKET mais avec la même grandeur.




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I didn't know that I had this privilege, but I discovered that I'm on the mail-list of Moment Of Collapse Records, one of the best European labels in terms of music that revolves around post-metal and post-hardcore. As a result, I had the very pleasant (and comforting) surprise of receiving a link in advance to listen to NIONDE PLÅGAN's new album, Reflektion. And since, like the last SHIN GUARD, he doesn't leave my ears.

NIONDE PLÅGAN is roughly a supergroup from the holy swedish skramz mafia, bringing together members of I LOVE YOUR LIFESTYLE, TRACHIMBROD and TENGIL. The band is active since a long time, but they changed their sound. They started from a dark, furious post-hardcore / neocrust, and evolved to something much more contemplative and warm, even if the guitars remain massive and that the general tone is rather heavy. This band is also very committed in political terms, and doesn't hesitate to speak of antifascism in its texts. Reflektion follows what the band unveiled on the 10'' split they shared with THE WORLD THAT SUMMER, and continues to show an even more aerial facet of his music, where the paradox between lightness and power is even more pushed forward. It sounds like TRACHIMBROD's latest record with this subtle and warm mix of screamo and influences from 90s alternative rock, whether it's shoegaze or pop.

On this record, everything is history of nuances and sound textures, even colors that the band succeeds to make us imagine in mind. It's rather a record to listen to under a full winter sun, or at night. It's the ideal conditions for this, and it's with these that I discovered it and that I continue to savor it. It makes us vibrate and lull, on a deeply melancholic vibe, managing to make something that sounds more or less like post-metal whie staying delicate. I think that the fans of MATERIC will really appreciate this record (and this band in general btw) for that: this quality of knowing how to make the heaviest guitar riffs sounding very soft. But you know, it's unique to Sweden anyway, to make the most beautiful melodies in the world, eh. ;)

This fat and buzzing fuzz effects, these hypnotizing tones, this attention brought to the grain, the roundness of the instruments, the "yo-yo" of vibrato effects on guitars à-la MY BLOODY VALENTINE... It evokes a bit of the ideas of THIS WILL DESTROY YOU on their last 3 records. There's also a little CASPIAN thing in certain atmospheres, some ways to extend the mood of a song 'til the very end, especially on "Trots allt! ".

I think I can't describe you Reflektion in more words: it's a rather homogeneous record, each piece joins the other without any breaks on the mood, it's the same one on the whole record and that's all we need. A long and captivating journey, without the quasi-cinematographic vibe of VI SOM ÄLSKADE VARANDRA SÅ MYCKET but with the exact same magnitude.

mercredi 13 février 2019

55 DELTIC, un manifeste slowcore cheminot ?



Je commence à écrire ceci, sans le faire exprès, à 13h12.  ( ͡° ͜ʖ ͡°)

C'est un Lundi où pour une fois, je ne bosse pas. Je me suis réveillé-e tranquillement, pour ne pas qu'un nouveau mal de tête ne pourrisse mon après-midi (ce qui a fini par arriver) qui s'annonce sous le signe du "rien faire", ce qui est plus que reposant pour l'esprit. Et je suis parti-e pour écouter ce disque en repeat, que j'ai découvert un peu au hasard, je ne sais plus comment, c'était sur Facebook.

55 DELTIC viennent de Notthingham, UK, et c'est l'un de ces groupes dont stricly no capital letters, le label qui co-produit ce disque avec Barely Regal Records et Kingfisher Bluez, a la spécialité : ce genre de disque qui invitent au voyage depuis son canapé, en fermant les yeux. Aussi ce genre de trucs que tu écoutes en te baladant en forêt. Je suis heureux-se d'avoir découvert ce groupe. En l’occurrence, il semblerait que ce soit aussi fait pour l'écouter dans le train, le thème autour duquel semble tourner le groupe. Tiens, pour une fois que c'est pas de l'emo français qui parle de trains !

Ce "mostly vegetarian, DIY, rail renationalisation band"  (55 Deltic est également un modèle de train diesel, histoire d'appuyer leur worship du rail) vient de sortir You Could Own an American Home, son premier album, où figurent les morceaux de la démo sortie en Août 2016. Et il se trouve qu'écouter leurs morceaux dans le train, ça marche pas mal, effectivement. D'ailleurs, une coïncidence marrante : dans l'après-midi où je rédige cet article, je vais aller chercher l'un de mes frères à la gare de Plaisir-Grignon, où il travaille. Ma journée va donc se passer sur le thème du rail à priori t'sais. De toute façon, ce disque semble m'être destiné-e : tout ce qui tourne autour des trains, c'est quelque chose qui me touche depuis la plus tendre enfance, j'ai grandi autour des trains, j'ai vécu longtemps près de la gare de Trappes et sa gare de triage, et passé du temps à explorer les friches autour, j'ai passé une année entière à évacuer mes peines et une intense solitude à errer dans les trains de banlieue pour fuir un lycée bourgeois où j'étais rejeté-e, moqué-e. Enfin bref.

Ce disque, il est riche en douceur, en introspection, comme ces groupes moitié emo, moitié slowcore, savent si bien le faire aux UK et en Ecosse. Alors du coup, les paroles ne sont pas dans le militantisme et la revendication cheminot-e : on est dans des thèmes vachement plus personnels et intimes, qui vont tout de même de pair avec la musique et la thématique du groupe, qui se laisse volontiers savourer en regardant les paysages défiler à travers la fenêtre du train... La poésie de "Tangen" m'a touché-e, mise en valeur par ses guitares mélodieuses, sucrées, ce violon qui vient encore ajouter davantage à la beauté et la sensibilité qui règne sur ce titre. "Didcot, Newbury & Southampton Railway", déjà présente sur la démo de 2016, et mon morceau préféré du groupe jusque là, avec une légère touche post-rock, me rappelle ce que j'adore chez CLOAKROOM, pas surprenant quand on sait que eux et 55 DELTIC partagent les mêmes influences : DUSTER, CODEINE, RED HOUSE PAINTERS...

Et il y a cet espèce de breakdown émotionnel à la fin de "Eden Valley Line", ce final hurlé, frissonnant, presque bouleversant. Ce morceau m'a rappelé DYM, cet intriguant groupe d'emo 90s londonien rempli de fractures de la sorte.

Sur ce disque, j'ai l'impression qu'une certaine attention a été portée sur le rendu des parties les plus heavy des guitares, sur la façon dont les mélodies s'enchaînent, sur le moindre petit effet de son. Il me semble que l'un des guitaristes compose de l'ambient et du drone/doom dans d'autres projets, et cela se ressent dans l'atmosphère générale du disque. Il ne s'agit pas seulement de balancer de la réverb, du feedback et du fuzz partout parce que ça sonne bien, ou que ce serait cool, tout ça. Non, c'est vraiment quelque chose qui marque nos tympans, nos esprits, des sons qui ressemblent à des nuances et des couleurs particulières... C'est en ça que ce disque en devient atypique, malgré ses influences évidentes qui ressortent.

Nous aussi en (F)rance, on a pas envie que la SNCF devienne un service commercial où la concurrence et la course à la réduction de coûts précariserait les emplois, réduirait la qualité du service... Force et soutien aux salarié-e-s du rail anglais, autant qu'en (F)rance.





I start writing this, without doing it on purpose, at 13h12.  ( ͡° ͜ʖ ͡°)

It's a Monday where for once, I don't work. I woke up quietly, so that new headache will not ruin my afternoon (which eventually happened) that promises to b like "let's do nothing at all", which is more than resting for the mind. And I'm going to listen to this record in repeat, which I discovered a little randomly, I don't know how actually but I know it was somewhere on Facebook.

55 DELTIC are from Notthingham, UK, and this is one of those bands whose stricly no capital letters, the label which co-released this record with Barely Regal Records and Kingfisher Bluez, have the specialty: that kind of record that invite the listener to travel from their couch, while closing their eyes. Also it's that kind of stuff you would probably listen to while walking in the forest. In this case, it seems that it's also something to listen in the train, the main theme of the band. Well, for once it's not French emo! I'm really happy to have discovered this group, british slow punk music is forever.

This "mostly vegetarian, DIY, rail renationalisation band" (55 Deltic is also a diesel train model, here's another point to rely their rail worship) has just released You Could Own an American Home, his first album, which features songs from the demo released in August 2016. And it turns out that listening to their tracks on the train works pretty well. Moreover, here's a funny coincidence: in the afternoon when I am writing this post, I will rejoin one of my brothers at the Plaisir-Grignon station (in the parisian suburbs) where he works. Yeah, you get it, my day will be centered on the theme of rail lol. Anyway, this record seems to be made for me: everything that revolves around trains had an influence on me from the earliest childhood, I grew up around trains, I lived near Trappes station and its marshalling yard, and spent time exploring the old railways and wastelands around, I spent a whole year to evacuate some pains and an intense loneliness to roam on the suburban trains to runaway from a bourgeois high school where I was rejected, mocked, and where I had the worst thoughts about what I wanted to do against myself. Anyway.

This album is rich in softness, in introspection, as all these half emo, half slowcore bands know so well hod to do it in the UK and in Scotland. Well the lyrics are not about activism and railwaypersons rights and stuff: they are rather themed on more really personal and intimate topics, which fits well with their music and their main theme anyway, but which is something to drown into, while looking at the landscapes scroll through the window of the train... The poetry of "Tangen" touched me, highlighted by its melodious and sweet guitars, this violin that adds even more to the beauty and sensitivity that reigns on this song. "Didcot, Newbury & Southampton Railway", already featured on the 2016 demo, and my favorite song of the band so far, with a slight post-rock touch, reminds me of what I love about CLOAKROOM, not surprising when you know that them and 55 DELTIC share the same influences: DUSTER, CODEINE, RED HOUSE PAINTERS... All the good o.g slowcore shit.

And there's that emotional breakdown at the end of "Eden Valley Line," the shuddering, almost overwhelming outro, which singer is screaming his lungs out. This song reminds me of DYM, this intriguing 90s emo band from London, which is filled with that kind of sonic fractures.

On this disc, I have the impression that some attention has been paid to the rendering of the heavier parts of guitars, the way the melodies are linked, on the smallest effect of sound. If I'm correct, I found out that one of the guitarists already released ambient and drone/doom records with other projects, and this is reflected in the general atmosphere of the record. I mean it's not like just throwing reverb and feedback here and there to look cool and weird and shit, it's really something that have an impact in our eardrums, our minds, our skin. That's why this album becomes atypical, despite its obvious influences that emerge from their sound.

Here in France, we also don't want the SNCF to become a commercial service where competition and the race to reduce costs would deteriorate working conditions and the jobs themselves, reduce the quality of service... Strength and support to employees of the English rail, as well as French ones.