vendredi 10 avril 2020

PREMIERE : Deux extraits du split kafka. / Junior Leagues / TDOAFS / Virginia On Duty en écoute.



Ah, ça c'est un truc que j'aime bien vous proposer, les premieres. En temps d'anxiété de type hardcore, ça me stimule, j'écoute des trucs cool et j'écris dessus à la bourre, au final ça rend spontané et concis comme j'aime, c'est du bon stress, nickel ! Tiens, j'écris ce texte en écoutant le nouvel album de WEAVE, The Sound II, un groupe japonais qui fait ce qu'on pourrait globalement et aisément qualifier d'emo 90s avec un coté J-rock bien catchy, c'est cool ! Le morceau "Dive Into Sleep" est excellent... C'est dispo sur Spotify, ça sonne pas mal comme l'album Proper de INTO IT OVER IT et TEXAS IS THE REASON... Mais hey, ceux-là ne figurent pas sur le split dont il est question ;).


Bref, j'ai l'honneur et le privilège de vous présenter 2 morceaux qui n'ont absolument rien à voir avec le Japon ou le J-rock (à ceci près que je pense que 90% des personnes impliquées dans l'écriture, la production, la chronique et la promotion de ce split passent une grande partie du confinement à regarder des animes, je suis sur Haikyuu en ce moment, c'est wholesome et marrant comme il faut!). KAFKA., je vous en avais parlé avec beaucoup de passion et d'enthousiasme, avec leur demo parue en 2018 (ma review ici). Originaire de Prague, le groupe a cette particularité de chanter ses textes quasi-exclusivement en français, et reviennent sur ce split avec 2 nouveaux morceaux toujours de toute beauté. Je suis si content•e de les retrouver ! L'un d'entre eux apporte de nouvelles idées à leur son, et c'est ce morceau de KAFKA. que je voulais partager avec vous : "Chacun d'entre nous".


J'ai toujours beaucoup l'impression d'entendre du BELLE ÉPOQUE ou du CHAVIRÉ dans leurs mélodies saccadés, pleines d'urgence et de fougue, aux paroles aussi joliment imagées que politisées, mais ce titre me replonge avec tellement de plaisir dans ces sonorités si chaleureuses, presque douces, et pourtant si émouvantes, du LP Prima Che Tutto Bruci de ØJNE, ou de leur incroyable morceau "Da Qualche Parte, Nel Momento Giusto"... Ce morceau est très beau, apporte du baume au cœur, et encore une fois écrit avec un français très bien maîtrisé à quelques approximations près, chose très compliqué quand c'est pas ta langue natale. J'arrive pas à comprendre pourquoi je ne les ai pas encore vus sur un Fluff Fest, et j'ose espérer que l'orga profitera de l'année qu'elle va avoir devant elle pour réparer son erreur en 2021 ;). Bon, OK, le fest est pas encore annulé... Mais y'a encore des gens qui pensent que c'est possible de faire un festival en 2020 ? Le COVID-19 au bûcher !


k a k f a .


"Chacun d'entre nous a le droit d'être entendu,
Personne n'est la mesure des choses,
Et pourtant chacun est petit dieu
dans un humble sanctuaire."


Le second groupe à figurer sur le split dont je vous présente l'un des morceaux, nommé "нелюбовь" ("Lovelessness"), c'est JUNIOR LEAGUES. Au début, en voyant leur nom, j'ai cru que j'allais découvrir un groupe de pop-punk resté dans les années Tumblr et je me suis dit avec plaisir que "still not a phase", pourquoi pas ! Mais en fait, j'ai été mauvaise langue : Originaire de Rostov-sur-le-Don, Russie, où ils tiennent un peu l'étendard du screamo local avec TON RÊVE. et JACK NANCE (n'hésitez pas à me partager d'autres groupes emo / screamo du coin dans les commentaires, si j'en ai oublié !), ils proposent deux morceaux où le mood est nettement plus sombre (histoire de bien amorcer le terrain pour les superbes morceaux de type "étoile filante" de VIRGINIA ON DUTY), aussi bien en comparaison de ceux de KAFKA. que de leurs morceaux précédents. Les voix me font penser à celles de YOTSUYA KAIDAN, quelque chose qui se rapproche un peu du noise-rock, très scandé. Mais pas de doute, on est bien sur un screamo plutôt virulent mais pas pour autant écrasant, avec ses parties en blast beats et ses saccades qui vont bien. C'est également bien chouette, et ça se découvre juste en-dessous, avec le morceau de KAFKA. ainsi que la playlist du disque. En cherchant une photo de JUNIOR LEAGUES, je suis tombé-e sur une photo du chanteur vêtu d'un t-shirt BELGRADO, et ça c'est un gros bonus. Meilleur groupe post-punk de l'Europe de L'Est, plus que MOLCHAT DOMAМолчат Дома, incontestable.


J u n i o r   L e a g u e s




Le camarade David vous proposera un des 2 morceaux de VIRGINIA ON DUTY et des très sous-estimés TDOAFS le 11 Avril sur son blog Open Mind / Saturated Brain, ne les loupez pas ! Les pre-orders pour ce 4-way 12", disponible en 2 coloris (noir, et vert transparent/fumée), seront disponibles mi-Avril via la jolie ribambelle de labels ayant contribué à ce chouette LP : Unlock Yourself Records (RUS), Seitan's Hell Bike Punks (FRA), Polar Summer (RUS), Never Again Records (RUS), Les disques Rabat-joie (CA), Zilpzalp Records (GER), Non Ti Seguo Records (ITA), Hell Vice i Vicious (FRA), et Missed Out Records (US). No Funeral Records (USA) se charge également de sortir une version cassette du split, 50 exemplaires d'ores et déjà disponibles ici


De quoi facilement le trouver près de chez soi, où il faut faire attention de bien s'y abriter pour le moment... Même si je sais ô combien c'est compliqué, pour certaines personnes. Mais si vous êtes valide, neurotypique, que vous ne subissez pas de violences, que vous avez de bonnes réserves de bouffe, que vous ne sortez pas pour aller bosser, acheter à manger ou des médicaments, ou bien aider des personnes dans le besoin : ne soyez pas stupides ou égoïstes et RESTEZ CHEZ VOUS. Le soleil, on peut le prendre à son balcon, à sa fenêtre... Ça va pas durer éternellement, ce confinement. Peut-être bien quelques mois oui, soyons réalistes, mais absolument pas toute une vie. ♡




English :

Ah, premieres are something that I like to offer you. In times of "hardcore-mode" anxiety, it stimulates me, I listen to cool stuff and I write about it pretty late on the planned timeline of course, and in the end I write spontaneous and concise words as I like, it's good stress, noice! It's 3 a.m when I write this post, while listening to the new album of WEAVE, The Sound II, a Japanese band which plays what we can easily qualify as "90s emo with a J-rock vibe", it's very catchy and warm, it's cool! The song "Dive Into Sleep" is excellent... It's available on Spotify, it sounds pretty like much like INTO IT OVER IT's Proper and TEXAS IS THE REASON... But hey, they don't appear on the split which I'm talking about right now ;) .

I have the honor and the privilege to share with the whole wild confined world 2 songs that have absolutely nothing to do with Japan or J-rock (except that I think 90% of people involved in writing, production, reviewing and promoting this split are spending a large part of the confinement watching anime, I'm on Haikyuu at the moment, it's wholesome and funny as it should be!). I told you about KAFKA. with a lot of passion and enthusiasm, with their demo published in 2018 (my review here). Based in Prague, the band has this particularity of singing its lyrics almost exclusively in French, and they are (finally!) coming back on this split 12" with 2 brightful new songs. One of them brings new ideas to their sound, and that's this song that I wanted to share with y'all: "Chacun d'entre nous".

I always have huge BELLE ÉPOQUE or CHAVIRÉ flashbacks in mind while listening to their jerky melodies full of urgency and ardor, with words as beautifully imagined as politicized, but this song immerses me with so much pleasure in these so warm, almost sweet, yet so touching sounds from ØJNE's LP Prima Che Tutto Bruci, or their incredible track "Da Qualche Parte, Nel Momento Giusto"... This track is very beautiful, it brought some balm to my heart at first listen, and again written in a near-perfect French (as their other song on this record), with a very few approximations, but it's a very complicated language to understand and to apply when it's not your native language. I can't believe that I still haven't seen them yet on a Fluff Fest, and I dare to hope that the Fluff crew will take advantage of the year to come before the next edition to fix this mistake. Well, OK, the fest is not yet canceled... But are there still people who think that it's possible to make a music festival in 2020? Please rot in fucking hell, COVID-19!


"Chacun d'entre nous a le droit d'être entendu,
Personne n'est la mesure des choses,
Et pourtant chacun est petit dieu
dans un humble sanctuaire."


The second band to appear on the split is from JUNIOR LEAGUES and it's called "нелюбовь" ("Lovelessness"). At first, seeing their name, I thought I was going to discover a pop-punk band that stayed in the Tumblr years and I said to myself with an actual pleasure that "still not a phase", why not!  But in fact, I was wrong, and immediately stopped doing that sketchy lyric quote on a live picture of the band: Originally from Rostov-sur-le-Don, Russia, where they kinda hold the banner of the local screamo with TON RÊVE. and JACK LANCE (don't hesitate to share with me the other local emo / screamo band in the comments, if I forgot any!), they offer two songs where the mood is much darker (just to prepare the  ground for the crushing "shooting star" skramz of VIRGINIA ON DUTY), as well in comparison with those of KAFKA. than their previous songs. The vocals make me think of YOTSUYA KAIDAN, something that sounds a bit like noise-rock, pretty much shouted, you know? But no doubt, "нелюбовь" is a virulent but not too dark screamo piece, with the blast-beat and jerky parts we all love. While searching for a picture of JUNIOR LEAGUES, I found the singer wearing a BELGRADO shirt, which is a BIG bonus, best east-european post-punk, better than MOLCHAT DOMA / Молчат Дома, change my mind. You can stream both songs and see the tracklist above, in the french part of the text! :)


David will stream you one of the 2 songs from VIRGINIA ON DUTY and the very underrated  and long-running Québec noisy screamo act TDOAFS on April 11 on his blog Open Mind / Saturated Brain, don't miss them! The pre-orders for this 4-way 12", available in 2 colors (black, and transparent green/black smoke), will be available, starting mid-April, via a solid bunch of labels that contributed to this beautiful LP: Unlock Yourself Records (RUS), Seitan's Hell Bike Punks (FRA), Polar Summer (RUS), Never Again Records (RUS), Les disques Rabat-joie (CA), Zilpzalp Records (GER), Non Ti Seguo Records (ITA), Hell Vice i Vicious (FRA), and Missed Out Records (US). No Funeral Records (USA) is releasing 50 tapes of this split record, and you can already grab one right here


So yeah, you'll not have many troubles to find this record near from where you live, where you have to be careful to shelter for the moment... Even if I know how complicated it is, for some people. But please, if you are valid, neurotypical, that you are not subjected to domestic violence or any kind of abuse, that you have a good supply of food, that you don't have to go out for work, if you don't need to buy food or medicine, or if it's not to help homeless/fragile people in need: don't be stupid or selfish and STAY AT HOME. You can take the sun from your balcony, from your windows... This confinement won't last forever, it's a promise. Maybe for a few months, let's be realistic, but absolutely not for a lifetime, this literally can't happen. And you're NOT alone in this, we are basically billions in that case. ♡

dimanche 15 mars 2020

"The Fallen Crimson" : ENVY est de retour en 2020, que tu le veuilles ou non.



C'est un groupe à la longévité assez exceptionnelle pour un groupe de la scène screamo, qui suscite bien des débats dans sa scène "principale", celle où le groupe a pris son envol, qu'il a au minimum fortement marqué. Il faut dire qu'en presque 28 ans de carrière à ce jour (aussi vieux que moi !), même si il s'est principalement illustré dans le screamo, puis le post-rock, il a beaucoup évolué et a ainsi traversé et rassemblé autour de lui moult publics et attentes. Mais peu importe les déceptions ici et là, force est de constater que le groupe est toujours suivi de près par une fanbase fidèle, et qui se renouvelle depuis le début.

Et sur le sujet de l'évolution, le groupe ne fait pas semblant : Saviez-vous qu'à leurs tout-débuts, ENVY fût en fait nommé BLIND JUSTICE et pratiquait un mélange entre New York hardcore et youth crew ? En voici l'évidence ci-dessous, chaussez vos Air Max 80 :





Sur ce live, Tetsuya Fukagawa avait déjà changé sa manière de chanter, moins typée youth crew. Il est possible de trouver la demo tape de 1993 sur Internet, et 3 morceaux figurant sur une compile nommée Bondage Maniacs Vol.3 sur Soulseek... Du coup, j'aurais bien aimé savoir si quelqu'un dans ENVY était straight-edge à cette époque haha ! En commençant ainsi, on peut déjà se dire que leur évolution vers le screamo allait en laisser certain•e•s de marbre, même si finalement, dans les 90's, c'était commun de voir des groupes assimilés ou appartenant pleinement à la scène emo pratiquer un hardcore plutôt bas du front, ou rapide et agressif. La première transition d'ENVY a été tout d'abord été le nom en lui-même, remplaçant BLIND JUSTICE, pour illustrer cette idée de faire évoluer leur musique. Et cela s'est très vite fait ressentir sur l'intensité et l'impact émotionnel de leur musique...




Puis on connait tou•te•s la suite : une ascension fulgurante vers les cimes de la scène screamo, après avoir été influencés par UNION OF URANUS et JASEMINE entre autres, multipliant les disques coups-de-poing, jusqu'aux fabuleux All The Footprints [...] et A Dead Sinking Story. empreints de terribles maux-d'être et d'un désespoir qui saute à la gorge à la moindre seconde égrenée par ces albums. C'est après A Dead Sinking Story que le groupe a choisi d'évoluer un peu plus fort vers les contrées du post-rock qu'il avait déjà bien arpenté, preuve en est l'ambiance générale et les progressions des morceaux de A Dead Sinking Story.

Je sais que c'est parfois frustrant quand un groupe emprunte un chemin différent de celui par lequel il a commencé et qui t'a fait kiffer. Surtout quand le groupe en question a commencé par du hardcore. Mais je pense que selon les personnes et leur vécu, en tant que groupe, et/ou ce qu'elles souhaitent faire de leur vie musicale ou personnelle, faire du hardcore aussi virulent et cathartique pendant 28 ans peut s'avérer usant, de diverses manières. Voire même chiant. Alors malgré la frustration qui s'est présentée jusqu'à Recitation de ne plus entendre d'autres morceaux de screamo ou de hardcore d'une intensité rare, je n'en ai jamais voulu au groupe d'évoluer et de m'avoir emmené•e là où il souhaitait emmener leur auditoire, ils m'ont d'ailleurs appris l'existence du post-rock... Au vu du chemin musical qu'il a commencé à emprunter petit à petit, plutôt que de sombrer dans un abyme de tourments et de désespoir, il est clair que les japonais ont cherché à atteindre une forme de sérénité et de "guérison", et à les retranscrire à leur manière, quitte à parfois les habiller d'atmosphères plus sombres, de paroles tristes et de soubresauts caractéristiques de leur passé, de leurs amours éternels. Et cette plénitude apparente, jamais le groupe ne l'a lâché depuis, au détriment de certain•e•s, mais pour le bonheur de beaucoup.

ENVY a su continuellement se nourrir, et se faire grandir, de cette sérénité, qui inspire tant de belles choses (sérieux, qui ne s'est jamais projeté•e dans un film d'animation de Hayao Miyazaki en écoutant un morceau post-A Dead Sinking Story ?), allant jusqu'à s'inspirer fortement de leurs camarades de MONO sur Recitation, un disque à des années-lumière de la fureur du NYHC et des Air Max 80, une rage contenue et brillamment distillée dans une solennité et une puissance qui se libère toujours tranquillement, au gré des atmosphères et des montées d'adrénaline. C'est précisément ce qui fait la sève d'ENVY aujourd'hui. Recitation est sous-estimé dans la carrière du groupe, sûrement parce que  c'est le disque le plus calme et le plus "lent", mais préfigurait tout de même le renouveau du groupe : il osait déjà ouvertement avancer vers des terrains plus "pop", inclure des mélodies entraînantes et lumineuses et plus seulement faire du melodic hardcore (saisissez la nuance), inviter la personne qui écoute le disque à la légèreté, malgré la voix écorchée de Tetsu, qui même là n'inspire que de la force positive, du courage, de la liberté. Finalement, n'est-ce pas une fantastique raison de savourer un disque de (post-)hardcore, que de se laisser envahir ou surprendre par de la positivité ? POSI SPIRIT, HARDCORE 'TIL DEATH!

Sur Atheist's Cornea, l'avant-dernier album du groupe en date, composé dans un certain tumulte au sein du groupe, on sentait comme une synthèse de carrière mais aussi, paradoxalement, une envie d'oser davantage. Un arlequin de ce qu'à fait, fait et fera le groupe, ou chaque morceau raconte son histoire, a sa propre identité. Mais cette "synthèse", elle pouvait aussi évoquer une fin de carrière au vu du tumulte présent. Une façon de dire : "OK, on est plus aussi bien qu'avant en tant que groupe, laissons un dernier disque où l'on montre ce qu'on voulait faire et basta, on a plus rien à prouver de toute façon". Alors que bon sang, ce disque prouve tellement le contraire : il revient autant aux racines screamo du groupe, que de nous propulser vers des influences jazzy, des ballades presque indie... Et puis, on a aussi (je pense) tendance à oublier que ENVY expérimentent depuis longtemps dans leur musique, à en juger par les samples, ambiances et autres bruits collés et distillés par Tetsu, officiant également au sequencer, dans certains morceaux. Ils avaient aussi tenté de caler des sonorités électroniques sur deux morceaux figurants sur leurs splits avec JESU et THURSDAY.

Alors au final, est-ce que le groupe se trahit en sortant toujours plus de disques qui ne ressemblent pas à A Dead Sinking Story ou All The Footprints [...] ? Avec tous les éléments de leur évolution mis bout-à-bout, on peut en déduire que pas du tout. Est-ce que ce serait pas dommage que de se forcer à sortir des pâles copies de ces disques pour satisfaire la demande ? Se forcent à se replonger dans une étape difficile de leur existence (comme dit plus haut, je pense que ces différents maux sont EXTRÊMEMENT palpables sur All The Footprints [...], entre autres...) quitte à se faire du mal ? Tu écoutes un groupe, tu ne le consommes pas ;) . Et puis au pire, le retour au screamo plus virulent et rapide, le groupe se permet de le faire désormais par surprise et avec leur état d'esprit actuel, et c'est mieux comme ça. Ce retour aux sources, le groupe l'avait tout d'abord teasé en 2014, avec un morceau, "Two Isolated Souls", qui n'avait rien à voir avec ceux de Recitation, l'album sorti juste avant. Il figurait sur un site web commandé par un fournisseur d'accès internet japonais, avec des animations très sombres et géométriques racontant une histoire assez sombre puisque basée sur le manga Devilman, et illustrant des batailles entre Hommes et démons, aboutissant à la fin de notre monde (wouhou !), des animations qui illustraient plutôt bien l'univers du morceau et sa dualité entre chaos et lumière. Eh ouais, c'est pas en France qu'on verra une pub au thème apocalyptique commandée par SFR avec du DAÏTRO en fond sonore haha ! Le pire, c'est que personne avait tilté ce morceau avant qu'il ne soit officiellement annoncé par le groupe plusieurs semaines plus tard, alors que moi je le ponçais déjà avec passion... Quel bonheur ce fût de retrouver ce son ! Et alors là oui, quand tu découvres ce son, tu espères un album plein de ces cavalcades sonores, ces décharges effrénées de riffs percutants, saccadés et salvateurs... Un All The Footprints [...] 2.0 ! Mais le groupe en a évidemment décidé autrement : en effet, sur Atheist's Cornea, un disque également assez sous-estimé, on retrouve une explosion d'influences que j'étale plus haut, mais il y avait également ce ressenti de "synthèse", de dernier coup d'éclat. Et il se trouve effectivement que le groupe était alors au bord du gouffre, à en juger par le départ de Tetsu pendant un an... (un départ annoncé intentionnellement le 1er Avril, étant également au Japon le premier jour de leur nouvelle année fiscale, ce qui a induit en erreur tout le monde !). 

Et les voilà revenus de zéro, avec un nouveau line-up deluxe, qui comprend désormais parmi les nouveaux : yOshi de KILLIE, CLEANER et THIS TIME WE WILL NOT PROMISE AND FORGIVE à la guitare, Hiroki de HEAVEN IN HER ARMS à la batterie, et Yoshimitsu de 9MM PARABELLUM BULLET à la guitare, accueillant ainsi au passage une guitare de plus aux côtés de Nobukata Kawai, de nouvelles envies (bien que celle de voyager existe depuis leurs débuts), et une énergie tout aussi débordante que celle qui a fait leur renommée scénique, mais exprimée différemment, sans "folie". Et il semblerait qu'avec The Fallen Crimson, le groupe a trouvé un équilibre nouveau, solide, et qu'une alchimie se soit ainsi consolidée entre chaque membre. Les nouveaux et les anciens échangent, partagent et respectent entre eux, dixit Nobukata sur une interview donnée à Bandcamp. Et tout cela s'entend, se ressent. Bon, il faut être clair que ce n'est plus aussi spontané et brut que leur passé full DIY où tu pouvais les booker dans ta cave favorite ou ton squat local. Désormais, c'est un groupe qui remplit des salles pour 500 personnes et qui retourne le Hellfest (littéralement, les témoignages du Hellfest 2019 sont unanimes sur le fait que leur set était un des meilleurs de cette année)... Mais à mes yeux de fan éperdu•e, ils n'ont rien perdu de leur superbe et de leur passion, que ce soit sur scène ou sur disque.

The Fallen Crimson, c'est le disque de la renaissance pour ENVY, qui revenait de très loin. Mais ils ne sont pas pour autant partis d'une feuille blanche. Certains morceaux de cet album ont été composés en quelques heures... Ce qui traduit quand même vachement de spontanéité, surtout au vu du contenu des morceaux du disque ! Et aussi, que les nouvelles recrues connaissaient parfaitement le terrain, et savaient où elles mettaient les pieds. L'album commence fort avec "Statement of freedom", qui laisse entendre des sonorités de guitares qu'on avait pas entendu de leur part depuis des années, mêlant la maîtrise des anciens du groupe à la fraîcheur des "jeunes" recrues (sachant que les anciens approchent de la cinquantaine, mine de rien), le tout fonctionnant avec une alchimie flagrante et revigorante... Un morceau qui fait la part belle à leurs amours screamo, et ça fait du bien ! Et qui renvoie également vite à l'univers développé sur Atheist's Cornea... Puis juste après, arrive "Swaying leaves and scattering breath", une pièce monolithique et un torrent de lumière comme on en a désormais l'habitude avec eux, avec un chant décidément assumé et mis en avant. C'est chouette ! "Rhythm" m'a totalement surpris•e, je ne m'attendais pas du tout à entendre un morceau d'ENVY avec une voix chantée de la sorte... Mais la surprise est réussie, ça sied naturellement à l'univers radieux de cet album, et du groupe. La chanteuse qui figure sur ce morceau est Achico, qui officie principalement dans ROPES, un projet indie/folk très calme. D'ailleurs, en parlant de chant, vous entendrez souvent sur l'album des voix claires lointaines et parfois vocodées. Après une fastidieuse pêche aux infos, je peux vous confirmer qu'il s'agit de la voix de Nobukata ! D'ailleurs, j'ai pu le vérifier lors de leur live parisien du 15 Décembre 2019... Et ça fonctionne bien ! On se laisse replonger avec plaisir dans les morceaux du 7" Alnair in August qui figurent dans l'album (avec un mix différent, il me semble ?), on se fait surprendre par la rythmique punk-rock de "Fingerprint mark" (si on enlève les voix, ce morceau fait beaucoup penser aux immenses BRUTUS !), on se laisse envoûter par la légèreté de "Eternal memories and reincarnation"... "A Faint New World" possède un je-ne-sais-quoi de HEAVEN IN HER ARMS dans l'instrumentation, et une autre pièce "A step in the morning glow" clôt l'album, sonnant comme un soleil radieux dans une aube d'été...

C'est pas facile de se faire un avis sur une seule écoute. Ce disque se décortique, dans le sens où il regorge de choses nouvelles dans le son des Japonais mais qu'il faut y prêter attention, se laisser immerger. Après, si le post-rock et le ENVY post-A Dead Sinking Story vous ennuiera toujours de toute façon, bah désolé•e pour vous :'), mon avis est subjectif après tout. Mais je ne peux que vous recommander d'écouter ce disque et de le réécouter au moins une fois. Il brille de par la passion et l'envie qu'y ont mis les musiciens, des caractéristiques toujours intactes depuis le début, malgré les coups durs respectifs. Il excelle par sa volonté de faire voyager et de surprendre, sans retour en arrière forcé. Et de toute façon, je pense qu'ils ont accepté depuis longtemps le fait de faire leur propre sauce, plutôt que de se revendiquer "meneur" d'une scène.


Quelques interviews à lire :

https://daily.bandcamp.com/features/envy-the-fallen-crimson-interview

https://tigernet.no/blog/?p=5177&fbclid=IwAR3sNwSp9BbKhND15zb4-1Ujs0ujhglSZb5wwnuz3AgihvJizpIfwUgjxHg

https://fanzinotheque.centredoc.fr/doc_num.php?explnum_id=1724 , page 49

• dans le New Noise #52, Février / Mars 2020.


mardi 18 février 2020

RIJEKA, un exutoire à l'ennui et la violence de la vie.



Rijeka, c'est d'abord une ville croate, principale ville portuaire du pays, Rijeka étant d'ailleurs le mot croate pour parler d'une rivière. Ce que je connais de cette ville vient principalement de Wikipedia, je ne saurais pas vous renseigner en profondeur sur ce lieu ;) . Mais le groupe en question sur cet article a un rapport précis avec cette ville que je saurais mieux vous relayer. RIJEKA vient de Toulon, et est composé, entre autres, de 2 membres de BÖKANÖVSKY et CHILD MEADOW : Nicolas et Clément. Et il se trouve que BÖKANÖVSKY a joué à Rijeka en 2012, et que CHILD MEADOW y a également joué en 2011. À l'occasion de ces différentes tournées passant dans la ville, des liens se sont naturellement tissés avec des locaux•ales, et Clément me rapportait que Rijeka ressemble beaucoup à Toulon, "you love it or hate it". C'est ainsi que ce petit projet a trouvé son nom, actif depuis plusieurs années, avec cependant une seule répet'à leur actif jusque là, mais avec une démo qui sort seulement maintenant. D'ailleurs, c'est rigolo : encore une fois un groupe d'emo français avec un nom qui fait partie du registre maritime.

Ce groupe, c'est vraiment pour se faire plaisir, raconter des petites histoires et des frustrations, des colères entre potes, sûrement dans des caves d'un peu partout en Europe, histoire de partager cela avec les emokids (qu'iels soient jeunes ou moins jeunes héhé !) que ça attire encore d'aller dans des caves voir des petits groupes faire de l'emo à consonance crust qui racontent les galères, les ennuis et les menaces qu'on subit tou•te•s. Enfin, quand je parle de crust, faut pas s'attendre à quelque chose à la EKKAIA ou à la LAKMÉ. Mais y'a clairement des rappels aux sonorités vocales de BÖKANÖVSKY et à ses guitares grasses et graves.

RIJEKA, c'est donc sans trop de surprises situé entre CHILD MEADOW et BÖKANÖVSKY musicalement, et je trouve que cette démo est vraiment chouette. Y'a aussi un petit quelque chose qui donne son originalité à RIJEKA par rapport aux deux autres groupes, comme cette seconde partie de morceau très emo 90's avec ces phrases chantées sur "La Roya", ou le final quasi math-rock de "Ces murs blancs". La démo commence pourtant de manière assez sombre avec "À qui la rue ?", dans un style que je qualifierais de à-la Boka, qui en veut (naturellement) aux flics, particulièrement aux CRS vu ce qui est décrit dans les textes. 

- L'écho du silence se noie dans les poings lourds de ces bourreaux déguisé•e•s en armure. L'écho du silence se reflète dans les yeux sombres, ecchymosés par ces bavures autorisées, ces cortèges pacifiques, un terrain de jeu pour les sadiques.

Bon, en ce qui concerne le final de ce morceau, la potence pour les bourreaux je dis pas non, mais on placera un fils de rien pour remplacer le fils de p*** pendant le sing-along et ça réglera le problème ;) Sûrement un sale réflexe de langage qui n'illustre pas la considération de RIJEKA envers les travailleuses du sexe. Je souligne ceci car dans un milieu qui tend à se déconstruire davantage, cela peut en choquer (légitimement) certain•e•s.

"De la chair" synthétise brièvement nos vies à trimer au travail, à se faire étouffer par les patron•ne•s, par les machines, machines qu'on voudrait nous faire devenir d'ailleurs. "La Roya" est un brulôt se désolant de la misère humaine, de ces pauvres qu'on tue ou qu'on précarise encore davantage, de "ces processions dans la pénombre sur ces terrains désaffectés, ces corps humains comme des ombres (la misère te faire jouir), tu les isoles comme des déchets". "Comme un aimant" raconte l'ennui, la relation love-hate qu'on entretient souvent avec sa ville natale où le lieu où l'on vit depuis un certain temps, cette amertume d'y revenir ou d'y rester. "Cette ville est comme un aimant : impossible à fuir, impossible d'en partir, impossible à aimer. Pourtant on y est". Et "Les murs blancs" renvoie un peu aux propos de "De la chair", à ces heures passées à faire de son mieux au taff, tout en bas de l'échelle, à y être sympa et poli•e, mais continuer à se faire réprimander et se faire rappeler qu'on fait les choses pas assez bien, pas assez vite...

RIJEKA, c'est un emo punk bref, sincère, un exutoire simple et facile où l'on peu tou•te•s se retrouver. Encore une embarcation à la dérive sur les flots de la vie française en perpétuel tourment, qui n'aura aucun mal à trouver des passager•e•s. Une chouette surprise que ce premier essai, et j'espère les voir sur scène à l'occasion, car je pense que leurs morceaux prennent une autre dimension en live...

Une petite interview de RIJEKA sur Idioteq: https://idioteq.com/introducing-rijeka-new-screamy-emo-hardcore-band-from-toulon/


jeudi 6 février 2020

LUXOR BEAM - S/T



Le 15 Décembre dernier, littéralement collé•e à la scène de La Maroquinerie pour profiter pleinement du retour d'ENVY à Paris (et de SVALBARD en première partie !) après 8 ans d'attente et ainsi une occasion d'exorciser le souvenir amer de la fois précédente ou je les ai vus (en bref : le groupe était grandiose, mais les personnes m'accompagnant l'étaient moins). Entre deux groupes, une amie qui fait partie de ces personnes qui me narguent en me racontant les fois ou elles ont vu AMANDA WOODWARD et YAGE en live, m'a parlé d'un nouveau groupe qui allait sortir son premier disque dans les jours à venir. Le teasing : Un groupe d'emo / screamo lorgnant vers les 90's composé d'un membre de ENOCH ARDON, rien que ça. Sauf que ce que je ne savais pas encore, c'est que le line up est encore plus balaise que ça ! Fidèle à moi-même, j'avais absolument oublié le nom du groupe jusqu'à ce qu'une personne poste la page Bandcamp de l'album dès que celui-ci a été mis en ligne le 10 Janvier... Et grâce à cette personne, j'ai retrouvé la mémoire : voici pour vous le premier gros banger emo de 2019 pour moi : l'EP de LUXOR BEAM. Et ce line-up balaise, il comprend donc un membre de ENOCH ARDON, mais également deux autres de WHAT PRICE, WONDERLAND?, ARKLESS, ou BIRD CALLS, entre autres... En lisant ça, j'ai instantanément compris que j'allais passer un bon moment en écoutant ce disque. Mon amie me le promettait avant qu'il sorte...

Et elle a eu raison ! L'EP a été composé assez rapidement, après quelques séances de répètes. Et pourtant, le son du groupe semble déjà avoir sa propre signature, et leur musique est solide. LUXOR BEAM est fondamentalement influencé par la scène emo des années 90, le label Ebullition Records en tête, mais il en ressort des influences plus "actuelles". Leur post-hardcore énergique et rageur me rappelle les tonalités sombres, raw et ma foi relativement directes des premiers EP de BIRDS IN ROW (J'entends des riffs qui pourraient figurer sur Cottbus une pelletée de fois sur le disque, c'est un vrai bonheur, "Unnecessary Input" aurait d'ailleurs un riff explicitement volé aux Lavallois ahah !), ou même du premier EP de CHAVIRÉ... Référence obscure pour des personnes vivant en Angleterre je suppose, mais la scène est petite :) . En termes de références obscures, je peux d'ailleurs encore m'illustrer : l’énergie presque agressive qui se dégage de ce disque, et tout le background musical évidemment, m'a rappelé DANIEL SHAYS, ce très obscur groupe de post-hardcore oublié de tou•te•s... Que vous pouvez découvrir par ici.

"Unreal", premier titre du disque, nous place très rapidement dans le vif du sujet, avec cette tension et cette rage palpable, ces répétitions lyricales et rythmiques qui résonnent fort dans la tête, et y restent longtemps. D'ailleurs, cette idée de répétition est (hasard ou coïncidence ?) remise en question dans le titre suivant, "Missed Detail". "Will we find sense in repetition / or just spin until we're lost? / Is this what we meant to be / or simply all we've got?". Est-ce également un écho à "Dust" et sa petite phrase fataliste mais véridique, répétée frénétiquement ? "Remember, you are dust"...

"A Reminder" nous renvoie fortement à la sève profonde du groupe, cet emo 90's noisy, tendu, qui lorgne subtilement vers un hardcore plus sombre issu du même millésime (et toujours avec le label Ebullition dans la playlist)... Et si l'on tend bien l'oreille, il en est finalement ainsi tout le long d'un disque passionnant, riche de sa spontanéité, de sa fougue et de ce côté "rêche" qui lui donne toute sa force. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on est jamais dans le chaos, dans quelque chose de compliqué à écouter. Ça reste malgré tout relativement facile à écouter, à retenir et à scander.

Il me tarde déjà d'entendre la suite, qui n'est pas à espérer avant fin 2020 si mes souvenirs sont bons. Mais ces 6 titres feront aisément attendre jusque là, on ne s'en lasse pas...

Une chouette interview de LUXOR BEAM à lire sur Idioteq : https://idioteq.com/introducing-luxor-beam-new-emotive-hardcore-screamo-trio-from-london/


lundi 30 décembre 2019

Les tops 2019 du dictionnaire de l'emo.



Nous voilà arrivé·e·s tant que bien que mal à la fin d'une année 2019 très mouvementée pour beaucoup, assurément. Rien qu'au niveau social... Pour moi, ce fût une année ô combien agitée, intense et éprouvante. Jusqu'à la rentrée 2019, j'ai contribué à ma petite échelle à Smart & Confused, qui m'aura entre autres fait réaliser un rêve : voir STATE FAULTS en live, et même les faire jouer avec un line-up incroyable... Puis plein d'autres concerts mémorables, des super beaux line-up, des chouettes rencontres, une première le 11 Janvier qui fût mémorable à bien des égards... Malheureusement, j'ai pas toujours été à la hauteur de ce qu'on revendiquait ensemble. Je pense qu'on communiquait pas assez certes, mais que certaines de mes convictions (comme le straight-edge) leur faisait peur dans le sens où je pouvais peut-être trop le lier à une asso qui ne l'est pas en tan qu'entité. Imposer une ligne de conduite et son individualité à un collectif, c'est pas cool. L'asso continue avec 2 personnes aujourd'hui, qui continuent à faire des affiches incroyables, avec passion et en faisant le maximum pour que leurs gigs soient toujours chaleureux et un minimum bienveillant, et moi je referais peut-être des orgas ou sortir des disques, avec une politique différente : soit en faisant attention au collectif, soit en m'engageant avec des personnes aux convictions égales. Puis ça s'est entrechoqué avec un ras-le-bol général de plein de choses dans la vie en général, mais surtout dans des scènes où l'on revendique certaines choses mais qu'on agit dans l'autre sens. Aussi, quand des personnes font la police, du haut de leurs privilèges. Je m'inclus dedans, j'ai été naze. J'ai été naze cette année sur certains trucs, j'ai l'impression d'avoir déçu des gens et de voir de la distance, globalement un peu partout autour de moi. Ça c'était mon flop 2019... Mais je sais aussi que d'un autre côté j'ai fait des trucs plus chouettes, mais c'est un autre registre :) .

2019 fût une année très peu riche en articles sur ce blog : j'ai pas réussi à écrire grand chose. Je voulais écrire mon article sur les connexions entre la scène emo et le straight-edge cette année, mais la masse de travail qui m'attend m'a un peu découragé·e, proportionnellement à mon vrai taff qui m'a pris toute mon énergie, cette année. J'en ai vraiment marre. Mais vous savez quoi ? MON MAGASIN FERME EN MARS. Bref, plus de temps pour moi, moins pour le grand capital. Je choisirais un taff moins pénible, moins normatif. Puis je dois aussi avouer que je consacre beaucoup de temps à la personne qui partage désormais ma vie, en m'en consacrant à moi-même de fait. J'en ai besoin. Puis les concerts, les concerts, et les concerts ! CETTE ANNÉE J'AI REVU ENVY LES GENS, E N F I N ! C'était si beau. Mais il est clair que j'ai encore très envie de me lancer dans cet article, en m'immergeant dans le sujet j'ai pu découvrir des groupes excellents, à l'aide de quelques personnes de différentes scènes...

Autant cette année, vous n'avez pas beaucoup lu de choses venant de ce blog, autant j'ai pas arrêté d'écouter de la musique. Cette année fût un cru particulièrement chouette, dans tout les genres.  Mon AOTY absolu cette année, surprise : c'est le nouveau DRAB MAJESTY, "Modern Mirror". C'est un condensé absolument fabuleux de la scène coldwave moderne avec des influences shoegaze, new-wave et pop hyper assumées, et leur esthétique scénique me fait fondre... Ce disque m'a fait un bien fou.

Je me dis qu'avec mes tops de fin d'année, vous allez forcément (re)découvrir des trucs chouettes... En tout cas, je l'espère ! Y'en a certains, et ils sont très peu, dont j'avais moins envie de parler que d'autres pour des raisons perso, mais je dois avouer qu'ils m'ont beaucoup touché à divers niveaux et que mes dissonances cognitives me refusent de les omettre...

LPs :



DRAB MAJESTY - Modern Mirror
ELLE - Ellipsis
STATE FAULTS - Clairvoyant
CARRION SPRING - Carrion Spring
MONPLAISIR - The Agreement
AMYGDALA - Our Voices Will Soar Forever
SORE EYELIDS - avoiding life
GENERATION - Call It a Life
CAVALCADES - Let Yourself Expire
SHIN GUARD - 2020
OVERO - Overo
NIONDE PLÅGAN - Reflektion
EARTH MOVES - Human Intricacy
BRUTUS - Nest
ZETA - Mochima
POTENCE - Le Culte Des Bourreaux
CHAVIRÉ - Maintenant Que Les Flammes Sont Partout
RHA. - Leben.Lassen
BLEAKNESS - Functionally Extinct
ŞTIU NU ŞTIU - Sick Sad Love
FUMING MOUTH - The Grand Descent
100GECS - 1000 gecs
FURY - Failed Entertainment
ABUSE OF POWER - What On Earth Can We Do
FRAIL BODY - A Brief Memoriam
KNOCKED LOOSE - A Different Shade of Blue
SADNESS - I want to be there
BE FOREST - Knockturne
VI SOM ÄLSKADE VARADRA SÅ MYCKET - Det Onda. Det Goda. Det Vackra. Det Fula.
ALBATROS - Futile
AXE RASH - Axe Rash
STAGES IN FAITH - Delside
NIGHTWATCHERS - La Paix Ou Le Sable
AUSZENSEITER - Misère
HUNDREDS OF AU - Mission Priorities on Launch
FLUORIDE - Disentanglement
YAROSTAN - Yarostan
55 DELTIC - You Could Own an American Home
DAWN RAY'D - Behold Sedition Plainsong
VENOM PRISON - Samsara
BLUE NOISE - everyone goes away eventually
SECRET SMOKER - Dark Clouds


Honorable mentions :
THE ACACIA STRAIN - It Comes In Waves
TO LANGUISH - Sown
BRING ME THE HORIZON - amo
CREEPING DEATH - Wretched Illusions
CORNER BOYS - Waiting For 2020
CONDOR - Singles 2017/2018
CULT OF LUNA - A Dawn To Fear
MONO - Nowhere Now Here
MALEVICH - Our Hollow
DARK THOUGHTS - Must Be Nice
CONTRACTIONS - Demain est annulé
SHIROKUMA - Clothes I Wear For The Space I'm In
MISS JUNE - Bad Luck Party
TOADEATER - Codex
RENOUNCED - Beauty Is A Destructive Angel
FALSE ACT - Extended Memory
WICCA PHASE SPRINGS ETERNAL - Suffer On
CHAIN CULT - Shallow Grave

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EPs :



ANNÉES ZÉRO - Années Zéro
TØRSÖ- Build and Break
INCLINATION - When Fear Turns to Confidence
DEMAIN - S/T EP
ECTOPLASM - Demo 2019
INSECURITY - Willpower
POLITICS OF JAM - Heaven and Earth Magic
MORTALITY RATE - You Were The Gasoline
HAMMERED HULLS - Hammered Hulls
ENVY - Definition of Impossibility
ONE STEP CLOSER - From Me To You
SLOW FIRE PISTOL - Love Riddled With Conditions
PORTRAYAL OF GUILT - Suffering is a Gift
FIDDLEHEAD - Get My Mind Right
SUNSTROKE - Bloom at Night
CADY - Silence Will Not Protect You
CIRCLES - Resonate
JULIEN BAKER - Tokyo
TOUCHÉ AMORÉ - Deflector b/w Green
1981 - Acts of Rebellion EP
PORTRAYAL OF GUILT / SOFT KILL 7' split
FOUR YOUR HEALTH & SHIN GUARD - Death of Spring
SPOILED - AV_Syndrome_0.1
JAZZBRUNCH - Jazzbrunch
MERGER - S/T

Honorable mentions :
NYA STÄDER - S/T EP
TEMPLE OF ANGELS - Cerise Dream b​/​w Breathless
STATIC DRESS - Adaptive Taste / Clean

Évidemment, il y a des choses que je dois oublier et qui m'ont accompagné-e cette année... Mais voilà, c'est ici la liste des choses qui m'ont remué-e au plus fort. Hésitez pas à partager les vôtres ou à râler sur mes albums / EP préférés de cette année en commentaires, ou à venir m'en parler en MP, ou en vrai, comme vous voulez. 

Bises !

lundi 9 septembre 2019

Avec "Resonate", CIRCLES perpétue le Revolution Summer à la nantaise.



● Y'a quelques temps, je vous parlais avec enthousiasme de CIRCLES, un groupe venu de Nantes avec des visages familiers, croisés X fois à des concerts de leurs précédents groupes ou side-projects, parmi eux SUGARTOWN CABARET et SITUATIONS. Je racontais que aussi incroyable que ça puisse paraître, c'est le premier groupe français à jouer une musique qui sonne vraiment comme la scène punk hardcore de Washington D.C de la fin des années 80, influs RITES OF SPRING / DAG NASTY à blinde. Et pourtant c'est vrai (allez, peut-être que ABJECT OBJECT flirtait musicalement avec cette scène avant eux...), et ils le font avec une petite touche de "modernité", un truc frais à la PRAISE, Et chouette nouvelle : les revoilà, confirmant tout le bien que je pense d'eux, sur un 4 titres. Il s'appelle Resonate, et il me semble qu'il est légèrement plus dark que la démo ? Je pense notamment à l'intro de "Anattā", où le tempo est nettement plus lent que ce que l'on connait du groupe, et de ce qu'il délivre sur le reste du disque, et l'atmosphère générale du titre "Resonate". En tout cas, c'est toujours rempli de riffs mélodiques et d'un esprit posi.

Fidèles au contexte de la scène qui les influence tant, on retrouve un discours très politique, dans leurs paroles. "Guns N' Bruises" traite des violences étatiques et policières, un sujet qui fait particulièrement écho à un fait survenu récemment à Nantes et qui a touché les membres de CIRCLES : la mort par noyade de Steve Maia Caniço, à la suite d'une violente charge de CRS à l'issue de célébrations de la Fête de la Musique en bord de Loire. "Resonate" nous rappelle quand à lui à la révolte populaire des Gilets Jaunes, en évoquant cette camaraderie, parfois même ces liens d'amitié tissés lors des rassemblements, qui nous unissent face à la répression, nous donnent la force de ne pas abandonner. "Grey Winds" évoque ces personnes qui voudraient défaire la supposée "bien-pensance" (a.k.a tout ce qui est du spectre gauchiste de la politique) et démolir le système, mais qui réagissent à l'inverse de ce qu'il faut faire et qui au final l'aide à perdurer, et proposent ces populismes, ces idées nauséabondes, qui au final permettent à des personnes complètement hors-contrôle de se retrouver à la tête d'états et asseoir ces idées... 


- "Frustrated like no one else,
you hate the world like no one else.
Have you ever considered putting a little sense
in this rage that burns like nowhere else?"


En vrai, il me manque peut-être un peu de ces gros slogans comme le "LET PUSH THINGS FORWARD !" de la démo, j'aurais aimé plus de ces moments à chanter le poing-levé (ou juste dans sa tête parce que la réalité c'est que personne à part peut-être à Nantes chantera leurs paroles en live) à s'en déchirer son t-shirt TRAINWRECK comme celui de Antoine (batterie) au dernier concert de SPORT à Paris, de cette énergie qui la caractérisait, et même ce petit côté funky que tu pouvais ressentir notamment sur "Rats". Mais on retrouve sur Resonate les éléments principaux de leur musique, y'a quand même plein d'instants pied-au-plancher, et ils s'illustrent joliment avec ce disque. Content de vous retrouver en forme !


- "Class, skin are drawing the borders,
nothing new but have you ever wondered,
how long will we accept state violence ?
We have to right to not remain silent."








 Some times ago, I spoke with enthusiasm about CIRCLES, a band from Nantes, France, with familiar faces, crossed many times at gigs of their previous bands or side-projects, like SUGARTOWN CABARET or SITUATIONS. I said that as incredible as it sounds, this is the first French band to play a music that really sounds like the Washington D.C hardcore punk scene of the late 80s, stuff like RITES OF SPRING or DAG NASTY. And yet it's true (oh, maybe ABJECT OBJECT flirted musically with this scene before them...), and they do it with some "modernity", a refreshing take on the harD.Core thing, à-la PRAISE, and great news : they released a new record, confirming their talent. It's called Resonate, it's actually a 4-track EP, and I think it's slightly darker than the demo? I think in particular of the intro of "Anattā", where the tempo is much slower than what we knows of the group so far, and of what they deliver on the rest of the record, and the general atmosphere of the song "Resonate". But it's always filled with lots of melodic riffs and a posi spirit.

Faithful to the context of the scene that influences them so much, we find a very political speech in their words. "Guns N'Bruises" deals with state and police violence, a topic that particularly echoes to a recent event in Nantes that affected the members of CIRCLES: the drowning death of Steve Maia Caniço, following a violent charge of cops after celebrations of the Fête de la Musique on the banks of the Loire. "Resonate" reminds the popular revolt of the Yellow Vests, evoking this comradeship, sometimes these friendship links built during the the protests, assembies, strikes... Which unite us against the repression, give us the strength not to give up. "Grey Winds" evokes those people who would defeat what they called the "good-thinkers" (a.k.a everything that is on the leftist spectrum of politics) and demolish the system, but are reacting the opposite of what we need to do and who in the end help that system to continue its way, and propose these populisms, these disgusting ideas, which ultimately allow completely out-of-control people to be at the head of some states and to help setting these ideas on our societies...


- "Frustrated like no one else,
you hate the world like no one else.
Have you ever considered putting a little sense
in this rage that burns like nowhere else?"


●  In fact, I miss some of these big sing-alongs moment like the "LET PUSH THINGS FORWARD!" of the demo, of this energy that characterized that record, and I would like more of these verses with gang vocals to sing a fist in the air (or just in his head because truth is that no one, except perhaps in Nantes, will sing their words with them live), and even that little funky side you could feel especially in "Rats". But we still find on Resonate the main elements of their music, there's still plenty of fast, catchy moments, they still in a "more than music" songwriting, and they illustrate themselves nicely with this record. Glad to heard them again in this shape!


- "Class, skin are drawing the borders,
nothing new but have you ever wondered,
how long will we accept state violence ?
We have to right to not remain silent."

dimanche 8 septembre 2019

Tempête, catharsis et fake news : mon résumé du FLUFF FEST 2019



● J'ai failli capituler et ne pas y aller cette année, me rendant alors à l'évidence que j'allais devoir terminer mes vacances en subissant la canicule historique qui a fait chauffer Paris et sa banlieue à près de 43°C. Un jour de taff mal placé, soit le Lundi après-midi, et hop, le timing était brisé... Mais en vrai, il y avait une solution quelque peu risquée mais jouable : un avion hyper tôt le Lundi matin à Prague, pour arriver à Paris à 9h du mat', pouvoir rentrer, poser toutes mes affaires, prendre une douche et partir au boulot tant bien que mal. Une option que j'ai choisi sans vraiment hésiter, mais j'y reviendrais. Comme quoi, même quand tu prends des vacances de ton travail, il revient toujours au galop te rappeler à quel point il a de l'emprise sur ta vie et ces instants d'évasion.

C'est ainsi la 3ème fois que je suis allé·e au Fluff Fest. Cette fois-ci je partais de Strasbourg, avec un·e ami·e que j'avais pas vu depuis quelques temps, iel me manquait, on a passé la soirée de la veille de notre départ à regarder Queer Eye en mangeant une méga-platrée de pâtes avec plein de gourmandises vegan dedans et en buvant une infusion toute douce, jusqu'à pas d'heure. Et j'allais alors découvrir pendant notre long trajet et à notre campement d'autres adorables personnes qui allaient animer nos soirées au campement à coup d'anecdotes incroyables et blagues globalement nulles (et pas craignos) mais qui font rire à tous les coups. Puis j'allais y retrouver ce fameux Momo de Metz, plein de facéties, les vrai·e·s sauront reconnaître ce personnage atypique 😊. Ce filou m'a même offert des menottes lors de notre dernier réapprovisionnement en bouffe à Rokycany, à accrocher à son pantalon comme une chaîne évidemment, façon "scene kid", still not a phase ! Le trajet Strasbourg - Rokycany s'est principalement déroulé autour de tubes de la variété française, de remixes de DJ Chelou et Khaled Freak, ainsi qu'avec le premier album de BELGRADO (soit l’un des meilleurs groupes de post-punk du monde, que tu le veuilles ou non). C'est devenu mon rituel de Juillet, mes vacances loin de cette routine oppressante vers cette province tchèque, qui me plonge dans ce que j'adore musicalement et humainement. Voir plein de groupes que j'adore, en découvrir d'autres tout aussi cool, se gaver de ces incroyables seitan gyros, devenant parfois tacos après une certaine heure tardive, passer des heures à croiser et traîner avec plein de personnes familières et ami·e·s, partager un moment d'une rare convivialité même dans nos scènes, dans cet aérodrome perdu à une heure de Prague, pour la 20ème fois.

Le Fluff Fest fêtait son 20ème anniversaire, et promettait pour l'occasion de mettre les bouchées doubles : 5 jours de concerts, une place beaucoup plus importante donnée à la politique... On pouvait  par conséquent s'attendre au Fluff ultime ! Eh bien au final, pas tant que ça : Il y avait bel et bien le Vendredi, Samedi et le Dimanche qui se déroulaient à Rokycany, mais les deux autres jours correspondaient à un pré et un post-Fluff... Probablement imaginé comme étant sur la route de la majorité des festivalier·e·s ? Pas bête, mais le post-Fluff a été annoncé avec BIRDS IN ROW à l'affiche, dans une salle à la capacité évidemment BEAUCOUP plus petite que celle de l'aérodrome (mais pas non plus minuscule), dans un bâtiment abandonné de Prague. La déception fût grande, et compréhensible : Je pense que tout le monde s'attendait à clore le festival avec eux, ou bien cramer au soleil devant leur set. Je me souviens de leur passage au Fluff 2017 en mainstage, c'était grandiose. Tout le monde fût transporté par leur musique qui fait l'effet d'une rafale, déclenchant soudainement sing-alongs sortis du fond du cœur et stage-dives à répétition (encore merci pour la dédicace sur "A Kid Called Dreamer" d'ailleurs ). Alors, en toute logique, on s'en attendait à vivre cela à nouveau pour célébrer comme il se doit les 20 ans d'un fest qui, pour l'occasion, proposait un line-up déjà étourdissant : l'avant-dernière date de SPORT, l'avant-dernière européenne de GRAF ORLOCK, une date exclusive de CEREMONY, la tournée STATE FAULTS / SHIROKUMA, les nantais de CHAVIRE et HEAVY HEART, le magnifique screamo italien de ØJNE, la bagarre straight-edge de TØRSÖ, WAKE OF HUMANITY et xBYSTANDERx... Et tiens, justement, du SxE, y'en avait pas tant que ça à l'affiche cette année. Pourtant il y avait pas mal de X-watches et de tee-shirts à l'effigie du SxE parmi les festivalier·e·s. Heureusement, diront les puristes du fest et les SxE fidèles au poste.

En plus de ça, il était prévu qu'une grosse place soit accordée à la politique cette année ? Des conférences sur une plus grande scène ? Des collectifs qui prendraient la parole, organiseraient des trucs, des prises de paroles par des personnes concernées par des oppressions systémiques ?? Eh ben non, on était toujours sur le même format, à l'Infotent, sans que personne ne soit vraiment informé·e de ce qu'il s'y passait autrement qu’avec un panneau à l’entrée de la tente. Au final, la seule différence visible en termes de politiques dans l'enceinte du fest cette année, ce fût les grands drapeaux LGBTQIA+ hissés à l'accueil et sur la mainstage... Une posture certes agréable, et de toutes façons qui coule de source, mais pourquoi dans ce cas ne pas avoir alors donné plus de visibilité aux conférences données à l'infotent à propos des luttes LGBTQIA+, par exemple ? C'est vraiment dommage, cela aurait été cohérent avec la démarche supposée du fest, son anniversaire, et avec les temps qui courent...

Voilà, on se retrouve donc avec un Fluff pas si "deluxe" que ça pour ses 20 ans, le seul truc qui ait vraiment changé au final étant la disposition des scènes. Beh ouais, le Fluff s'est fait une petite fantaisie plutôt curieuse de prime abord : la tentstage a grossi, la mainstage a minci, si bien que les 2 scènes sont devenues quasi-équivalentes, la mainstage est dans l'autre sens qu'habituellement et la nouvelle tentstage prend la place du stand de merch, qui sépare désormais les deux scènes. Avec la All Go No Slow (qui fera également office de troisième scène le Dimanche) située derrière les deux scènes. Une configuration qui pouvait éventuellement laisser craindre une sonorisation quelque peu chaotique, si des sets de chaque scène se chevauchaient, mais au final les génies du son du Fluff ont bien fait le boulot, et aucun concert ne semblait empiéter sur l'autre, en tout cas de ce que j'en entendais... Hormis ceux de l'infotent. Aucun changement en revanche pour la Psych Tent, fidèle à son poste et à sa superficie ! Et personnellement, j'ai aimé le fait que les 2 scènes principales soient similaires, et qu’on ai tou·te·s vachement plus de place autour de la tentstage.

Pas de changements aussi niveau camping et parking : toujours trop peu de douches (4 cabines pour TOUT LE MONDE !), avec deux prises et le chauffage (quand il fonctionne...) il est vrai, trop souvent l'eau chaude fût H.S, et puis bon, on connait ces fameuses Toi-Toi, ces toilettes sèches qui demandent du courage pour être utilisées en journée... C'est peut-être un peu capricieux, même si je suis persuadé·e que non, mais lorsque l'on propose ces services de base, ce n'est pas pour faire illusion, à priori... Toujours cet effort de maintenance à faire ! Cela dit, l'eau des douches était chaude (ou au pire un peu tiède) toute la journée qui a précédé l'énorme orage qui a submergé le fest, et ça c'est cool. J'y reviendrais plus bas.

Voilà, après le "grougrou" (qui reviendra lui aussi plus tard), on va parler un peu des trucs cool, qui consistent principalement en la nourriture et le line-up haha ! Des données universelles... Bien que, c'est subjectif. Mais il me semble qu'on y va finalement tou·te·s pour plusieurs raisons communes : passer quelques jours de vacances loin de tout, dans un cadre festif, une célébration de nos scènes, de nos combats (en théorie), autour de bonne bouffe 100% vegan, sans complexe, sans peur d'être soi. On y va parce qu'on sait qu'on va se marrer, prendre des claques musicales, larver dans la piscine d'en face pendant toute une matinée sur sa plus belle bouée ou juste y faire ses plus beaux plongeons, galérer à poser nos tentes et aller aux toilettes mais le faire quand même… Passer du bon temps hors de nos prisons sociales, professionnelles et digitales (même si les écrans se font toujours présents lors des concerts, et je suis loin d'être une exception). Cette année, la programmation était quand même assez balaise et bien variée. Peu de crust, peu de hardcore straight-edge, mais un bon panel de ce qui se fait de cool en post-punk, sludge, emo, screamo, post-metal ou autres bizarreries propres à la Psych tent. C'était pour ma part une année riche en découvertes, et riches en sing-along. Le festival s'est assuré un carton plein rien qu'avec la présence de CEREMONY et SPORT, qui ont livré un chouette gig chacun dans leur domaine, les lyonnais avec un sourire et des émotions fortes qui ne les lâchaient pas, et les américains déter' à noyer tout le monde dans la boue battue par les moshers et autres stage-divers de TØRSÖ.

C'est toujours assez compliqué de jongler d’un concert à un autre, surtout quand t'as envie d’en faire plein et que ça s'étale sur un après-midi entier et pendant une journée très chaude comme le Vendredi. Le Fluff Fest se passe principalement en plein air, alors quand le soleil tape, c'est sans pitié. Pendant le set de GRAF ORLOCK, je me sentais glisser vers le malaise, et j'en ai pas profité pleinement… Et c'est con, parce que c'était très cool. Pas mal de redécouvertes et de surprises cette année dans l'ensemble, comme avec ce duo qui jouaient quelque chose entre de l'emo/post-hardcore à l'écossaise genre CARSON WELLS, et un truc à la SELF DEFENSE FAMILY, et peut-être un peu de SONIC YOUTH. Ça s'appelait BUMBRLE, ça jouait à 13H le Dimanche sur la Psych Tent, le chanteur/guitariste joue dans moult autres groupes dont un orchestre screamo nommé LA PROSPÉRITÉ, et c'était grandiose. Ça tirait allègrement vers le blues avec de la réverb', ils se faisaient entendre jusqu'à notre campement qui réunissait l’axe Strasbourg / Tours / 92i, et petit à petit, leur musique a suscité ma curiosité, puis un coup de cœur (qui s'écoute ici : https://stoned-to-death.bandcamp.com/album/bumbrle) … Tiens, à la Psych Tent de cette année, j'y aurais aussi découvert EDUCATION, du post-punk / hardcore italien bien barré et vénère, qui m'a pas mal rappelé leurs camarades de scène de IMPULSO que j'avais vu à la fin du Fluff de l'an dernier et qui m'avait tout autant marqué·e, et LAVRA, un curieux et intriguant duo tchèque entre electropop, noise et indus… Je pense être un peu nul·le pour décrire leur musique correctement, y'avait même un peu de trap déstructurée je crois, mais en tout cas j'ai beaucoup aimé comment leur musique se décomposait et sombrait parfois dans de la noise et du shoegaze en nous hypnotisant, en prenant des airs chaotiques, alors que de loin tu entendais des couplets catchy et presque cheesy, dans le genre de BANKS tu sais. Mais ouais, chouette découverte, ça me sortait de ma zone de confort musicale, je le voulais cette année. Un peu avant le set de LAVRA J’y ai aussi découvert URN, un projet solo mélangeant drone, jazz, ambiant, electro et post-rock. Drôlement envoûtant, parfois un peu trop messy pour moi, mais une jolie découverte dans l'ensemble... Parfaitement le genre de trucs que En Veux-tu En V'là pourrait booker à Paris, si ça a pas déjà été fait :D !

Comme je m'y attendais, j'ai pu assister à des concerts magnifiques, qui ont illustré mes motivations à aller au Fluff : je pense notamment au concert de ØJNE, qui a fini en liesse, en explosion de joie et d'émotions diverses, un moment de partage et de vie rare. Vraiment, c'était pas juste un concert d'un groupe cool, c'était un moment de catharsis énorme, où les personnes de ØJNE réalisaient à peine ce qui se passait devant leurs yeux qui brillaient : une foule abandonnée à leur musique, qui venait des 4 coins de l’Europe, chantant des paroles venant d’une langue qu'iels ne connaissent pas du tout pour certain-e-s (je cite les propos du groupe pour le coup !)… C'était vraiment chouette. Il y avait eu la même émulation pour le concert de SPORT, c'était 2 fois plus intense que lors de leur set à Paris qui m'avait déjà retourné·e. Mais là, c'était prévisible 😊, cette avant-dernière était très attendue depuis l'annonce du line-up du Fluff 2019, et chacun·e a eu le temps de s'y préparer… Bon, comme à Paris aussi, héhé. Mais, forcément, il y avait plus de monde, donc plus de fête ! Il y avait aussi cet incroyable concert de ASTRID LINDGREN, ce groupe polonais à cheval entre melodic hardcore et emo façon LIFETIME ou DEATH IS NOT GLAMOROUS que je ne voulais vraiment pas manquer, qui se déroulait sous un impressionnant déluge, qui n'a pas empêché des irréductibles et moi-même de voir leur set riche en sing-along et chutes dans la boue fraîchement inondée…. Il faut savoir qu'on a eu ce jour-là l’un des orages les plus forts de toute la République Tchèque et qui a duré une bonne heure ! Ce qui a fait que les sets de TØRSÖ et CEREMONY étaient très périlleux à suivre pour le public, tant le sol était boueux et retourné et tant ça allait forcément être le zbeul… Pour TØRSÖ, je voulais me rattraper sur leur passage parisien chaotique à cause de ces quelques zozos machistes qui ont ruiné l'ambiance, et faire un peu plus la fête. Eh beh, c'était encore plus chaotique hahaha ! Mais pour des raisons plus climatiques qu'autre chose alors c'est OK. Puis ce serait naze d'empêcher les gens de faire du stage-dive : un windbreaker au-dessus de tes fringues, une casquette et hop, tu étais protégé·e toi et tes vêtements favoris contre les projections de boue ! Perso je trouvais ça rigolo, c'était chiant de se faire salir certes, mais si t'avais prévu le nécessaire, à savoir des trucs prévus pour être salis parce que, quand même, tu vas à un fest où il est question de camper et de passer le plus clair de ton temps dehors, bah c'est tranquille.

Je suis rentré·e du Fluff après le set de THE BODY, Dimanche soir, trop brutalement. J'ai pas dit « au revoir » à plein de monde, pas le temps : les amies locales qui m'ont proposé de me ramener à l'aéroport de Prague pour ne pas louper mon avion le lendemain matin devaient reprendre le travail plus tôt encore que l’heure de décollage de mon avion, soit 7h du mat… Alors je ne pouvais pas les faire poireauter et les faire prendre la route à minuit, on est parti·e·s vers 23h, on a filé vers l’aéroport… Le lendemain à 9h, j'étais déjà dans le RER. Un changement tellement brusque d'atmosphère. J'ai mis énormément de temps à me faire à l'idée que ça y'est, c'était fini, que la vie reprenait son cours…

Pendant le Fluff, un mystérieux compte Instagram est apparu, prétendant qu'un concert secret de HAVE HEART allait se dérouler, relevant des indices complètement stupides, genre une branche d'arbre ou un hélicoptère random censé leur assurer une arrivée spectaculaire. La supercherie était plus ou moins basée sur la présence de HEAVY HEART sur le line-up (la similitude entre les 2 noms, tout ça), et alors que la reformation de la formation culte de melodic hardcore straight-edge et son concert donné devant littéralement 10000 personnes à Worcester, Massachusetts, faisait des émules. Encore aujourd'hui, des gens cherchent qui se trouve derrière ce compte... Je vous annonce que, pendant l'énorme averse, et après que notre conversation ait stratégiquement dérivé vers le football pour aiguiller mes recherches après un premier indice apparu sur la story du compte, j'ai vite trouvé de qui il s'agissait, et je vous informe que ce fanfaron se trouve dans l'est de la France et a déjà joué au Fluff ;)

Ce fût mon 3ème Fluff, qui fût pour moi riche en rencontres diverses et en retrouvailles, qui fait toujours office de puissant exutoire annuel pour plusieurs centaines de personnes issues de divers contre-courants du punk et du hardcore dans toute l’Europe voire même d'autres continents, mais qui m'a encore un peu plus ouvert les yeux sur les défauts du fest :

● Un manque de vigilance certain en dehors de l'entrée / billetterie qui fait que, basiquement, n'importe qui peut entrer sur le camping et y faire ce que bon lui semble, à commencer par des vols, un fait qui s'est produit chaque année à ma connaissance depuis la première fois où j'y suis allé·e, en 2017. Ça éviterait aussi que des personnes dangereuses ne s'infiltrent au sein du fest avec des armes factices ou non : cette année, une personne avec un faux flingue mais un vrai couteau a été repérée, puis appréhendée deux heures après son arrivée sur les lieux… Par la police. L'orga du Fluff a été obligée d'aller sciemment contre ses motivations politiques et de faire venir les flics au sein d'un lieu où il n'est pas question que la police y soit présente en temps normal (on sait déjà comment elle adore patrouiller autour du fest et espionner ce qui s'y passe). Si l'orga était plus cohérente avec sa propre politique et avait en tête que parmi les militant·e·s antifascistes existent des personnes formées à diverses techniques de défense et de contre-attaque, des personnes qui font parties de collectifs divers, et qu'elle proposait à certaines de ces personnes, parfois présentes au fest, à un collectif antifasciste local ou européen, de tenir une garde lors du fest, il y aurait sûrement beaucoup moins de problème de la sorte. Peut-être aussi moins de problèmes de machisme, de sexisme…

● Car oui, comme dans N'IMPORTE QUEL festival, concert, rassemblement en rapport avec la musique punk à notre époque, peu importe sa portée politique (bon, quand-même à moindre portée quand c'est clairement à gauche, mais still), il y a au Fluff du sexisme, de la virilité toxique, qui s'est encore vérifiée cette année. J’ai vu pendant le concert de NIBOOWIN une femme se faire violemment invectiver et bousculer par deux mecs bien relous. Y'a beaucoup trop de mecs, sur scène comme aux douches qui imposent leur corps comme si ils étaient chez eux ou parce que ben, juste pour s'imposer ? Y'a encore un réel problème à ce niveau, mais qui ne dépend aucunement de l'orga en elle-même, mais bien de tout un système… Il est important ainsi de rappeler que le Fluff Fest n'est pas un eldorado de safeness, mais qu'il ne vaut pas un boycott pour autant, parce qu'il faut être réaliste : on s'y sent tout de même beaucoup, BEAUCOUP mieux que dans son quotidien, son taff, ou voire même que chez-soi selon les situations, quand on est autre chose qu'une personne cis-, et à priori quand on est une femme (je me base sur l'expérience de mes copines). C'est juste qu'il ne faut pas se faire d'illusions : la société parfaite n’existe toujours pas, encore moins dans nos sphères de confort…

●  L'hygiène est une hygiène de festival, soyons clair·e·s, on peut clairement pas lui demander d'être 5 étoiles, mais il me semble qu'on peut demander quelques efforts de logistique raisonnables : déjà, il n'y a vraiment pas assez de douches : 4 cabines pour tout le fest ?? D'accord, c'est vrai qu'il y a la piscine à 5/10mn à pied qui offre des douches… Mais tout le monde n'a pas envie de dépenser un passe pour aller à la piscine pour s’y doucher, il serait juste d’y penser. Et forcément, il y a vite beaucoup de queue, on peut parfois attendre 15mn pour son tour de douche, et l'eau chaude est très vite évaporée. Par contre, il faut saluer le fait que des prises soient toujours disponibles et fonctionnelles, j'ai encore pu utiliser mon sèche-cheveux et mon fer à lisser cette année ! Le lendemain du déluge qui a noyé le Fluff, il y a avait de l'eau chaude, au minimum tiède, toute la journée, et c'est assez incroyable ! Et ça faisait beaucoup, beaucoup de bien… Il faut tout de même signaler que ce festival est globalement propre, que les déchets abandonnés se font beaucoup moins présents que sur la majorité des fests de musique, que les festivalier-e-s, en majorité, prévoient des poubelles, font le tri, emportent parfois même des déchets avec elleux… On est dans l'ensemble OK sur le terrain environnemental. Corrigez-moi si je me trompe, car je n’ai jamais vu cet aéroport après le départ de tou·te·s les festivalier·e·s…

●  Ah, ces fameuses Toi-Toi : les toilettes sèches WCs utilisables de manière relativement agréable seulement le matin, sinon c’est vite insupportable niveau odeur et propreté ! La chaleur n'aidant absolument pas, by the way. Allez, petit tip : foncez-y à votre réveil, le soleil nous réveillant automatiquement vers 8 ou 9h du mat sauf si vous avez pris une sacrée murge la veille (et encore !), les toilettes sont changées ou nettoyées à ce moment, et il y a des rouleaux de papier neufs. J’ai beaucoup mieux géré mes instants petit-coin cette année avec cette astuce haha ! En vrai je pense que l'orga et les gens qui bossent pour amener et entretenir ces toilettes font de leur mieux, et que le problème vient surtout de certain·e·s festivalier·e·s qui n’en ont rien à faire des autres et qui font un peu n’importe quoi aux WCs, probablement dans un état second…

●  IMPORTANT : c'est toujours chiant voire impossible d'aller aux WC et surtout aux douches, en tant que personne handicapée, au Fluff (ce n'est pas mon cas, mais je sais ô combien c'est compliqué pour elleux). Comment une personne en fauteuil peut accéder aux douches via cet escalier instable ? Comment peuvent-elles avoir la place de se laver dans ces locaux très petits ? C'est vraiment pas juste et ça doit vraiment être corrigé à l’avenir : peut-être prévoir un local exprès pour ces personnes ?

Voilà, c'était mes 2 cents sur un festival qui me plaît toujours beaucoup, et où je reviendrais sûrement l’année prochaine… En espérant que ces quelques soucis que j'ai développé plus haut seront étudiés et corrigés. Mais en 2020 je veux absolument aller pour la première fois de ma vie au Cry Me A Rive, et ne pas louper non plus le Miss The Stars Fest… Mais en vrai, le CMAR revient à peu cher, si tu y vas avec des ami·e·s, un véhicule et du matos de camping. Alors en 2020, on dirait bien que je me ferais ces 3 fests ! Cette année sera bien placée sous le signe de la skramz life pour moi, et il semblerait que je vais encore devoir faire l'impasse sur bien des heures de sommeil… :D

Ah oui, et l'image ci-dessous, c'est un festival concurrent du Fluff, le Brutal Assault, pendant le set de GUTALAX cette année. Assurément un défi lancé au public du Fluff pour l'édition 2020, pour protéger tou·te·s à l'unisson les toilettes encore propres dans la journée, et les célébrer à leur juste valeur.





I almost surrendered, then making it clear that I was going to have to finish my vacation by undergoing the historic heat wave that burned Paris and its suburbs to nearly 43°C. A worked Monday afternoon, and hop, the timing was broken ... But actually there was a solution somewhat risky but playable: a plane early EEEARLY Monday morning in Prague (7 a.m...), for a landing in Paris at 9am, which allowed me a lot of time to leave all my stuff at home, to take a shower and go to work and being fucking TIRED and sad. An option that I chose without really hesitating. Even when you take a vacation from your work, he always strikes back to remind you how much he have control over your life and on these moments of escape.

This is the 3rd time I went to Fluff Fest. This time I was leaving from Strasbourg, with a friend I hadn't seen for too long, I missed them, we spent the night before we left watching Queer Eye while eating a mega-dose of pasta with lots of vegan treats in it; and drinking a sweet infusion, until like 2 or 3 a.m? And then I was going to discover during our long journey and at our camp some other adorable people who were going to animate our evenings with incredible anecdotes and globally bad (but not cringey) jokes but which make us laugh every time. The Strasbourg - Rokycany route was mainly based on hits of French popular music, remixes by DJ Chelou and Khaled Freak, as well as with the first album of BELGRADO (one of the best post-punk bands in the world, whether you want it or not). It has become my July ritual, these holidays away from this oppressive routine in this Czech province, which plunges me into what I love musically and humanly. Seeing lots of bands that I love, discovering others bands just as cool, gorge on these incredible seitan gyros, which are sometimes becoming tacos after a certain late hour, spending hours cruising and hanging out with lots of familiar people and friends, sharing moments of rare conviviality, in this aerodrome one hour away from Prague.

The Fluff Fest celebrated its 20th anniversary, and promised for the occasion to be bigger than ever: 5 days of concerts, a much larger place given to politics... We could therefore expect the ultimate Fluff! Well, in the end, not that much: There was the usual Friday, Saturday and Sunday in Rokycany, but the other two days were a pre and post-Fluff ... Probably imagined as being on the road back for the majority of festival-goers? Not a bad idea, but that post-Fluff was announced with BIRDS IN ROW on the line-up, in a room with a capacity obviously MUCH smaller than that of the aerodrome (but not super tiny), in an abandoned building in Prague. The disappointment was great and understandable: I think everyone expected to close the festival with them, or to burn in the sun screaming in front of them. I remember their show at the Fluff 2017 in mainstage, it was sooo great. Everyone was transported by their music that makes the effect of an explosion, sudden sing-alongs instantly came out of everyone's deepest parts of their heart, and everyone were stage-diving on repeat (thanks again for the s/o with "A Kid Called Dreamer" by the way ♡). There's not a single video from this set apart from Instragram recordings! So, quite logically, we could expect to live this again to celebrate as it should be the 20 years of a fest which, for the occasion, offered an already stunning: line-up the penultimate date of SPORT, the penultimate European gig of GRAF ORLOCK, an exclusive european CEREMONY set, the STATE FAULTS / SHIROKUMA tour, the CHAVIRE / HEAVY HEART crew , the beautiful Italian screamo of ØJNE, the straight-edge attacks of TØRSÖ, WAKE OF HUMANITY and xBYSTANDERx... And jspeaking of SxE, there wasn't that much on the bill this year. Yet there were a lot of X-watches and t-shirts with SxE symbols/bands among festival-goers. Fortunately, say the purists of the fest and SxE Fluffers ;)

In addition to that, it was expected that a big place would be given to politics this year? Conferences on a bigger stage? Collectives who would speak, organize stuff, speeches by people affected by systemic oppressions?? Well nope, we were always on the same format, the Infotent, without anyone being really informed of what was going on otherwise than with a paper at the entrance of the tent. In the end, the only visible difference in terms of politics in the walls of the fest this year was the big LGBTQIA+ flags hoisted at the reception and on the mainstage... A posture certainly pleasant, and anyway obvious to see there, but in this case, why didn't then give more visibility to the conferences given to the infotent about LGBTQIA+ struggles, for example? It's a shame, it would have been consistent with the supposed approach of the fest, his birthday, and with the current atmosphere of our soceties...

So here we are, with a Fluff not so "deluxe" for his 20 years, the only thing that really changed in the end being the layout of the scenes. Yep, Fluff team allowed themselves a small fantasy rather curious at first glance: the tentstage has grown, the mainstage has thinned, so that the two scenes have become almost equivalent, the mainstage is in the other direction that usually and the new tentstage takes the place of the merch stand, which now separates the two scenes. With the All Go No Slow stage (which will also acted as the third scene on Sunday) located behind the two scenes. A configuration that could possibly lead to fear a somewhat chaotic sound, if sets of each scene overlapped, but in the end the genies of the Fluff sound did the job, and no concert seemed to encroach on the other, at least from what I heard... except those of the infotent. No change on the other hand for the Psych Tent, true to his position and his area! And personally, I liked the fact that the 2 main scenes are similar, and that we've got really more space around the tentstage.

No changes as well for the camping and parking: always too few showers (4 cabins for EVERYONE!), With two plugs and heating (when it works...) but THAT'S still a great point, too often the hot water was out of service, and then yeah; we know well these famous "Toi-Toi", these dry toilets that require courage to be used during the afternoon or evening... It may be a little capricious, even if I am convinced that no, but when we offer these basic services, it's a-priori not to make illusion... Always this maintenance effort to make! That said, the showers were warm (or at least a bit lukewarm) the whole day after the huge storm that swamped the party, and that's cool. I will come back to it later.

After the grumpy time (which will also come back later), we'll talk about the cool stuff, which mainly consist of food and line-up haha! Although, it's subjective. But it seems to me that we are finally going to Fluff for several common reasons: spend a few days away from everything, in a festive setting, a celebration of our scenes, our fights (in theory), with 100% vegan (great) food, without any complex, without any fear of being ourselves. We still go there because we know we're going to laugh, take musical slaps, to lay in the pool for an entire morning on our finest buoy or just make his best dives, to have a hard time setting our tents or to find clean toilets but doing it anyway... Have a good time out of our social, professional and digital jails (although the screens are always present at Fluff, and I am far from being an exception). This year, the line-up was still pretty varied. Not much crust, a little of straight-edge hardcore, but a good panel of what's going on in post-punk, sludge, emo, screamo, post-metal, or other usual weird stuff you always find at Psych tent.  For me, It was a year rich in discoveries, and rich in sing-along. The festival assured himself to be super crowded just with the presence of CEREMONY and SPORT, who each delivered a nice gig, the Lyon guys with a constant smile and strong emotions visible on their faces, and the Americans determined to drown everyone in the mud beaten by the moshers and other stage-divers during TØRSÖ gig.

It's always quite complicated to hop from one concert to another, especially when you want to see most of them and that it's spread over an entire afternoon and during a very hot day like this Friday. It was during the peak of an historic heatwave that hitted whole Europe... The Fluff Fest happens mostly outdoors, so when the sun is fully shining, it's ruthless. During the GRAF ORLOCK set, I felt myself almost fainting, and I didn't fully enjoy it... And that's a bummer, because it was so cool. I had a lot of rediscoveries and surprises this year, as with this duo who played something between scottish-style emo / post-hardcore à-la CARSON WELLS, or similar to SELF DEFENSE FAMILY, and maybe a bit of SONIC YOUTH. It was called BUMBRLE, they played at 1a.m on Sunday at Psych Tent, the singer / guitarist plays in many other bands including a screamo one called LA PROSPERITE, and it was great. It was really reminiscent of blues, with a huge reverb on it, they were heard until our camp which brought together a Strasbourg / Tours / Chaville axis, and little by little, their music aroused my curiosity, then I had a crush (who can be heard here) ... Well, at this year's Psych Tent, I would have also discovered EDUCATION, a raw, psychedelic and aggressive Italian post-punk / hardcore, who reminded me of IMPULSO whom I saw at the end of last year's Fluff and blew me away, and LAVRA, a curious and intriguing Czech duobetween electropop, noise and indus ... I think I'm a little bad to describe their music properly, there was even a bit of destructured trap I think, but I liked how their music was decomposing and sinking sometimes in noise and shoegaze, hypnotizing us, taking on chaotic airs, when by far you could hear catchy and almost cheesy verses, like BANKS you know. But yeah, nice discovery, it took me out of my comfort zone, I wanted it this year. A little before the set of LAVRA I also discovered URN, a solo project mixing drone, jazz, ambient, electro and post-rock. Surprisingly captivating, sometimes a little too messy for me, but a nice discovery in the end... Perfectly the kind of stuff that the asso "En Veux-Tu En V'là" could book in Paris, if it hasn't already been done :D !

As I expected, I was able to attend wonderful gigs, which illustrated my main motivations to go to the Fluff, I'm thinking about the ØJNE gig for example, which ended in jubilation, explosion of joy and various emotions, a rare moment of sharing and life. Really, it wasn't just a cool gig of a cool band, it was a huge cathartic moment, where the ØJNE people barely realized what was happening in front of their shining eyes: a crowd literally abandoned to their music, who came from the four corners of Europe, singing words from a language that they don't know at all for some of them, according to the band... It was really beautiful. There had been the same emulation for the SPORT concert, it was 2 times more intense than during their set in Paris that had already shooked me. But that was predictable, that penultimate one was eagerly awaited since the announcement of the Fluff 2019 line-up, and everyone had time to get ready... Well as parisian people for the Paris date too! But, inevitably, there were way more people, so more party! There was also this incredible ASTRID LINDGREN set, this Polish band which is somewhere between melodic hardcore and emo, LIFETIME meets DEATH IS NOT GLAMOROUS, that I really didn't wanted to miss, which was held under an impressive deluge, which did not stop irreducible Fluffers, fans of the ban, and myself to see their set rich in sing-along and in falls in the freshly flooded mud... You have to know that we had that day one of the strongest storms that happened that day in Czech Republic and that it lasted an hour! Which made the TØRSÖ and CEREMONY sets very risky to follow for the public, as the ground was muddy and turned and so it would necessarily be a complete mess... For TØRSÖ, I wanted to see them again and to forget their Parisian chaotic show because of those few macho guys who ruined the atmosphere, and to actually enjoy seeing them. Well, it was even more chaotic hahaha! But for more climatic reasons than anything else, so it was OK. But it wouldn't be cool to prevent people from doing stage-dives: a windbreaker over your clothes, a cap and here we go, you were protected you and your favorite clothes against the mud attack! Personally I found it funny, it was a bit boring to get dirty, but with that windbreaker on me, and that spot I found on a step on the left side of the scene, I actually had almost zero mud on me!

I came back from the Fluff after the set of THE BODY, Sunday night, too brutally. I didn't say "goodbye" to many people, I couldn't have time: local friends who offered to bring me back to Prague airport in order to not to miss my plane the next morning, had to began work sooner than me. Even sooner than the takeoff of my plane: 7 a.m... So I couldn't make them take the road at midnight and stole them some sleep, we left at 11 p.m, we went to the airport... The next day at 9am, I was already in the "RER" (the name of the french train lines of parisian suburbs). A way too sudden change of atmosphere. It took a lot of time to think that yeah, it was over, that usual life was back...

During the Fluff, a mysterious Instagram account appeared, claiming that a secret concert of HAVE HEART was planned, raising completely stupid clues, like a branch of a tree or a random cops helicopter supposed to assure them a spectacular arrival. The gag was more or less based on the presence of HEAVY HEART on the line-up (the similarity between the 2 names, you know), and while the reunion of the iconic straight-edge melodic hardcore and his concert given in front of literally 10,000 people in Worcester, Massachusetts, gave goosebumps to every european hardcore kid. Even today, people are looking for who is behind this account ... I announce you that during the huge downpour, and after our conversation has strategically drifted towards football to direct my research after a first clue appeared on the account story, I quickly found out who it was, and I inform you that this fool is in the east of France and has already played the Fluff ;)

This was my 3rd Fluff, which was for me rich in various encounters and reunions, which still serves as a powerful annual catharsis for several hundred people from various counter-currents of punk and hardcore throughout Europe or even other continents, but which has opened my eyes a little more to the bad points of the fest:

● A lack of vigilance outside the entrance / ticketing: basically, anyone can enter the campsite and do whatever they want, starting with stealing stuff, a fact that happened every year to my knowledge since the first time I went there, in 2017. It would also prevent dangerous people from infiltrating the fest with false weapons or not: this year, a person with a fake gun but a real knife was spotted, then apprehended two hours after his arrival on the area... By the police. The Fluff staff has been forced to knowingly go against its political motivations and to bring the cops into a place where there's no way to welcome them in normal times (we already know how they love to patrol around the fest and spy on what's happening there). If the organization was more consistent with its own policy and had in mind that among the anti-fascist activists, there's people trained in various techniques of defense and counter-attack, people who are part of various collectives, they would already suggested to some of these people, often present at the fest, or to a local or European anti-fascist collective, to hold a guard during the fest, there would surely be much less problems of the kind. Maybe also less problems of machism, sexism...

● Because yes, as in ANY festival, concert, gathering related to punk music in our current time, no matter its political scope (well, in a lesser scale when it's clearly on the left side of politics, but still) there's at Fluff what we can found every time around us : sexism and toxic virility, which has been confirmed again this year. I saw during the NIBOOWIN gig a woman to be violently insulted and jostled by two really rude guys. There are too many guys, on stage as in the showers who still impose their body as if they were at home for no reason? There is still a real problem at this level, but that doesn't depend on the organization in itself, but on a whole system.. It's important to remember that Fluff Fest is not a safeness Eldorado but it's not worth a boycott at all, because hey, let(s be realistic: you still feel much MUCH better than on your daily life, your job, or even than home according to your life situation, when you're someone else than a cis-person, and a priori when you're a woman (I am based on the experience of some friends). It's just that we must not delude ourselves: the perfect society still doesn't exist, even less in our spheres of comfort ...

● Hygiene is a "festival hygiene" one, let's be clear, we can clearly not ask it to be "5 stars", but it seems to me that we can ask some reasonable logistical efforts: there's REALLY not enough showers: 4 cabins for the whole fest?? OK, it's true that there's the pool 5 / 10mn away by walk that offers showers... But not everyone want to / can buy a week-end pass to go to the pool just to have a shower, it would be nice to think about it. And inevitably, there is a lot of wait, sometimes up to 15 minutes for our turn, and the hot water is quickly gone. On the other hand, it's to be welcomed that there's 220V plugs are always available and functional, I was able to use my hair dryer and my hair straightener this year again! The day after the HUGE thunderstorm that literally drowned the Fluff area, there was hot water all day, and that was super recomforting... It should be also noted that this festival is overall clean, that abandoned waste is much less present than the majority of music fests, that the majorty of Fluffers are setting garbage cans, do sorting, sometimes even take waste with them on their way back home... We are pretty OK with the ecological issues. Correct me if I'm wrong, because I have never seen this airport after the departure of all festival-goers ...


Ah, these famous Toi-Toi! These dry toilets usable in a relatively pleasant way only early in the morning, otherwise it's quickly smelly and dirty... The heat doesn't help, by the way. Here's a little tip to save your intestinal transit during the fest: go to the WCs when you wake up, the sun automatically waking us around 8 or 9am, except if you get mad drunk the night before, The toilets are changed or cleaned at this time, with new paper rolls. I handled my "WC moments" better this year with this trick lol! To be honest, I think that the Fluff staff and the people who work to bring and maintain these toilets do their best, and that the problem mainly comes from certain festival-goers who don't give a fuck about the others and are leaving toilets in various scales of mess and dirtiness, while being drunk or something.

● IMPORTANT: it's always painful or impossible to go to the toilets and especially to the showers if you are a disabled person (it's not my case, but I know how complicated it is for them). How a wheelchair user can access the showers via this unstable stair? How can they have room to wash in these very small showers? It's really not fair and it really has to be corrected in the future: maybe by providing a specific room for these people?

It was my 2 cents on a festival that I still like a lot, and where I will come back for sure next year... Hoping that these few concerns that I developed above will be studied and corrected. But in 2020 I absolutely want to go (for the first time in my life!) to "Cry Me A River Fest", and do not miss the "Miss The Stars Fest"... But in truth, CMAR is pretty cheap to do, if you go there with friends, a vehicle and some camping gear. So in 2020, it looks like I will go to these 3 fests! This year will be well placed under the skramz life sign for me, and it seems that I will still have to ignore many hours of sleep :D ...

Oh yes, and the image above this english translation is from a challenger of Fluff Fest, the Brutal Assault, during the GUTALAX set this year. Certainly a challenge to the Fluff audience for the 2020 edition, to protect the clean toilets all day long and to celebrate them at their true value. All hail Toi-Toi.