Le groupe 49 Morphines, l'un des très rares groupes de screamo sud-coréen, et terriblement sous-estimé, a montré un signe de vie lors d'un "release show" d'un groupe local qui a eu lieu le 24 Mars, chose qu'il n'a pas fait depuis 2010. Il y a joué deux nouveaux morceaux. Un chant clair y fait d'ailleurs son apparition. Ici la première chanson, et ici la deuxième ! Pour ceux qui voudraient se faire une idée de ce que donne ce groupe en studio, voilà pour vous ci-dessous leur seul et unique album à ce jour, Partial Eclipse, sorti en 2008. Un concentré de post-rock, de screamo, de musique classique et d'emoviolence absolument fabuleux. Un EP avait précédé cet album, nommé Most Important Value. Il était sorti en 2005, mais il n'avait pas ce côté progressif et atmosphérique, c'était plus "punk" mais c'était quand même très bon. Allez, je vous laisse découvrir ce chef-d'oeuvre...
lundi 29 avril 2013
Chronique : The Brutal Deceiver - Go Die, One By One
Cet album s'éloigne des standards DxC pour aller encore plus loin dans le chaos et la haine brute, d'ou les passages death plus noirs que sur l'EP. Les passages hardcore sont notamment plus marqués. Dès les premières notes du titre "Go Die", un titre qui décrit l'ambiance générale de l'album, on est tout de suite mis en situation. D'un larsen assourdissant, on arrive sur un blast beat écrasant, enchaînant sur un breakdown lourd et groovy ainsi des passages conservant ce groove, mais plus lents, puissants et crasseux. Le morceau se termine avec une phrase qui se répète : "Go die, one by one", qui inévitablement reste en tête. L'enchaînement avec l'explosif "Ghosts Whispers" est diabolique d'efficacité, tant les deux morceaux se rejoignent sur le plan de la puissance et de la violence. À partir de "Disclosed Deception", des riffs un peu plus aériens se font entendre, entre deux bourrasques. C'est marrant mais ce morceau me renvoie à l'univers musical des dernière productions de Dir en Grey. Peut-être pour cette facilité à mélanger des parties hypnotisantes et d'autres beaucoup plus noires, démentes. Sur "I Am (My Own) Apocalypse", le tempo se veut plus lent, on croirait s'aventurer sur des terres sludge. Une autre définition du chaos, et un enlisement encore un peu plus profond dans les entrailles de la bête. Le titre suivant "Dismember Me" révèle carrément des influences black metal, notamment sur l'intro, qui sied à merveille à ce tsunami de nihilisme. Plus l'on avance, plus l'on découvre combien le groupe à aussi pu être influencé par le mathcore éthéré de Converge, dans ces accords aussi lourds que totalement fous. On croit que le morceau s'évanouit dans un dernier arpège noir, mais jamais la brutalité ne s'arrête lorsque l'on s'y attend. L'explosion BM qui s'en suit fait l'effet d'un astéroïde sur ce pauvre monde et notre pauvre esprit. Certains plans plus posés nous laisse le temps de respirer un peu, comme l'interlude "IIIIII I", la.douceur dans la douleur. Avant que la guerre n'éclate à nouveau. "Loneliness" nous dégomme le peu de conscience et de cervicales qui nous reste avec un morceau clairement tourné vers le blackened hardcore. Du Converge, on en retrouve aussi sur la fin de de l'album. Dans les dissonances et destructurations de l'épique single "We Are Legion" issu de cet album, et dans le très changeant "JSTFU" (comprenez "Just shut the fuck up"), passant d'un rythme à un autre sans que l'on s'y attende. L'album se termine sur "Legacy", qui commence toujours dans un déluge sonore impressionnant, se poursuit dans la lignée mathcore, pour se finir quelque part entre un son hardcore et des atmosphères plus légères.
Conclusion : Cet album est un véritable rouleau-compresseur assez inattendu dans cette scène, ce qui lui fera un bien fou. La grande force de cet album, c'est de rendre ses lettres de noblesse au deathcore, ou alors de le reconstruire à l'image à laquelle il aurait dû correspondre depuis les débuts, c'est de ne pas nous noyer dans les breakdowns, les pig squeals vides d'émotions ou les blast beats "true metol" à répétition, mais d'user intelligemment de toutes les caractéristiques musicales du death metal et du hardcore actuel, pour former une unité cohérente et jamais barbante, pour parfaire l'atmosphère dans laquelle le groupe souhaite nous plonger. Il plaira autant aux fans de Converge que de Despised Icon, autant aux metalheads qu'aux coreux purs et durs. Ainsi, il répond aisément au principe de "défouloir" voulu par le groupe. C'est foutrement bien conçu pour un exutoire musical, et c'est certainement l'album de l'année dans le genre "deathcore". Carrément.
Tracklist :
02. Ghosts' Whispers
03. Disclosed Deception
04. I Am (My Own) Apocalypse
05. Dismember Me
06. IIIII I
07. Loneliness
08. We Are Legion
09. JSTFU
10. Legacy
mercredi 24 avril 2013
Chronique : Anchors Away - S/T EP
Tout jeune groupe montpellierain formé en 2012 et composé de 4 membres dont l'ex-chanteur du (défunt) groupe From Heaven We Fall, Anchors Away marche lui aussi sur les traces du post-hardcore. Et même si Robin reste à la même place, on est bien loin de FHWF, et le groupe nous le prouve avec un petit EP de 3 titres disponible en libre téléchargement sur leur page bandcamp depuis Février. Vous l'aurez sans doute compris, l'univers du groupe est très influencé par ce qui tourne autour de la mer. Prenons le large, matelots !
Le voyage commence avec un titre instrumental nommé "Hailing The Lighthouse". Une entrée en matière parfaite pour avoir un aperçu du talent des musiciens et pour se mettre dans l'ambiance. Il se poursuit avec "Rumors", premier titre que j'ai écouté et qui m'a fais découvrir le groupe, notamment grâce au clip. Un titre que je définirais comme une "tempête", ou bien une houle pour rester dans l'univers "marin" de l'EP. On peut y constater que Robin n'a vraiment rien perdu de sa superbe au scream, qui est toujours aussi gras et puissant. Notons la présence d'un superbe break et de quelques chœurs vers la fin du morceau. Passons maintenant à l'excellent "Unworthy Sons", certainement le meilleur titre de l'EP et celui qui représente au mieux l'artwork, notamment grâce à ce commencement sous le doux bruit de la mer et des mouettes. Dès les premières secondes, on est directement transporté. Un morceau planant et beaucoup plus homogène, mêlant passages plus calmes et plus bruts. Le scream est beaucoup plus poussé, quelque chose de plus haineux et mélancolique s'en dégage.
Conclusion : Les gars de Anchors Away arrivent haut la main avec ce premier EP à rester à flot, en nous transportant dans leur univers maritime, et éviter le naufrage en ne tombant pas dans la facilité. Ils n'inventent rien de bien neuf mais ils maîtrisent parfaitement leur sujet, les ambiances sont bien travaillées et chaque morceau a quelque chose d'unique afin de ne pas sombrer dans les profondeurs de l'océan du post-hardcore. Que demander de plus ?
Tracklist :
01. Hailing The Lighthouse
02. Rumors
03. Unworthy Sons
Néhémie.
Chronique : This Is Me - This (song) is (for) me
Il y a des voyages musicaux que l'on oublie pas, et que l'oubliera jamais. Me concernant, ce sera sûrement le cas avec ceci. Un jour ou l'autre, il fallait que je vous parle de This Is Me. Derrière ce nom se cache l'échappatoire solo blues/folk de Bart, le chanteur/guitariste du groupe Birds In Row. This Is Me, c'est une musique troublante, intimiste, forte. Une force tranquille. C'est la preuve que la sensibilité extrême du screamo peut se retrouver tout aussi exacerbée sur une musique beaucoup plus douce. This Is Me c'est une guitare, une voix, une personnalité. Le nom de ce projet parle sans doute pour lui-même : cette musique, c'est lui. Ses émotions mises à nu, ses souvenirs découlant de ces accords mélancoliques, de sa voix aussi mélodieuse que rocailleuse. Le temps d'un EP, cet homme met de côté le chaos cathartique, et joue pour lui, pour se faire plaisir, se confier à lui-même, et pour nous faire voir autre chose que ce putain de ciel gris et notre quotidien assassin. Le titre de l'EP parle alors pour lui-même : This (song) is (for) me. Comme pour nous dire que même si c'est lui qui te parle aujourd'hui, ces chansons, c'est également toi, tes émotions, ta vie.
Le voyage commence avec "Gambade", et ses accords qui auraient pu donner un morceau screamo déchirant si Birds In Row la jouait. Des frissons nous parcourent automatiquement le corps, à l'écoute de cette voix tranchante, touchante, remplie d'émotions, de vécu, et en nous laissant absorber par ces accords aussi mélancoliques que réconfortants. Fermez les yeux, laissez-vous emmener la ou votre âme n'ose plus aller, au tréfonds de vos souvenirs, de vos peines et de vos joies. Et écoutez la pluie tomber à votre fenêtre, et l'averse éclater lorsque Bart se met à hurler. Une averse qui se poursuivra peut-être sur vos joues.
"Lonewolf" arrive alors aussitôt, un morceau tout aussi touchant mais plus tranquille, ou les influences blues se font particulièrement sentir. On est d'emblée séduit par le chant doux et subtile de Bart, qu'il laisse aller ensuite à son braillement de bluesman écorché, une voix chaleureuse mais pleine de douleur, qui touche en plein cœur Et toujours une douce instru pour accompagner les paroles de notre musicien, qui se prolonge délicatement pour finir le morceau. Le voyage continue avec la tumultueuse piste "Doe". L'instru se veut plus rythmée, grave, et inquiétante. Mais jamais violente. Tout se passe dans la voix, que le chanteur laisse éclater au fur et à mesure que le morceau avance, entre quelques passages ou seul la guitare parle pour lui. Une certaine tension se ressent sur ce titre continuellement sur le fil du rasoir jusqu'aux dernières secondes, qui laissent arriver "Going Down" sans qu'y fasse réellement attention, une notion qui devient totalement abstraite à l'écoute de cet EP qui nous absorbe et nous emmène on ne sait trop ou. Revoilà à nouveau ce chant aussi grave que subtile, celui qui nous transcende, avant que l'éternel chant braillé de notre musicien ne termine le travail d'un achèvement mental qui se poursuivra jusqu'au final éblouissant ou Bart se laisse complètement aller. C'est les yeux embués, le cœur chamboulé et réchauffé que l'on arrive sur le dernier morceau, une reprise de "Waiting Along To Die" de Townes Van Zandt. Le chanteur se ré-approprie complètement le morceau, en ajoutant sa charge émotionnelle et son chant borderline, c'est juste beau.
Au diable la conclusion, puisque cet EP mérite des dizaines et des dizaines de ré-écoutes. On répète l'écoute, parce qu'on a pas envie que cela s'arrête. Le voyage est trop beau. Je me suis senti beaucoup trop bien à l'écoute de celui-ci pour avoir la moindre envie de l'arrêter. À chaque fois que je l'écoute, je reviens toujours sur "Gambade" deux ou trois fois, un morceau qui m'a fait verser des larmes plus d'une fois (instant "Confessions Intimes" bonjour !). Cet opus, très peu exposé à sa sortie et désormais perdu dans les méandres de l'Internet, m'a profondément touché. C'est pourquoi aujourd'hui je souhaite lui redonner un minimum de vie, et en profiter pour donner du baume au cœur à la votre, l'espace d'un instant. Parce que putain, il en faut dans nos vies, des "soundscapes" de ce calibre.
PS : Merci, Bart.
PS : Merci, Bart.
mardi 23 avril 2013
Live report : The Prestige + The Brutal Deceiver + Alaska + Fake Asian Rolex @ Le Klub, Paris, le 14/04/2013
Alors que la plupart des "hardcore kids" de la région parisienne s'était donné rendez-vous au Divan du Monde pour mosher (et poser) aux côtés d'Emmure, Chelsea Grin et compagnie, au Klub ce soir-là était proposé le niveau supérieur, à savoir une affiche misant tout sur le chaos, allant parfaitement avec l'atmosphère de la salle. On aura donc eu affaire à la powerviolence de Fake Asian Rolex, les structures complexes et chaotiques de The Prestige, le chaos lourd et oppressant de The Brutal Deceiver... Et les "intrus" de la programmation : Alaska et leur metalcore mélodique. The Brutal Deceiver et The Prestige assuraient ici la dernière date de leur tournée européenne, et n'ont pas fait les choses à moitié pour achever celle-ci. Une soirée intense, festive et explosive.
Fake Asian Rolex
Beaucoup découvraient ce groupe ce soir, qui pourrait être perçu comme un mélange entre un clown, Converge et Orchid. À peine le public installé, le groupe lance son assaut sonique, clouant sur place un public timide mais d'emblée conquis. Certains reconnaissent sir Bannon dans le cri, d'autres apprécient les subtils passages mélodiques. Mais dans tout les cas, le set du groupe n'a pas laissé indemne les oreilles des spectateurs, et leur folie a été appréciée. On aura même eu droit à un nouveau morceau dans la droite lignée de l'EP "74K34514NR013X", toujours aussi rapide, déjanté et violent. Les parisiens étaient un peu dans leur univers, peu communicatifs, mais ils nous ont convaincus de leur potentiel live.
Alaska
Il fut très difficile pour le jeune groupe metalcore parisien de convaincre l'audience ce soir. Arrivant avec une musique lisse, des morceaux calibrés et soignés, le quartette était loin du thème de la soirée. Mais il n'empêche que dans leur style musical, ils ont quelque chose en plus : les parties mélodiques sont assez intéressantes, notamment avec des chœurs qui reviennent souvent, et une voix braillée qui n'est pas sans rappeler celle de Branson Hollis (oui, j'ose). Ce n'était pas leur soir, mais ils ont essayé de donner tout ce qu'ils avaient, surtout que quelques kids étaient présents pour les soutenir et mosher un peu aux rythmes de leurs breakdowns. Et ça a marché, c'était plutôt efficace, et ça leur a permis de s'échauffer avant leur passage au Groezrock dans quelques jours.
The Brutal Deceiver
À la surprise des spectateurs, le groupe de hardcore/death metal est passé avant The Prestige. Le groupe le plus attendu de la soirée, connu pour être celui des frères Sauvé, a délivré un set dément et ultra communicatif, à la hauteur de la violence crue et du chaos qui règne sur leur nouvel album "Go Die, One By One", qu'ils ont défendu ce soir. Des caractéristiques que se sont partagés les spectateurs et le groupe ce soir. Dès les premières notes de "Dismenber Me", premier morceau joué ce soir-là, le public a commencé à se réveiller, puis à sombrer dans un déchaînement de pogos et autres moshs lorsque est arrivé le titre "We Are Legion". Personne n'est resté insensible à leur alchimie musicale violente et lourde qui devient encore plus apocalyptique sur scène. Le Klub est ainsi devenu un défouloir, les pieds de micro voltigeaient, le chanteur est venu hurler dans le public et castagner avec lui. Un public qui s'est ainsi relativement bien chauffé, se préparant aux assauts déstructurés de The Prestige.
The Prestige
Le groupe est arrivé dans une ambiance plus calme, et une salle un chouia plus vide. Dommage, car la prestation du groupe était tout aussi percutante et intense que la précédente. Même si les rythmes sont plus compliqués, le chaos et la rage restent de mise, en y ajoutant les quelques pauses et les montées crescendo qui caractérisent la musique "hardcore'n'roll" du groupe. Nous aurons eu la chance d'entendre ce soir-là trois morceaux issus du prochain album. Les deux premiers m'ont paru plus violents et dissonants encore que ceux de l'album "Black Mouths", et le troisième est plutôt typé post-hardcore, avec une introduction tranquille puis une montée d'adrénaline efficace et percutante. Une belle mise en bouche ! Le show commencera réellement au niveau bagarre sur le duo "The Never Ending End" et "Backward", ou les parisiens ont été rejoint sur scène par les frères Sauvé histoire de rajouter encore un peu plus de piment à cette prestation déjà explosive. On croit tout d'abord à une première fin avec le titre touchant et bluesy "Hooks & Lips", un morceau Thricien qui prend aux tripes aussi bien en live que sur CD. Mais sous les supplications du public, le groupe a décidé de jouer un ultime morceau, l'excellent "Burn Down Vegas", qui aura fait se déchaîner le public à la demande d'Alex (chant), aux risques et périls du matériel. On notera à la fin du concert l'explosion de joie assez drôle et touchante des deux principaux groupes de cette affiche, heureux du succès de cette tournée et sûrement du live de ce soir, qui aura donné le sourire à tout le monde, même si les blessures de guerre étaient redoutables au lendemain de cette soirée mémorable.
Au final, ce fût une soirée vraiment agréable, remplie de bonne humeur, de sourires, de partage, mais aussi un gros défouloir qui a fait du bien à tout le monde, sauf aux cervicales. La scène française comme on l'aime ! Tous les groupes nous ont délivré une belle prestation, même pour Alaska qui étaient un peu à part. Bravo et merci à tous !
PS : Merci à Alex de The Prestige et Pierrick de The Brutal Deceiver pour les quelques mots échangés sur leurs albums, leurs prestations, et divers autres sujets.
Guillaume D.
jeudi 18 avril 2013
Bien À Toi : un nouvel EP pour Mai
Le groupe de post-rock/math-rock français Bien À Toi a annoncé la sortie d'un second EP, nommé "La Faiblesse". Il sera composé de trois titres, et sortira le 1er Mai. Le teaser de cet EP est visible par ici !
mercredi 17 avril 2013
Sed Non Satiata : nouveau morceau en ligne, "San Andrea"
Le très apprécié (et à juste titre) groupe de screamo français Sed Non Satiata vient d'annoncer que son album "Mappō" sortira en Juin, sans donner de date précise. Le groupe a également posté un extrait de celui-ci, un titre nommé "San Andrea". C'est toujours chanté en français, c'est dans la lignée du S/T sorti en 2009, et c'est juste beau. C'est à écouter juste ici.
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